Que nous réserve la rentrée littéraire belge ?

rentrée littéraire

« Grand-messe » de la littérature pour les uns, « cirque » pour les autres, la rentrée littéraire anime le petit monde des Lettres de la mi-août jusqu’au début décembre, moment où les grands prix littéraires livrent leurs verdicts. On rappelle souvent qu’il s’agit là d’un rituel franco-français, qui n’a son équivalent dans aucun autre pays. 

Quid alors de la  Belgique francophone ? Nombre d’auteurs belges sont publiés en France : ceux-là n’échappent pas au phénomène. Ceux du moins que leur maison d’édition a programmés à l’automne – signe, en général, que ladite maison croit particulièrement en leur livre. La situation des auteurs (belges ou étrangers) publiés en Belgique est quant à elle moins claire. Les éditeurs belges ont certes un programme de publications automnal chargé, témoignant de l’importance symbolique de la période, mais la plupart disent vouloir éviter l’engorgement des premières semaines et planifient plutôt leurs sorties pour octobre, voire novembre.

La rentrée belge 2018 avait été particulièrement animée par le succès du premier roman d’Adeline Dieudonné, La vraie vie, éclipsant pour partie d’autres livres de qualité parus à la même période. Difficile d’imaginer qu’un tel « coup » littéraire puisse avoir lieu à nouveau cette année – mais qui sait ? La rentrée littéraire 2019 s’annonce de toute façon riche, variée et inattendue, avec notamment quelques premiers romans. Revue des livres annoncés.

Romans et nouvelles

Éditeurs français

Leroy les yeux rougesLes éditeurs français dégaineront donc les premiers, pour une rentrée littéraire qui sera toutefois plus restreinte que l’année dernière. Livres Hebdo dénombre en effet 524 romans annoncés pour la période, alors qu’ils étaient 567 en 2018. Le nombre de traductions reste stable : la baisse concerne exclusivement les livres francophones (381 en 2018 contre 336 cette année).

C’est Myriam Leroy qui ouvrira le bal belge dans l’Hexagone, dès le 14 août, avec Les yeux rouges. Après Ariane, son premier roman finaliste du Rossel et du Goncourt du premier roman, elle passe des éditions Don Quichotte au Seuil pour cette histoire d’un harcèlement numérique.

d'oultremont baikonourComme pour Myriam Leroy, la rentrée littéraire 2019 sera celle de la confirmation pour Odile d’Oultremont. Après avoir obtenu le prix de la Closerie des lilas et le prix des lecteurs Club pour Les déraisons, elle revient chez le même éditeur, L’observatoire, avec un deuxième roman, Baïkonour. Après son premier roman Claustrations (Nouvelles plumes), Salvatore Minni change d’éditeur – il passe chez Slatkine & Cie -, mais approfondit la veine de la littérature de genre avec Anamnèse. Quant à Étienne Verhasselt, il poursuit dans le genre bref : seul nouvelliste finaliste du dernier Rossel avec Les pas perdus (Tripode) en 2018, il publie cette année L’éternité, brève, chez le même éditeur. Un recueil de nouvelles au sous-titre prometteur : Éclats du grand foutoir

bartholeyns deux kilos deuxOn se réjouira aussi de découvrir plusieurs primo-romanciers. Livres Hebdo annonce 82 premiers romans :  les Belges figurent en nombre dans ce recensement. C’est notamment le cas de l’historien Gil Bartholeyns, dont Deux kilos deux paraitra chez Lattès en août. Si Bartholeyns nous emmène dans les Hautes Fagnes, Philippe Marczewski a quant à lui choisi Liège pour Blues pour trois tombes et un fantôme (Inculte). L’environnement très proche sera aussi au coeur du premier livre de Philippe FiévetLe temps des arbres (Rouergue), puisque c’est son propre jardin, conçu comme un espace initiatique, que l’auteur évoque. Le Japon sera mis à l’honneur dans Le ballet des retardataires (Intervalles) de Maïa Aboueleze, autrice française installée à Bruxelles, qui narre les aventures d’une Européenne admise dans une école de tambour traditionnel japonais. Le Japon sera aussi mis à l’honneur par Théo Casciani, qui nous baladera de Paris à Kyoto en passant par Berlin avec Rétine (P.O.L.). Chez Slatkine & Cie, l’historienne et psychanalyste Sylvie Lausberg s’intéressera, dans Madame S, à Marguerite Steinheil, restée célèbre pour avoir été la dernière maîtresse de Félix Faure, mais dont l’histoire est finalement assez méconnue. L’Histoire inspirera aussi Sylvestre Sbille. Il évoquera la Deuxième guerre mondiale et l’attaque du convoi n° 20, qui a sauvé une centaine de personnes en avril 1943 dans J’écris ton nom, aux éditions Belfond. Un roman salué dès avant sa sortie en librairie, puisqu’il figure parmi les six finalistes du prix Filigranes. Guillaume Sorensen nous invite à suivre son héros, Théodore-James Libski, lors d’une expédition autour du monde à la recherche d’espèces menacées. Entre un équipage étrange et des animaux rares, Le planisphère Libski (L’olivier) s’annonce comme un premier roman drolatique.

rentrée littéraire wajskop la force du crabeDes auteurs (relativement) rares feront leur retour cet automne. Charly Delwart, qui n’avait plus publié de roman depuis Chut (Seuil) en 2015 (malgré un détour par la littérature jeunesse), revient avec Databiographie (Flammarion), une autobiographie construite sur des chiffres, des données, des graphiques. Patricia Emsens reste quant à elle fidèle à son éditeur Des Busclats pour son troisième roman, Histoires d’un massacre, autour des aléas qu’a connus le Massacre des innocents de Bruegel. Après le recueil de nouvelles Papas ! en 2016, Michel Torrekens retourne au roman, et publie L’hirondelle des Andes (Zellige), qui conduira, à la suite de son héroïne Pauline, ses lecteurs au Pérou et à la découverte de la culture inca. Quant à Bruno Wajskop, il raconte dans La force du crabe (Le bord de l’eau) l’histoire d’un père se mettant à la recherche de son fils qu’il n’a plus vu depuis des années. Particularité : père et fils sont dotés de pouvoirs très utiles. Le roman vaut à Bruno Wajskop une place de finaliste du prix Filigranes 2019

nothomb soifFidèles à  eux-mêmes, les habitués de la rentrée littéraire seront à nouveau présents en cet automne 2019. C’est bien sûr le cas d’Amélie Nothomb, qui n’a pas manqué une rentrée depuis 1992 et la sortie d’Hygiène de l’assassin. Elle revient cette année avec un titre aussi bref que sibyllin, Soif, dont le héros n’est autre que Jésus. Le livre paraitra chez son éditeur historique, Albin Michel, mais aussi en livre audio chez Audiolib. Il en va de même pour l’autre auteur belge des éditons Albin Michel, Éric-Emmanuel Schmitt, qui avec Journal d’un amour perdu, abordera le thème du deuil de la mère. Thomas Gunzig présentera lui aussi son nouveau roman, Feel good (Diable vauvert). Un livre qui vient après le succès rencontré par ses deux précédents romans : La vie sauvage (2017) lui avait valu le prix Filigranes et Manuel de survie à l’usage des incapables (2013)  le prix triennal de littérature de la FWB. À découvrir également : D’innombrables soleils, le quatrième roman d’Emmanuelle Pirotte, fidèle elle aussi à l’éditeur de ses débuts, le Cherche Midi. Elle confirme son attachement au roman historique en nous plongeant cette fois dans l’histoire du poète anglais Christopher Marlowe. Alors que sa Patinoire paraissait il y a quelques semaines à peine aux Impressions nouvelles, Jean-Philippe Toussaint sera également de la rentrée littéraire, avec le roman La clé USB (Minuit).

Autrice prolifique mais assez rare à la rentrée littéraire, Nadine Monfils publiera cet automne Le rêve d’un fou aux éditions Fleuve, évocation libre de la vie du facteur Cheval. Yves Tenret sera lui aussi de cette rentrée avec L’année de tous les baisers, aux éditions Médiapop, de même que Kenan Gorgün. Publié aux éditions Les arènes, Le second disciple raconte l’histoire d’un ancien militaire converti à l’Islam radical en prison et devenu terroriste. 

Éditeurs suisses

L’existence d’un tropisme parisien chez les auteurs belges n’est plus à démontrer. Certains, beaucoup plus rares, choisissent toutefois l’expatriation (éditoriale) vers une autre terre francophone : la Suisse. C’est ainsi que Xavier Löwenthal publiera Nathan aux éditions Hélice Hélas. Un livre que son sous-titre décrit comme un « roman pornographique et misogyne pour jeune fille« . 

 
Éditeurs belges

Le programme automnal des éditeurs belges est lui aussi très copieux, même si nous n’en retiendrons ici que les livres signés d’auteurs belges.

Aux éditions Academia, André Philippart raconte la trajectoire difficile d’un « enfant de migrant » dans Laslo ou l’infortune d’un enfant de migrant, tandis que Caroline Tapernoux dresse dans Une femme d’extérieur un fin portrait d’une femme émancipée dans une société qui ne l’accepte pas toujours.

Aux éditions du Coudrier, Caroline Bouchoms célébrera avec Cheveux rouges la mémoire de sa grand-mère, déportée et survivante du nazisme.  Emmanuelle Ménard livrera quant à elle ses Impressions voyageuses, le carnet d’un voyage d’un an dans l’hémisphère sud. 

frederique dolphijn au bord du mondeCette année encore, les éditions Esperluète militeront sur tous les fronts : roman, essai et littérature de jeunesse. Dans le domaine de la fiction paraitra Au bord du monde, roman choral de Frédérique Dolphijn autour d’un gîte de vacances et des locataires qui s’y succèdent. Dans son nouveau livre illustré par Kikie Crêvecoeur, Poids plumes, Nicole Malinconi s’est intéressée aux oiseaux pour un recueil de textes dans lequel l’écrivaine dresse, sur un mode poétique, le portrait des espèces qu’elle a observées. 

dumont de l autre cote des flammesChez Genèse, De l’autre côté des flammes, premier roman de Sophie-Marie Dumont, reviendra sur l’incendie qui a ravagé l’Innovation en 1967, dans une fiction où le drame de tout un peuple se mêle au drame personnel de l’héroïne. Genèse publiera également Sans destination finale, le nouveau roman du dernier lauréat du prix des lycéens de littérature : le juge d’instruction et romancier Michel Claise, dont l’éditrice habituelle, Luce Wilquin, a récemment cessé ses activités. Il y sera question de la descente aux enfers d’une femme devenue SDF suite au décès brutal de son fils et de son mari. Soupçonnée de cambriolage et de meurtre, elle se trouve prise dans les griffes d’un système judiciaire pour lequel elle a tout de la coupable idéale. 

jauniaux belgiquesLes éditions Ker poursuivent leur collection de nouvelles « Belgiques ». Après Luc Baba, Alain Dartevelle, Vincent Engel, Françoise Lalande, Giuseppe Santoliquido et Yves Wellens, c’est cette fois Jean Jauniaux qui se prête à l’exercice et évoque par la fiction quelques épisodes marquants de l’histoire du royaume. Le même éditeur publiera aussi un recueil collectif de nouvelles, Les bâtisseurs, signées par Nicolas Ancion, Véronique Bergen, Philippe Claudel, Geneviève Damas, Vincent Engel, Armel Job, Caroline Lamarche, Grégoire Polet, Christine Van Acker et Isabelle Wéry et précédées d’un témoignage de Rob Hopkins. Les nouvellistes abordent par la fiction des questions fondamentales sur le monde d’aujourd’hui et sur celui qui nous voulons pour l’avenir. Dans Le stakhanoviste, Philippe Thewissen propose un récit-témoignage sur le burn-out et une réflexion sur les mécanismes qui y mènent dans la société contemporaine.

Dix ans après son dernier roman Confidences de l’olivier, Sophie Buyse revient chez Maelström pour un nouveau roman, Amour et kabbale. Maelström publiera aussi Le syndicaliste, le soufi et moi d’Evrahim Baran.

Marque belge édite à titre posthume deux romans (en un seul volume) de l’écrivain et plasticien Christian Coppin : Le sel des larmes et Katame fude.

Quatre livres sont au programme de la rentrée littéraire des éditions M.E.O. Signalons tout d’abord un premier roman de Tania Ova-Neuman, Miss Patchouli. Isabelle Fable publie un récit, Ces trous dans ma vie. Paraitront aussi deux romans de deux auteurs fidèles à la maison d’édition : Les larmes de Vesta de Michel Joiret et L’avenue, la Kasbah de Daniel Soil.

Géraldine de Radiguès publiera Le somnambule libéré aux éditions Mols, roman dans lequel le héros est confronté à deux parts opposées de lui-même qu’il va apprendre à concilier.

delhasse clapton a tue ma femmePas moins de six romanciers feront la rentrée aux éditions Murmure des soirs. Alexandre Millon nous emmène à Mons, sur les traces de Léon Losseau avec 37 rue de Nimy. Après deux livres consacrés aux mémoires de Bruna, une Belgo-polonaise sortie de l’enfer des camps (Histoire de Bruna et Un jour comme un oiseau), Marc Pirlet revient à la fiction avec Le joueur de bonneteau. Dans Les secrets du bastidon bleu, Paul de Ré nous plonge dans les années ’30 et ’40, et le Sud de la France en ces temps troublés. La Deuxième guerre mondiale a aussi inspiré Serge Quoidbach pour L’affaire Ruspoli. Guy Delhasse s’essaie lui au « polar sauce lapin » avec Éric Clapton a tué ma femme. La nuit du manuscrit de Jacqueline Calembert, enfin, raconte l’histoire d’un manuscrit oublié au décès de son auteur, mais qui resurgit dans la vie du fils de ce dernier.  

sel eliseONLiT mise cette année sur un trio de jeunes auteurs : deux premiers romans et un deuxième. La primo-romancière Véronique Deprêtre publie Fanchon : l’héroïne éponyme doit faire face à la mort de son père et aux conséquences de celles-ci sur toute sa famille. Autre primo-romancière, Anne-Cécile Huwart s’aventure au point de jonction entre journalisme et polar avec Mourir la nuit, sur les pas de la Crim’ bruxelloise. Après le large succès, public et critique, de Rosa, Marcel Sel a choisi un autre prénom féminin pour le titre de son deuxième roman : Élise. L’auteur s’intéresse à nouveau à la Deuxième guerre mondiale et au fascisme, évoquant la figure d’Élise May, l’une des goûteuses d’Hitler.

Des nouvelles, rien que des nouvelles, bien sûr, au programme des éditions Quadrature. Et un auteur belge pour cette rentrée : Marc Menu, pour le recueil Alors c’est du jazz (titre provisoire).

La Renaissance du livre publie Le train, le nouveau roman de Xavier Deutsch, histoire d’un jeune garçon qui, seul de sa famille, s’échappe d’un convoi partant pour Auschwitz. 

Trois livres sont inscrits au programme automnal des éditions Traverse. Auteur touchant à tous les genres, Luc Dellisse publiera un recueil de nouvelles en cette rentrée littéraire – de vingt nouvelles plus précisément : Le sas. Avec Jérôme Bosch au Congo, Serge Goldwicht livre un recueil de textes évoquant sa relation particulière à l’ancienne colonie belge. Ce livre d’artiste accompagne une exposition prévue à la Galerie Ambre Congo. Quant à Jean-Louis Sbille, il nous convie à la rencontre entre un vieillard Tirailleur Sénégalais et un quadra des
quartiers chics du Bruxelles d’aujourd’hui dans le roman Le fils du tirailleur.

Les éditions Weyrich publieront un roman historique de Claude Froidmont, Perversus ou L’histoire d’un imprimeur liégeois au temps des Lumières : un ouvrier imprimeur du XVIIIe siècle se trouve dépositaire d’un livre qui pourrait bouleverser le cours de l’Histoire. Trois ans après Le grand cerf, Nicolas Marchal revient chez le même éditeur avec un nouveau roman : Les faux Simenon, où se croisent, dans une ville de Liège labyrinthique, une jeune Portugaise partie sur les traces de Simenon, un rat de bibliothèque qui a renoncé à l’amour et un marginal qui ressemble beaucoup au père de Maigret.

Espace Nord : le patrimoine bien vivant

chavee ecrit sur un drapeau qui bruleSi la rentrée littéraire fait la part belle aux nouveautés, la littérature patrimoniale ne se met pas pour autant en sommeil. En témoignent le copieux programme de la collection Espace Nord et la diversité des titres proposés. Une programmation qui met en avant les fondamentaux de la littérature belge, surréalisme et fantastique, avec respectivement une anthologie de textes de Chavée, Écrit sur un drapeau qui brûle, et le double retour de Jean Ray dans la collection (Le grand nocturne suivi des Cercles de l’épouvante et Les contes du whisky) avant Malpertuis et Le carrousel des maléfices, annoncés pour le printemps 2020. La veine fantastique, Félicien Rops l’a lui aussi illustrée dans son œuvre plastique. Espace Nord publie en cette rentrée une anthologie de textes de l’artiste, au titre prometteur : Mémoires pour nuire à l’histoire artistique de mon temps. Un ouvrage éclairant pour qui cherche à comprendre le travail et le parcours du Namurois. Une bonne nouvelle également : Faux passeports, le premier prix Goncourt belge signé Charles Plisnier, longtemps épuisé, sera de nouveau disponible. Espace Nord poursuit également son travail de mise en évidence des « classiques de demain » en inscrivant des oeuvres contemporaines à son catalogue. Cet automne, ce sera le cas de Nathalie Skowronek avec Un monde sur mesure et William Cliff (Immortel et périssable). Notons enfin cette petite pépite prévue elle aussi cet automne : Le martyre d’un supporter, roman désopilant d’un Maurice Carême que l’on (re)découvre là où on ne l’attendait guère.

Un peu de poésie

Trois recueils  poétiques sont attendus aux éditions Tétras Lyre pour cette rentrée. Thibaut Creppe (La ville endormie) et Maud Joiret (Cobalt) publient tous deux leur premier recueil. Ils voisineront avec le chevronné Karel Logist, dont parait Un cœur lent.

Les éditions Taillis pré présenteront le premier recueil du prometteur poète Vincent PothAu bord de l’abîme

Emmanuelle Ménard doublera la mise pour Le Coudrier : outre son récit de voyage, elle publie aussi un recueil poétique, Si vous croyez que l’amour a donné son dernier baiser.  Avec Pierres de vie, Annie Préaux rendra quant à  elle un hommage poétique au sculpteur Christian Claus. 

Véronique Daine explorera le poème en prose avec Amoureusement la gueule dans la toujours surprenante collection « D’autre part » à L’herbe qui tremble.

Chez Fata Morgana, le nouveau recueil de Jacques SojcherJoie sans raison, sera illustré par Arié Mandelbaum.

La rentrée littéraire de la non-fiction

baronian maigretDepuis quelque temps maintenant, Impressions nouvelles a resserré ses activités autour de la non-fiction. Cet éditeur propose un riche programme de rentrée dans le domaine de l’essai, mettant en avant des auteurs internationaux autant que belges. Pour ce qui concerne ces derniers, Mondes (im)parfaits. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters accompagne l’exposition que la Maison d’ailleurs (Yverdon, Suisse) consacre à l’univers des deux auteurs. En cette année où l’on célèbre Simenon à l’occasion des trente ans de sa disparition, Jules Maigret rejoint Jack Sparrow, Nosferatu et Batman dans la collection « La fabrique des héros ». Le volume est signé Jean-Baptiste Baronian. Un Baronian d’ailleurs particulièrement actif en cette rentrée puisqu’il publie également un Dictionnaire de la gastronomie et de la cuisine belges aux éditions du Rouergue.

Au Cactus inébranlable, Théophile de Giraud publie La grande supercherie chrétienne. L’auteur interroge l’hiatus entre le discours nataliste des églises chrétiennes et les pratiques du christianisme des origines, où la famille et la reproduction ne semblent guère présentes.  

Les éditions des Midis de la poésie mettront à l’honneur… la poésie avec La poésie comme mode d’emploi du monde de Pascale Seys. Un livre dans lequel la chercheuse tente de répondre à la question : De quoi et comment un poème peut-il nous sauver?

Dolphijn anne herbauts la tete dans la haieSous le signe de l’Esperluète, la collection d’entretiens « Orbe », menée par Frédérique Dolphijn, s’enrichit d’un nouveau volume, consacré à Anne Herbauts (Anne Herbauts, la tête dans la haie).

Aux éditions Academia, Alain Dantinne revient avec humour et distance sur un parcours de quarante ans d’enseignement avec 68, rue des écoles

Dans le domaine de l’entretien également, Pascaline David, l’une des deux fondatrices et directrices des éditions Diagonale, publiera aux éditions Actes Sud Les mondes possibles de Jérôme Ferrari, un livre d’entretiens avec le lauréat du Goncourt 2012. Chez le même éditeur, Vinciane Despret publie Habiter en oiseau. Entre ce livre et celui de Nicole Malinconi et Kikie Crêvecoeur, l’ornithologie sera particulièrement à l’honneur en cette rentrée.

Les éditions Prismes publieront Turning 18, un beau-livre où les photos d’Anne-Catherine Chevalier voisineront avec des textes de Geneviève Damas autour du thème « Avoir 18 ans ». 

Chez Odile Jacob, un essai inédit de la regrettée Elisa Brune (décédée fin 2018), cosigné par Paul Qwest, La vie comme événement : ce que l’art et la science élargissent en nous, puisera dans l’histoire des sciences et des arts des exemples invitant à l’audace et à la curiosité. 

rentrée littéraire felix vallotton jean philippe toussaintL’éditeur parisien L’observatoire se met résolument à l’heure belge cet automne puisque, outre le deuxième roman déjà évoqué d’Odile d’Oultremont, il publiera L’ivre de mots de Stéphane De Groodt, un livre qui plaira aux amoureux des jeux de mots et autres calembours, mais aussi Indignation totale : ce que notre addiction au scandale dit de nous de Laurent de Sutter. Le philosophe y analyse le réflexe d’indignation des masses typique des sociétés occidentales contemporaines.

Enfin, Jean-Philippe Toussaint ne se contentera pas d’un roman cet été. Il s’intéressera aussi à l’art et plus précisément à Félix Vallotton pour un livre à paraitre aux éditions Martin de Halleux : Félix Vallotton : Intimité(s)… et le regard de Jean-Philippe Toussaint. L’art sera aussi au centre du nouveau livre de Patrick Roegiers. Avec Éloge du génie à paraître aux éditions Arléa, il aborde ceux qu’ils considèrent comme les maîtres de la peinture, de la musique et de la littérature : Vilhelm Hammershoi, Glenn Gould et Thomas Bernhard. 

La rentrée littéraire sera enfin l’occasion d’un retour réflexif sur leur parcours pour deux auteurs. Pierre Alechinsky publie Ambidextre chez Gallimard : un recueil de trois textes de souvenirs, Lettre suit, Balluchon et ricochets et Remarques marginales. Quant à Diane Meur, elle interrogera son travail de traductrice, et la manière dont il nourrit celui de romancière dans Entre les rives, à paraitre aux éditions de La contre-allée

La rentrée belge avec Le Carnet

Comme chaque année, Le Carnet et les Instants se mettra dès la mi-août à l’heure de la rentrée littéraire. Retrouvez les recensions, les dernières nouvelles des prix littéraires et toute l’actualité de la rentrée sur notre blog.

Nausicaa Dewez