Jean Marc TURINE, Le cahier de David Jannapolli, Metropolis, 2024, 312 p., 12 €, ISBN : 9782883402171
Dans Révérends Pères paru en 2022 aux éditions Esperluète, Jean Marc Turine expliquait qu’à la source de ses livres, de ses films et de ses créations radiophoniques figurait sa rencontre avec « des femmes ou des hommes qui ont connu des apprentissages de vie douloureux, inhumains voire tragiques. » Qu’il les écoute et leur donne la parole. Cette fois encore, dans son nouveau roman, Le cahier de David Jannapolli. Nous pouvons y ajouter le traumatisme des agressions sexuelles répétées qu’il a subies jeune garçon et racontées, sous forme de récit, dans Révérends Pères. Continuer la lecture

Des textes brefs font la part belle aux évocations d’autrefois. Les images se bousculent dans une succession d’instantanés couleur sépia.
En dépit de la météo, la narratrice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux communs, « trouve toujours quelque chose à voir ». Scène inaugurale du récit, cet élan perceptif fait jaillir un regard, qui parcourt, se dérobe, interroge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléidoscope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment collectif, l’écrivaine, ethnologue et passionnée de photographie, Chantal Deltenre se met en quête de celui qui permet de voir, de se voir, de se redécouvrir quand il s’était oublié ou avait été censuré, cet œil résonnant qui transmet une rumeur qui ranime.
Le premier roman de Michel Desmarets nous fait découvrir les souvenirs de Côme, qui a perdu son frère aîné et replonge dans son passé en foulant le sable d’une plage qu’il affectionne. Il emmène son lecteur dans ses territoires intimes, dans les explorations de l’enfance et les jeux fraternels teintés d’euphorie et d’émerveillement, devenus ainsi inoubliables.
Le passager d’Amercœur, le lecteur fait bien vite sa connaissance, dans le souvenir de l’instance narrative du récit d’Armel Job :
Le récit de Monique Bernier est raconté à la première personne par le héros, Hugo, 8 ans. Il nous explique avec ses mots ce qu’il a vécu les trois dernières années, la période la plus laide de sa vie, celle où sa maman est partie du jour au lendemain et où son papa a changé.
Des amours de soie, le troisième roman en date de Martine Roland, confirme encore l’intérêt de l’autrice pour les sujets denses et mystérieux, voire hors normes en nous invitant à suivre les rencontres, les chocs psychologiques et surtout la violence des relations humaines. Dans ce roman, paru dans une nouvelle collection de livres noirs chez Academia, « Noirs desseins », l’auteure nous offre un thriller psychologique surprenant et aux échos les plus noirs.
Guy Delhasse, à bien des égards, est un baroudeur des lettres belges francophones. On l’a, il s’est, parfois qualifié de vagabond de l’écriture ou de gardien de but de la littérature liégeoise. Tous ces titres, il les mérite depuis qu’il s’est lancé en écriture en 1974 et même avant puisque nous découvrons dans son dernier livre, Bourg d’enfance, qu’il tient un journal intime depuis ses 11 ans (soit, à ce jour, 280 cahiers, et plus de 50.000 pages, presque un record !). Depuis, il en a fait du chemin, en écriture et comme guide littéraire à la découverte de cités à travers les échos qu’en ont donnés écrivains et écrivaines.
Les récits de parents sur leur enfant atteint d’un spectre autistique ne manquent pas. Ceux qui atteignent une dimension littéraire sont plus rares. En Belgique, il y a eu
Je me souviens, petit, avec mes parents, je me rendais à l’Inno pour rendre visite à Saint-Nicolas.



