Archives par étiquette : Murmure des soirs

Clapton a tué ma femme !, un polar sauce lapin

Guy DELHASSE, Clap­ton a tué ma femme !, Mur­mure des soirs, 2019, 205 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930657–52‑3

Bien con­nu des lecteurs du Car­net et des ama­teurs de géo­gra­phie lit­téraire, Guy Del­has­se trempe aus­si sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les jour­naux La Wal­lonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle fac­ture, Du pont lié­geois, avec la com­plic­ité de Jean-Paul Deleix­he et de Chris­t­ian Libens.

Titre jaune élé­gant, bor­ds de Meuse et per­pec­tives sylvestres en cou­ver­ture : les édi­tions Mur­mure des soirs présen­tent là un petit pavé soigné. Mais qu’on ne se méprenne pas, le roman qui se savoure ici a peu à voir avec une déli­catesse. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’exil

Paul DE RÉ, Les secrets du basti­don bleu, Mur­mure des soirs, 2019, 316 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930657–53‑0

C’est un bien beau livre que je viens de décou­vrir, Les secrets du basti­don bleu de Paul De Ré…

Revenons d’abord sur le tra­jet lit­téraire de l’auteur… Cer­tains écrivains écrivent à pro­pos du temps, de l’époque, ils se nour­ris­sent des ten­sions, des tor­sions, de  la vio­lence et du grain de la foi, d’autres écrivent sur l’e­space, les lieux, les per­son­nages qui habitent un univers mar­qué d’une pro­fonde sin­gu­lar­ité. Paul De Ré s’est longtemps révélé un « écrivain du ter­roir », un auteur région­al­iste, il le revendi­quait, ses édi­teurs égale­ment. Il a dévelop­pé des réc­its, des romans qui offraient pour ver­tus prin­ci­pales de com­pos­er de sub­tiles rela­tions entre l’e­space et le temps d’un monde dis­paru. C’est comme si un musée se met­tait en mou­ve­ment et rétab­lis­sait, le temps de la lec­ture, une mémoire fugi­tive. Cette mémoire par­ticipe de la mélan­col­ie de la dis­pari­tion et œuvre sou­vent dans le sens des nos­tal­gies iden­ti­taires, local­istes et rurales. Con­tin­uer la lec­ture

Maître Losseau, Rimbaud, Esther et Bastien

Alexan­dre MILLON, 37, rue de Nimy. Les incroy­ables Florides, Mur­mure des soirs, 2019, 170 p., 17 €, ISBN : 978–2‑930657–51‑6

Pour les Mon­tois curieux de leur belle ville, le titre du dernier livre d’Alexandre Mil­lon, 37 rue de Nimy, pub­lié aux édi­tions Mur­mure des soirs, évo­quera l’adresse d’une demeure bour­geoise remar­quable et un haut lieu de la cul­ture lit­téraire depuis qu’il a été rénové. Pour les autres, il aura le mérite de les intriguer. Quant au sous-titre, Les incroy­ables Florides, il par­lera aux rim­bal­diens acharnés, qui se sou­vien­dront des vers du Bateau ivre : « J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides/Mêlant aux fleurs des yeux de pan­thères à peaux/D’hommes ! » Con­tin­uer la lec­ture

L’ombre longue de nos épaules

Tim­o­téo SERGOÏ, Tra­vers­er le monde avec un sac de plumes, Mur­mure des soirs, 2019, 168 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–48‑6


Pen­dant dix ans j’ai voy­agé, tra­ver­sé quar­ante pays, écrit des cen­taines de feuil­lets. Des textes courts retraçant au jour le jour mon par­cours. C’était au début des années 2000. Je tenais un « blog ». Cela ne s’appelait pas encore comme ça. En route, rien n’était alors tech­no-sim­ple comme aujourd’hui. C’était un car­net de voy­age, un jour­nal de bord en lignes par mil­liers. Je me suis par­fois demandé que faire de tous ces textes intimes et exo­tiques. Faudrait-il les retra­vailler pour pub­li­er ? Con­tin­uer la lec­ture

Rendez-vous impossible au château de Portavent

Pierre  HOFFELINCK, Les héri­tiers de Por­tavent, Mur­mures des soirs, 2019, 134 p., 16€, ISBN : 978–2‑930657–49‑3

Enfants, Iri­na et Pavel, qui sont cousins, ont passé leurs vacances d’été au château de Por­tavent, en com­pag­nie de leur tante Olga. À sa mort, celle-ci leur a légué le château de leur enfance, où ils se retrou­vent des années plus tard. Ain­si com­mence Les héri­tiers de Por­tavent, deux­ième roman du Lié­geois Pierre Hof­fe­linck.

Le réc­it explore l’effet des retrou­vailles sur ces deux per­son­nages, qui se sont quit­tés enfants et se revoient devenus adultes, dans un lieu isolé, chargé d’histoire. Retrou­vailles, mais aus­si huis clos, car, hormis Irma, la bonne, les deux cousins sont seuls au château. Con­tin­uer la lec­ture

Lettre à ma mère

François TEFNIN, Est-ce que tu as la clé ?, Mur­mure des soirs, 2018, 138 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–45‑5

La perte d’un par­ent — père ou mère — est bien enten­du courante et « logique » : les plus vieux s’en vont les pre­miers. On salue une dernière fois cet être qui nous a élevés, aimés, choyés. Par­fois, le temps des adieux s’allonge et peut dur­er quelques années. La vieil­lesse guette cha­cun d’entre nous. Cer­tains s’éloignent en un éclair, sans prévenir. D’autres font dur­er le plaisir. Toute­fois, leur état ne rime pas tou­jours avec éclat et s’accompagne sou­vent d’une perte pro­gres­sive des repères, de la mémoire et/ou des fac­ultés motri­ces. La mai­son de retraite devient une issue inévitable. Et les enfants, sur qui la mère a veil­lé toute sa vie, se retrou­vent dans la pos­ture oblig­a­toire de devoir veiller à leur tour sur leur pro­pre géni­trice. Les rôles s’inversent. François Tefnin dédie Est-ce que tu as la clé ? « à toutes les mères qui, au crépus­cule de leur vie, se mor­fondent der­rière les murs de maisons de retraite, dis­simulées aux regards. Par­fois même à leur pro­pre vue. » Con­tin­uer la lec­ture

La plume de pigeons combattant

Jean-Marc RIGAUX, L’Armistice se lève à l’Est, Mur­mure des soirs, 2018, 173 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930657–45‑5

À La Grande Librairie sur France 5, Amélie Nothomb affir­mait récem­ment qu’après « qua­tre heures d’écriture, on est exténué. C’est un sport de haut niveau. » Or, pour Jean-Marc Rigaux aus­si, l’écriture est physique. Marathonien très entraîné, il fut un temps où il finis­sait par­mi les cinquante pre­miers coureurs à l’arrivée de New York. Coureur de fond, il a besoin de pouss­er ses lim­ites jusques aux bouts : la sat­u­ra­tion, l’épuisement voire le rejet. Son nou­veau recueil est le résul­tat de cent relec­tures. Con­tin­uer la lec­ture

Le foot, c’est la guerre

Michel HODY, Crimes en rouche et blanc, Mur­mure des soirs, 2018, 444 p., 22 €, ISBN : 978–2‑930657–46‑2

Michel Hody, auteur de Crimes en rouche et blanc, est lié­geois et s’est mis à la lit­téra­ture après une car­rière pro­fes­sion­nelle pen­dant laque­lle il avait pub­lié des ouvrages tech­niques et de mar­ket­ing. À la retraite, il se jeta dans l’écriture de romans policiers. Ses romans offrent la sin­gu­lar­ité de se dérouler dans la région lié­geoise, prin­ci­pale­ment, au XIVe siè­cle, sous le règne du prince-évêque, Adolphe de la Mar­ck.  Con­tin­uer la lec­ture

À la recherche du peintre

Michaël LAMBERT, Femmes de Rops, Mur­mure des soirs, 2018, 303 p., 18 €, ISBN : 978–2‑930657–47‑9

Avec Femmes de Rops, Michaël Lam­bert se lance dans un défi ambitieux : tiss­er un jeu d’échos entre deux hommes, entre deux temps, entre deux mon­des, celui du pein­tre Féli­cien Rops et celui d’un expert en assur­ance qui part sur sa piste dans l’espoir de com­pren­dre qui était l’artiste der­rière l’œuvre et quel était l’homme der­rière l’artiste. Con­tin­uer la lec­ture

Ménagerie de l’intime

Dominique MAES, Bes­ti­aire de mon jardin secret, Mur­mure des soirs, 2018, 165 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–43‑1

Déam­buler dans un parc ani­malier qui ne craint pas de pass­er du coq à l’âne, décou­vrir une ménagerie intime, se balad­er dans un monde enfoui, imag­i­naire, en « ter­ra incog­ni­ta où les légen­des se créent », voilà le safari orig­i­nal auquel nous con­vie Dominique Maes avec son Bes­ti­aire de mon jardin secret.


Lire aus­si : un extrait de Bes­ti­aire de mon jardin secret


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Millon petit périple dans le périmètre de la vie

Alexan­dre MILLON, Le périmètre de vie, Mur­mure des soirs, 2018, 132 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–42‑4

millon le perimetre de vie.pngDouze ans. La lit­téra­ture est sou­vent his­toire de patience : il aura fal­lu atten­dre douze ans pour pou­voir lire un nou­veau roman d’Alexandre Mil­lon qu’on avait décou­vert avec, notam­ment, Mer calme à peu agitée, paru au Dilet­tante ou Sumo sur brin d’herbe, paru au Grand Miroir. Mais le temps édi­to­r­i­al coïn­cide rarement avec le temps de l’écriture et, si Alexan­dre Mil­lon n’a plus pub­lié durant plus d’une décen­nie, il n’en écrivait pas moins. La preuve noir sur blanc avec la sor­tie de son dernier roman, Le périmètre de vie, aux édi­tions Mur­mure des soirs. Con­tin­uer la lec­ture

Une plongée passionnante dans les années de plomb

Un coup de cœur du Carnet

Bernard ANTOINE, Pur et nu, Mur­mure des Soirs, 2018, 435 p., 22 €, ISBN : 978–2‑930657–41‑7

À Brux­elles, le jour­nal­iste Thomas Holmer apprend que son père Egide, ancien grand reporter, est mort d’un infarc­tus dans les bras de sa maîtresse, Ana Raïtchev. Dans les affaires de son amant, celle-ci décou­vre des let­tres : une pour elle, une autre adressée à Thomas et la troisième à une cer­taine Alessia. Qui est Ana ? D’où vient-elle ? Qui est Alessia ? Quelles rela­tions unis­saient Alessia et Egide ? Telles sont les ques­tions qui se posent au début de Pur et nu, le pre­mier roman très maîtrisé de Bernard Antoine. Les répons­es relèveront de l’Histoire, car le livre met en rela­tion le présent de Thomas et Ana et le passé com­plexe de la généra­tion précé­dente, dont il s’ingénie habile­ment à tiss­er les rela­tions à tra­vers le temps. Con­tin­uer la lec­ture

Tremblement de frère

Erik SVENMon frère et moi, Mur­mure des soirs, 2018, 126 p., 18€, ISBN : 978–2‑930657–40‑0

À L…, vil­lage en bor­dure de forêt, Colline l’aînée nar­ra­trice et Aubin le cadet sauvageon qui prend sou­vent la tan­gente sont à l’orée de l’adolescence et fusion­nels comme des lis­erons. C’est qu’ils ne peu­vent pra­tique­ment compter que l’un sur l’autre : Édouard, leur père, ne vit que pour ses bull­doz­ers. Josyane, leur mère, som­bre la plu­part du temps dans des migraines qui la ren­dent aigrie ou apathique. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût des autres

Mar­tine ROUHART, La soli­tude des étoiles, Mur­mures des soirs, 2017, 19€, 219 p., ISBN : 978–2‑930657–38‑7

rouhart la solitude des etoilesCamille, veuve et assis­tante vétéri­naire, vit son exis­tence à très basse inten­sité, dans un apparte­ment qui sur­plombe un zoo. L’exubérance la bous­cule, les autres la con­fron­tent. Chaque voisin est source de stri­dence pour son onde intime dis­crète. Recro­quevil­lée dans son quant-à-soi entre un lapin, un chat et les rares con­tacts avec sa mère Suzanne – de nature joviale et inquiète pour l’introversion rad­i­cale de sa fille – elle est toute entière sus­pendue dans l’attente d’autre chose, sans savoir même ce qui comblerait ce creux en elle. Une nég­li­gence au tra­vail qui manque de coûter la vie à un chien la pousse à s’isoler encore davan­tage dans un mai­son-refuge, aux con­fins des Ardennes. Elle s’imagine y chem­iner, loin de tout, dis­soute dans l’environnement, jusqu’à ce qu’on frappe à sa porte. Con­tin­uer la lec­ture

Les aventures d’un acupuncteur belge en Chine

François BEYENS, La Dame de Suzhou, Mur­mure des soirs, 2017, 460 p., 22€, ISBN : 978–2‑930657–37‑0

beyens la dame de suzhou.gifMédecin acupunc­teur for­mé en Chine, maîtrisant le man­darin, Gilles est un fer­vent admi­ra­teur de la civil­i­sa­tion chi­noise. Il arrive à Suzhou dont il désire revoir les célèbres jardins. Mais autre chose motive son voy­age : « Jusqu’ici ma vie avait été si rec­tiligne. Avant il y avait le Gilles que je con­nais­sais. Après il y eut une ascen­sion, une évo­lu­tion accélérée, vers un autre moi, un autre Gilles, une autre vie ». Con­tin­uer la lec­ture

Combler l’odeur de son absence

Claire DEVILLE, Les cit­rons, Mur­mure des soirs, 2017, 101p., 12€, ISBN : 978–2‑930657–36‑3

devilleLa nar­ra­trice est une jeune femme dont la vie en dehors de sa pas­sion déçue nous échappe, s’est figée : on la décou­vri­ra fig­u­rante lumière un peu gauche et désor­mais pétrie de rêves hal­lu­cinés ou amers. Une de ces héroïnes can­dides et crues à la fois qui ont aimé danser sous un regard aimant mais ne vivront plus de pas de deux avec le parte­naire élu. Une amoureuse (é)perdue, une lais­sée-pour-compte qui n’a plus qu’une mai­son jadis partagée où se tapir loin du monde et revivre à l’envi le manque de l’être adulé, par­ti au bras d’une autre : « Tu es avec elle le matin. Tu ouvres les yeux en face des siens. Tu dis bon­jour tout som­meil sur ses lèvres, avant de tir­er sur les draps et de jouer à faire le chat pour la réveiller en riant. » Con­tin­uer la lec­ture