Archives par étiquette : Texte et image

Dessine-moi une forêt

Un coup de cœur du Car­net

Marie COLOT et Noémie MARSILY, Mori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki, Cot­Cot­Cot, coll. « Les ran­don­nées graphiques », 2024, 204 p., 24 €, ISBN : 9782930941639

colot marsily moriMori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki est à la fois une fic­tion doc­u­men­taire et un roman d’apprentissage. Le réc­it débute quand Mikiko est âgée de 4 ans et se pour­suit jusqu’à son entrée dans l’âge adulte. On y suit d’abord la ren­con­tre entre l’héroïne et son voisin Aki­ra, un vieux mon­sieur pas­sion­né par les plantes. Un peu plus tard dans le réc­it appa­rait un troisième per­son­nage, Kaku­zo, qui est le neveu d’Akira. Les trois pro­tag­o­nistes se ren­con­trent et se rassem­blent autour d’une micro-forêt qu’Akira a plan­tée en plein cœur de Tokyo, en bas de l’immeuble où vit Mikiko. Con­tin­uer la lec­ture

Deux sacrées poules !

Françoise JOHNEN (autrice) et Françoise ROGIER (illus­tra­trice), Une chou­ette poulette, À pas de loups, 2024, 32 p., 15,50 €, ISBN : 9782930787978

johnen rogier une chouette pouletteÇa caque­tte. Ça glousse. Ça crételle. Ça se lisse les plumes. Ça se lave. Ça s’ébroue. Ça s’épouille. Ça se roule dans la pous­sière. Ça pond. Ça cou­ve. Ça grat­te. Ça pique. Ça picore. Ça mange. Ça court. Ça fuit. Ça s’agite. Ça se couche. Ça dort. Ça se réveille. Et ça se regarde. Oui, les poules s’observent les unes les autres, latérale­ment mais atten­tive­ment. Et elles remar­quent les nou­velles venues dans le poulailler. Ain­si, quand Agathe a débar­qué, elle a immé­di­ate­ment fait sen­sa­tion : « [Elle] pos­sède le plus admirable des plumages et caque­tte avec tant de dis­tinc­tion que toutes les poulettes voudraient en faire leur meilleure copine. » Une rous­sette pré­cieuse, qui parade sac à main en ban­doulière, lunettes de soleil posées sur son bec fière­ment dressé, cha­peau rouge assor­ti à l’écharpe à pois blancs, bot­tines orange ultra-class­es. Quelle dégaine, quelle assur­ance, quelle prestance ! La voilà dev­enue en un claque­ment de pattes la coqueluche de la basse-cour ! Con­tin­uer la lec­ture

Se remercier, se pardonner et demander

Mar­i­anne BASTOGNE (autrice et illus­tra­trice), De la mon­tagne à l’océan, L’âme de la colline, 2024, 80 p., 12 €, ISBN : 9782960202564

bastogne de la montage à l'océanC’est un petit livre car­ré que pro­posent les édi­tions L’âme de la colline. Sur sa cou­ver­ture hyp­no­tique, un ciel aux dégradés de rose, de vio­let et de jaune, con­stel­lé d’étoiles étince­lantes, d’où se détache un pic glacé alti­er. À son pied, une baleine tout aus­si bleue et imposante, tout aus­si calme et indif­férente. Une impres­sion cos­mique irradie de cette image con­ciliant le chaud et le froid, et ren­voy­ant à l’infiniment grand et mys­térieux. De la mon­tagne à l’océan se présente d’emblée comme une invi­ta­tion, silen­cieuse, à la décou­verte : « Il était une fois un temps, un temps où tout était pos­si­ble. » Con­tin­uer la lec­ture

« Le jardin, le séisme »

Daniel DE BRUYCKER, Chan­tal DELTENRE, Pour vio­lon seul, Chat polaire, 2024, 75 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–30‑8

de bruycker deltenre pour violon seulLa perte de l’être cher et l’absence qui en résulte provo­quent tou­jours un séisme. Tout dès lors sem­ble tourn­er au ralen­ti, les sec­on­des qu’égrène l’horloge accrochée au mur, la lumière mati­nale, les sons même de la nature sem­blent se retenir en chu­chotant. Sous la plume de Daniel De Bruy­ck­er, les qua­trains se suc­cè­dent, les uns découlant des autres, s’enchâssant dans les lézardes des murs d’un jardin de mémoire où, petit à petit, les plantes, les saisons et les vents cherchent à réac­corder leur vio­lon. Dans le silence de la perte, les rôles de cha­cun se réin­ven­tent, sans cesse, Con­tin­uer la lec­ture

Abel et Nour, c’est une histoire d’amour

Un coup de cœur du Car­net

Mathilde BROSSET, Abel & Nour, Ver­sant Sud Jeunesse, 2024, 40 p., 16,50 €, ISBN : 9782930938783

brosset abel & nourPub­lié dans le cadre de la Fureur de Lire en 2021, Abel & Nour con­naît une sec­onde vie, ampli­fiée et sub­limée, au sein du cat­a­logue de Ver­sant Sud Jeunesse. C’est une joie de redé­cou­vrir cet album, trois ans plus tard, avec des planch­es sup­plé­men­taires et un réa­gence­ment textuel, et surtout sans perte de la den­sité et du rythme de la ver­sion ini­tiale. Comme si l’histoire ren­con­trait son for­mat mérité, sa forme atten­due. Et ce n’est que bon­heur car Mathilde Bros­set a façon­né de ses doigts un livre très réus­si. Con­tin­uer la lec­ture

Envols brefs du bout du jardin

Jacques LACOMBLEZ, Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin, Avec vingt-qua­tre dessins de Jean-Claude Sil­ber­mann, Quadri, 2024, 32 p., 25 €

lacomblez sautes d'instantAlors qu’il vient de boucler en galerie brux­el­loise la présen­ta­tion de ses pein­tures et dessins récents, Jacques Lacomblez mar­que égale­ment de sa plume de poète les 100 ans du sur­réal­isme, lui qui, né en 1934 – et inscrit dans sa galax­ie depuis 1956 – peut en compter dix de moins. Si ses précé­dents recueils lais­saient libre cours au poème de forme libre, par­fois mar­qué par la brièveté, il donne à lire cette fois une pleine brassée d’aphorismes. Le titre en est presque un lui-même : Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin. Con­tin­uer la lec­ture

On est sérieux quand on a 70 ans ?

Lau­rence BOUDART, Mar­tine, l’éternelle jeunesse d’une icône, Cast­er­man, 2024, 128 p., 19,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑203–25214‑1

boudart martine l'éternelle jeunesse d'une iconeLau­rence Boudart sort un bel album réca­pit­u­latif sur la bril­lante car­rière édi­to­ri­ale de Mar­tine qui est « née » en 1954 dans la mai­son Cast­er­man à Tour­nai, fille du dessi­na­teur Mar­cel Mar­li­er et du nar­ra­teur Gilbert Dela­haye, qui se définis­sait comme un « poète naïf ». Une paire de pères, en quelque sorte.

La longue et belle vie de Mar­tine a com­mencé qua­si par hasard… comme la tarte Tatin ou le Kir. Et le suc­cès fut immé­di­at. Con­tin­uer la lec­ture

Verte Odonata

Pierre CORAN (texte) et Dina MELNIKOVA (ill.), À tire‑d’aile, Cot­Cot­Cot, coll. « Matière vivante », 2024, 24 p., 10,90 €, ISBN : 9782930941684

coran melnikova a tire d'aileLa col­lec­tion « Matière vivante » des édi­tions Cot­Cot­Cot « se veut ter­rain de recherche poé­tique per­me­t­tant de reli­er les êtres vivants à la nature, à l’écologie ». Après De la terre dans ma poche et Larmes de rosée, elle accueille un troisième titre, À tire‑d’aile, fruit du dia­logue artis­tique entre Pierre Coran et Dina Mel­niko­va. Le pre­mier n’est plus à présen­ter, chêne majestueux de la forêt des Let­tres belges fran­coph­o­nes, à la souche solide, au feuil­lage dense, à la sève tran­quille. La sec­onde compte moins de cernes sur son tronc édi­to­r­i­al et ses racines se dévelop­pent sous forme de rhi­zomes : Mel­niko­va explore les tech­niques, ne s’enfermant dans aucune, et joue avec leurs poten­tial­ités révéla­tri­ces. Con­tin­uer la lec­ture

L’amour et le poème comme viatiques

Philippe COLMANT, À la marge du ciel, Pré­face de Philippe Leuckx, ill. de Philippe Col­mant, Coudri­er, 2024, 97 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–058‑0

colmant a la marge du cielNé en 1964 à Brux­elles, Philippe Col­mant est tra­duc­teur de for­ma­tion et de pro­fes­sion. Depuis 2012, il exerce ses com­pé­tences de tra­duc­teur-réviseur au sein de l’u­nité française de la Cour des comptes européenne à Lux­em­bourg. Auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, il a obtenu le prix Jean-Kobs 2021 pour Cette vie insen­sée et le prix Dela­by-Mour­maux 2023 pour Tec­tonique du temps. Il a égale­ment signé à ce jour qua­tre romans policiers mais con­sid­ère la poésie comme son prin­ci­pal champ d’expression. Il est mem­bre de l’Association des écrivains belges de langue française (AEB), de l’Association royale des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW) et du Gre­nier Jane Tony. Il a égale­ment pub­lié un recueil à qua­tre mains avec Philipe Leuckx, Frères de mots. Ce n’est pas leur seule col­lab­o­ra­tion, puisque Philippe Leuckx a signé et signe encore ici une  pré­face aux poèmes de Philippe Col­mant tan­dis que ce dernier fait béné­fici­er de son art pho­tographique l’édition du recueil de Leuckx, Matière des soirs. C’est d’ailleurs une car­ac­téris­tique de la mai­son d’édition Le Coudri­er que de pub­li­er des livres qui sont le fruit des divers tal­ents des pro­tag­o­nistes de son cat­a­logue, soit comme auteurs et autri­ces, pho­tographes, dessi­na­teurs et dessi­na­tri­ces, pein­tres ou pré­faciers. Le Coudri­er favorise ain­si en son sein les dia­logues mul­ti­fonc­tion­nels de ses mem­bres. Con­tin­uer la lec­ture

Devenir militant à dix ans

Char­ly DELWART, Ronan BADEL, Les aven­tures de moi-même. Jour­nal de ma manif, Flam­mar­i­on Jeunesse, 2024, 144 p., 12,50 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782080430182

delwart badel les aventures de moimeme journal de ma manifGas­pard a dix ans et un gros prob­lème : avec ses meilleurs copains, Nils et Arto, il a décou­vert que leur super ter­rain vague allait être rem­placé par un super­marché flam­bant neuf. Mais ce ter­rain, c’est là où ils jouent tous les jours depuis qu’ils sont tout petits ! Ils y ont con­stru­it leur cabane, un ter­rain de billes ultra com­plexe, un par­cours à vélo avec racines-obsta­cles… En bref, l’heure est grave. Mais les par­ents de Gas­pard ne sem­blent pas s’en apercevoir, esti­mant que c’est dom­mage, certes, mais dans l’ordre des choses. Alors il réflé­chit : est-ce à lui à accepter la sit­u­a­tion ? Mais des super­marchés, il y en a tout plein, alors qu’un ter­rain de jeux comme ça, dans le quarti­er, il n’y en a qu’un ! Gas­pard se dit que, par­fois, il faut essay­er de chang­er les choses qui ne sont pas justes. Mais com­ment faire ? Écrire au directeur du super­marché ? Faire une péti­tion ? Une grève de la faim ? Une Z.A.D. ? Con­tin­uer la lec­ture

De l’impermanence et du temps

Patrick DEVAUX, Stat­ues ombel­lifères, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 61 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–060‑3

devaux statues ombellifèresNé à Mouscron le 14 juil­let 1953, Patrick Devaux éprou­ve dès l’en­fance une atti­rance très forte pour la poésie. Sa ren­con­tre avec la jeune poétesse Kath­leen Van Melle, puis avec Paul, le père de celle-ci, qui l’in­tè­gre à ses activ­ités lit­téraires au sein du G.R.I.L., accélère sa moti­va­tion pour l’écriture. Poète dis­cret pour ne pas dire timide et volon­tiers enclin à la mod­estie, Patrick Devaux abor­de pro­gres­sive­ment dans ses thèmes tous les sujets, de la vie à la mort, de l’om­bre à la lumière. Sa sen­si­bil­ité le porte à observ­er la nature, à en saisir les images et les sym­bol­es, à en capter le tran­si­toire et l’éternel retour. Con­tin­uer la lec­ture

Moi aussi, je veux un Oncle Panda !

Un coup de cœur du Car­net

Carl NORAC (auteur) et Kris DI GIACOMO (illus­tra­trice), L’Oncle Pan­da, À pas de loups, 2024, 40 p., 16 €, ISBN : 9782930787961

norac di giacomo l'oncle pandaOn le con­naît tous, il existe dans nos imag­i­naires. Il habite loin, très loin, sur un autre con­ti­nent, ce qui l’auréole de mys­tère. On ne le voit jamais, par­fois pas même une fois dans sa vie. Il doit être libre d’entraves, sans enfant, et il mène une vie aisée. Peut-être qu’il ne nage pas dans ses pièces d’or comme Pic­sou, mais il pos­sède cer­taine­ment beau­coup de biens. Son exis­tence est rem­plie de voy­ages, de fêtes, d’aventures, de con­quêtes. Il est fan­tasque et orig­i­nal de tem­péra­ment, généreux et libre de car­ac­tère, déton­nant et char­mant de per­son­nal­ité. On rêve de le crois­er, un jour, et par­fois on s’imagine une adop­tion transat­lan­tique. Eh bien, Carl Norac, lui, a eu la souri­ante chance de le ren­con­tr­er, son oncle d’Amérique ! Et cet événe­ment a plan­té en lui une graine de créa­tion, qui déploie feuil­lage et fleur dans L’Oncle Pan­da. Con­tin­uer la lec­ture

Comment revisiter poétiquement le mythe

Edith HENRY, Le soir saigne rouge, ill. de cou­ver­ture Rocio Pasa­lo­dos, ill. intérieures Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 75 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–055‑9

henry le soir saigne rougeLa vieil­lesse rougit de son impiété /et moi, je rougis / de mes ter­res brûlées, écrivait Edith Hen­ry dans J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane. Ici le rouge — couleur du feu, de la pas­sion, de l’amour, de la vie mais aus­si des men­strues, de la vio­lence et du sang — s’impose une fois de plus. Sous cet emblème de la couleur rouge, Péné­lope, Cir­cé, Mélu­sine et Xéna, fig­ures féminines mythiques, vont déclin­er la dra­maturgie de la vie et du des­tin. Péné­lope, épouse d’Ulysse, est l’incarnation de la fidél­ité. Dans sa soli­tude, elle est tou­jours brûlante d’amour pour son époux par­ti au loin. Elle craint aus­si la vio­lence des hommes à laque­lle elle fut et demeure con­fron­tée. Dans ce pre­mier chant, Edith Hen­ry mêle habile­ment dans une même trame les fils de l’histoire et du mythe grec, y com­pris des références à une ver­sion postérieure de celui-ci, la Télé­go­nie, une épopée du cycle troyen aujour­d’hui per­due. On trou­ve la trace de cette ver­sion dans le sec­ond chant où Edith Hen­ry donne la parole à la magi­ci­enne Cir­cé : Con­tin­uer la lec­ture

« Toi aussi tu t’élances »

Françoise LISON-LEROY (autrice), Camille NICOLLE (illus­tra­trice) et Golan HAJI (tra­duc­teur), Toupie, Le port a jau­ni, coll. « Poèmes », 2024, 28 p., 12 €, ISBN : 9782494753020

nicolle lison leroy toupie« Toupie se dit boul­boul en syrien, ce qui sig­ni­fie “rossig­nol” en arabe lit­téraire et “zizi” en égyp­tien ! Toupie se dit nahla en égyp­tien, ce qui sig­ni­fie “abeille” en arabe lit­téraire ain­si que dans la plu­part des langues arabes par­lées. Toupie se dit trom­bia en maro­cain, qui vient prob­a­ble­ment de l’espagnol, nous rap­pelle la trom­ba – la “trompette” en ital­ien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe lit­téraire, un mot relié à d’autres mots qui évo­quent le bois, les jeux d’enfants et le mou­ve­ment. Bref ! La tra­duc­tion du mot toupie en arabe nous donne le tour­nis ! Golan Haji a choisi le mot boul­boul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de ques­tions et de posi­tion­nements chez le tra­duc­teur qui a la tâche-ver­tige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétr­er les sens et explor­er les sous-enten­dus, et de les ren­dre uniques dans leur plu­ral­ité. Un mot, un seul, et nous voilà con­quise par l’entreprise, admi­ra­tive devant le tra­vail, baba face au tal­ent. Con­tin­uer la lec­ture

Au train où vont les événements

Colette NYS-MAZURE, Sans crier gare, Illus­tra­tions d’Élise Kasztelan, Inven­it, coll. « Déplace­ment », 2024, 64 p., 13 €, ISBN : 9782376801078
Colette NYS-Mazure, La grâce et la ren­con­tre, Poe­sis, coll. « Habiter poé­tique­ment le monde », 2024, 16 p., 5 €, ISBN : 9782492239076

nys mazure sans crier gareUne pluie de pub­li­ca­tions récentes fait la part belle aux écrits de Colette Nys-Mazure. Par­mi celles-ci, Sans crier gare évoque son attache­ment pour l’univers fer­rovi­aire. La Tour­naisi­enne y dépeint un micro­cosme en miroir de la société.

Loin de présen­ter ses déplace­ments comme idylliques, Colette Nys-Mazure n’hésite pas à soulign­er com­bi­en ces lieux clos peu­vent appa­raître tour à tour « mal­odor­ants surpe­u­plés nég­ligés ». La clef de son obsti­na­tion à se déplac­er éter­nelle­ment en train ? La volon­té de se mêler aux pas­sants et d’écouter « réson­ner d’autres vies ». Avec humour, la poétesse octogé­naire con­fie avoir raté sa voca­tion : tra­vailler pour le rail ! Con­tin­uer la lec­ture

À travers l’objectif

Nathalie SKOWRONEK et Aurélie WILMET, Chi­enne de guerre, Cot­Cot­Cot, 2024, 83 p., 13,50 €, ISBN : 978–2‑930941–59‑2

skowronek chienne de guerrePho­tographe nat­u­ral­iste ukrainien, Mak­sim a changé de sujet de tra­vail quand la guerre s’est invitée dans son pays. Les champs de bataille, les zones sin­istrées, les gens qui pren­nent la route en lais­sant leur mai­son der­rière eux ont rem­placé les paysages, les arbres et les ani­maux devant son objec­tif. Les ani­maux sauvages en tout cas. Car les ani­maux de com­pag­nie, eux, suiv­ent leurs maîtres dans l’exil, subis­sent à leurs côtés les hor­reurs du con­flit, vic­times eux aus­si de la folie des Hommes. Con­tin­uer la lec­ture