Archives par étiquette : Charline Lambert (autrice de la recension)

De l’élancement

Françoise LISON-LEROY, Les éjoin­tés, Rougerie, 2023, 12 €, ISBN : 978–2‑85668–422‑1

lison-leroy les ejointésOn est des vôtres
ceux qui cav­a­lent sans prénom
sans le souf­fle des dieux
 

Au titre aus­si évo­ca­teur qu’implacable, le nou­v­el opus de la poétesse Françoise Lison-Leroy (pub­lié aux Édi­tions Rougerie) tra­verse les nuances de l’envol à par­tir de la brisure. À l’inverse de la pra­tique de l’éjoin­tage, con­sis­tant à couper un bout de l’aile des oiseaux pour entraver leur vol, les mots de la poétesse quit­tent la terre ferme pour s’élancer dans une « musique au champ libre ». Les éjoin­tés sont tous ceux aux­quels blessure a été infligée et qui ten­tent, tant bien que mal, de con­tin­uer à met­tre une aile devant l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

“Provoquer une sensation d’inattendu”

Christophe POOT, Kon­va­lescens / Stock­holm 1906, Cinquième couche, 2023, 128 p., 25 €, ISBN : 978–239008-088–6

poot konvalescensAprès, notam­ment, le superbe Hareng cou­vre-chef et autres chan­sons de marins, le dessi­na­teur et auteur Christophe Poot nous revient avec le non moins superbe Kon­va­lescens / Stock­holm 1906. D’entrée de jeu, ce livre, com­prenant des textes en sué­dois de Tove Wall­sten et mêlant mots et dessins, se veut poly­phonique, musi­cal. La “par­ti­tion” ini­tiale fait office de table des matières, dis­tribue le livre en dif­férentes sec­tions (“éther”, “imprésario”, “réc­i­tal”,…) et tonal­ités (“bucol­ique”, “soli­tude”…) aux­quelles répon­dront les dessins si car­ac­téris­tiques de Christophe Poot. Con­tin­uer la lec­ture

Flux de verbe, flux de vie

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Thot THOMAS, Quicon­ques, Chat polaire, 2023, 74 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–25‑4  

lambert quiconquesChaque livre de Char­line Lam­bert nous con­duit dans des régions qui n’appartiennent qu’à elle, au plus loin des écri­t­ures pré­fab­riquées et des œil­lères de la pen­sée. Avec son cinquième recueil poé­tique inti­t­ulé Quicon­ques, la poétesse nous con­vie à fouler des ter­res pétries d’énigmes et de sen­so­ri­al­ité. Le titre donne la tonal­ité du voy­age : l’entrée dans des proces­sus de sub­jec­ti­va­tion désub­jec­ti­vante, poreuse, supra ou infra-per­son­nelle. L’écriture entre dans une phase de raré­fac­tion, d’allègement et invente une langue à la hau­teur du reg­istre des sen­sa­tions tra­ver­sées. Un flux de vie, de verbe relie le lichen et la chair, les rochers et l’humain. Au tra­vers du champ lex­i­cal de la vio­lence subie et don­née — potence, piloris, mise en joue, plaie… —, dans l’agencement d’un espace poé­tique acquis aux flot­te­ments du « je et du « tu », Char­line Lam­bert s’aventure dans la con­ci­sion du minéral, dans les secrets du végé­tal. Ryth­mé par les dessins de Thot Thomas (dont le nom évoque le dieu égyp­tien de l’écriture, Thot), Quicon­ques délivre une langue-peau tail­ladée, per­cée d’alvéoles, orante des blancs dans lesquels elle germe. Con­tin­uer la lec­ture

« Un oiseau décisif »

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, Dans la soli­tude inachevée, Rougerie, 2023, 76 p., 13 €, ISBN : 978–2‑85668–423‑8

dugardin dans la solitude inachevéeEmprun­té au poème de Véronique Wau­ti­er (1954–2019) placé en exer­gue, le nou­veau titre de Marc Dugardin, Dans la soli­tude inachevée, s’inscrit dans la lignée de ses précé­dents recueils pub­liés aux édi­tions Rougerie. Pen­sons à Table sim­ple (2015), Let­tre en abyme (2016) et D’une douceur écorchée (2020) qui se con­stru­isent notam­ment autour du motif de l’oiseau, de l’interrogation qu’il porte en son sein. Celle-ci est tant d’une sim­plic­ité désar­mante que d’une den­sité blessante, car « ce qui tra­verse le chaos / ressem­ble à un oiseau ». Con­tin­uer la lec­ture

Véronique Bergen ou la langue brise-lame

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Écume, ONLiT, 2023, 24,99 €, ISBN : 978–2‑87560–159‑9

Mise à jour du 29/08/2023 : Écume reparait en coédi­tion entre Les équa­teurs et Onlit le 30/08/2023

bergen écume bergen ecumeChaque nou­v­el opus de Véronique Bergen révèle l’immensité d’un monde insoupçon­né. Son nou­veau roman, Écume, pub­lié aux édi­tions ONLIT (qui avaient accueil­li Tous doivent être sauvés ou aucun en 2018 et Icône H. en 2021), n’y déroge pas. Plongeant dans l’élément aqua­tique, Écume, au titre aus­si tranché qu’évocateur, éclabousse les riv­ières du con­formisme.

S’ouvrant sur la for­mule « Détrompez-vous », le roman affole d’emblée nos bous­soles et nos sex­tants. Il est tail­lé dans la syn­taxe de la mer, épouse les voca­bles des êtres qui l’habitent. Écume sec­oue les vagues de l’Histoire, plonge dans les bas-fonds de la mémoire, puise dans la matière noire des « océani­cides » et des ruées vers le sper­ma­ceti qui n’a valeur d’or qu’au prix de mas­sacres, pour livr­er un hymne à la lib­erté à l’état sauvage. Con­tin­uer la lec­ture

Excavation du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Ful­gor, Cormi­er, 2022, 72 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87598–033‑5

szpilmann fulgor« Souf­fle », « désas­tre » et « embrase­ments » – nous sommes d’emblée, dès les pre­miers mots, en terre szpil­mani­enne. D’un livre à l’autre du poète, le même noy­au, les mêmes champs lex­i­caux, le même labour du verbe, le même refus de l’enclos… et des fir­ma­ments, jusque-là demeurés incon­nus, éclosent. Chaque livre de Szpil­mann est un réseau vas­cu­laire de mots et un cristal d’images tou­jours appréhendés sous un nou­veau prisme. Pub­lié au Cormi­er, Ful­gor, dont le titre con­dense tant la ful­gu­rance de l’éclair que l’or du feu, est une suite, déser­tique autant que mag­ma­tique, de courts frag­ments dens­es, den­si­fiés par l’ « Obscur ».

À nos genès­es en l’instant glo­ri­fié, en l’instant glo­ri­fi­ant, ont présidé d’innombrables eaux et d’innommables astres. En remon­ter le cours, en déclin­er la source, voilà la tâche généra­trice qui nous requiert, et nous exauce.  Con­tin­uer la lec­ture

« Fugue, hysope et carmin »

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Écarts ou Les esquives du désir, Tail­lis Pré, 2022, 85 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–198‑2

szpilmann ecarts ou les esquives du desir« Car ce dont la parole s’éprend, et qu’elle amène au feu fébrile, implante en nous sa magie blanche. »

Har­ry Szpil­mann con­tin­ue de men­er son esquif sur les ter­res les plus déser­tiques et les plus enflam­mées de la poésie. Écarts ou Les esquives du désir ne dévie nulle­ment du sil­lon qu’a tracé Szpil­mann depuis son pre­mier recueil, Sable d’aphasie (Le Tail­lis Pré, 2011), jusqu’à ses livres plus récents, Genès­es et Mag­mas (Le Cormi­er, 2019) et Approches de la lumière (Le Tail­lis Pré, 2019). Il s’inscrit pleine­ment dans le planis­phère, dans la mappe­monde de la parole szpil­man­ni­enne ; il accentue, aggrave les filons d’une géolo­gie sin­gulière. Con­tin­uer la lec­ture

« Un mot main / dans la main »

Véronique WAUTIER, Ton nom main­tenant, Pré­face de Marc Dugardin, Pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2022, 90 p., 15 €, ISBN : 978–2‑491462–42‑0

wautier ton nom maintenant« par­fois on écrit
et les mots ne sont pas véri­fiés
ils jail­lis­sent d’une anci­enne forêt
d’une future nudité 
»

D’une sim­plic­ité désar­mante, le recueil Ton nom main­tenant de Véronique Wau­ti­er, pub­lié à titre posthume, se déploie sur un nuanci­er bleu. Du « bleu matisse » au vague à l’âme qui s’empare du lecteur dès l’exergue (deux sub­limes vers séléniens de Wau­ti­er), le recueil tient du champ chro­ma­tique et séman­tique de cette couleur qui rap­pelle celle du ciel (« cette immense page bleue ») ou de la mer, avec sa longueur d’onde voilée. Con­tin­uer la lec­ture

Dans la voie du féminisme

Marie-Louise HAUMONT, Le tra­jet, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 398 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–569‑8

haumont le trajetIni­tiale­ment paru en 1976 aux édi­tions Gal­li­mard, le roman Le tra­jet de Marie-Louise Hau­mont (récom­pen­sé alors par le prix Fem­i­na) est aujourd’hui réédité dans la col­lec­tion Espace Nord et assor­ti d’une post­face de Daniel Laroche. Née en 1919 et décédée en 2012, Marie-Louise Hau­mont, écrivaine belge, reste encore peu con­nue dans nos con­trées, en rai­son sans doute, comme l’explique le post­faci­er, de la pro­duc­tion lit­téraire « peu var­iée et quan­ti­ta­tive­ment mod­este » de celle-ci.

Je vivais dans l’avenir comme les vieil­lards vivent dans le passé, mais le passé ne laisse aucune place à l’inconnu tan­dis que moi j’étais sans cesse à la croisée des chemins, m’engageant dans l’un, puis dans l’autre, essayant, brouil­lon­nant, effaçant pour trou­ver mieux […]. J’étais, au pro­pre, maîtresse de mon sort et gou­ver­nante du des­tin de tous les per­son­nages qui partageaient mon exis­tence sec­ondaire.  Con­tin­uer la lec­ture

Pleinement corps

Un coup de cœur du Car­net

Maud JOIRET, JERK, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 12 €, ISBN : 978–2‑930822–21‑1

maud joiret jerkD’une ténac­ité com­pa­ra­ble à celle d’une plante de bitume, l’écriture de Maud Joiret brise le socle des représen­ta­tions, le roc des habi­tus dans lesquels nos corps sont empêtrés. Le pre­mier opus de la poétesse, Cobalt (récom­pen­sé par le Prix de la Pre­mière Œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles) en traçait déjà le sil­lon. Cobalt explo­rait la (dé)construction du « moi », col­orant de bleu les par­tic­ules qui s’échangent entre le dehors et le dedans par le prisme du 27e élé­ment du tableau péri­odique de Mendeleïev. Con­tin­uer la lec­ture

Relire le 19e siècle poétique

Pas­cal DURAND, Poésie pure et société au XIXe siè­cle, CNRS Édi­tions, 301 p., 25 €, ISBN : 978–2‑271‑1403‑8

durand poesie pure et societe au xixe siècle« C’est que, lit­téraires ou pro­fes­sion­nels de la chose lit­téraire, nous sommes tous, à divers degrés de con­science et de résis­tance, écrits par ce que nous lisons. »

Dans cet essai viv­i­fi­ant, Poésie pure et société au XIXe siè­cle, Pas­cal Durand, pro­fesseur (ULg) et soci­o­logue de la lit­téra­ture et des médias, pro­pose une approche soci­ologique de la poésie française des débuts du roman­tisme à la fin du sym­bol­isme. Sont con­vo­qués dans cet essai : les roman­tiques con­tre les for­mal­istes ; Lecon­te de Lisle et ses par­ti­sans ; Théophile Gau­ti­er, les Par­nassiens, Baude­laire, Jules Val­lès, Mal­lar­mé, Lautréa­mont, Laforgue,… Con­tin­uer la lec­ture

Fuir et suivre

Jacques VANDENSCHRICK, Tant suiv­re les fuyards, Cheyne, 2022, 64 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–318‑2

vandenschrick tant suivre les fuyard« Fuir. Quit­ter ce maître injuste. Se vouloir loin. Sépar­er les âmes. Dis­tinguer les trou­peaux. Refuser les pourquoi. La gardeuse de bre­bis l’a com­pris, qui cache bien en elle toutes les déess­es. Alors l’homme, fuyant le maître, voit partout le vis­age de son frère usurpé. »

Après le recueil Livré aux géo­graphes paru en 2018 aux édi­tions du Cheyne et récom­pen­sé par le prix Mar­cel Thiry 2019, après la réédi­tion dans la col­lec­tion Espace Nord en 2021 de quelques-uns de ses opus sous le titre Avec l’écarté et autres poèmes, Jacques Van­den­schrick délivre un nou­veau recueil : Tant suiv­re les fuyards. Con­tin­uer la lec­ture

Constance Chlore avec Nougé

Con­stance CHLORE avec Paul NOUGÉ, Il faut penser à tra­vers tout. À petits pas autour de Nougé et par frag­ments, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Book­leg », 2022, 3 €, ISBN : 978–2‑87505–424‑1

chlore il faut penser a travers toutEn 1927, Paul Nougé écrit le texte La mes­sagère, repris dans les Œuvres com­plètes de Nougé pub­liées aux édi­tions Allia en 2017, avec le célèbre texte Les objets boulever­sants. Moins de cent ans plus tard, en 2022, Con­stance Chlore et les édi­tions Mael­ström nous don­nent à relire des extraits de l’œuvre nougéenne au tra­vers de ce petit book­leg, Il faut penser à tra­vers tout. Le titre est un vers de Nougé, réac­tu­al­isé par Con­stance Chlore dans le « poème-doc­u­men­taire » qui précède les deux textes de l’écrivain. Deux sec­tions com­posent donc ce book­leg pour le moins éton­nant. La pre­mière sec­tion, inti­t­ulée « À petits pas autour de Nougé et par frag­ments », est le poème-doc­u­men­taire de Con­stance Chlore. La sec­onde, donne à lire les textes sus­men­tion­nés de Paul Nougé. Con­tin­uer la lec­ture

Écouter la lumière

Geneviève BAULOYE, Lumière voilée, cou­ver­ture de Pierre Zanzuc­chi, Feuille de thé, 2022, 18 €, ISBN : 979–10-94533–31‑4

bauloye lumiere voilee« L’aurore envahit la mai­son
Le sen­tier retrou­vé
Des fraisiers en fleurs
 »

Dans le sil­lage du recueil Feuillage/Filigrane (égale­ment paru aux édi­tions La feuille de thé), Geneviève Bauloye pour­suit son tra­vail acharné d’écoute de la lumière, des élé­ments (les « nuages », la « neige », le « vent »,…) et des saisons. La poétesse n’en démor­dra pas d’un recueil à l’autre : l’essence de la vie a lieu dans le jeu des feuilles, dans les noces de l’ombre et du con­tre-jour. Le titre de ce nou­veau recueil, Lumière voilée, le dit assez. Con­tin­uer la lec­ture

David Besschops ou l’incommunicabilité

Un coup de cœur du Car­net

David BESSCHOPS, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, L’Âne qui butine, coll. « Troglodyte », 2022, 11 €

besschops faut il que tout change pour que rien ne s acheve« On ne com­prend pas quel drame j’ai pré­ten­du ouïr. »

À con­tre-courant d’une lit­téra­ture con­tem­po­raine per­pétuelle­ment en fête et de ses parades menées tam­bour bat­tant avec force péta­rades, le tra­vail de David Bess­chops s’impose comme l’un des plus intran­sigeants de notre époque. Aux recueils Trou com­mun (2010), Avec un orgasme sur la tête en guise de bon­net d’âne (2017) ou Pla­cen­ta (2018) vient s’ajouter ce petit opus, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, pub­lié aux édi­tions L’Âne qui butine. Peu (re)connus, les ouvrages de Bess­chops, depuis son pre­mier recueil Car­men (2006), sont de ceux qu’on se passe sous le man­teau ou qu’on acquiert comme des livres de col­lec­tion. Ain­si, sans doute, de cer­tains des plus grands livres ou des plus grands écrivains : peu de pail­lettes, peu de médailles mais un halo feu­tré et pérenne.   Con­tin­uer la lec­ture

Quête et équations

Élisa BRUNE et Edgar GUNZIG, Rela­tions d’incertitude, Pré­face de Yaël Nazé, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 500 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–559‑9

brune gunzig relations d'incertitude« Il n’est sans doute plus per­mis de croire qu’un jour nous parvien­drons à tir­er entière­ment la nature au clair, tant elle sem­ble com­porter de niveaux enchevêtrés, mais le nom­bre de phénomènes expliqués s’accroît con­tin­uelle­ment, et j’aime fix­er mon regard sur ce cap­i­tal. »

Tout part d’un ébran­le­ment sen­si­ble : Hélène Anci­aux, une jeune jour­nal­iste sci­en­tifique, pousse la porte d’un amphi, attirée par le titre d’une con­férence don­née par le pro­fesseur Edgard G. Char­mée, par l’épaisseur poé­tique des mots de l’intitulé de ladite con­férence comme par l’orateur, physi­cien de son état, la jeune jour­nal­iste se lance dans le pro­jet d’en rédi­ger un arti­cle. Hélène et Edgard se ren­con­trent très rapi­de­ment, mus par le même désir de ren­dre acces­si­bles les décou­vertes des physi­ciens. Le pre­mier ren­dez-vous est fixé au 11 sep­tem­bre 2001. Con­tin­uer la lec­ture