Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au for­mat numérique.

Les petites cellules grises de Barberian…

Fran­cis GROFF, Casse-tête à Cointe, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2022, 256 p., 19 € / ePub : 14,99 €, ISBN: 978–2‑87489–665‑1

groff casse tete a cointeVoici donc le cinquième opus que Fran­cis Groff con­sacre aux enquêtes de Stanis­las Bar­ber­ian dans la col­lec­tion « Noir cor­beau ». Les édi­tions Weyrich avaient imag­iné cette col­lec­tion en 2019 et don­né con­signe à leurs auteurs (out­re Groff, ils sont cinq jusqu’à présent : Chris­t­ian Libens, le tan­dem Dupuis-Dumont, Chris­t­ian Joost­en et Ziska Larouge) de pro­pos­er aux lecteurs des romans policiers ayant pour décor la Bel­gique. La col­lec­tion est placée sous l’expertise tech­nique d’un com­mis­saire divi­sion­naire en retraite, François Périlleux, ancien chef de la Crim’  à Liège…

Dès le pre­mier vol­ume signé Groff, Morts sur la Sam­bre, le lecteur assis­tait à la nais­sance d’un per­son­nage appelé à devenir, si son auteur en avait le souf­fle, récur­rent comme les Holmes (et son com­parse nar­ra­teur Wat­son), Mai­gret, Adam Dal­gliesh, Mon­sieur Wens , Her­cule Poirot (et ses « petites cel­lules gris­es »), Miss Marple, Cordelia Gray, Mary Lester, Kay Scar­pet­ta : ils appar­ti­en­nent à nos sou­venirs addic­tifs de lecteurs pas­sion­nés par ces crimes dont d’habiles machiner­ies lit­téraires dévoilent les énigmes. Con­tin­uer la lec­ture

Sommes-nous bêtes ?

Pierre SCHOENTJES, Nos regards se sont croisés. La scène de la ren­con­tre avec un ani­mal, Mot et le reste, 2022, 192 p., 17 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782384310029

schoentjes nos regards se sont croisésPar­mi les prix qu’elle a décernés en 2021, notre Académie royale de langue et de lit­téra­tures français­es avait dis­tin­gué un ouvrage de Pierre Schoen­t­jes, Lit­téra­ture et écolo­gie. Le mur des abeilles (Cor­ti 2020). Salu­ant le lau­réat, pro­fesseur de lit­téra­ture française à l’Université de Gand, Yves Namur présen­tait cet essai comme enten­dant répon­dre à la ques­tion suiv­ante : « Com­ment la lit­téra­ture s’empare-t-elle des ques­tions envi­ron­nemen­tales pour penser notre avenir et notre futur ? ». Il soulig­nait que l’auteur fondait sa démarche sur une relec­ture de notre pat­ri­moine lit­téraire à la lumière de cette ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Le Réseau de la béatitude

Un coup de cœur du Car­net

Pierre HOFFELINCK, K‑Gool®,  Mur­mure des soirs, 2022, 255 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–87‑5

hoffelinck k goolQue de « cagoules » dans l’Histoire : celle du bour­reau, celle de l’Extrême-droite française des années 30 (« La Cagoule »), celle du ter­ror­iste ou du cam­bri­oleur, mais jamais encore nous n’avions ren­con­tré K‑Gool®…Ce petit ® sig­ni­fierait-il que l’auteur, qui a réservé le droit de ce nom, a fait un pari sur l’avenir de l’anticipation, de la per­ti­nence et de la fonc­tion de cet étrange objet dans un autre réc­it ?

K‑Gool®… est cet acces­soire de « bon­heur » que les ter­riens de son roman por­tent avec oblig­a­tion et jouis­sance. Mais revenons au début : une colonie de ter­riens sur Mars n’a plus de nou­velles depuis de nom­breux mois de la terre, la terre ne répond plus, c’est le temps du Grand Silence. Con­tin­uer la lec­ture

Il n’est pas interdit de fuir

Manon TERWAGNE, Emprise, Ker, 2022, 142 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–87586-313–3

terwagne empriseAvec Emprise, Manon Ter­wagne signe son pre­mier roman. Elle a 21 ans et vient de rem­porter le prix Lau­re Nobels 2022.

Le prix Laure Nobels

Ce prix est remis chaque année par la fon­da­tion du même nom à de jeunes auteur.ices (15–19 et 20–24 ans). Il a pour objec­tif de « financer et soutenir la pub­li­ca­tion et la pro­mo­tion d’œuvres lit­téraires en français ».

La fon­da­tion Lau­re Nobels a été créée par Isabelle Block­mans et Claude Nobels suite au décès leur fille, Lau­re, assas­s­inée à l’âge de 16 ans par son com­pagnon. Lau­re rêvait d’être autrice. Elle avait écrit un roman et trois nou­velles à l’origine de la pre­mière pub­li­ca­tion de la fon­da­tion : Tom­my. Con­tin­uer la lec­ture

Et si être soi-même, c’était aussi être plusieurs ?

David BERLINER, Devenir autre. Hétérogénéité et plas­tic­ité du soi, La décou­verte, 2022, 176 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782348069697

berliner devenir autreHabituelle­ment – en qua­trième de cou­ver­ture de ses livres notam­ment – David Berlin­er se présente comme anthro­po­logue et pro­fesseur à l’Université de Brux­elles, auteur de plusieurs livres dont Per­dre sa cul­ture, ici salué. Dans son dernier ouvrage, il se for­mule ain­si : « Européen, Belge, Brux­el­lois, fran­coph­o­ne, Juif d’origine ashké­naze, agnos­tique et héri­ti­er des trau­mas de la Shoa, un quar­an­te­naire de la classe moyenne, un anthro­po­logue qui a séjourné longue­ment en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est, un enseignant, un père, un con­joint », etc. Et aus­si, il révèle qu’il est : Derek Moss, un « juif névrosé, une sorte de dou­ble européen de Nathan Zuk­er­man (sic) » (alter ego fic­tif de Philip Roth), auteur notam­ment d’Un anthro­po­logue à la table. Tout cela pour dire qu’il a, que nous avons, tous et toutes, un moi à la fois uni, frag­men­té, mul­ti­ple, mal­léable et plas­tique. C’est de cela dont il est ques­tion dans Devenir autre. Hétérogénéité et plas­tic­ité du soi. Mais, en anthro­po­logue de l’expérience, s’il réfute les théories actuelles sur le désor­dre intrin­sèque de la vie, il ne va pas jusqu’à épouser les théories de la flu­id­ité (du genre, par exem­ple). Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’amour

Stanis­las COTTON, Léa, l’été, Mur­mure des soirs, 2022, 286 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–83‑7

cotton léa l'étéLe dernier livre de Stanis­las Cot­ton, Léa, l’été, c’est comme avoir de l’eau jusqu’aux coudes, à chercher un galet « rond, pas trop grand, pas trop lourd » et le faire presque s’envoler tout tout juste au-dessus de l’Ambrée, la riv­ière qui fai­sait tourn­er l’aube du vieux moulin dans lequel vit Melvil Tour­nel, le nar­ra­teur de ce réc­it. Une his­toire en qua­tre mou­ve­ments, l’été.

Quand l’histoire com­mence, Melvil a 12 ans. Il racon­te son ennui de l’école et com­ment il déjoue les attaques du gros lourd de Gabriel Maussin qui passe son temps à le harcel­er. Les assauts de Maussin n’empêchent pour­tant pas Melvil d’investir la riv­ière, son domaine, pour y pêch­er des tru­ites arc-en-ciel, en explor­er l’autre rive, véri­ta­ble jun­gle aux tré­sors. Con­tin­uer la lec­ture

La lutteuse amoureuse

Un coup de cœur du Car­net

Anna AYANOGLOU, Sen­sa­tions du com­bat, Gal­li­mard, 2022, 88 p., 13 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782072972454

ayanoglou sensations du combatElle esquive les coups, elle absorbe tout – à l’in­star de la boxeuse d’Arthur H, Anna Ayanoglou. Sen­sa­tions du com­bat, son deux­ième recueil, parait trois ans après le remar­qué Le fil des tra­ver­sées, chez Gal­li­mard encore – col­lec­tion blanche, et en redé­ploie, avec vigueur, des traces vives. Un philtre de per­cep­tion pure.

Dieu soit loué il m’est don­né d’aimer encore
de vivre à perte con­tre le temps Con­tin­uer la lec­ture

Extraits de rôles

Robert MASSART, La déc­la­ra­tion, M.E.O., 2022, 184 p., 18 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782807003323

massart la declarationSyl­vain Brunard est un quin­quagé­naire sans his­toires. Il mène une vie pais­i­ble de céli­bataire endur­ci ponc­tuée de soirées au resto du coin et de ren­con­tres dans son quarti­er brux­el­lois mal­mené par quelques faits divers. Enseignant le français dans un lycée, il se plaît à défendre la langue française et il a accep­té, face à un col­lègue insis­tant, de repren­dre la prési­dence d’une asso­ci­a­tion sans but lucratif qui s’est fixé le noble objec­tif de porter assis­tance à des pro­fesseurs de français en détresse. Pour se décharg­er des tâch­es ménagères, il s’est adjoint les ser­vices de Line, avec qui il con­verse volon­tiers de choses et d’autres. Con­tin­uer la lec­ture

Vengeance et manipulation

Paul COLIZE, Un monde mer­veilleux, Hervé Chopin, 2022, 314 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782357206830

colize un monde merveilleuxQuel est ce Monde mer­veilleux annon­cé dans le tout nou­veau roman de Paul Col­ize ?
Celui du bon vieux temps des machines à écrire mécaniques, avec leur char­i­ot cli­que­tant? 
Le monde d’avant les autoroutes ?
Le monde des francs belges et des taux de change, de l’Espagne de Fran­co et de la guerre du Sinaï, de la guerre froide, du choc pétroli­er et de mai ’68 ? 
Ce monde mer­veilleux est-il déjà  là ou à venir ?  Prêt à l’emploi ou à con­stru­ire et à défendre ? Con­tin­uer la lec­ture

Anamorphoses et mémoires confuses

Françoise PIRART, Tout est sous con­trôle !, MEO, 2022, 164 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0329‑3

pirart tout est sous contrôleD’emblée le titre – Tout est sous con­trôle ! – du dernier recueil de nou­velles de Françoise Pirart nous donne le ton de l’ironie et de la duplic­ité qu’elle décor­tique déli­cate­ment dans vingt his­toires où tru­cu­lence, mys­tère et intimes dévoile­ments se resser­rent dans un style où  jubi­la­tion et mélan­col­ie vont ambedui.

François Pirart a déjà pub­lié nom­bre de romans et de nou­velles et s’oc­cupe par ailleurs de suiv­is auto­bi­ographiques qui lui don­nent cer­taine­ment de nom­breuses matières dans le domaine de l’in­time, de la famille et des épisodes de la vie de nos con­tem­po­rains. Son tal­ent fait de ce recueil une rhap­sodie drôle et généreuse… Con­tin­uer la lec­ture

De l’autre côté du miroir

Aliénor DEBROCQ, Mai­son miroir, Rouer­gue, coll. « La Brune », 2022, 304 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782812623509

debrocq maison miroir« Rose passe la plu­part de ses journées chez elle. Avant, elle y rece­vait aus­si ses clients, mais elle a mod­i­fié ses habi­tudes depuis que la mai­son voi­sine est dev­enue une boîte à déci­bels. Elle n’ose plus accueil­lir per­son­ne, se sent prise en otage du vacarme, guette avec crainte le retour de la mar­maille, comme la nomme son mari. Dès que la petite troupe bar­i­olée passe le por­tail et s’engouffre à côté, Rose sait que le tin­ta­marre va tra­vers­er les murs. Finie, la tran­quil­lité. » Tel est le quo­ti­di­en sonore de cette quadra bour­geoise­ment instal­lée au creux d’un quarti­er vert de la ban­lieue brux­el­loise. Avant, le calme rég­nait. Avant, Rose ne se claque­mu­rait pas non plus chez elle. Elle menait une car­rière d’architecte con­scien­cieuse, d’épouse établie, de mère atten­tive à sa Boucles d’Or. Elle avançait sans se pos­er (trop) de ques­tions, suiv­ant le mou­ve­ment, inter­agis­sant par­faite­ment. Cer­tains trou­bles la tra­ver­saient bien enten­du ; ils demeu­raient juste assez inof­fen­sifs quant à la sta­bil­ité des fonde­ments de son exis­tence. Mais avant, Rose n’avait pas per­du son bébé ni subi de cure­tage, et n’était pas encore cette présence d’éther détachée du monde et pour­tant douloureuse­ment con­sciente de ses priv­ilèges. Avant, tout était moins déli­cat, et plus silen­cieux. Con­tin­uer la lec­ture

Imaginer, raconter, méditer

Bernard CAPRASSE, La dérive des sen­ti­ments, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2022, 400 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874896910

caprasse la derive des sentiments« La mort de Bar­bara fut un écroule­ment. Elle enténébra le cœur du cheva­lier, ombra son esprit, fis­sura son âme. »

Le livre de Bernard Caprasse, La dérive des sen­ti­ments, s’ouvre trag­ique­ment. L’épouse du cheva­lier Jean de Ster­pigny meurt en met­tant au monde l’enfant qu’ils attendaient avec une fer­veur heureuse.

La petite Héloïse est d’abord rejetée par son père, muré dans sa douleur. Mais, au fil du temps, elle se rap­proche de lui. Une affec­tion com­plice se noue entre Jean de Ster­pigny, qui se définit ironique­ment comme « un hobereau rivé à ses ter­res », un vaste domaine arden­nais entourant un manoir, et sa fille, née avec un pied bot qui ne l’empêche pas d’être agile et ne la tour­mentera que plus tard, sous le regard des autres : à l’école où ses condis­ci­ples la surnom­ment « boit­il­lon » ; au bal, où les danseurs se font rares. Con­tin­uer la lec­ture

Sur un fil, avancer toujours

Daniel CHARNEUX, Les oiseaux n’ont pas le ver­tige, Genèse édi­tion, 2022, 207 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑3820101–67

charneux les oiseaux n ont pas le vertigeDe l’enfance à l’âge mûr, les sou­venirs de Jean Berthol­let sont racon­tés à la pre­mière per­son­ne, entrelacs de faits mar­quants et de cartes postales du quo­ti­di­en. Les images du petit vil­lage arden­nais des pre­mières années instal­lent une ambiance bucol­ique : théâtre de pleine nature, tout en quié­tude, qui ne se laisse pas trou­bler par les drames qui y boule­versent les habi­tants. Mais l’insouciance de Jean con­naît une fin trag­ique lorsqu’un acci­dent de vélo emporte son jumeau et son enfance.

Il paraît que les cel­lules de notre intestin se renou­vel­lent en quelques jours, celles de notre cœur en quelques années. Que reste-t-il de l’enfant dans l’adulte ? Rien, sans doute, ou si peu. Aucune molécule du corps, en tout cas. Deux êtres totale­ment dif­férents, le cerveau mis à part. Car il sem­ble que les cel­lules de l’encéphale ne se régénèrent pas. Et que toute notre vie, tous nos sou­venirs y dor­ment. À moins qu’ils ne se désagrè­gent, bus par la boue comme une chaus­sure per­due.  Con­tin­uer la lec­ture

Confidences incomplètes

Jean-Philippe TOUSSAINT, C’est vous l’écrivain, Le Robert, coll. « Secrets d’écri­t­ure », 2022, 160 p., 14,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑32101–678‑6

toussaint c'est vous l'écrivainÉlar­gis­sant leur cat­a­logue lex­i­cographique bien con­nu, et peut-être inspirées par la vogue actuelle des “mak­ing of”, les édi­tions Le Robert lan­cent la col­lec­tion « Secrets d’écri­t­ure », qui veut faire décou­vrir au pub­lic cul­tivé la com­plexe cui­sine des œuvres lit­téraires en don­nant la parole à des auteurs con­sacrés : Michel Bus­si, Jean-Philippe Tou­s­saint, demain Frank Thilliez, Susie Mor­gen­stern… « C’est vous l’écrivain » est une réplique de Jérôme Lin­don à Tou­s­saint qui le con­sul­tait en 1984 à pro­pos de son pre­mier man­u­scrit, et nous livre aujour­d’hui des réflex­ions cir­con­stan­ciées sur son tra­vail de romanci­er. Filant la métaphore du fleuve, le livre est struc­turé de façon apparem­ment rigoureuse – déri­va­tions et reflux abon­dent – en qua­tre « temps » de longueur iné­gale : La source (orig­ines du vouloir-écrire, débuts dans l’édi­tion), Le cours (anam­nèse détail­lée du tra­vail), L’es­tu­aire (ren­con­tres avec le pub­lic), Le grand large (procédés nar­rat­ifs util­isés). En aucune façon l’au­teur ne cherche à com­menter ses livres finis : davan­tage lui importe le tra­vail en train de se faire, car l’écrire est du côté de la vie tan­dis que l’écrit est un objet figé, inerte, que seuls ani­ment les lecteurs, cri­tiques, tra­duc­teurs, adap­ta­teurs. C’est vous l’écrivain ne relève donc nulle­ment d’une démarche her­méneu­tique : il est le compte ren­du d’un appren­tis­sage et d’un méti­er, on voudrait dire d’un “arti­sanat”. Con­tin­uer la lec­ture

Il était une fois entre Ladispoli et Cerveteri…

Thilde BARBONI, Les enfants de Cinecit­tà, Acad­e­mia, coll. « Éva­sion », 2022, 226 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑8061–0638‑4

barboni les enfants de cinecitta

L’œuvre de Thilde Bar­boni a abor­dé avec bon­heur dif­férents gen­res lit­téraires : le roman, le théâtre, le scé­nario de ban­des dess­inées, le feuil­leton radio­phonique. La pra­tique de ces dif­férents modes de nar­ra­tion a don­né à la roman­cière un sens aigu de l’image, de l’espace du réc­it et de l’enchaînement flu­ide  des dif­férentes séquences qui hyp­no­tisent lit­térale­ment le lecteur jusqu’au dénoue­ment.

On retrou­ve ces qual­ités dans ce dernier roman, dont une tra­duc­tion ital­i­enne parut l’an dernier. Le réc­it, qui débute dans l’Italie de l’après-guerre, a trou­vé sous la plume de la roman­cière cette sin­gu­lar­ité idéale que la fic­tion requiert lorsqu’elle est pré­cisé­ment située dans un lieu et une époque de l’His­toire. Pour Les enfants de Cinecit­tà, il s’agissait de situer les per­son­nages et leur des­tinée dans ce quelque part dans la cam­pagne ital­i­enne, entre Ladis­poli et Cervet­eri. Mais aus­si, plus avant dans le réc­it, le livre racon­te la décou­verte de la ville de Rome par Anto­nio, enfant, les travaux des champs, la voca­tion de cinéaste née au hasard  d’un tour­nage d’une équipe de Cinecit­tà, et le des­tin de celui qui « inven­ta » un genre ciné­matographique qu’un cri­tique new-yorkais appela le « west­ern-spaghet­ti » et qui fit date dans l’his­toire du sep­tième art. Con­tin­uer la lec­ture

Cène de crime !

Patrizio FIORILLI, Au com­mence­ment, il y eut le mal, F dev­ille, 2022, 234 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87599–054‑9

fiorilli au commencement il y eut le malAu com­mence­ment… de la lec­ture, ou juste avant celle-ci, à la lisière d’un univers vierge, il y a l’étonnement. Devant des dis­tor­sions entre les pre­mière et qua­trième de cou­ver­ture. Mise en page tonique, illus­tra­tion de Loustal et couleurs envoû­tantes, mais aucun mot sur l’auteur Patrizio Fio­r­il­li et faute d’accord dans le texte d’accroche. Croix dess­inées en front d’ouvrage, Ponce Pilate et le Christ évo­qués au dos du livre, mais un ban­deau annonce une finale de prix polar (Foire du livre de Brux­elles 2021). Quid ? Un réc­it polici­er se fau­fi­lant dans un décor his­torique ? En l’occurrence dans la Jérusalem du Ier siè­cle, aux alen­tours de la Pâque juive, de la cru­ci­fix­ion de Jésus ? Con­tin­uer la lec­ture