Archives par étiquette : Véronique Bergen (autrice de la recension)

Méduse : renaissance et réappropriation

Racha MOUNAGED, Les méta­mor­phoses de Méduse, Com­plic­ités, 2025, 98 p., 12 €, ISBN : 9782386478666

mounaged les métamorphoses de méduseQuand Méduse s’empare de la parole, rompt le silence dans lequel le mythe, les humains, les dieux l’ont plongée, elle arrive sous une forme duelle, comme un agence­ment d’énonciation et de corps rompu à l’exercice de la méta­mor­phose, des devenirs. À la pre­mière méta­mor­phose puni­tive, à la trans­for­ma­tion de la jeune fille Méduse en Gor­gone, l’autrice bel­go-libanaise Racha Mounaged ajoute un nou­v­el avatar, le dédou­ble­ment de Méduse, sa dif­frac­tion en deux voix, une voix ances­trale, errante, et une voix con­tem­po­raine, celle de Méduse 2.0. Conçu ini­tiale­ment sous la forme d’un roman écopoé­tique, le per­son­nage mythologique a fait dévi­er le pro­jet, l’a mené sur le rivage d’un mono­logue poé­tique bâti sur l’hiatus entre les deux incar­na­tions d’une divinité pri­mor­diale, unique Gor­gone frap­pée de mor­tal­ité. Con­tin­uer la lec­ture

L’urbexeur de la poésie

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent THOLOMÉ, L’existence, Dernier Télé­gramme, 2025, 211 p., 16 €, ISBN : 9791097146740

tholomé l'existenceUrbexeur de la poésie, Vin­cent Tholomé aurait trou­vé un flot de poèmes sur un site indus­triel aban­don­né, décou­vert un ciel de let­tres, d’aphorismes dis­posés au-dessus des lits du dor­toir. L’existence est une ques­tion de retours, de grav­i­ta­tions autour des mots et des choses, de voy­ages sur les ter­res de l’apparition et de la dis­pari­tion, de l’écrit qui est un fait et des faits qui sont des songes. Livre à nul autre pareil, enser­rant en ses pages « 882 poèmes expan­sion­nistes . écrits d’après les mots et les pro­pos d’Anton Nijkov . POUR DIRE QUE JE. ANTON NIJKOV . EN DÉPIT DES CIRCONSTANCES. EXISTE ENCORE », L’existence nous trans­porte dans une con­stel­la­tion poé­tique qui s’arpente en tous sens, par frag­ments, dans le con­tinu ou selon un ordre capricieux, comme dans Marelle de Julio Cor­tazar. Vin­cent Tholomé est et n’est pas Anton Nijkov qui est et n’est pas Nijin­s­ki et Artaud. Con­tin­uer la lec­ture

Amour et théorème d’incomplétude

Jacques RICHARD, Jeanne en per­son­ne, Lamiroy, 2025, 200 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–024‑7  

richard jeanne en personneTail­lé dans l’énigme de la vie, le roman de Jacques Richard déplace la nar­ra­tion vers un labyrinthe de tableaux qui com­posent autant de facettes ne se refer­mant jamais sur une unité. Les six chapitres qui scan­dent Jeanne en per­son­ne procè­dent par touch­es alliant appari­tion et dis­pari­tion, ques­tion­nement sur l’identité des êtres, de l’amour et cor­ro­sion du doute. Con­tin­uer la lec­ture

Le pinceau pense et la pensée se fait pinceau

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane LAMBERT, Fabi­enne Verdier. Les formes de l’invisible, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2025, 96 p., 16 €, ISBN : 978–2‑36308–424‑8

lambert fabienne verdier les formes de l'invisibleStéphane Lam­bert n’écrit pas sur la pein­ture, mais depuis elle, en elle, à par­tir de l’intensité d’une ren­con­tre dont il n’entend pas étouf­fer le mys­tère sous des grilles théoriques ren­dant inerte le geste de créa­tion. Dans son éblouis­sant essai, Fabi­enne Verdier. Les formes de l’invisible, il retrace au fil d’une pen­sée dev­enue pinceau l’aventure pic­turale frayée par Fabi­enne Verdier, une fig­ure cen­trale du paysage artis­tique con­tem­po­rain. La porte entre le monde de l’Orient et celui de l’Occident que la pein­tre a ouverte depuis son long séjour ini­ti­a­tique en Chine dans les années 1980 se redou­ble dans la tra­ver­sée des portes qui jalon­nent le par­cours de l’artiste. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire depuis le seuil

Muriel CLAUDE, Con­ver­sa­tions de la porte, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2025, 140 p., 18 €, ISBN : 9782363084194

claude conversations de la porteFrangée de silence, l’écriture se dépose depuis un lieu qui brille comme une retraite. L’écriture devient l’officiante d’un seuil, un espace de clô­ture qui ouvre sur l’ailleurs. Ce que le réc­it accom­plit con­sone avec le monde fer­mé, feu­tré des moni­ales d’une abbaye cis­ter­ci­enne dans les Ardennes, dans laque­lle, sai­son après sai­son, la nar­ra­trice séjourne avant de regag­n­er le monde. Pourquoi entr­er en tant que vis­i­teuse dans cette com­mu­nauté religieuse qui, dense comme la forêt qui l’entoure, vit à l’écart du monde tem­porel, séculi­er? Pourquoi repar­tir, y revenir ? L’expérience que Muriel Claude délivre épouse une atten­tion poé­tique à tout ce qui fait signe d’un pas­sage entre le dedans et le dehors, entre le sacré et le quo­ti­di­en. Au cœur du fam­i­li­er, de la cathé­drale de la nature, des ruis­seaux, du vol des hiron­delles, de l’éclosion des fleurs,  au cœur du rythme des saisons, résonne la prière du vivant dont Muriel Claude nous ramène des bou­quets de sen­sa­tions, de visions. Que ren­con­tre-t-on lorsqu’on se voue à l’exploration du seuil, que ce soit la clô­ture du monastère ou celle de la librairie où tra­vaille la nar­ra­trice ? Con­tin­uer la lec­ture

La poésie comme voix et comme voie

Un coup de cœur du Car­net

Éric BROGNIET, Le nuage et la riv­ière, Tail­lis Pré, 2025, 168 p., 18 €, ISBN : 9782874502477

brogniet le nuage et la riviereQue l’aventure poé­tique ne se donne aucun hori­zon qui l’excède mais que, dans un même mou­ve­ment, elle ait l’ambition d’ouvrir un autre régime du vivre et du penser, l’œuvre exigeante, nova­trice d’Éric Brog­ni­et l’affirme tant sous son ver­sant poé­tique que dans l’ordre des essais. S’ouvrant sur une médi­ta­tion de maître Dogen en exer­gue, Le nuage et la riv­ière res­saisit les mots et les choses ain­si que leurs noces com­plex­es sous l’angle de leur genèse, de leur mou­ve­ment d’engendrement. Con­tin­uer la lec­ture

Célébration du quotidien

Gabriel RINGLET, Des rites pour la Vie, Albin Michel, 2025, 252 p., 19,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑226–50435‑7

ringlet des rites pour la vieFon­da­teur de l’École des rites, prêtre, écrivain, longtemps pro­fesseur et vice-recteur de l’Université catholique de Lou­vain, mem­bre de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, Gabriel Ringlet nous offre un livre de con­vic­tions qui retrace l’invention d’une voie autre, celle des rites dont l’essayiste est le célébrant. Une voie qui se tient au-dehors des rites ecclési­aux, des céré­monies offi­cielles de l’Église et des pra­tiques céré­monielles laïques. Con­tin­uer la lec­ture

La littérature comme reconfiguration du donné

Myr­i­am WATTHEE-DELMOTTE, La lit­téra­ture, une réponse au désas­tre, Académie royale de Bel­gique, coll. « L’Académie en poche », 2025, 140 p., 9 €, ISBN : 9782803109982

watthee delmotte la litterature une reponse au desastreQue peut la lit­téra­ture ? Com­ment dis­pose-telle un espace imag­i­naire tis­sé par la fic­tion, qui soit à même d’agir sur le réel, sur le monde, sur soi, sur la pen­sée, les affects, les représen­ta­tions ? Dans son essai vigoureux autant que rigoureux, La lit­téra­ture, une réponse au désas­tre, Myr­i­am Watthee-Del­motte dresse une étude exigeante, pas­sion­née, de la manière dont la lit­téra­ture se pose comme un levi­er d’action, un dynamisme de forces qui parie pour une riposte au désas­tre. Le ques­tion­nement se découpe en plusieurs champs : une analyse de son rôle de témoin (du chœur antique de la tragédie grecque aux témoins intérieurs, extérieurs ou imag­i­naires), de ses con­tenus et des dis­posi­tifs lan­gagiers qui met­tent en forme ces derniers et une inves­ti­ga­tion des spé­ci­ficités du médi­um de la lit­téra­ture imprimée par rap­port au ciné­ma, au théâtre ou autre médi­um requérant un dis­posi­tif ver­bal. Con­tin­uer la lec­ture

La rencontre entre Masereel et Verhaeren

Masereel / Ver­haeren, Dia­logue en noir et blanc / Dialoog in zwart en wit, Textes bilingues de Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den, Ed. Emile Ver­haeren­mu­se­um, 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–9082533552

collectif masereel verhaerenAu nom­bre des ren­con­tres créa­tri­ces fécon­des entre un poète, un écrivain et un artiste, celle qui se noua entre Frans Masereel (1889–1972) et Émile Ver­haeren (1855–1916) occupe une place majeure. Davan­tage qu’un illus­tra­teur de la poésie, des nou­velles, des con­tes d’Émile Ver­haeren, Frans Masereel en est l’interprète, le lecteur graphique qui, non seule­ment, traduisit les textes ver­haere­niens dans des gravures sur bois, des dessins, des aquarelles mais réal­isa une œuvre graphique imprégnée par des thèmes, des motifs, des visions de l’auteur des Villes ten­tac­u­laires, de La mul­ti­ple splen­deur. Si Masereel a été exposé au Musée Émile Ver­haeren à trois repris­es, en 1963, en 1968 et en 1977, l’exposition actuelle déplace la focale en inter­ro­geant l’influence de l’écrivain sur le graveur. Une influ­ence, une con­ver­gence, des rap­proche­ments que Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den analy­sent avec finesse dans le cat­a­logue. Con­tin­uer la lec­ture

Van Gogh avant le pinceau

Ser­gio SALMA, Vin­cent avant van Gogh, mise en couleur Amelia Navar­ro, Glé­nat, 2025, 144 p., 23 €, ISBN : 9782344059753

salma vincent avant van goghSignée Ser­gio Salma (scé­nario et dessin), mise en couleur par Amelia Navar­ro, la bande dess­inée Vin­cent avant van Gogh nous plonge dans l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte du pein­tre avant qu’il ne se con­sacre à la pein­ture pour la révo­lu­tion­ner. Basée sur un solide tra­vail d’archives, de doc­u­men­ta­tions, ryth­mé par la cor­re­spon­dance de Van Gogh avec son frère Théo, l’album inter­roge et met en scène le par­cours d’une vie, de la nais­sance de Vin­cent Van Gogh en 1853 à Zun­dert aux Pays-Bas, d’une jeunesse heureuse dans une famille bour­geoise aux années d’internat, d’employé dans la bou­tique d’un oncle marc­hand d’art à La Haye, de la révéla­tion de la foi, du désir de devenir un homme d’église aux tour­ments exis­ten­tiels, aux décep­tions sen­ti­men­tales, au sen­ti­ment d’échec. Con­tin­uer la lec­ture

L’art comme passion

Roger Pierre TURINE, Mort aux vach­es ! Réc­it et por­traits. De Brassens à Soulages, Tan­dem, coll. « Alen­tours », 2025, 225 p., 20 €, ISBN : 9782873491598

turine mort aux vachesSous un titre qui affiche sa veine anar­chiste, le cri­tique d’art Roger Pierre Turine livre ses mémoires, un par­cours de vie ryth­mé par la pas­sion de la lib­erté, des arts plas­tiques, de l’amitié. Évo­ca­tions de sou­venirs, de ren­con­tres déci­sives en ami­tié, en amour, dans le domaine de l’art, por­traits de con­nais­sances, d’artistes, car­togra­phie d’un pas­sion­né qui embras­sa le sport avec fer­veur avant de se tourn­er vers la chan­son et, ensuite, les beaux-arts, Mort aux vach­es ! Réc­it et por­traits. De Brassens à Soulages brûle d’un souf­fle indomp­té, d’un pari pour tout ce qui inten­si­fie l’existence. Le catal­y­seur de sa pas­sion pour les arts plas­tiques porte un nom, une date, un lieu : en 1956, un des pro­fesseurs du col­lège Saint-Michel, le père de Gruben, preste un cours sur Vin­cent Van Gogh, sur le tableau Por­trait de Camille Roulin, ouvrant au futur cri­tique le chau­dron mag­ique des beaux-arts. Con­tin­uer la lec­ture

Louis Adran. Écrire depuis les confins

Un coup de cœur du Car­net

Louis ADRAN, Tireur et tombeur, Cheyne, coll. « Verte », 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–2‑84116–362‑5

adran tireur et tombeurDans Tireur et tombeur, son qua­trième recueil poé­tique pub­lié aux Édi­tions Cheyne, tail­lé dans la splen­deur de l’énigme, Louis Adran déporte le verbe dans des champs de sen­sa­tions qui se sous­traient à toute cap­ture. Dans un bal­let d’ombres et de lumières, dans le trem­blé du dire et du silence, Louis Adran dresse des scènes furtives comme des songes, pétries de corps fon­dus dans des paysages, s’adonnant à des larcins, des effrac­tions noc­turnes, dans une épiphanie du hors-la-loi et de l’érotisme qui fait songer à Jean Genet. L’imaginaire ne gagne et ne délivre son unic­ité qu’à se dot­er d’une langue qui déplace la syn­taxe, qui déver­rouille le régime des voca­bles. Cette langue sous la langue qui tra­verse les class­es de mots, qui con­catène des images rel­e­vant de reg­istres hétérogènes, le poète nous la donne à vivre, à sen­tir dans un cli­mat où l’amour, le désir cul­mi­nent dans des zones de mort. De ce tireur et tombeur qui galope dans les cinq par­ties du recueil, nous recevons la force sauvage, son art du vol dans des maisons endormies, sa présence sex­uelle, son drame, la mort du frère, le reflux de la parole dans le mutisme, l’internement. Con­tin­uer la lec­ture

Écrivain de l’océan et non écrivain de piscine

Maxime LAMIROY, Le Cuirassé Pouchkine, Lamiroy, 2025, 78 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87595–975‑1

lamiroy le cuirassé pouchkineLa pas­sion de la lit­téra­ture, de la cul­ture russe, l’existence aiman­tée par la magie des Let­tres sous-ten­dent le réc­it Le Cuirassé Pouchkine, qui fig­ure au nom­bre des nom­breux inédits lais­sés par Maxime Lamiroy, un jeune écrivain, philosophe, tra­duc­teur et édi­teur qui nous a quit­tés en juil­let 2024. Nous retrou­vons les par­fums qui com­posent ses autres textes (Deux sœurs, Les juges péni­tents…) et dessi­nent un univers à la lisière de l’onirisme et du réel. Vir­tu­ose de la mise en abyme, Maxime Lamiroy livre des frag­ments auto­bi­ographiques éloignés du courant hégé­monique de la lit­téra­ture du « je », décan­tés dans un au-delà de l’auto-fiction. Aigu­il­lé par Math­ieu, un ami slavophile qu’il con­nut durant ses études de langue et de lit­téra­ture russ­es, le nar­ra­teur s’adonne à une quête qui a pour décor le cen­tre-ville de Brux­elles et pour but la librairie « Le Cuirassé Pouchkine », un lieu dédié aux Let­tres russ­es. Le pié­ton de Paris de Léon-Paul Far­gue devient un pié­ton brux­el­lois infati­ga­ble qui sil­lonne la rue de Flan­dre, la place Sainte-Cather­ine, la galerie des Princes avec la soif d’un bib­lio­phile qui pose une équiv­a­lence secrète entre déam­bu­la­tions géo­graphiques et péré­gri­na­tions men­tales et romanesques. Con­tin­uer la lec­ture

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Sapphô au présent

Sophie KLIMIS et Maya BÖSCH, Au rythme de Sap­phô. Se dire femme en désir, Rhuth­mos, coll. « Le libre jeu des plis », 2025, 182 p., 20 €, ISBN : 979–1095155393

klimis bosch au rythme de sapphoL’arc-en-ciel qui relie la poétesse grecque Sap­phô et l’ouvrage à qua­tre mains conçu par Sophie Klim­is et Maya Bösch s’appelle désir. Inau­gu­rant la nou­velle col­lec­tion « Le libre jeu des plis » des Édi­tions Rhuth­mos, Au rythme de Sap­phô. Se dire femme en désir déplie un dia­logue, un tres­sage de voix entre la philosophe, poétesse et dra­maturge Sophie Klim­is et la met­teure en scène, l’artiste Maya Bösch. Com­ment évo­quer aujourd’hui la magie d’Erôs, com­ment le penser dans ses puis­sances amoureuses et poli­tiques, à la croisée des éveils qu’il pro­duit sur le corps et sur l’esprit ? Con­tin­uer la lec­ture

Michèle Fabien. Le théâtre comme espace de libération

Un coup de cœur du Car­net

Michèle FABIEN, Notre Sade, Sara Z., Char­lotte, post­face d’Élise Descham­bre, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 184 p., 10 €, ISBN : 9782875687111

fabien notre sade sara zFig­ure majeure des Let­tres belges, de la scène théâ­trale des années 1970–1990, autrice, dra­maturge, adap­ta­trice, tra­duc­trice de Pasoli­ni, Michèle Fabi­en (1945–1999) a inter­rogé avec une puis­sance iné­galée l’espace théâ­tral, la dialec­tique des mots et des choses, du corps et du désir, de l’ordre sym­bol­ique, de son en deçà et de son au-delà. Accom­pa­g­nées d’une remar­quable post­face d’Élise Descham­bre, trois de ses pièces, Notre Sade, Sara Z., Char­lotte, sont rééditées (dans un ordre dif­férent) par Espace Nord vingt ans après la pre­mière édi­tion dont la lec­ture éclairante était signée Marc Quaghe­beur. Con­tin­uer la lec­ture