Rudy LÉONET, CLARKE, AAA — Access all areas, Lamiroy, 2021, 90 p., 18 €, ISBN : 9782875955005
Rudy Léonet est une légende vivante de la presse (Télémoustique), télévision et radio belges (Radio Cité, Radio 21, Pure FM…), le producteur/animateur d’émissions cultes (French Kiss, 5 heures…). Un parolier pour d’autres (Indochine…) et pour La variété (groupe au disque électro-pop orphelin dont il fut le chanteur dans les années 1990). Rudy Léonet. Une personnalité clivante et, en même temps, tellement attachante. Un grand fan de musique à la mauvaise foi flamboyante et un professionnel travailleur, rigoureux, audacieux qui défend avec le même brio Depeche Mode et Patrick Juvet. Il est aussi un homme qui donne le meilleur dans la complicité. Avec Hugues Dayez à la radio ou avec le dessinateur Clarke dans AAA - Acces all areas, le livre paru aux éditions Lamiroy. Continuer la lecture
Toute main qui frôle un piano, toute main qui écrit est veinée de bruissements, d’énigmes séculaires, de pulsations de nuit, de créatures insolites, de forêts de sensations. Seules les mains de Véronique Bergen pouvaient écrire un essai aussi merveilleux à propos de la pianiste Martha Argerich. Après la biographie d’Olivier Bellamy, Martha Argerich. L’art des passages est le premier essai consacré à la musicienne. N’étant pourtant pas musicologue, comme l’écrivaine le signale humblement elle-même au début de l’essai, Véronique Bergen approche l’univers de la pianiste d’une manière qui nous fait en douter. À la lecture de cet opus, l’on se risque même à avancer que les mains de l’écrivaine sont aussi familières du piano que du stylo… 
Remarqué pour
Si Richard Delalande, italianisé en « Riccardo » a pu réellement exister, ce fut avec une majuscule discrétion qui l’éloigna des ouvrages spécialisés. Il paraît bien que l’on doive donc à Anne Sautois, auteure passionnée par les vies de compositeurs, d’avoir ouvert son propre imaginaire au vécu de ce copiste de partitions français, organiste au demeurant, et pour l’heure, neveu putatif de Michel-Richard Delalande, ce musicien français des XVIIe-XVIIIe siècles qui doit surtout sa réputation aux Symphonies pour le souper du Roy et sa popularité actuelle à l’étendard sonore des émissions de l’Eurovision. 
Une violoniste étendue dans une mare de sang, son archet planté dans la carotide, sur scène. C’est sur cette image que commence La grande fugue. Enfin, c’est sur cette image que s’ouvre le roman mais l’intrigue, elle, commence quelques jours auparavant, voire encore plus tôt. Qui est la victime ? Qui lui a ôté la vie ? Pourquoi ? L’enquête policière proprement dite attendra un peu. Le temps de retracer les derniers instants de la défunte, et de son quatuor à cordes à l’avenir désormais plutôt compromis : les Barrées.
Savez-vous ce qu’est un inanga ? Ce mot aux syllabes bondissantes désigne « un instrument de musique qui ressemble à un bouclier sur lequel on aurait fixé des cordes », une sorte de cithare venue des terres rwandaises. Chaque note qui en émane s’inscrit sur la partition des temps passés, résonne dans la tradition des Anciens et diffuse des valeurs à maintenir. Un objet à ne toucher qu’avec respect et conscience. C’est aussi le cadeau que le grand-père mahanzi de Gato lui transmet à ses six ans, lors de son premier voyage au Pays des Mille Collines, et dont il lui révèle peu à peu les secrets. L’inanga devient alors le compagnon de fortune et d’infortune du petit bonhomme, un interlocuteur qui le soutient dans son quotidien : « Quand tu seras là-bas au pays des Blancs, il ne faudrait pas que tu arrêtes de jouer de ton inanga. Quand tu seras triste ou que tu auras mal, prends-le, fais-le vibrer et surtout parle-lui, il t’écoutera et te réconfortera. »
Pouvait-on trouver meilleur romancier que Claude Raucy pour redonner vie littéraire au compositeur flamand Adriaan Willaert ? Le récit qu’il nous en donne avec Le maître de San Marco s’inscrit dans la lignée des romans qui, sans crier gare, nous enseignent en nous divertissant. Au gré des péripéties d’une enquête permettant de tirer au clair des morts suspectes parmi le chœur dont il est le chef à San Marco, nous apprendrons du musicien flamand la place privilégiée qu’il occupe dans la Sérénissime, mais aussi dans l’histoire de la musique de la Renaissance. Le roman commence tambour battant au Palais du Doge, Andrea Gritti. Ce dernier a convoqué le Flamand. Il s’inquiète de ces meurtres en série – les musiciens sont étranglés à l’aide d’une écharpe blanche, abandonnée sur les lieux du crime. Il s’indigne aussi que les enquêtes n’aboutissent pas avec assez de célérité à l’arrestation des coupables. 
Le deuxième roman de la Bruxelloise Ziska Larouge,
Un disque culte, ce premier album de Patti Smith, Horses, enregistré en 1975 à New York. Un brasier de poésie rock qui mérite la lecture rapprochée et raffinée qu’en fait Véronique Bergen dans son dernier opus. Elle montre comment Smith est la pionnière d’un nouveau visage du rock au féminin
L’histoire de ce livre ne commence pas par « Il était une fois », mais par « Il y a des lunes et des lunes, dans un pays de légendes ». Ainsi, Pierre Coran nous fait-il entrer dans le monde des contes, où le jeune prince Siegfried, arrivé en âge de se marier, tombe follement amoureux d’Odette, une mystérieuse jeune femme victime d’une terrible malédiction : pour avoir refusé d’épouser un sombre sorcier, elle a été métamorphosée en cygne et ne retrouve son apparence humaine qu’une fois la nuit tombée. Le prince fait le serment de délivrer Odette et de l’épouser. C’est sans compter sur l’ingéniosité malfaisante du sorcier et de sa fille Odile, au plumage aussi noir que l’âme de son père, mais en tout point semblable à Odette, le cygne blanc.
Vincent Engel nous emmène à nouveau à Venise. En 1740 cette fois et moins pour en parcourir les ruelles, les places et les canaux que pour y pénétrer dans l’intimité de quelques habitants. Parmi ceux-ci, un prêtre qui enseigne la musique au sein d’un établissement pour jeunes orphelines, un compositeur âgé dont le nom et les airs traverseront les époques : Vivaldi. Vivaldi qui évolue ici en tant que don Antonio. Et en fait d’évoluer, on pourrait plutôt dire qu’il se débat. Contre les governatori qui rechignent à le financer, contre sa réputation qui fane, contre la mode qui lui préfère des sonorités nouvelles, contre sa santé fragile, contre la vieillesse qu’il feint d’ignorer, contre les rumeurs qui lui attribuent des mœurs inconvenantes…
Curieux objet littéraire que ce roman de Réginald Gaillard, fondateur des éditions de Corlevour et de la revue NUNC, et auteur, entre autres, des recueils Autour de la tour perdue et L’échelle invisible aux éditions Ad Solem en 2013 et 2015. Il nous revient avec La partition intérieure, publié aux éditions du Rocher et paru ce 4 octobre.
Dans Leçons de ténèbres, Corinne Hoex s’inspire de l’œuvre de Gesualdo (1566–1613) et de la « légende noire »