Archives de catégorie : Coups de cœur du Carnet

Les livres qui ont par­ti­c­ulière­ment séduit la rédac­tion du Car­net et les Instants et ont reçu la men­tion “Coup de coeur”

Exquise maîtrise

Un coup de cœur du Car­net

Char­lotte BOURLARD, L’apparence du vivant, Inculte, 2022, 132 p., 13,90€ / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782360841431

bourlard l apparence du vivant« Je pieute au dernier étage, sous les toits. Eux dor­ment au rez-de-chaussée. Ils ont fait for­tune dans les pom­pes funèbres. On se partage un funérar­i­um désaf­fec­té. On vit en tête à tête avec mon­sieur Mar­tin qui nous sur­veille, couché dans leur grand lit. Son corps ne bouge plus, ça fait des années. On con­tin­ue à lui par­ler. Un peu comme s’il était mort, sauf qu’on peut le touch­er. »

« Je », c’est une femme, sans âge pré­cis (début de la trentaine), dont peu de traits physiques sont révélés (une cer­taine force physique, des cheveux tein­tés auburn, une cica­trice mangeant sa joue droite – sou­venir d’une brûlure). Il faut grat­ter le ter­reau fer­tile de l’indifférence et de la bru­tal­ité pour déter­rer les racines de son car­ac­tère. Tel le lis­eron, au fil des années, la nar­ra­trice s’est déployée par sa seule volon­té, avec la ténac­ité d’une mau­vaise herbe à l’apparente inof­fen­siv­ité. Si l’on creuse un peu, pour­tant, on pour­rait notam­ment s’interroger sur sa pas­sion : pho­togra­phi­er « des vieux nus aux yeux ouverts ». C’est d’ailleurs par l’entremise d’une annonce passée dans un jour­nal local qu’elle les a ren­con­trés, eux. Con­tin­uer la lec­ture

« Le Baron, vraiment, ne plaisantait pas avec les plaisanteries »

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Por­trait du baron d’Handrax, Rivages, 2022, 176 p., 17 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782743654993
Archibald d’HANDRAX, Car­nets secrets, Rivages poche, 2022, 176 p., 7 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782743655051

quiriny portrait du baron d handraxQuand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses per­son­nages, dans un monde à part. Par­fois, ce monde clos est joyeuse­ment cauchemardesque ; par­fois c’est un délice hors du temps.

Bernard Quiriny entame son Por­trait du baron d’Handrax dans le ton de son Mon­sieur Spleen. Il a à cœur de nous par­ler d’un cer­tain « Hen­ri Mouquin d’Handrax (1896 – 1960) : pein­tre mineur, oublié de nos jours », c’est-à-dire dis­cret, loin des feux de la rampe, tout à fait étranger à la vul­gar­ité de la mode. Ce pein­tre, Bernard, le nar­ra­teur, s’en « entiche par hasard », va dis­traite­ment vis­iter le petit vil­lage de l’Allier dont il est orig­i­naire, décou­vre un musée, apprend qu’on y cherche un sec­ond gar­di­en. « Ain­si com­mença ma nou­velle vie », nous con­fie-t-il avec détache­ment. Il ren­con­tre assez vite le per­son­nage haut en couleur du lieu : le Baron Archibald d’Handrax, petit-neveu du pein­tre, qui devien­dra son ami et le sujet du livre. Con­tin­uer la lec­ture

La composition du silence

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Sauvage est celui qui se sauve, Esper­luète, 2022, 208 p., 18 €, ISBN : 9782359841497

J’écris : voici mon frère, il n’a fait que pass­er, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a lais­sées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son pas­sage ?

Suiv­re le fil : plonger sous la matière, là où s’emmêlent et se con­fondent les fibres, rejoin­dre la sur­face, repren­dre. Les mots de Veroni­ka Mabar­di cir­con­scrivent en pointil­lé les con­tours de la perte et tra­cent, d’un même mou­ve­ment, l’empreinte d’un corps qui jamais n’a pu se résoudre à respecter les lim­ites. Ce corps est celui de son frère, Shin Do Mabar­di, arrivé à l’âge de cinq ans dans cette famille d’intellectuels de gauche, douce et généreuse, depuis la Corée du Sud. En dépit de l’amour qui l’attend de pied ferme et amor­tit la bru­tal­ité du déracin­e­ment, l’expérience est avant tout celle d’un arrache­ment. Dans la terre coréenne, Shin Do laisse des radi­celles tranchées vives. Un morceau de son iden­tité se développe sans lui à l’autre bout du monde, plaçant son exis­tence sous le signe de la frag­men­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Lieu d’être

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Annemarie Schwarzen­bach. La vie en mou­ve­ment, Dou­ble ligne, coll. « Fig­ures de l’itinérance », 2021, 19 €, ISBN : 978–2‑9701433–2‑1

bergen annemarie schwarzenbach la vie en mouvementNulle fig­ure autre que celle d’Annemarie Schwarzen­bach ne pou­vait inau­gur­er la promet­teuse col­lec­tion « Fig­ures de l’itinérance » des édi­tions Dou­ble ligne – col­lec­tion créée par Lau­rent Pit­tet, le fon­da­teur de la revue Roa­d­i­tude.

Née en 1908 à Zurich au sein d’une famille très aisée qui avait notam­ment des affinités avec l’extrême-droite, décédée à l’âge de trente-qua­tre ans, Annemarie Schwarzen­bach était une femme intense, mys­térieuse, famil­ière des extrêmes. Fémin­iste (soli­taire), antifas­ciste et antiraciste, au tra­vers de ses textes, pho­togra­phies et reportages, elle est une fig­ure impor­tante de la dénon­ci­a­tion, entre autres, de la mon­tée du fas­cisme en Europe, de la ségré­ga­tion et des con­di­tions de vie des ouvri­ers en Amérique du Nord, de l’exploitation de l’Orient par un Occi­dent malade. Con­tin­uer la lec­ture

L’OceanSkyLine de la fiction

Un coup de cœur du Car­net

Lau­ra TINARD, J’ai per­du mon roman, Seuil, coll. « Fic­tion & Cie », 2022, 320 p., 19,5 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑02–149402‑0

tinard j ai perdu mon romanLe pre­mier roman de Lau­ra Tinard met en scène Pamela, une jeune artiste évolu­ant dans le milieu alter­na­ti­vo-hipe-arti brux­el­lois.

Au moment où l’histoire com­mence, Pam passe son temps à organ­is­er des fes­ti­vals de per­for­mances au Sana – le squat le plus inter­na­tionale­ment cool de BXL – et vient tout juste d’abandonner ses études en arts plas­tiques pour se plonger corps et âme dans l’écriture d’un roman. Con­tin­uer la lec­ture

Le pire n’arrive pas toujours

Un coup de cœur du Car­net

Thomas GUNZIG, Le sang des bêtes, Au dia­ble vau­vert, 2022, 208 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 979–10-307‑0452‑5 

gunzig le sang des betesÀ chaque roman, Thomas Gun­zig décrit, de manière pré­cise et doc­u­men­tée, cer­taines pra­tiques socié­tales bien con­tem­po­raines, par exem­ple les tech­niques de vente (dans Manuel de survie à l’usage des inca­pables) ou dans le cas de son dernier roman, Le sang des bêtes, la pra­tique et le marché du body-build­ing. En même temps, il imag­ine des choses invraisem­blables dont on se dit cepen­dant que, vu les proces­sus qu’il évoque, elles risquent de ne pas tarder à devenir réelles. Dans Le sang des bêtes, il s’agit de la géné­tique et de ce que des appren­tis sor­ciers peu­vent en faire. Con­tin­uer la lec­ture

Frédéric Coché et la Tétralogie de Wagner

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric COCHÉ, Richard WAGNER, Bryn­hil­dr. Un opéra dess­iné d’après Der Ring des Nibelun­gen, Textes cri­tiques de Gwla­dys Le Cuff et Aurélien Gleize, FRMK et La Pom­merie, 2021, 114 p., 28 €, ISBN : 9782390220244

coché brynhildrSai­sis­sant opéra graphique silen­cieux, Bryn­hil­dr, sous-titré Un opéra dess­iné d’après Der Ring des Nibelun­gen, nous délivre une adap­ta­tion-recréa­tion per­son­nelle de La Tétralo­gie, du Ring, l’œuvre-monde de Wag­n­er. Depuis sa créa­tion à Bayreuth, les qua­tre par­ties de L’anneau du Nibelung ont inspiré la lit­téra­ture, la bande dess­inée, le ciné­ma. Après la bande dess­inée en qua­tre vol­umes de Numa Sadoul et de France Renon­cé, Frédéric Coché trans­pose dans l’espace de la gravure l’œuvre d’art totale du magi­cien de Bayreuth. Là où l’esthétique graphique de Sadoul et Renon­cé, le dessin de Renon­cé épou­saient les lignes flam­boy­antes et oniriques de Wag­n­er, Frédéric Coché fait le choix dans ses 72 planch­es d’une esthé­tique épurée, min­i­mal­iste qui, d’emblée, con­traste avec la lux­u­ri­ance col­orée, le débor­de­ment d’énergie vitale et la pro­fu­sion des formes et des forces du Ring. Con­tin­uer la lec­ture

Variation autour du kintsugi

Un coup de cœur du Car­net

Almu­de­na PANO, His­toire en morceaux, Ver­sant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2021, 40 p., 15,90 €, ISBN : 9782930938431

pano histoire en morceauxAu milieu d’un hiv­er plu­vieux, une petite fille aux cheveux de jais s’amuse chez elle. Éparpil­lés dans la pièce, des Play­mo­bil et des ani­maux en plas­tique, des maisons de poupée, une voiturette bleue, un crois­sant non entamé jonchent le sol. Elle, elle sourit et agite deux fig­urines féminines s’affrontant lors d’un match de foot­ball en minia­ture. C’est le sport préféré de la fil­lette, elle adore y jouer dans le jardin, ce que le temps ne per­met pas ce jour-là, les gouttes et le vent étant de la par­tie. Alors elle décide d’enfreindre une des règles de la mai­son. Elle s’avance sur les carpes bleues du tapis douil­let, ignore le regard cir­con­spect du chat et attrape son bal­lon en cuir. La joie de la trans­gres­sion est hélas de courte durée : elle casse le vase préféré de sa maman, « [c]elui qu’elle et papa ont ramené de vacances et qui est plus vieux [qu’elle] ». Son sourire s’évanouit et, recro­quevil­lée dans son anx­iété, elle serre le félin dans ses bras. Elle observe les débris de son désas­tre et entend des pas s’approcher… La tristesse et l’angoisse l’étreignent, elle va devoir se con­fron­ter aux con­séquences de sa désobéis­sance. Com­ment avouer la cat­a­stro­phe ? De quelle façon sa maman va-t-elle réa­gir ? De quelle puni­tion va-t-elle écop­er ? Con­tin­uer la lec­ture

« Déambulons dans le non-dit »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Lieux dits, Col­lages de F. Lié­nard, Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2021, 230 p., 22 €, ISBN : 9782919712274

liénard lieux dits« On ne part pas » décré­tait, dans Mau­vais sang, celui que l’on surnom­mait pour­tant « l’homme aux semelles de vent ». C’est que le rap­port du poète au voy­age est con­trar­ié, du fait qu’il est voy­ant : il est moins un corps qu’un regard qui se déplace. Les décors se muent en mots, les façades ne dis­simu­lent jamais qu’elles-mêmes, tous les arti­fices des villes sont dénudés en un clin d’œil…

François Lié­nard, vous con­nais­sez ? Mais si… Vous l’aurez croisé dans quelque train entre Brux­elles-Midi et Charleroi-South ou vers Mons via Buizin­gen, ou encore à la jetée d’Antwerpen, à Lis­bonne, à Køben­havn, à Venise, ou dans quelque ville-musée « Inscrite au Pat­ri­moine mon­di­al d’une / Human­ité qui ne se recon­naît plus », ou dans des con­fins moins acces­si­bles encore, Châtil­lon, Vir­ton-on, Arlon. Con­tin­uer la lec­ture

Le roadbook d’une vie

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er DUCULOT, Parc fer­mé, Ova­dia, 2021, 210 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36392–466‑7

duculot parc ferméÉté 1977, Arnaud passe un mois de vacances à la Côte d’Azur avec sa sœur jumelle Annabelle et ses par­ents Georges et Mag­gy. Du haut de ses sept ans, il observe le monde des adultes, tout en apparences et rap­ports de dom­i­na­tion. Des plus rich­es sur les moins aisés ; des hommes sur les femmes ; de son père sur sa mère. Juil­let touchant à sa fin, le retour en Bel­gique amène son lot de morosité : fin de la par­en­thèse ensoleil­lée, reprise du quo­ti­di­en en demi-teinte. Au soleil comme sous la gri­saille, la vie de famille sem­ble bien réglée, les habi­tudes et les rôles immuables. Sauf qu’à peine trente­naire et poussée par des événe­ments récents, Mag­gy décide qu’il est trop tôt pour se résign­er. Elle prend les rênes de son des­tin, en même temps qu’un train vers la ville. C’est le début des boule­verse­ments pour Arnaud et sa famille. Con­tin­uer la lec­ture

La partition argerichienne de Véronique Bergen

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Martha Arg­erich. L’art des pas­sages, Sam­sa, 2021, 18 €, ISBN : 978–2‑87593–366‑9

bergen martha argerichToute main qui frôle un piano, toute main qui écrit est veinée de bruisse­ments, d’énigmes sécu­laires, de pul­sa­tions de nuit, de créa­tures inso­lites, de forêts de sen­sa­tions. Seules les mains de Véronique Bergen pou­vaient écrire un essai aus­si mer­veilleux à pro­pos de la pianiste Martha Arg­erich. Après la biogra­phie d’Olivier Bel­lamy, Martha Arg­erich. L’art des pas­sages est le pre­mier essai con­sacré à la musi­ci­enne. N’étant pour­tant pas musi­co­logue, comme l’écrivaine le sig­nale hum­ble­ment elle-même au début de l’essai, Véronique Bergen approche l’univers de la pianiste d’une manière qui nous fait en douter. À la lec­ture de cet opus, l’on se risque même à avancer que les mains de l’écrivaine sont aus­si famil­ières du piano que du sty­lo… Con­tin­uer la lec­ture

Éric Brogniet : depuis la profondeur

Un coup de cœur du Car­net

Éric BROGNIET, Lumière du livre suivi de Rose noire, Tail­lis Pré, 2021, 18 €, ISBN : 978–2‑87450–183‑8

brogniet lumiere du livre suivi de rose noireVio­lence est innée au vivant
À la rose, son épine
À la dent, son tigre
Au pou­voir, son rameau insur­rec­tion­nel 

Nous entrons dans le recueil Lumière du livre suivi de Rose noire d’Éric Brog­ni­et non comme on pousse les portes du som­meil, mais comme on repousse les fron­tières de la per­cep­tion, comme on entre en ini­ti­a­tion. La tra­ver­sée du sens n’est pas immé­di­ate­ment don­née : elle s’éprouve à chaque page qui nous tient, lit­térale­ment et métaphorique­ment, en éveil. Con­tin­uer la lec­ture

Imperfectible finesse

Un coup de cœur du Car­net

Gwen GUÉGAN, Con­fi­dences, Chat polaire, 2021, 86 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931028–08‑7

guegan confidencesUn titre tel que Con­fi­dences est sans dan­ger, voire courant, mais il est intime­ment engagé, jamais inno­cent. D’autant que sur la cou­ver­ture, un cœur noir aux traits clairs est mis sous cloche de verre et posé sur sa base rouge sang. Nulle doute que Gwen Gué­gan, brux­el­loise de cœur et bre­tonne de corps, se mon­tre ici sans peur et sans reproche, et frontale : toute de con­trastes forts, de lignes nettes et limpi­des en noir et banc surtout, ou en trichromie tout au plus : noir, blanc et rouge ou bien noir, blanc et un turquoise pro­fond. Con­tin­uer la lec­ture

Schuiten et Peeters : lettre à Bruxelles, la survivante

Un coup de cœur du Car­net

François SCHUITEN, Benoît PEETERS, Brux­elles. Un rêve cap­i­tal, Cast­er­man, 2021, 128 p., 29 €, ISBN : 978–2‑203–22977‑8

schuiten peeters bruxelles un reve capitalQuand l’hommage à une ville jail­lit de l’imaginaire, de la sen­si­bil­ité d’un duo de créa­teurs ayant mar­qué le neu­vième art de leur empreinte, l’enchantement est au ren­dez-vous. Dans le somptueux ouvrage Brux­elles. Un rêve cap­i­tal, François Schuiten et Benoît Peeters opèrent un glis­san­do de Brüsel des Cités obscures à la cap­i­tale Brux­elles approchée sous la forme d’une balade archi­tec­turale, his­torique et onirique. Au fil d’une prom­e­nade résol­u­ment sub­jec­tive, les auteurs nous entraî­nent dans un réc­it con­stru­it sur des por­traits de lieux (la Grand-Place, le Palais de Jus­tice, la Porte de Hal, le Palais Sto­clet, le Musée Wiertz, la Mai­son Autrique…), de per­son­nages (les archi­tectes Joseph Poe­laert, Vic­tor Hor­ta, Hen­ry Van de Velde, l’archiviste Paul Otlet et son Mun­da­neum…) et d’événements (ponctuels et irréversibles : le voûte­ment de la Senne, la Jonc­tion Nord-Midi, choix de Brux­elles comme cap­i­tale de l’Europe…). Con­tin­uer la lec­ture

« L’essentiel est invisible pour les yeux »

Un coup de cœur du Car­net

Vic­toire DE CHANGY (autrice) et Marine SCHNEIDER (illus­tra­trice), Le bison non-non, Cam­bourakis, 2021, 40 p., 16 €, ISBN : 9782366245868

le bison non nonAvez-vous déjà plongé votre regard dans celui d’un bison ? Cette expéri­ence doit se révéler stupé­fi­ante dans la taï­ga ou une plaine hud­soni­enne. Au cœur de l’album Le bison non-non, sur une pleine page d’un som­bre sub­til (com­posé de bruns et de noirs, per­cé de quelques nuances beiges), se faire aiman­ter par les « deux yeux tout ronds » du bovidé provoque une émo­tion inat­ten­due, entre mélan­col­ie subite et ten­dresse mon­strueuse. On l’aime immé­di­ate­ment, ce Bison non-non, même si son nom devrait tenir à dis­tance… Con­tin­uer la lec­ture

Balises sur le long chemin de l’égalité

Un coup de cœur du Car­net

Luc BABA, L’arbre du retour, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2021, 264 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–401‑2

baba l'arbre du retourLe dernier roman de Luc Baba relève du défi lit­téraire : en 250 pages, retrac­er le des­tin, sur plus de deux siè­cles (de 1803 à nos jours), d’une famille issue du Dahomey (aujourd’hui Bénin), embar­quée sur un bateau négri­er à des­ti­na­tion des États-Unis, soumise à l’esclavage puis ten­tant peu à peu de con­quérir sa lib­erté et sa dig­nité. Pour ce faire, L’arbre du retour procède par touch­es suc­ces­sives et opère des allers-retours dans le temps qui jux­ta­posent des sit­u­a­tions met­tant en scène Ayo et ses descen­dants. Con­tin­uer la lec­ture