Archives de catégorie : Coups de cœur du Carnet

Les livres qui ont par­ti­c­ulière­ment séduit la rédac­tion du Car­net et les Instants et ont reçu la men­tion “Coup de coeur”

Tiens bon la barre, matelot !

Un coup de coeur du Carnet

Veroni­ka MABARDI, Adèle, Lans­man, 2016, 42 p., 10 €   ISBN : 978–2‑8071–0112‑8

mabardiAdèle revient dans le vil­lage de pêcheurs de sa grand-mère Maria, là où elle a passé toutes ses vacances sco­laires. Ce vil­lage a vu naître tous ses jeux d’enfant, ain­si que cette infail­li­ble rela­tion entre une vieille femme et sa petite-fille. Ce vil­lage est aujourd’hui déserté de ses pêcheurs et de ses âmes, la ville les ayant tous appelés. Adèle ne sait plus très bien où elle en est. Un homme, Nico­las, traîne dans sa tête. Le fruit de leur amour grandit dans son ven­tre. Doit-elle garder ce petit être alors qu’elle ne rêve que de par­tir en mer ? De men­er une vie d’aventurière à tra­vers vents et marées comme son héroïne d’enfance, la pirate Anne Bon­ny ? Après tout, les femmes n’ont peut-être pas leur place par­mi les matelots. Et que faire de Nico­las ? L’attendrait-il tout en dessi­nant le fil des jours comme Péné­lope cou­sait en atten­dant Ulysse ? Lui-même n’est-il pas tout aus­si per­du depuis qu’il a ren­con­tré sur les routes des naufragés de la vie ? Adèle cherche des répons­es auprès de sa « Maria de la mer », aujourd’hui dis­parue, ain­si qu’auprès de La Vagabonde, l’épave de son grand-père René. Les fan­tômes de la vieille femme et du vail­lant navire sont omniprésents. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on plonge avec délice dans un livre de grand sauvage

Un coup de coeur du Carnet

Antoine BOUTE, Inspec­tant, reculer, ONLIT, 2016, 272 p., 18 €, ePub : 8.99 €   ISBN : 978–2‑87560–080‑6

─ Ah Fred­do ça va être démen­tiel notre mariage !
─ Putain de bor­del de merde oui ma chérie (…) Se mari­er c’est punk, il nous faut un mariage punk ! Ça fait : on y croit, on croit en la société humaine, on croit en ses règles, ses us et cou­tumes, on fait sem­blant d’y croire, c’est rigo­lo (…) Le meilleur plan pour que ce soit destroy.

boutePour sûr : Inspec­tant, reculer est ce de genre de livres qui aura bien des détracteurs. C’est qu’An­toine Boute n’a jamais fait dans la den­telle pas­tel impres­sion­niste. Son dernier opus en date ne déroge pas à la règle. Cer­tains, cer­taines, pour­raient voir dans l’usage « cool » et mar­rant d’un vocab­u­laire, dis­ons, « choisi », voire « bran­chouille », une atti­tude un brin racoleuse. Les mêmes pour­raient se dire que, décidé­ment, les scènes provoc’, out­ran­cière­ment rigolotes et trash qui, comme d’hab, émail­lent le réc­it du sieur Boute, dans le fond, ça n’est rien d’autre qu’une manière de pos­er. D’en­doss­er les habits de « celui à qui on ne la fait pas », « celui qui écrit et qui aime ça parce que c’est rigo­lo d’écrire et d’in­ven­ter des blagues alors autant rire et faire rire plutôt que faire de cette affaire une chose sérieuse à tir­er des tronch­es tristes jusque par terre ». Con­tin­uer la lec­ture

L’art de voir double

Un coup de coeur du Carnet

Thier­ry HORGUELIN, Nou­velles de l’autre vie, Mon­tréal, L’Oie de Cra­van, 14 €, ISBN : 9782922399998

horguelinThier­ry Horguelin, le plus british des citoyens de la République Libre d’Outremeuse, nous revient après un large détour par Mon­tréal. Son recueil Nou­velles de l’autre vie, édité par l’enseigne au nom énig­ma­tique L’Oie de Cra­van, s’annonce en qua­trième de cou­ver­ture comme « l’exploration de quelques labyrinthes ». Égare­ment garan­ti. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on assiste en direct à l’invention de l’amour

Un coup de cœur du Carnet

Marc DUGARDIN, Let­tre en abyme, Rougerie, 2016, 70 p., 13 €   ISBN : 978–2‑85668–390‑3

dugardinUn jour, nous nais­sons. Sommes enfan­tés par nos mères. Sommes lancés dans ce monde. Pour le meilleur comme pour le pire. Cha­cun, cha­cune, s’en sort ensuite comme il ou elle peut. Cer­tains et cer­taines en écrivent des livres. Juan Gel­man aura été un de ces poètes. Marc Dugardin en est un autre. Sa Let­tre en abyme peut être lue, entre autres choses, comme un hom­mage à Let­tre à ma mère de Gel­man, ce frère d’écri­t­ure, pour ain­si dire.

C’est que tous deux ont un « œuf à pel­er ». Une his­toire à vider avec leurs mères mortes. Ces boules de peur et de haine. Ces êtres qui, à leurs corps défen­dant, auront, en même temps que la vie, « fait cadeau » à leurs fils de leurs vieilles casseroles. Vieilles peines. Vieilles marottes qui vous bouf­fent l’ex­is­tence. Taris­sent aisé­ment les élans. Con­tin­uer la lec­ture

“Je n’ai rien remarqué de spécial”

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Luc FONCK, Les hommes préfèrent les grottes, Luc Pire, coll. « Romans de gare/Kill and read », 2016, 144 p., 10 €/ePub : 9.99 €   ISBN : 978–2‑507–05413‑7

fonck«Je m’ap­pelle Hubert. On m’a déjà dit que c’é­tait un drôle de prénom, mais per­son­nelle­ment, je ne trou­ve pas. Pour moi, Jean-Jacques ou Thier­ry, ça, ce sont de drôles de prénoms. Fabi­enne aus­si. Mais Hubert, non, je trou­ve que c’est un prénom comme la plu­part des autres prénoms sauf ceux que je trou­ve drôles. Enfin, de toute façon, ce livre n’est pas con­sacré aux prénoms et à leur taux de drô­lerie. On ne va donc pas en par­ler pen­dant plusieurs lignes.»

Ain­si s’ou­vre la dernière grenade textuelle que Jean-Luc Fon­ck nous lance entre les mains, et qui nous explose au vis­age toutes les qua­tre lignes. Le Mon­ty Python à toute berzingue dans la dili­gence de Lau­rence Sterne avec Alice en guise de cocher, fou­et­tant les chevaux en leur bal­ançant des exem­plaires de L’employé de Stern­berg, et chan­tant du Sttel­l­la. Le pitch ? Hubert, le héros-nar­ra­teur, « une espèce d’a­gent secret », est envoyé en mis­sion : il doit décou­vrir ce qui se passe d’é­trange dans les grottes de Han. Con­tin­uer la lec­ture

A chacun son idée de la vérité

Un coup de coeur du Carnet

Vin­cent ENGEL, Le miroir des illu­sions, Les Escales, 2016, 509 p., 21,9 €, ePub : 14.99 €    ISBN : 978–2‑36569–191‑8

engelOcto­bre 1849, dans l’étude d’un notaire genevois, Atana­sio assiste au ren­dez-vous qui chang­era le cours de sa vie, lev­ant le voile sur son passé et le chargeant d’une mis­sion pour l’avenir. Le même jour, le jeune homme décou­vre que Don Car­lo, son pro­tecteur de tou­jours, était en réal­ité son père et qu’il a fait de lui son héri­ti­er, posant toute­fois une con­di­tion de taille. Pour béné­fici­er de la for­tune de Don Car­lo, Atana­sio devra d’abord le venger en élim­i­nant, suiv­ant des con­signes pré­cis­es, qua­tre per­son­nes désignées comme les arti­sans de son mal­heur. Con­tin­uer la lec­ture

En sa Cité ardente…

Un coup de cœur du Carnet

Jacques IZOARD, Langue de liège aveu­gle, Ate­lier de l’agneau, 2016, 60 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930440–97‑2

izoardQuand un poète dis­paraît, il y a deux solu­tions : soit le matéri­au de son œuvre, pub­lié ou inédit, se dis­perse aux qua­tre vents et som­bre dans l’indifférence, cette deux­ième mort ; soit ses fidèles per­pétuent sa parole, en l’archivant (sans la cloi­son­ner) et en la resti­tu­ant dans sa pal­pi­tante présence. Car les mots des poètes, eux, ne vieil­lis­sent jamais. Con­tin­uer la lec­ture

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébul­li­tion revuis­tique dans la Cité ardente, et de quelle qual­ité ! En décem­bre 2015, le pre­mier numéro de Bous­tro, « fruit de rassem­ble­ments autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y mul­ti­pli­ait à 200 exem­plaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureuse­ment ménagé pour l’oc­ca­sion les édi­tions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassem­blait Véronique Janzyk, dont les pros­es cal­i­brées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Cor­fou (là où les touristes alle­mands ignorent que « le silence est par­fois une langue aus­si ») ou dans la cham­bre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grig­noté par « une cel­lule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lanci­nante se mêlent à une révolte éjac­ulée « debout / sous la voie lac­tée » ; Yolan­da Cas­taño, poétesse espag­nole dont son tra­duc­teur Frédéric Bour­geois a ren­du la nar­quoise « beauté d’épi » de ses vers, qui cir­cu­lent en ligne brisée jusqu’au ren­du de la ter­ri­ble sen­tence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de por­traits sub­tile­ment biseautés, tracés d’un fusain sen­si­ble non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flot­tantes et anx­iogènes, sil­hou­ettes intubées et autres loups ecto­plas­miques dess­inés par la Maroli­enne de Liège Sofie Van­gor, et vous obtenez un car­net de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de travi­o­le et de guin­go­is, à l’envers comme à l’endroit. Con­tin­uer la lec­ture

Initials B.B.

Un coup de coeur du Carnet

Béa­trix BECK, Bribes, Chemin de fer, 2016, 70 p., 10 €

beckVoici une pub­li­ca­tion qui, par sa minceur et l’apparente évanes­cence du matéri­au qui la con­stitue, tranche avec la vie tumultueuse de son auteure. La biogra­phie de Béa­trix Beck est en effet hors-norme à maints égards. Par sa longévité tout d’abord, qui l’amène à tra­vers­er le XXe siè­cle – où elle voit le jour à deux semaines de l’éclatement de la Pre­mière Guerre mon­di­ale – jusqu’à attein­dre l’âge vénérable de 94 ans. Par la plu­ral­ité de ses orig­ines et de son iden­tité ensuite. Jugez-en plutôt : fille de l’écrivain Chris­t­ian Beck, elle naît belge mais en terre suisse, et ses ancêtres sont, du côté pater­nel, let­tons et ital­iens, et du côté mater­nel, irlandais. Issue d’un tel creuset, cette femme sem­blait prédes­tinée à être une citoyenne du monde. Hypothèse con­fir­mée en 1936 par un mariage avec Naum Sza­piro, juif apa­tride et mil­i­tant com­mu­niste, que la guerre lui ravi­ra. Con­tin­uer la lec­ture

Des errances, du manque et des joies d’être au monde

Un coup de coeur du Carnet

Jacques SOJCHER, Très douce­ment, 1 livre + 1 CD reprenant la lec­ture des textes par Monique Dorsel, Au coin de la rue de l’en­fer, 2016

sojcher dorselJacques Sojch­er est un errant. Un nomade glis­sant d’une aven­ture à l’autre. D’une idée à l’autre. D’un état de réel à un autre. Le lire est un bon­heur. Le lire un jour canic­u­laire d’été a tout du petit vent frais inespéré. C’est que tout, ici, est « léger ». Aérien même. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se frotte avec plaisir à l’art subtil de faire des listes

Un coup de cœur du Carnet

Tim­o­téo SERGOÏ, Les cages tho­raciques, Le Cormi­er, 2016, 64 p.

À chaque sec­onde, il y a un fou qui naît, à chaque sec­onde, il y a un sage qui meurt. (1, 2, 3 sec­on­des.) À chaque sec­onde, deux ani­maux s’embrassent, à chaque sec­onde, les adultes s’en moquent. (1, 2, 3 sec­on­des.) À chaque sec­onde, un cos­mo­naute rit, à chaque sec­onde, un scaphan­dri­er pleure et plonge dans ses larmes. (1–2‑3) (…) À chaque sec­onde, un cou­ple se déchire, à chaque sec­onde, tu ne me man­ques pas. (1–2‑3) Que tes éclats de rire. (4–5‑6) Et tes mains dans le noir. (7–8‑9) Et ta bouche, quelque­fois. (10–11-12) Je t’at­tends sous l’hor­loge.

sergoiTim­o­téo Ser­goï ? Déjà enten­du par­ler ? Non ? Moi, j’imag­ine ceci : Tim­o­téo Ser­goï voy­age, va partout dans le monde, à Mel­bourne, Syd­ney, Moscou, y mon­tre ses mar­i­on­nettes, y vit sa vie d’homme de théâtre, se frotte à la vie comme elle va, à la rude, dans les grandes cités, écrit entre deux avions, entre deux cafés, mais, a pri­ori, pas directe­ment à pro­pos de ce qu’il aura vu, enten­du, côtoyé, et pas directe­ment à pro­pos de ses mis­ères, états d’âme per­son­nels. Tim­o­téo Ser­goï serait, a pri­ori, plutôt du genre à ne met­tre en avant, dans ses poèmes, ni ses tour­ments, ni ses humeurs, ni ses ren­con­tres. C’est que Tim­o­téo Ser­goï serait plutôt du genre à aimer la facétie, les mécaniques poé­tiques, les poèmes qui s’écrivent « tout seuls », je veux dire : les poèmes qui seraient comme des pièges à rêves, qui une fois lancés don­nent l’im­pres­sion de ne jamais s’ar­rêter, tant ils débor­dent de joie et de plaisir, tant leur auteur laisse la part belle à la langue elle-même, au plaisir qu’il y a à enchaîn­er mot sur mot, phrase sur phrase. Con­tin­uer la lec­ture

Survivre au temps qui passe

Un coup de cœur du Carnet

Guy GOFFETTE, Petits riens pour jours abso­lus. Poèmes, Paris, Gal­li­mard, 2016, 113 p., 14 €/ePub : 9.99 €

goffetteC’est un recueil poly­graphique, pour­rait-on dire, que nous donne Guy Gof­fette avec Petits riens pour jours abso­lus, titre à la fois mod­este et réfléchi coif­fant quelques médi­ta­tions d’une grande richesse affec­tive, comme ses livres précé­dents. Six par­ties bien dis­tinctes en effet s’y suc­cè­dent, cha­cune avec ses par­tic­u­lar­ités de con­tenu, de longueur et de forme. Mais en toutes pré­domi­nent le sen­ti­ment du temps qui coule irrémé­di­a­ble, les résur­gences impéra­tives et douces-amères de la mémoire, le désir chimérique de refaire la vie enfuie, l’ab­solue tyran­nie de la mort – thèmes qui don­nent au livre sa forte unité, tant par eux-mêmes que par le ton dans lequel ils sont traités : un ton sans fatal­isme, mais sans davan­tage de révolte bruyante, comme une sorte de rage retenue – pudique – devant l’inéluctable. Le pro­pos n’est certes pas neuf, il est même d’une haute antiq­ui­té en lit­téra­ture, et sin­gulière­ment en poésie. Gof­fette a néan­moins entre­pris de le renou­vel­er, de le for­muler en un lan­gage orig­i­nal, d’outrepass­er le ramas­sis de clichés où il s’est englué au fil des siè­cles, d’en faire vrai­ment une affaire per­son­nelle. Dis­ons-le sans ambages : le défi est superbe­ment relevé. Con­tin­uer la lec­ture

Une bonne séance de musculittérature

Un coup de coeur du Carnet

Mus­cu­la­tion, Mag­a­zine Lifestyle & Poésie, Édi­tions du Grand Dor­sal, 140 p., 20€

Embal­lé sous son cel­lo­phane por­tant en pas moins de cinq langues la men­tion « Peut être ouvert pour inspec­tion postale », voici un Objet Lit­téraire Non Iden­ti­fié de la plus belle espèce, qui vient anabolis­er le paysage revuis­tique lié­geois, belge et uni­versel. Mus­cu­la­tion, Mag­a­zine Lifestyle & Poésie se présente en effet comme un « col­lec­tor dès sa sor­tie de presse », « un titre de référence à l’épicentre d’une révo­lu­tion cul­turelle, sportive et lit­téraire ». Ils sont gon­flés, ceux-là, et pour cause : à force d’écrire avec un haltère dans la main gauche et un bras droit en plein mou­ve­ment de supina­tion, le cou enfle un peu, for­cé­ment… Con­tin­uer la lec­ture

L’instantané de l’amour : un précipice

Un coup de coeur du Carnet

Serge DELAIVE, Nocéan, Mael­strÖm, 2016, 203 p., 16 €

noceanCeux qui sont attachés à une con­cep­tion tra­di­tion­nelle du roman en récla­ment une his­toire, avec des événe­ments, des per­son­nages et même une intrigue ; un début, une fin dis­cern­ables et, entre les deux, une pro­gres­sion. Rien de tout cela, ou presque, dans le nou­veau roman de Serge Delaive, Nocéan, le pre­mier depuis Argen­tine (2009) qui obtint le Prix Rossel. L’auteur est certes plus con­nu pour ses poèmes, une œuvre nom­breuse, remar­quable. Il demeure poète quand il rédi­ge un roman orig­i­nal comme celui-ci, ne suiv­ant que son pro­pre mou­ve­ment, son lyrisme naturel. Poète quand il évoque un homme et une femme, ses per­son­nages, les ren­con­tres, les sépa­ra­tions, la cul­mi­nance ou la déchirure de l’amour, la pas­sion de la mer, de la ville, du monde. Con­tin­uer la lec­ture

Quand la nature insuffle sa vie dans les silences fragiles

Un coup de coeur du Carnet

Michaël LAMBERT, Mad, Esneux, Mur­mure des soirs, 2016, 281 p., 19€

madLorsque Madeleine, surnom­mée Mad, obtient ce qu’elle a tou­jours voulu, à savoir ven­dre une cinquan­taine de ses toiles lors d’un vernissage, elle suf­foque et décide de sor­tir de cette galerie de paysages gris. Une déci­sion s’impose à elle : pren­dre un nou­veau départ à 53 ans. Sans plus atten­dre, elle rompt avec son agent et achète une mai­son à la cam­pagne. Con­tin­uer la lec­ture

Le regard de l’oiseau

Un coup de coeur du Carnet

Jean de BOSSCHERE, Les paons et autres mer­veilles, illus­tra­tions de Bernard Duhem, Klinck­sieck, coll. « De natu­ra rerum », 2016, 174 p., 17,50 €, ISBN : 9782252040195

bosschereEn 1924, Jean de Boss­chère quitte Lon­dres et s’installe non loin de Rome, sur la via Appia Anti­ca. Il com­mence à rédi­ger Marthe et l’enragé qui paraît en 1927. En 1933, il pub­lie Les paons et autres mer­veilles où il décrit les deux années de bon­heur passées à Due San­ti. Dans ce dernier livre, il n’évoque cepen­dant jamais la rédac­tion de Marthe et l’enragée. Les deux textes sont d’ailleurs dis­sem­blables. Autant Marthe est un roman som­bre et dra­ma­tique, autant Les paons est solaire et heureux. Là où le pre­mier roman décrivait la jeunesse de l’auteur en le dis­sim­u­lant sous le masque de son per­son­nage, le réc­it de 1933 est con­duit par un je totale­ment assumé. Mais surtout le dis­cours sur l’enfance change com­plète­ment entre les deux livres. Con­tin­uer la lec­ture