Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Le terreau arable des mots

Jean-Marie CORBUSIER, À ras, Tail­lis Pré, 2023, 137 p., 17€, ISBN : 978–2‑8745–216‑3

« …il faut beau­coup par­ler pour cacher
un mutisme authen­tique… »
Georges PERROS

corbusier a rasAvec ce nou­veau recueil, À ras, pub­lié comme les précé­dents au Tail­lis Pré, Jean-Marie Cor­busier pour­suit encore plus loin son duel avec les mots du poème. Un com­bat tou­jours renou­velé pour le poète dis­cret et « en retrait » (nulle­ment « retranché » pour autant) qu’il est, pas­sion­né par les paysages qui ont le silence en partage, les Ardennes, la Bre­tagne. Un com­bat sans cesse renou­velé au moment de cou­vrir la page blanche et dont l’âpreté naît juste­ment de cette économie des mots scan­dés, répétés. Con­tin­uer la lec­ture

De l’impermanence et du temps

Patrick DEVAUX, Stat­ues ombel­lifères, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 61 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–060‑3

devaux statues ombellifèresNé à Mouscron le 14 juil­let 1953, Patrick Devaux éprou­ve dès l’en­fance une atti­rance très forte pour la poésie. Sa ren­con­tre avec la jeune poétesse Kath­leen Van Melle, puis avec Paul, le père de celle-ci, qui l’in­tè­gre à ses activ­ités lit­téraires au sein du G.R.I.L., accélère sa moti­va­tion pour l’écriture. Poète dis­cret pour ne pas dire timide et volon­tiers enclin à la mod­estie, Patrick Devaux abor­de pro­gres­sive­ment dans ses thèmes tous les sujets, de la vie à la mort, de l’om­bre à la lumière. Sa sen­si­bil­ité le porte à observ­er la nature, à en saisir les images et les sym­bol­es, à en capter le tran­si­toire et l’éternel retour. Con­tin­uer la lec­ture

« On ne va nulle part en battant des nageoires »

Guil­laume DRUEZ, Cœur de pédé suivi de Bocal, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges » 2023, 114 p., 10 €, ISBN : 9782931101674

druez coeur de pedeCœur de pédé nous met en présence de Guil­laume qui souf­fre du syn­drome du cœur brisé. Son cœur est totale­ment nécrosé, broyé par un cha­grin d’amour.

C’est vrai, je vis.
Avec un cœur brisé.
Hors d’usage.
Ratat­iné.
Mis en miettes. 
Con­tin­uer la lec­ture

Moi aussi, je veux un Oncle Panda !

Un coup de cœur du Car­net

Carl NORAC (auteur) et Kris DI GIACOMO (illus­tra­trice), L’Oncle Pan­da, À pas de loups, 2024, 40 p., 16 €, ISBN : 9782930787961

norac di giacomo l'oncle pandaOn le con­naît tous, il existe dans nos imag­i­naires. Il habite loin, très loin, sur un autre con­ti­nent, ce qui l’auréole de mys­tère. On ne le voit jamais, par­fois pas même une fois dans sa vie. Il doit être libre d’entraves, sans enfant, et il mène une vie aisée. Peut-être qu’il ne nage pas dans ses pièces d’or comme Pic­sou, mais il pos­sède cer­taine­ment beau­coup de biens. Son exis­tence est rem­plie de voy­ages, de fêtes, d’aventures, de con­quêtes. Il est fan­tasque et orig­i­nal de tem­péra­ment, généreux et libre de car­ac­tère, déton­nant et char­mant de per­son­nal­ité. On rêve de le crois­er, un jour, et par­fois on s’imagine une adop­tion transat­lan­tique. Eh bien, Carl Norac, lui, a eu la souri­ante chance de le ren­con­tr­er, son oncle d’Amérique ! Et cet événe­ment a plan­té en lui une graine de créa­tion, qui déploie feuil­lage et fleur dans L’Oncle Pan­da. Con­tin­uer la lec­ture

L’étonnement ascensionnel

Pierre SCHROVEN, La mer­veille d’être là, Arbre à paroles, 2024, 72 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87406–741‑9

« Le seul fait d’exister était un véri­ta­ble bon­heur »
Blaise Cen­drars

schroven la merveille d'etre laChaque recueil de Pierre Schroven est une ode au mir­a­cle du vivant. Ce douz­iène recueil, La mer­veille d’être là, pub­lié comme les précé­dents aux édi­tions de l’Arbre à paroles, résonne d’autant plus dans le par­cours de l’auteur qu’il fait suite à celui inti­t­ulé Ici sor­ti en 2021. Ici et , deux pôles qui oscil­lent entre l’enracinement et l’élévation. Après les arabesques du corps dan­sé dont le poète avait épuisé les motifs, ce nou­v­el opus est mar­qué par des élans aériens qui tran­scen­dent la pesan­teur inévitable du cor­porel. Dès lors, le mou­ve­ment ici se veut ascen­sion­nel. Les yeux se lèvent, pas­sant du ter­restre à l’aérien. Le regard poé­tique embué de mots s’éloigne de la page pour s’animer dans la sur­prise révélée par la vie des cimes. Con­tin­uer la lec­ture

Comment revisiter poétiquement le mythe

Edith HENRY, Le soir saigne rouge, ill. de cou­ver­ture Rocio Pasa­lo­dos, ill. intérieures Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 75 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–055‑9

henry le soir saigne rougeLa vieil­lesse rougit de son impiété /et moi, je rougis / de mes ter­res brûlées, écrivait Edith Hen­ry dans J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane. Ici le rouge — couleur du feu, de la pas­sion, de l’amour, de la vie mais aus­si des men­strues, de la vio­lence et du sang — s’impose une fois de plus. Sous cet emblème de la couleur rouge, Péné­lope, Cir­cé, Mélu­sine et Xéna, fig­ures féminines mythiques, vont déclin­er la dra­maturgie de la vie et du des­tin. Péné­lope, épouse d’Ulysse, est l’incarnation de la fidél­ité. Dans sa soli­tude, elle est tou­jours brûlante d’amour pour son époux par­ti au loin. Elle craint aus­si la vio­lence des hommes à laque­lle elle fut et demeure con­fron­tée. Dans ce pre­mier chant, Edith Hen­ry mêle habile­ment dans une même trame les fils de l’histoire et du mythe grec, y com­pris des références à une ver­sion postérieure de celui-ci, la Télé­go­nie, une épopée du cycle troyen aujour­d’hui per­due. On trou­ve la trace de cette ver­sion dans le sec­ond chant où Edith Hen­ry donne la parole à la magi­ci­enne Cir­cé : Con­tin­uer la lec­ture

Puissance des voix !

Adrien D’HOSE, Square Edi­son, Lans­man,  2023, 64 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0398‑6

d'hose square edisonAdrien d’Hose vient de pub­li­er sa pre­mière pièce de théâtre, Square Edi­son, aux Édi­tions Lans­man et, pour un homme ou une femme de théâtre, c’est tou­jours un événe­ment par­ti­c­ulière­ment déli­cat et for­mi­da­ble. Déli­cat en ce sens où l’au­teur publique­ment dévoile déjà les prémices d’un style et, for­mi­da­ble, en ce sens où l’édi­tion de théâtre per­met de venir et de revenir au texte en dehors même des aléas et des dif­fi­cultés de pro­duc­tion scénique. Con­tin­uer la lec­ture

Le sentiment amoureux n’a pas d’âge

Pierre YERLÈS, Oaristys : poèmes d’amour du soir, Pré­face de Ginette Michaux, Bleu d’encre, 2024, 117 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–66‑6 

yerles oaristysNé en 1937, Pierre Yer­lès est pro­fesseur émérite de l’université de Lou­vain, où il a for­mé durant quar­ante ans à la didac­tique de la langue et de la lit­téra­ture des généra­tions de pro­fesseurs de français. Après Elé­gies pais­i­bles pub­lié chez le même édi­teur en 2022, inspiré par le sen­ti­ment de « la mort pressen­tie », Oaristys, son dernier recueil, appar­tient au genre poé­tique du dia­logue amoureux. Sans exclure la con­science de la fini­tude et du vieil­lisse­ment inéluctable, indiqué par le sous-titre, ces poèmes ont une tonal­ité plus claire. Les déc­la­ra­tions d’amour sont un pas­sage obligé dans tout roman cour­tois. Le Trac­ta­tus de Amore d’André Le Chapelain, qui cod­i­fia les règles de l’amour cour­tois, et dont Le livre d’Amour de Drouart La Vache, com­posé vers 1290, un siè­cle après l’original, est la tra­duc­tion assez fidèle en vers romans, est une source occi­den­tale de ce genre poé­tique. L’oaristys est à l’origine un genre poé­tique grec antique ayant pour thème les con­ver­sa­tions entre deux amoureux. Après l’An­tiq­ui­té, et après le roman cour­tois ou la poésie des trou­ba­dours, il con­naît une postérité dans la poésie européenne à l’époque mod­erne et con­tem­po­raine : on en trou­vera des traces chez André Chénier, Louise Labé,  Paul Ver­laine, la péri­ode du Sym­bol­isme. Le terme grec oaris­tis  désigne aus­si plus large­ment un entre­tien ten­dre, une con­ver­sa­tion famil­ière. Il est entré dans le dic­tio­n­naire de Trévoux en 1721 sous la forme oariste, puis fut accli­maté sous la forme oaristys à par­tir du titre de la tra­duc­tion par André Chénier, en 1794, de la XXVI­Ie idylle de Thé­ocrite. Il prit alors le sens de poème for­mé d’un dia­logue fam­i­li­er, ten­dre, amoureux ou à con­no­ta­tion éro­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Guirlande de papier à compléter

COLLECTIF, Com­ment regarder plus loin. Onze ren­con­tres entre sci­ence et lit­téra­ture, Arbre de Diane, coll. « La tortue de Zénon », 2024, 152 p., 20 €, ISBN : 9782930822303

collectif onze rencontres entre science et litteratureLa col­lec­tion « La tortue de Zénon », aux édi­tions de L’arbre de Diane, crée à nou­veau des étin­celles har­monieuses entre lit­téra­ture et sci­ence, elles qui inscrivent de con­cert la beauté « au cœur [de leur] proces­sus créatif », comme le souligne d’emblée l’éditrice Mélanie Godin. Dans Com­ment regarder plus loin, onze autri­ces attirent cha­cune dans leurs paumes une femme de sci­ence, qui a éclairé le monde d’antan ou d’aujourd’hui. Ces des­tins de femmes sci­en­tifiques, étudiés par ces autri­ces, dessi­nent une large con­stel­la­tion, com­posée de dis­ci­plines (sci­ences du cli­mat, géodésie et sis­molo­gie, physique spa­tiale, astronomie, math­é­ma­tiques, patholo­gie molécu­laire des plantes, géné­tique, médecine et chirurgie, neu­ro-réé­d­u­ca­tion) et de con­trées (Bel­gique, Dane­mark, France, Angleterre, Alle­magne, Etats-Unis, Ethiopie, Ital­ie) var­iées. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin, de l’art et des artistes

François JACQMIN, Écrits sur l’art et les artistes 1954–1991, édi­tion établie par Gérald Pur­nelle, pré­face de Pierre-Yves Soucy, AML Edi­tions, coll. « Archives du Futur », 2023, 262 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87168–097‑0

jacqmin ecrits sur l art et les artistesSur la cou­ver­ture, un apho­risme peint, let­tres noires sur fond rouge, de et par François Jacqmin : « Pourvu qu’il n’arrive Rien ». Ce grand Rien, que pou­vait-il représen­ter pour le poète des Saisons et du Domi­no gris ? On songe à « la Cat­a­stro­phe », qui han­tait les pages du seul roman de Chris­t­ian Dotremont, La pierre et l’oreiller. Mais chez Jacqmin, qui n’a cessé de creuser par l’écriture ce puits sans fond qu’est la notion même d’exister, ce grand Rien reste un mys­tère. Les écrits pub­liés, inédits ou ébauchés de Jacqmin, déposés et inven­toriés aux Archives et Musée de la Lit­téra­ture (AML), font désor­mais l’objet d’une volon­té de pub­li­ca­tion inté­grale. C’est ain­si qu’après un pre­mier vol­ume d’Œuvres com­plètes cou­vrant les années 1946–1956, paru en 2022 dans une édi­tion de Gérald Pur­nelle (ULiège), sort un nou­v­el ouvrage sur beau papi­er, con­sacré aux Écrits sur l’art et les artistes. Pierre-Yves Soucy, dans sa pré­face, le sig­nale d’emblée : les textes réu­nis, pros­es, poèmes, apho­rismes, réflex­ions, sont de statuts divers. Cer­tains ont été pub­liés, d’autres pas, jugés sans doute non aboutis par l’auteur, d’autres encore ont con­sti­tué une masse imposante d’écriture, qui visait pour l’écrivain « à dévelop­per sa pen­sée en vue d’ensemble plus réduits et des­tinés à la pub­li­ca­tion. » Con­tin­uer la lec­ture

Ripple-marks

Patrick DELPERDANGE, Les corps sen­si­bles, Quad­ra­ture, 2024, 117 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑9310–8042‑9

delperdange les corps sensiblesPatrick Delper­dan­ge ! Un pro ès let­tres. Qui vit de sa plume. Bon à tout. Des cri­tiques ou des scé­nar­ios, des Bob Morane, des romans noirs ou jeunesse, des pièces de théâtre. Des sauts de mou­ton au gré de ses envies, d’un pays, d’un édi­teur ou d’un exer­ci­ce à un autre. Les Cahiers de la BD, la Série noire, les Chants des gorges et le Rossel, un Award Sabam. S’il avait choisi d’enfoncer le même clou au fil des décen­nies, aurait-il aujourd’hui le suc­cès d’une Bar­bara Abel, le pres­tige d’un Armel Job ? Mais… être Patrick Delper­dan­ge, c’est déjà beau­coup, voire davan­tage. Con­tin­uer la lec­ture

La mémoire retrouvée

Francesco PITTAU, Quarti­er-Mère, Arbre à paroles, 2024, 120 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–742‑6

pittau quartier mereOn ne se sou­vient pas des jours, on se sou­vient des instants, écrit Cesare Pavese dans Le méti­er de vivre. Avec le coup d’œil du dessi­na­teur qu’il est, Francesco Pit­tau nous donne à lire avec les poèmes de Quarti­er-Mère un livre de fidél­ité mémorielle : la famille, la cul­ture ital­i­enne, la dou­ble  appar­te­nance iden­ti­taire de l’immigré, le tra­vail dans les char­bon­nages, les rêves d’ailleurs et la réal­ité sociale, l’enfance… sont ici fine­ment évo­qués, avec une sobriété de ton et de forme qui n’en souligne que mieux l’évocation vibra­toire. Au fil des pages de ce poète au trait ferme, dont la sen­si­bil­ité maîtrisée rehausse le pou­voir d’émotion, nous sommes invités à feuil­leter le livre d’images d’une vie, de la Méditer­ranée aux ter­rils du Bori­nage, en par­courant, par petits détails con­crets et touch­es vives, une époque révolue où se mêlent les odeurs, les couleurs, la lumière et les ombres, les moments de joie et de nos­tal­gie, les petits riens qui com­posent toute la richesse affec­tive dont nous prenons con­science une fois le temps révolu. Dans la mai­son vide, si la main qui cherche par hasard une pièce de mon­naie ayant roulé sous un meu­ble ne ramène que de la pous­sière, elle se referme toute­fois sur un petit objet rouge en plas­tique aux formes tara­bis­cotées : ce brim­bo­ri­on oublié est comme le poème ou la matéri­al­i­sa­tion sen­si­ble et dérisoire de l’or du temps  (André Bre­ton). En une image sim­ple,  un détail presque insignifi­ant, le poète con­dense son art poé­tique et sa thé­ma­tique. On s’en apercevra tout au long des bon­heurs de lec­ture que nous offre ce qu’il con­vient d’appeler à la fois un recueil, par la dis­con­ti­nu­ité des sujets, et un seul long poème, par la numéro­ta­tion en chiffres romains et l’épilogue final, où Pit­tau accueille et recueille la vie oscil­lant entre présence et dis­pari­tion, vérité et illu­sion… Con­tin­uer la lec­ture

Les aventures de Sigmund Holmes

Un coup de cœur du Car­net

Chris­t­ian LAUWERS, Le maître des rêves, Mur­mure des soirs, 2024, 260 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782931235164

lauwers le maitre des revesDurant le 19e siè­cle et une grande par­tie du 20e siè­cles, d’in­nom­brables auteurs, véri­ta­bles chevilles ouvrières de l’imag­i­naire, ali­mentent en fic­tions un pub­lic de plus en plus mas­sif qui trou­ve dans la lec­ture un diver­tisse­ment alors inédit. En résulte, une pro­duc­tion pléthorique et foi­son­nante que l’on rassem­ble sous l’ex­pres­sion de lit­téra­ture pop­u­laire. Son influ­ence est incon­testable : elle don­nera non seule­ment nais­sance à des gen­res nar­rat­ifs encore bien vivants aujour­d’hui comme le polici­er, la sci­ence-fic­tion, la fan­ta­sy ou encore la romance, mais con­tribuera égale­ment de manière déci­sive au façon­nement des imag­i­naires con­tem­po­rains et, plus par­ti­c­ulière­ment ceux de la « pop cul­ture ». C’est à ce pan tou­jours mécon­nu et mal­heureuse­ment large­ment dis­paru de l’his­toire de la lit­téra­ture que Chris­t­ian Lauw­ers rend un hom­mage aus­si réjouis­sant qu’éru­dit dans Le maître des rêves. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le retrait des chants

Un coup de cœur du Car­net

Carine MESTDAG, Le chant du chardon­neret, Mur­mure des soirs, 2024, 163 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑931235–14‑0

mestdag le chant du chardonneretDans ce roman, Le chant du chardon­neret, Carine Mestdag nous offre une émou­vante et grave péré­gri­na­tion dans l’e­space de la mélan­col­ie d’un écrivain japon­ais Saku­taro, amoureux de la lit­téra­ture et de la poésie français­es mais qui, un jour, décide de quit­ter sa vie parisi­enne, de faire table rase de la plu­part des objets qui l’ont accom­pa­g­né, de brûler ses vais­seaux et de par­tir s’in­staller dans le sud-ouest de la France afin de dis­paraître du monde. Là, il va se remet­tre à écrire et à se livr­er à la ver­tig­ineuse revis­i­ta­tion du passé, de son amour pour Hatoko, leur vie com­mune, les moments partagés avec leurs familles au Japon, les cir­con­stances de sa mort… Con­tin­uer la lec­ture

À travers l’objectif

Nathalie SKOWRONEK et Aurélie WILMET, Chi­enne de guerre, Cot­Cot­Cot, 2024, 83 p., 13,50 €, ISBN : 978–2‑930941–59‑2

skowronek chienne de guerrePho­tographe nat­u­ral­iste ukrainien, Mak­sim a changé de sujet de tra­vail quand la guerre s’est invitée dans son pays. Les champs de bataille, les zones sin­istrées, les gens qui pren­nent la route en lais­sant leur mai­son der­rière eux ont rem­placé les paysages, les arbres et les ani­maux devant son objec­tif. Les ani­maux sauvages en tout cas. Car les ani­maux de com­pag­nie, eux, suiv­ent leurs maîtres dans l’exil, subis­sent à leurs côtés les hor­reurs du con­flit, vic­times eux aus­si de la folie des Hommes. Con­tin­uer la lec­ture

Le silence et ses pièges

Luc DELLISSE, L’instant du silence, Mur­mure des soirs, 2024, 210 p., 20 €, ISBN : 9782931235119

dellisse l'instant du silenceTout autant que la parole, le silence est mul­ti­ple. Il peut inau­gur­er un rap­proche­ment ou sceller un dia­logue. Il en est de com­plices, d’hostiles, d’oppressants ou de sere­ins. Entre présence du corps et absence des mots, le silence est instant pur. À tra­vers les seize réc­its qui tis­sent la trame du dernier livre de Luc Del­lisse, un nar­ra­teur unique éprou­ve la com­plex­ité de son étoffe, au fil d’intensités fugaces ou de per­cus­sions aven­tureuses. Con­tin­uer la lec­ture