Archives par étiquette : poésie

Philippe Lekeuche : la poésie et le sacrifice

Philippe LEKEUCHE, L’épreuve, Ill. Isabelle Nouwynck, Herbe qui trem­ble, 2022, 94 p., 14 €, ISBN : 9782491462185

lekeuche l epreuveLa poésie est sac­ri­fice – sac­ri­fice pour quoi ? – nul ne le sait, mais sac­ri­fice indu­bitable. L’idée sur­git dès le préam­bule de L’épreuve de Philippe Lekeuche et tra­verse ses trois mou­ve­ments. Le recueil est en effet con­stru­it en forme de sonate et sa par­ti­tion est ryth­mée par les pein­tures d’Isabelle Nouwynck. Au fil de ses développe­ments, les thèmes s’introduisent, sont repris, mod­ulés, croisés en con­tre-chant, mais jamais réso­lus. Con­tin­uer la lec­ture

Pleuvoir peu

Mar­tine ROUHART, Il faut peu de mots, Cygne, 2022, 52 p., 10 €, ISBN : 9782849247099

rouhart il faut peu de motsMar­tine Rouhart, qui choisit d’intituler son dernier recueil Il faut peu de mots, joint le geste à la parole en pro­posant une poignée de textes brefs et sans apprêt. L’on y ren­con­tre une parole poé­tique médi­ta­tive, réflex­ive et ludique.

Il faut peu de mots, livre de poèmes, vient de paraître aux Édi­tions du Cygne (Paris). Son titre évoque une ébauche d’art poé­tique que le recueil met­tra tra­di­tion­nelle­ment en œuvre. Les textes de Mar­tine Rouhart n’y excè­dent pas six vers, eux-mêmes remar­quables de brièveté. Écrire peu pour dire beau­coup, voilà qui sem­ble le pro­jet avoué de l’écrivaine qui chem­inera avec agilité autour de cette idée. Con­tin­uer la lec­ture

Christian Dotremont et Régine Raufast, « jockey du vent »

Un coup de cœur du Car­net

Chris­t­ian DOTREMONT, La reine des murs suivi de Let­tres de Chris­t­ian Dotremont à Régine Rau­fast, Illus­tra­tions de Pierre Alechin­sky, Post­face de Stéphane Mas­sonet, Fata Mor­gana, 2022, 88 p., 15 €, ISBN : 978–2‑37792–117‑1

dotremont la reine des mursLes édi­tions Fata Mor­gana nous don­nent à lire ou à redé­cou­vrir une pépite poé­tique et amoureuse sculp­tée par Chris­t­ian Dotremont au début des années 1940. Alors qu’âgé de dix-neuf ans, il gagne Paris afin de rejoin­dre les sur­réal­istes, il fait en 1941 la ren­con­tre fra­cas­sante de la poétesse Régine Rau­fast qui devien­dra sa « Nad­ja ». L’amour incan­des­cent, illim­ité, explosif a pour nom Régine, à l’époque amante de Raoul Ubac, qu’il fréquentera durant deux ans sous la lumière du parox­ysme. Dans le poème La reine des murs, tout n’est qu’élan, vibra­tions d’un feu intérieur plus âpre que celui cour­tisé par Bre­ton. Davan­tage qu’une muse inspi­ra­trice, la jeune femme est une révéla­tion exis­ten­tielle, l’incarnation d’un amour impos­si­ble placé sous la magie du chiffre 23. « Je l’ai ren­con­trée le 23 avril 1941, à 5 heures, je l’ai quit­tée le 23 mars 1943, à 5 heures : 23 mois avaient passé. C’est à cause d’elle que je ne fais plus de poésies » écrit-il après le sui­cide en 1946 de celle qu’il surnom­mait, entre autres dénom­i­na­tions sai­sis­santes, la reine des murs. Con­tin­uer la lec­ture

Poésie des intervalles — plaisir subreptice du doigt dans la plaie

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE, Lacu­naires, Chat polaire, 2022, 97 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–21‑6

delaive lacunairesla lune rem­plit puis vidan­ge
sa panse indif­férente dans la dis­tance
et les soleils nar­guent nos sécher­ess­es
voilà tout

Poète et pho­tographe de la lumière et des ombres, Serge Delaive livre dans Lacu­naires qua­tre décli­naisons des états de vie, de mort, d’amour et d’écri­t­ure, tous en lutte avec le temps. Son œil hyper-pho­to­sen­si­ble cap­ture ici des frag­ments de ce qui est et ne sera plus, de ce qui fut et n’é­tait déjà plus. Cail­loux semés sur le chemin de l’e­spoir au milieu des défaites, comme des traces, des preuves, que l’in­vis­i­ble existe. Comme cet été en Ital­ie (à Bar­cis Frioul neuf bars / trois cents habi­tants / allés de bar en bar pas plus loin) qui ouvre le recueil : Con­tin­uer la lec­ture

L’enfance en poésie

Philippe COLMANT, Mai­son mère, Pré­face de Philippe Leuckx, Bleu d’encre, 2022, 60 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–50-52

colmant maison mereAuteur de romans policiers et de recueils de poésie, Philippe Col­mant nous avait don­né, au début de cette année, un recueil : Frères de mots. Il l’avait écrit à qua­tre mains en com­plic­ité avec Philippe Leuckx qui signe une pré­face sen­si­ble et lumineuse au dernier recueil de son désor­mais « frère de mots ». Ouvrir cette recen­sion en évo­quant la com­plic­ité créa­trice de deux poètes est une manière délibérée de saluer, chez l’un et l’autre, cet entrelace­ment de l’écriture et de la lec­ture des œuvres. La pré­face est le pre­mier partage d’un livre, la pre­mière lec­ture accordée à l’ouvrage, achevé certes, mais encore mal­adroit au com­mence­ment du chemin si escarpé de la pub­li­ca­tion, de la pro­mo­tion, de la recherche de ce pub­lic dont on dit qu’il s’éloigne de plus en plus du livre. Con­tin­uer la lec­ture

Pleinement corps

Un coup de cœur du Car­net

Maud JOIRET, JERK, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 12 €, ISBN : 978–2‑930822–21‑1

maud joiret jerkD’une ténac­ité com­pa­ra­ble à celle d’une plante de bitume, l’écriture de Maud Joiret brise le socle des représen­ta­tions, le roc des habi­tus dans lesquels nos corps sont empêtrés. Le pre­mier opus de la poétesse, Cobalt (récom­pen­sé par le Prix de la Pre­mière Œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles) en traçait déjà le sil­lon. Cobalt explo­rait la (dé)construction du « moi », col­orant de bleu les par­tic­ules qui s’échangent entre le dehors et le dedans par le prisme du 27e élé­ment du tableau péri­odique de Mendeleïev. Con­tin­uer la lec­ture

Relire le 19e siècle poétique

Pas­cal DURAND, Poésie pure et société au XIXe siè­cle, CNRS Édi­tions, 301 p., 25 €, ISBN : 978–2‑271‑1403‑8

durand poesie pure et societe au xixe siècle« C’est que, lit­téraires ou pro­fes­sion­nels de la chose lit­téraire, nous sommes tous, à divers degrés de con­science et de résis­tance, écrits par ce que nous lisons. »

Dans cet essai viv­i­fi­ant, Poésie pure et société au XIXe siè­cle, Pas­cal Durand, pro­fesseur (ULg) et soci­o­logue de la lit­téra­ture et des médias, pro­pose une approche soci­ologique de la poésie française des débuts du roman­tisme à la fin du sym­bol­isme. Sont con­vo­qués dans cet essai : les roman­tiques con­tre les for­mal­istes ; Lecon­te de Lisle et ses par­ti­sans ; Théophile Gau­ti­er, les Par­nassiens, Baude­laire, Jules Val­lès, Mal­lar­mé, Lautréa­mont, Laforgue,… Con­tin­uer la lec­ture

Fuir et suivre

Jacques VANDENSCHRICK, Tant suiv­re les fuyards, Cheyne, 2022, 64 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–318‑2

vandenschrick tant suivre les fuyard« Fuir. Quit­ter ce maître injuste. Se vouloir loin. Sépar­er les âmes. Dis­tinguer les trou­peaux. Refuser les pourquoi. La gardeuse de bre­bis l’a com­pris, qui cache bien en elle toutes les déess­es. Alors l’homme, fuyant le maître, voit partout le vis­age de son frère usurpé. »

Après le recueil Livré aux géo­graphes paru en 2018 aux édi­tions du Cheyne et récom­pen­sé par le prix Mar­cel Thiry 2019, après la réédi­tion dans la col­lec­tion Espace Nord en 2021 de quelques-uns de ses opus sous le titre Avec l’écarté et autres poèmes, Jacques Van­den­schrick délivre un nou­veau recueil : Tant suiv­re les fuyards. Con­tin­uer la lec­ture

Constance Chlore avec Nougé

Con­stance CHLORE avec Paul NOUGÉ, Il faut penser à tra­vers tout. À petits pas autour de Nougé et par frag­ments, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Book­leg », 2022, 3 €, ISBN : 978–2‑87505–424‑1

chlore il faut penser a travers toutEn 1927, Paul Nougé écrit le texte La mes­sagère, repris dans les Œuvres com­plètes de Nougé pub­liées aux édi­tions Allia en 2017, avec le célèbre texte Les objets boulever­sants. Moins de cent ans plus tard, en 2022, Con­stance Chlore et les édi­tions Mael­ström nous don­nent à relire des extraits de l’œuvre nougéenne au tra­vers de ce petit book­leg, Il faut penser à tra­vers tout. Le titre est un vers de Nougé, réac­tu­al­isé par Con­stance Chlore dans le « poème-doc­u­men­taire » qui précède les deux textes de l’écrivain. Deux sec­tions com­posent donc ce book­leg pour le moins éton­nant. La pre­mière sec­tion, inti­t­ulée « À petits pas autour de Nougé et par frag­ments », est le poème-doc­u­men­taire de Con­stance Chlore. La sec­onde, donne à lire les textes sus­men­tion­nés de Paul Nougé. Con­tin­uer la lec­ture

Ceejay, le Poète-Monde

Un coup de cœur du Car­net

CEEJAY, Matière noire. Poèmes d’au-delà de la fin, Arbre à paroles, 2022, 314 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–719‑8

ceejay matiere noire poemes d au dela de la finMatière noire est un livre posthume, un livre mag­nifique que nous a lais­sé Jean-Claude Crom­me­lynck alias Cee­jay et que les édi­tions L’arbre à paroles ont pub­lié presque deux ans après le décès (1946–2020) du poète et de l’artiste. Pein­tre, sculp­teur, graveur, styl­iste, …ses activ­ités ont été innom­brables sur plusieurs con­ti­nents…

Sa gouaille était à l’égal de sa faconde mais aus­si de sa déli­catesse. Il savait que tout devait être intense en regard de la brièveté de nos péré­gri­na­tions sur terre. Con­tin­uer la lec­ture

Écouter la lumière

Geneviève BAULOYE, Lumière voilée, cou­ver­ture de Pierre Zanzuc­chi, Feuille de thé, 2022, 18 €, ISBN : 979–10-94533–31‑4

bauloye lumiere voilee« L’aurore envahit la mai­son
Le sen­tier retrou­vé
Des fraisiers en fleurs
 »

Dans le sil­lage du recueil Feuillage/Filigrane (égale­ment paru aux édi­tions La feuille de thé), Geneviève Bauloye pour­suit son tra­vail acharné d’écoute de la lumière, des élé­ments (les « nuages », la « neige », le « vent »,…) et des saisons. La poétesse n’en démor­dra pas d’un recueil à l’autre : l’essence de la vie a lieu dans le jeu des feuilles, dans les noces de l’ombre et du con­tre-jour. Le titre de ce nou­veau recueil, Lumière voilée, le dit assez. Con­tin­uer la lec­ture

Imprévisible et lumineux, le poème

Colette NYS-MAZURE, À main lev­ée : poésie, Ad Solem, 2022, 107 p., 17 €, ISBN : 9782372981255

nys-mazure a main levée« Écrire à main lev­ée, comme pour laiss­er les mots en lib­erté, ou les ren­dre à leur voca­tion orig­i­naire. Non pas désign­er, ou définir, mais évo­quer l’inapparent dans les sit­u­a­tions qui lui don­nent une fig­ure fugi­tive», tel est le pro­pos d’une autrice qui vient de pub­li­er dans le même temps que ces poèmes d’À main lev­ée un ensem­ble de pages évo­quant un par­cours de vie : Par des sen­tiers d’intime pro­fondeur. Pour Colette Nys-Mazure, la marche, au pro­pre comme au fig­uré, y est une métaphore d’une voie spir­ituelle jamais coupée de la réal­ité char­nelle. Observ­er, con­tem­pler, faire silence, comme dans toute ascèse, est le véhicule d’une irrup­tion qui trans­forme à jamais l’ordre des choses, nous sauvant du néant ou de l’insignifiance. Elle ajoute aus­si : « Pour écrire, j’ai besoin d’une forme de paix intérieure, alors que se mul­ti­plient les trappes secrètes s’ouvrant sous mes gestes, les replis de ter­rain masquant les gouf­fres. Dans cet état fébrile, com­ment per­me­t­tre à l’imprévisible de sur­gir ? » C’est bien de ce sur­gisse­ment-là qu’il est ques­tion dans le phénomène de l’écriture poé­tique : Con­tin­uer la lec­ture

Outre

Jean-Marie CORBUSIER, Comme une neige d’avril, Let­tre volée, 2022, 112 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–586‑3

corbusier comme une neige d'avrilVoyageur aux pris­es avec un univers de mots, Jean-Marie Cor­busier pour­suit dans son nou­veau recueil pub­lié à La Let­tre volée – Comme une neige d’avril – sa recherche de la poésie. Explo­rateur, télé­graphe, le poète prend note de ce qu’il perçoit – spoil­er alert – : de la neige, tou­jours plus de neige, de la neige sur de la neige. Le blanc, que ce soit celui de la neige ou du papi­er, occupe, par con­séquent, une place prépondérante dans ce dernier recueil.

Cette com­para­i­son pour titre dit bien l’état de pré­car­ité de l’univers dans lequel évolue le poète. Cet univers se car­ac­térise par une absence de repères effi­caces. Pire, les règles qui le régis­sent ne sem­blent pas fixées une fois pour toutes. Le sol se dérobe sous les pas du poète qui ne sait nom­mer pré­cisé­ment ce qui l’entoure (« Ici amas se dit con­gère / ailleurs/banc de neige / là-bas qui revient » ; « l’aube / qui a changé de nom / le doute encore »). Aus­si, le poème « comme une neige d’avril » est-il l’image qui cache l’univers du dire impos­si­ble. Con­tin­uer la lec­ture

« Chante la vie, chante »

David GIANNONI, Il faut savoir choisir son chant, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2022, 314 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–429‑6

giannoni il faut savoir choisir son chant« Il avait levé les yeux pour con­trôler l’état de la toi­ture. / Six cents trous de lumière perçaient les tuiles. / Entre chaque ray­on / Son être entier / Riait. » Tel est le chant inau­gur­al par lequel David Gian­noni inau­gure son recueil de « poé­con­tes » (mot-valise à l’évidence poé­tique se pas­sant d’explication). Au moment-même où ces mots ont été posés, l’évidence a sur­gi : ils con­stitueraient le début d’un voy­age de « 108 poèmes, 108 chants, 108 vari­a­tions d’un même chant, 108 per­les d’un chapelet tout per­son­nel et qui à la fois devait pou­voir se faire uni­versel ». Gian­noni a alors com­mencé une expéri­ence tout en récep­tiv­ité qui dur­erait près de qua­tre ans. Accueil­lir le Verbe quand et comme il se présen­terait, lui don­ner temps et forme, et finale­ment le prodiguer ; une démarche d’art et de spir­i­tu­al­ité, pleine et généreuse. Con­tin­uer la lec­ture

Éric Brogniet : une vie en poésie

Un coup de cœur du Car­net

Éric BROGNIET, La lec­ture silen­cieuse. Pour un lyrisme de l’expérience, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 456 p., 30 €, ISBN : 9782803200665

brogniet la lecture silencieuseQu’elle emprunte un chemin tail­lé dans le clair-obscur, escarpé ou à flanc d’aurore, la poésie relève d’une expéri­ence de vivre et d’écrire qui ne pactise pas avec le régime exis­tant des choses. Rêveur habi­tant les ter­res nomades de la poésie, Éric Brog­ni­et nous livre un livre-somme, un jeu infi­ni des per­les poé­tiques qui présente un dou­ble vis­age : une res­saisie de la géo­gra­phie et de la généalo­gie de son œuvre poé­tique et une réflex­ion sur la place, les enjeux, les invari­ants et les muta­tions de la poésie con­tem­po­raine. C’est à par­tir des œuvres de Hesse, Jacques Sojch­er, Colette Nys-Mazure, Jean-Louis Lip­pert, Michaux, Celan, Jacques Crickil­lon, Philippe Jones, Anne-Marie Smal, Fer­nand Ver­he­sen, Nathalie Gas­sel, Hubin et bien d’autres que l’auteur oppose un con­tre-chant résis­tant à l’espace-temps de l’Anthropocène. La ques­tion de Hölder­lin s’est rad­i­cal­isée, le « que peut la poésie en temps de détresse ? » faisant place à « que peut la poésie en un temps d’effondrement ? ». Avec le foy­er poé­tique comme champ ques­tion­nant la con­di­tion humaine, le verbe ne dis­pense un monde qu’à se sous­traire à la ges­tion tech­nocra­tique actuelle du vivant, à l’ordre ambiant con­di­tion­nant esprits et corps. Con­tin­uer la lec­ture

Au Grand Nord, les grands remèdes…

Jérémie THOLOMÉ, Fran­cis FLUTE (ill.), Le Grand Nord, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg » #10, 2022, 73 p., 8 €, ISBN : 9782875054265

tholomé le grand nordIl y a comme une sur­charge élec­trique dans le courant con­tinu qu’injecte l’écriture de Jérémie Tholomé sur la page. Texte lau­réat du Prix Hubert Krains 2021 décerné par l’AEB (Asso­ci­a­tion des Écrivains belges de langue française), le recueil Le Grand Nord s’articule autour de cent huit blocs syn­tax­iques en apparence autonomes, répar­tis en trois groupes de trente-six, deux par page, mais qui s’imbriqueraient comme dans un jeu de miroir infi­ni. Chaque frag­ment répon­dant en effet à un autre dans cha­cune des par­ties. Mar­tin­gale impos­si­ble témoignant des incer­ti­tudes et inco­hérences d’un monde plongé dans la tyran­nie tech­nologique et repro­duc­trice. Con­tin­uer la lec­ture