Archives par étiquette : poésie

Au feu !

Claude DONNAY, Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, Arbre à paroles, 2022, 14 €, 106 p., ISBN : 9782874067204

donnay pourquoi les poetes n'ont pas de ticket pour le paradisDans une série de Poèmes pour – la for­mule inau­gu­rant le titre de presque tous les poèmes de son recueil – Claude Don­nay tra­verse, entre autres étrangetés, « les épo­ques éteintes », « les jours de pluie », « un matin sourd » ou encore « une vie sans mesure ». Cette col­lecte, pub­liée aux édi­tions de l’Arbre à parole sous le titre Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, œuvre à la réan­i­ma­tion de nos exis­tences diag­nos­tiquées « engour­dies ».

Le quo­ti­di­en et, plus large­ment, le monde con­tem­po­rain se trou­vent au cœur de la poésie de Claude Don­nay. L’un et l’autre bril­lent par les hori­zons qu’ils écrasent et les lib­ertés qu’ils entra­vent. Par exem­ple, le con­fine­ment, expéri­ence désor­mais déniée, se rap­pelle à notre bon sou­venir dès l’ouverture du recueil dans des vers tels que : Con­tin­uer la lec­ture

« vieil enfant aux mains tachées d’encre… »

Carl NORAC, L’envers des cir­con­stances / De keerz­ij van de toe­s­tand / Die andere Seite des Geschehens, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2022, 18 €, 232 p., ISBN : 9782875054258

norac l'envers des circonstancesCarl Norac pos­sède cette capac­ité de nous emmen­er, de nous embar­quer dans son sil­lage. Des voy­ages dans l’espace, vers ces con­trées qu’il affec­tionne par­ti­c­ulière­ment mais aus­si dans le temps, celui de l’enfance qu’il cherche tou­jours à retrou­ver par le biais d’une sorte de mélan­col­ie com­mu­nica­tive et qui nous fait dire qu’on a tous un peu de Norac en nous. Les thèmes, chers au poète, épinglés par la récente antholo­gie pub­liée dans la col­lec­tion Espace Nord sous le titre de Pié­ton du monde se retrou­vent ici, dans ce recueil com­pos­ite, L’envers des cir­con­stances. Con­tin­uer la lec­ture

Vous êtes fou

Serge NOËL, Les éléphants clairs tra­verseront les fenêtres du matin. Poèmes enragés, Arbre à paroles, 2022, 145 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–710‑5

ensem­ble nous faisons un livre de poésie
j’en suis ravi comme une vieille rose

noel Les éléphants clairs traverseront les fenêtres du matinCher Serge Noël, l’Arbre à paroles pub­lie aujourd’hui votre dernier recueil de poèmes. Votre chant y émet depuis des temps illim­ités, pour lesquels vous nous quit­tiez, lit-on, inopiné­ment le 27/10/2020. Vous lui voulûtes un titre incon­cev­able et un sous-titre pro­gram­ma­tique. Le sec­ond dit tout, si le pre­mier n’occulte rien.

Cher Serge Noël, au mot d’engage­ment, vous et quelques-uns de vos amis préférez celui d’enrage­ment. Enragés, vous l’êtes con­tre ce que vous nom­mez le vide humain, fruit insipi­de et luisant du cap­i­tal. Con­tre l’alchimie despo­tique de la valeur marchande, qui seule a don de trans­muer la créa­tion en art. Con­tre cet art de rond-point et de bou­tique, tan­tôt abstrait, tan­tôt con­ceptuel, tou­jours volu­mineux et ruti­lant, man­i­fes­ta­tions bavardes d’un monde qui n’a plus rien à dire. Con­tin­uer la lec­ture

Contes, fables et poèmes de Dotremont

Chris­t­ian DOTREMONT, Abrupte fable, édi­tion établie et présen­tée par Stéphane Mas­sonet, pré­face de Georges A. Bertrand, Ate­lier con­tem­po­rain, 2022, 256 p., 20 €, ISBN : 978–28-50350–74‑0

dotremont abrupte fableAvec Dotremont, tou­jours se laiss­er bal­ancer – comme lui – au hasard du noir et blanc, tourbe des Fagnes et neige de Laponie, d’une page l’autre et d’une plume voleuse :

Tor­dre ton image
déjouer ton ordre
te faire gri­mace
dis­lo­quer ton verbe
non pour te grimer
mais pour te revoir
comme tu riais (Lta­tion exa tumulte, 1970)

En 2022, Chris­t­ian Dotremont aurait eu cent ans. S’il n’avait été trop tôt, en 1979, emporté par la mal­adie, la tuber­cu­lose, l’épuisement, si « la tache », « le trou », « la cat­a­stro­phe » n’avaient eu rai­son de lui. Con­tin­uer la lec­ture

Naître au bout du rouleau …

Fabi­en ABRASSART, Vers la joie, pein­tures de Jean DALEMANS, L’herbe qui trem­ble, 2022, 81 p., 15 €, ISBN : 9782491462109

abrassart vers la joieQua­tre rouleaux pour une marée de mots. Qua­tre rouleaux-chapitres mus par les replis des vagues absentes, peut-être sur les berges de la Mer Morte, aux alen­tours de Qum­rân et qui for­ment l’ossature du dernier recueil de Fabi­en Abras­sart, Vers la joie. Poète dis­cret et exigeant, auteur de qua­tre livres en 20 ans, il sem­ble appro­fondir ici une réflex­ion entamée dans son précé­dent livre, Si je t’oublie, pub­lié en 2017 chez le même édi­teur. Quelle poésie, quels mots pour dire l’atrocité, pour par­ler après l’atroce ? Com­ment repouss­er, repenser le néant avec les mots de la tribu ? Con­tin­uer la lec­ture

David Besschops ou l’incommunicabilité

Un coup de cœur du Car­net

David BESSCHOPS, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, L’Âne qui butine, coll. « Troglodyte », 2022, 11 €

besschops faut il que tout change pour que rien ne s acheve« On ne com­prend pas quel drame j’ai pré­ten­du ouïr. »

À con­tre-courant d’une lit­téra­ture con­tem­po­raine per­pétuelle­ment en fête et de ses parades menées tam­bour bat­tant avec force péta­rades, le tra­vail de David Bess­chops s’impose comme l’un des plus intran­sigeants de notre époque. Aux recueils Trou com­mun (2010), Avec un orgasme sur la tête en guise de bon­net d’âne (2017) ou Pla­cen­ta (2018) vient s’ajouter ce petit opus, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, pub­lié aux édi­tions L’Âne qui butine. Peu (re)connus, les ouvrages de Bess­chops, depuis son pre­mier recueil Car­men (2006), sont de ceux qu’on se passe sous le man­teau ou qu’on acquiert comme des livres de col­lec­tion. Ain­si, sans doute, de cer­tains des plus grands livres ou des plus grands écrivains : peu de pail­lettes, peu de médailles mais un halo feu­tré et pérenne.   Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une envie de découvrir

rentree litteraire 2022

Para­doxe du cal­en­dri­er lit­téraire : à peine la trêve esti­vale s’annonce-t-elle qu’il est déjà ques­tion de la ren­trée. Ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale se pré­pare évidem­ment tou­jours de longue date et c’est aux pre­miers jours de juil­let que l’essentiel des pro­grammes est con­nu. Les pre­mières sélec­tions pour les prix lit­téraires d’automne tombent déjà, et Livres Heb­do peut se prêter à son tra­di­tion­nel décompte : com­bi­en d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et sep­tem­bre de cette année ? La sur­pro­duc­tion édi­to­ri­ale, dénon­cée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou qua­si insouten­able cette fois ?

Beau­coup d’auteurs et autri­ces belges, qu’ils soient pub­liés en France ou en Bel­gique, ver­ront eux aus­si leur livre – par­fois même leur premier­ livre – paraitre en cette ren­trée. Tour d’horizon des ouvrages atten­dus à par­tir du 17 août. Con­tin­uer la lec­ture

Christian Dotremont, 100 ans et 2 expositions

Dotremont A bleu mentir qui vient de près

Chris­t­ian Dotremont, A bleu men­tir qui vient de près, Logogramme, Encre bleue sur papi­er, [1978] — © Fon­da­tion Roi Bau­douin / dépôt aux Archives & Musée de la Lit­téra­ture | pho­to : Olivi­er Guyaux – L’Ate­lier de l’Imagi­er

Chris­t­ian Dotremont aurait eu 100 ans le 12 décem­bre de cette année. Un anniver­saire qui appelait une célébra­tion à la hau­teur de cette fig­ure majeure tant de la lit­téra­ture que des arts plas­tiques. Alors que plusieurs réédi­tions sont annon­cées pour le deux­ième semes­tre, pas moins de deux expo­si­tions lui sont dédiées, l’une aux Musées roy­aux des Beaux-Arts, l’autre à la Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana.  Con­tin­uer la lec­ture

Fermeture pour inventaire

Un coup de cœur du Car­net

Une poésie de vingt ans. Antholo­gie de la poésie en Bel­gique fran­coph­o­ne (2000–2020), choix de textes et intro­duc­tion par Gérald PURNELLE, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 440 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–557‑5

une poesie de vingt ansLa col­lec­tion Espace Nord pub­lie en juin 2022 une antholo­gie con­sacrée à la poésie belge fran­coph­o­ne parue entre 2000 et 2020. « Ni un bilan, ni un état des lieux en bonne et due forme », le vol­ume héberge les textes de 128 auteurs et autri­ces sous le pavil­lon d’une poésie jeune, à l’échelle d’un siè­cle jeune et d’un jeune mil­lé­naire. Con­tin­uer la lec­ture

Malgré les cicatrices et les lézardes…

Ludi­vine JOINNOT, Nous vivons encore, Arbre à paroles, coll. « If », 2022, 88 p., 15 €, ISBN : 9782874067174

joinnot nous vivons encoreEn ouver­ture du recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, une phrase extraite de La cloche de détresse de l’écrivaine améri­caine Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. Les proches, quelques poètes com­pagnons de route se croisent au détour de sou­venirs com­posés avec douceur et nos­tal­gie. Mais la dis­pari­tion des êtres chers serait-elle syn­onyme de la fin de l’écriture ? On pense aux car­nets de Nathalie Sar­raute s’interrompant brusque­ment à la date de la mort de son mari, au Jour­nal de deuil de Barthes inter­ro­geant en somme l’utilité d’écrire après la mort. Ce serait sans compter le pou­voir de la lit­téra­ture qui ne cesse jamais de tiss­er ce lien essen­tiel reliant mort, deuil et mélan­col­ie. Car pour faire revivre ceux dont la voix s’est tue, pour à nou­veau leur don­ner le mou­ve­ment de la danse, l’écriture reste seule capa­ble d’insuffler le rythme, la cadence… Con­tin­uer la lec­ture

Pour vivre, la poésie

Luc DEL COR, Femme qu’on aime, Le Coudri­er, 2021, 214 p., 24 €, ISBN : 978–2‑39052–028‑3

del cor femme qu'on aimeD’un tem­péra­ment dis­cret, le poète Luc Del Cor n’est guère con­nu du grand pub­lic, mal­gré les qua­torze recueils qu’il a pub­liés depuis 1980 chez dif­férents édi­teurs dont le Pré aux Sources ou Éole. Né à Uccle en 1947, il com­mence à écrire jeune ado­les­cent, décou­vre ébloui la poésie de Baude­laire, puis Ver­laine et Rim­baud, avant d’en­tr­er au Ser­vice de la Lec­ture publique où il fera toute sa car­rière. Séjour­nant à Orpierre en 1980, il s’éprend de ce vieux vil­lage des Alpes provençales où il revien­dra chaque année et dont les réminis­cences émail­lent ses poèmes. Il a quar­ante ans quand se pro­duit un séisme : à deux repris­es, René Char le reçoit à l’Isle-sur-Sorgue pour des entre­tiens qui auront sur son art poé­tique une influ­ence déci­sive. En témoignent des recueils tels que Juil­let. Poèmes pour cour­tis­er la femme (2002), Juil­let. Matins ros­es et verts (2002), Le souli­er du désir (2017). Paru fin 2021, Femme qu’on aime pour­suit dans la même ligne exigeante, ten­due comme une corde de vio­lon, mais en un souf­fle inhab­ituel puisque le vol­ume dépasse les deux cents pages : 159 poèmes répar­tis en neuf par­ties de longueur iné­gale, cha­cune précédée de cita­tions lit­téraires et d’une pho­to en couleur. Con­tin­uer la lec­ture

Le mythe jamais écrit de la consolation

Flo­rence NOËL, Ni de sang, ni de sens, Nou­velle Revue des Élytres, édi­tion spé­ciale n°2, mars 2022, 36 p., 8 €, ISSN : 0777401 

noel ni de sang ni de sensQue dire ou plutôt com­ment dire le réel quand il y a eu atten­tat ?

Dans son dernier recueil Ni de sang, ni de sens sous-titré Chants pour Paris 13 novem­bre 2015 & pour Brux­elles 22 mars 2016, Flo­rence Noël ruse avec la langue pour son­der la ques­tion du sens d’un réel volé en éclats. Quelle langue pour la sidéra­tion ?

Au tra­vers de ce recueil, c’est comme si Flo­rence Noël se demandait : quelle langue quand on attente à

[ce qui] restera
com­posé à 75%
d’eau 

êtres humides
êtres humains Con­tin­uer la lec­ture

La lutteuse amoureuse

Un coup de cœur du Car­net

Anna AYANOGLOU, Sen­sa­tions du com­bat, Gal­li­mard, 2022, 88 p., 13 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782072972454

ayanoglou sensations du combatElle esquive les coups, elle absorbe tout – à l’in­star de la boxeuse d’Arthur H, Anna Ayanoglou. Sen­sa­tions du com­bat, son deux­ième recueil, parait trois ans après le remar­qué Le fil des tra­ver­sées, chez Gal­li­mard encore – col­lec­tion blanche, et en redé­ploie, avec vigueur, des traces vives. Un philtre de per­cep­tion pure.

Dieu soit loué il m’est don­né d’aimer encore
de vivre à perte con­tre le temps Con­tin­uer la lec­ture

Dans le crâne de la douleur

Pierre DANCOT, Le ban­nisse­ment, Arbre à paroles, 2022, 72 p., 11 €, ISBN : 978–2‑87406–716‑7

dancot le bannissement« Je ne sais plus qui de toi ou de moi a com­mencé à déchir­er le jour, qui de toi ou de moi a noir­ci nos silences, je ne sais plus pour qui tu rêves, ni com­ment tu embrass­es à la tombée de la nuit […] »

Dans Le ban­nisse­ment, le poète et édi­teur Pierre Dan­cot « décrit », comme l’écrit Pierre Schroven sur la qua­trième de cou­ver­ture, « les états d’âmes d’un amour qui lui échappe ». Les affects qui tra­versent ce recueil puisent dans le reg­istre d’une tem­po­ral­ité boulever­sée par la douleur, sont pris en charge par la tonal­ité de l’ardeur. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de la promenade

Michel JOIRET, Le long cha­grin de mes jardins de ville, illus­tra­tion de cou­ver­ture de Rupert Joiret, Coudri­er, 2022, 99 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–031‑3

joiret le long chagrin de mes jardins de villeMichel Joiret est un marin au long cours de la lit­téra­ture belge et, à l’occasion de ses qua­tre-vingts print­emps, pub­lie coup sur coup un roman aux Édi­tions MEO (Stel­la Maris) et un recueil de poèmes aux Édi­tions Le Coudri­er. Quelle énergie et quelle longévité lit­téraire !

Salu­ons encore ici son atten­tion per­ma­nente aux col­lègues, amies et amis de ce petit milieu lit­téraire qui ne cesse de s’agrandir.

Le long cha­grin de mes jardins de ville est un livre au titre qui sonne comme une com­plainte et où les poèmes sont cepen­dant en échos sub­tils à cette joie dis­crète de voir le temps pass­er… Cet opus mar­qué autant par l’émerveillement que par la mélan­col­ie délie ses visions enchan­tées et mélan­col­iques dans le même temps, comme on feuil­lette un livre dont le texte nous rap­pelle le Grand Réc­it de l’homme qui est de trou­ver sa place en ce monde. Con­tin­uer la lec­ture

La Poésie, partout

Jean-Louis MASSOT (auteur) et Thomas VENET (graphiste), Aus­si les gens, Cen­tre de Créa­tions pour l’Enfance de Tin­queux, coll. « Petit­VA ! », 2022, 40 p., 5 €

massot aussi les gens 2Elle est celle qui exige, qui s’apprivoise, qui s’esquive, qui invite, qui unit, qui exalte, qui sonde, qui illu­mine. Dans un même mou­ve­ment mul­ti­ple. Elle est celle qui marche sous la pluie, « indif­férente aux éclairs qui froiss[ent] le ciel », et qui ignore la propo­si­tion de pro­tec­tion. Celle qui ouvre le capot d’un minibus bleu et le remet en état de marche, offrant au voyageur, sta­tique et mélan­col­ique, l’opportunité de se recon­necter au mou­ve­ment. Celle qui repousse les con­tours du monde, qui enrobe les ter­rass­es d’une authen­tique douceur lis­boète. Celle dont le baromètre du bien-être se niche dans le ven­tre d’un chien récla­mant des caress­es. Celle qui se fait silence, par­fois, quand l’impuissance l’étreint, devant acci­dents et cat­a­stro­phes. Celle qui accom­pa­gne la mortelle chute des feuilles, avec plus de retenue toute­fois que les mar­ronniers. Celle qui ressent la nos­tal­gie d’une enfance autour de grains de café invis­i­ble­ment moulus. Elle est celle qui se décèle dans un geste, une lumière, un sen­ti­ment, une onde. Dans le quo­ti­di­en ou le sub­lime, elle est celle qui ani­me les âmes, qui tisse des fils invis­i­bles, qui éclaire ou obscurcit. La Poésie, partout. Con­tin­uer la lec­ture