Un coup de cœur du Carnet
Fanny RUWET, Bien sûr que les poissons ont froid, Iconoclaste, 2023, 266 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑37880–347‑6
Été 2021, Allie, 27 ans, vient de rompre avec son compagnon et d’emménager seule pour la première fois de sa vie. Pas franchement débordée de travail, ni de motivation pour celui-ci, et quelque peu désœuvrée, elle se lance dans un défi à la recherche de ses émotions intenses d’adolescente : retrouver son premier amour. Si tant est qu’on puisse appeler « premier amour » une relation à distance avec quelqu’un qu’on n’a jamais rencontré… Avec l’aide de son fidèle ami Maxime, elle se met à la recherche de Nour, ce garçon au prénom épicène avec qui elle conversait longuement sur MSN. Au départ des quelques indices que recèle la mémoire de ses 15 ans, elle passe internet au peigne fin, échafaude des théories plus ou moins réalistes et avance de question en question. Continuer la lecture








Liège, mai 1940, Élise et Gérard s’offrent, ainsi qu’à leurs deux enfants, une parenthèse musicale. Des jours sombres s’annoncent, les deux musiciens hantés par les souvenirs de la Grande Guerre le savent. Elle au piano, lui à la flûte, ils savourent les derniers instants avant leur inéluctable séparation. Tout est prêt pour le départ d’Élise avec les enfants. De son côté, Gérard, vétéran de 14–18, officier de réserve dans l’aviation et instructeur de jeunes pilotes, s’apprête à servir son pays à nouveau. Et c’est une mission très particulière qu’il se voit confier. 
Été 1977, Arnaud passe un mois de vacances à la Côte d’Azur avec sa sœur jumelle Annabelle et ses parents Georges et Maggy. Du haut de ses sept ans, il observe le monde des adultes, tout en apparences et rapports de domination. Des plus riches sur les moins aisés ; des hommes sur les femmes ; de son père sur sa mère. Juillet touchant à sa fin, le retour en Belgique amène son lot de morosité : fin de la parenthèse ensoleillée, reprise du quotidien en demi-teinte. Au soleil comme sous la grisaille, la vie de famille semble bien réglée, les habitudes et les rôles immuables. Sauf qu’à peine trentenaire et poussée par des événements récents, Maggy décide qu’il est trop tôt pour se résigner. Elle prend les rênes de son destin, en même temps qu’un train vers la ville. C’est le début des bouleversements pour Arnaud et sa famille.
Roberta s’est fracturé le bassin sur le chemin menant à son jardin. La voilà immobilisée et, faute de pouvoir se débrouiller seule chez elle, pensionnaire de La Cerisaie, cette maison de repos dont le nom lui rappelle Tchekhov. Le séjour sera temporaire : trois semaines. Vingt-et-un jours. Assez pour avoir à tromper l’ennui, entre lecture et écriture.
Automne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds incitent à marquer le coup et ce double jubilé ne fait pas exception. Ce n’est donc pas une réédition classique dans la collection patrimoniale qui a hérité, par le hasard de la numérotation, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on parle de chiffres, il ne s’agit pas à proprement d’une mais plutôt de vingt-deux rééditions. Vingt-deux !? Dans un seul volume ? Parfaitement ! Vingt-deux nouvelles, échantillon choisi parmi les plus de cent plaquettes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter.
Voilà vingt-sept ans que Sylvie est partie vivre en Australie avec son mari. Vingt-sept ans sans donner de nouvelles à sa famille ni en prendre. Vingt-sept années d’absence, de silence, de solitude, à attendre que ses enfants soient indépendants, pour se dégager de l’emprise de cet homme bien loin de celui qu’elle pensait épouser. Vingt-sept ans après avoir laissé sa famille derrière elle pour lui, elle les laisse, lui et leurs enfants, pour la retrouver. Enfin, « famille » est un bien grand mot : aucun lien avec sa mère, depuis toujours ; pas d’affinités avec son frère aîné ; seule sa grand-mère compte, elle qui l’a élevée après la mort de son père dont elle n’a pour souvenir qu’une image figée sur une photographie.