Archives par étiquette : Véronique Bergen (autrice de la recension)

Dialogue avec la pierre

Anne-Marie Klenes Conversation avec Alain Delaunois

Conversation avec Alain Delaunois

Auteur : Anne-Marie Klenes

Mai­son d’édition : Tan­dem

Année d’édition : 2025

Nom­bre de pages : 78

Prix : 14 €

Livre numérique : /

EAN : 9782873491604

Par-delà la diver­sité de leur plan d’expression, les sculp­tures, les instal­la­tions, les créa­tions sonores d’Anne-Marie Klenes enga­gent un tra­vail sur le rythme et les formes, sur le corps de la matière et sa rela­tion à l’espace. Au tra­vers de la con­ver­sa­tion stim­u­lante qui se noue avec Alain Delaunois, c’est la justesse du rythme dans le flux des échanges qui frappe le lecteur. L’ombilic du tra­vail d’Anne-Marie Klenes a pour matéri­aux d’élection la pierre de schiste et l’ardoise qui la fasci­nent depuis l’adolescence, qu’elle tra­vaille sous divers­es formes. Comme elle descend dans des ardoisières souter­raines afin d’en remon­ter des pier­res, le dia­logue impul­sé par Alain Delaunois descend dans les strates de la créa­tion de l’artiste. Le par­cours artis­tique se dou­ble d’une déam­bu­la­tion à la fois men­tale, géo­graphique et géologique. Par le biais des mots, des échanges avec Alain Delaunois, il s’agit de faire enten­dre un autre dia­logue, celui que l’artiste noue avec les pier­res dont on suit les lieux d’extraction, les sites. Dans les car­rières à ciel ouvert ou dans les ardoisières souter­raines (la plu­part ont cessé d’être exploitées en Bel­gique), à Ottré, Her­beu­mont, Bertrix, Warmi­fontaine, Marte­lange, dans les car­rières de mar­bre près de Bres­cia, Anne-Marie Klenes part en quête de schiste tan­tôt com­pact, tan­tôt plus fri­able, vieux de 300, de 500 mil­lions d’années. « Donc cer­taines pier­res étaient incurvées naturelle­ment, et ça m’intéressait. Je m’en suis servie notam­ment pour couler du plomb ou de la cire à l’intérieur (…) D’autres pier­res avaient une ‘écri­t­ure’ naturelle de signes et de formes, et c’était le point de départ de ma recherche. » Con­tin­uer la lec­ture

Voyage dans l’œuvre de Monet

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane Lambert Claude Monet

Claude Monet

Auteur : Stéphane Lam­bert

Mai­son d’édition : Gal­li­mard

Col­lec­tion : Pop-Art

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 41

Prix : 8,90 €

Livre numérique : /

EAN : 9782073145574

Après son remar­quable Vin­cent Van Gogh paru dans la nou­velle col­lec­tion « Pop-Art » de Gal­li­mard, Stéphane Lam­bert nous plonge dans un étince­lant Mon­et, ce pein­tre auquel il a con­sacré deux livres majeurs, L’adieu au paysage et Mon­et, impres­sions de l’étang. La créa­tion choisie pour sur­gir après que le lecteur a replié les pages du livre trans­for­mé désor­mais en œuvre d’art est un tableau de la série des Nymphéas. Les jalons de l’existence d’un pein­tre qui trans­for­ma l’histoire de l’art, qui renou­vela l’espace du regard en frayant la voie de l’impressionnisme sont éclairés de l’intérieur. Stéphane Lam­bert a un tal­ent unique pour descen­dre dans l’imaginaire, la per­cep­tion, les com­bats esthé­tiques d’un artiste. Con­tin­uer la lec­ture

Gnose et nihilisme

Saenen Caraco

« Mon œuvre sera ma vengeance ».
Essai sur la pensée radicale et gnostique d’Albert Caraco

Auteur : Frédéric Sae­nen

Mai­son d’édition : Press­es uni­ver­si­taires de Liège

Année d’édition : 2025

Nom­bre de pages : 200

Prix : 13,50 €

Livre numérique : /

EAN : 9782875624819

Pre­mière étude sur Albert Cara­co parue dans le champ fran­coph­o­ne, con­sacrée à un penseur qui se présente comme le chantre d’un pes­simisme rad­i­cal, l’essai de Frédéric Sae­nen restitue la cohérence et la com­plex­ité d’une œuvre large­ment oubliée en rai­son notam­ment des « obsta­cles mêmes que posent l’homme et son œuvre ». La cohérence se situe dans l’alignement du vécu sur les écrits, dans l’adéquation entre démarche intel­lectuelle et vie. Con­tin­uer la lec­ture

Valse avec Camille Claudel

Veroni­ka MABARDI, Sous le regard des stat­ues de Camille Claudel, Esper­luète, 2026, 260 p., 20 €, ISBN : 9782359842067

mabardi camille claudelCom­ment abor­der Camille Claudel après les visions romanesques, dra­maturgiques, ciné­matographiques, choré­graphiques offertes par Anne Del­bée, Michèle Des­bor­des, Lau­rence Cre­ton, Bruno Nuyt­ten, Bruno Dumont, Marie-Claude Pietra­gal­la et d’autres ? C’est à par­tir d’un dou­ble geste que Veroni­ka Mabar­di inter­roge l’œuvre et la vie de l’artiste. D’une part, comme le titre l’énonce, le réc­it se tient au plus près du geste créa­teur de Camille Claudel. Veroni­ka Mabar­di écrit depuis un lieu, sous un angle défi­ni : sous le regard des stat­ues, depuis la mise en abyme de l’œil de Camille Claudel dans ses sculp­tures. D’autre part, tail­lé à coups de burin, le bloc textuel décrit le chemin d’une ren­con­tre élec­tive qui s’inscrit dans une tem­po­ral­ité longue. On suit Veroni­ka Mabar­di sur les traces géo­graphiques, esthé­tiques de Camille Claudel, sur les lieux où elle vécut ; elle nous fait entr­er dans le ven­tre des musées qui abri­tent ses œuvres. Con­tin­uer la lec­ture

Les tremblements de la nomination

Un coup de cœur du Car­net

Yves NAMUR, Fig­ures de l’éphémère, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2026, 274 p., 12 €, ISBN : 9782875687388

namur figures de l'éphémèreL’œuvre d’Yves Namur se tient sous le signe de la poésie pen­sante au sens où l’espace du poème se con­stru­it comme un lieu de médi­ta­tion et de réflex­ion méta­physique. Fig­ures de l’éphémère, mag­nifique­ment post­facé par Daniel Laroche, abrite des frag­ments de trois recueils poé­tiques des années 1990, Frag­ments de l’inachevée (1992), Une parole dans les failles (1997), Fig­ures du très obscur (2000). La matière lan­gag­ière, l’acte de la nom­i­na­tion sont au cœur de l’imaginaire du poète, médecin des corps-âmes et médecin des mots, qui plante son inter­ro­ga­tion dans la ques­tion tout à la fois philosophique, poé­tique, exis­ten­tielle et spir­ituelle du dire, de la rela­tion (pos­si­ble et impos­si­ble) entre les mots et les choses. Liée à la con­ci­sion, à une ligne orac­u­laire, à un mou­ve­ment heuris­tique, la pré­va­lence de la forme ques­tion­nante est exigée par la rad­i­cal­ité du geste namurien : remon­ter aux sources du pas-de-deux entre le réel et la parole. L’oreille col­lée aux écrits d’Héraclite d’Éphèse, des Pré­socra­tiques, aux mys­tères du nom (sacré et pro­fane), Yves Namur aus­culte les promess­es, mais aus­si les failles, les lim­ites, l’impuissance du verbe, les para­dox­es dans lesquels le souf­fle de la parole nous entraine. Con­tin­uer la lec­ture

Saut hors de la surface du miroir

Tris­tan SAUTIER, Michel AUDOUARD, Miroy­ances, Coudri­er, Coll. « Sor­tilèges », 2025, 52 p., 20 €, ISBN : 9782390520795

sautier audouard miroyancesC’est à pas de loup ou de colombe, de colombe-loup qu’on entre dans Miroy­ances, dans son jeu de miroirs entre les poèmes de Tris­tan Sauti­er et les encres de Michel Audouard.  Le recueil se place sous le signe du miroir pul­vérisé, d’un ébran­le­ment de la sur­face miroi­tante de la page en vue d’une ren­con­tre avec soi-même. L’ombre de René Char se lève. On pense à son recueil Le poème pul­vérisé, on vibre à l’hommage-détournement dis­cret que Tris­tan Sauti­er opère au détour de vers épars rap­pelant ceux du poète. Con­tin­uer la lec­ture

Des vies fécondes

Claire MAY, Rêves d’azote, Hélice Hélas, 2026, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑940700–93‑6

may rêves d'azoteMédi­ta­tion romanesque sur la fécon­dité, sur les liens entre généra­tions, Rêves d’azote con­stru­it un réc­it autour de ce qui relie les mon­des, de ce qui assure la per­pé­tu­a­tion de la lignée. Après un pre­mier roman, Oost­duinkerke (Édi­tions de l’Aire) couron­né par le prix de la pre­mière œuvre fran­coph­o­ne de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles et par le prix SPG, Claire May nous plonge dans le rêve de mater­nité et ce qui, par­fois, l’entrave. Délais­sant l’approche psy­chologique, l’exploration du désir d’enfanter, elle donne à enten­dre le par­cours d’une femme médecin recourant à la fécon­da­tion in vit­ro. Avec son com­pagnon Frédéric, la nar­ra­trice gagne la Lig­urie avec pour via­tique un ouvrage-tal­is­man, Au bon­heur des morts de Vin­ciane Despret. Là où l’essai de Vin­ciane Despret inter­roge les liens, les réc­its qui relient les morts aux vivants, la nar­ra­trice envis­age d’accomplir sem­blable tra­vail avec ceux et celles qui n’arrivent pas à naitre, qui échouent à voir le jour. Con­tin­uer la lec­ture

Se réinventer collectivement

Lyly­beth MERLE, Échard­es, Arbre de Diane, coll. « Les deux Sœurs », 2026, 170 p., 15 €, ISBN : 9782930822419

merle echardesLes plumes de paon, l’arc-en-ciel qui relie les humains et les forêts, les échard­es, les vio­lences exer­cées par la société, la décon­struc­tion de l’identité gen­rée, du genre garçon et la décou­verte d’un autre corps, d’un iel, tra­ver­sé par les noces du féminin et du mas­culin… Dans ce con­te scan­dé en treize par­ties, ryth­mé par le « chant des oréades », Lyly­beth Mer­le délivre un texte queer qui par­court les cer­cles d’une exis­tence s’inventant d’autres pos­si­bles. Autrice, per­formeuse drag, met­teuse en scène, mil­i­tante, artiste de cabaret, Lyly­beth Mer­le dénoue, retisse les fils qui nouent l’intime et le social, la ques­tion du genre et celle de la langue, le regard posé sur soi et celui que la société pose sur les non-binaires, sur les anges du troisième sexe, les déracineurs de normes. Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui résiste

Thier­ry WERTS, Là où trébuche la lumière, La Trace, 2026, 172 p., 16 €, ISBN : 9782487261457

werts la ou trebuche la lumiereDans ce car­net de voy­age, la forme poé­tique, les médi­ta­tions se char­gent de porter au dici­ble et au vis­i­ble la mémoire de l’extermination des Juifs. Com­ment ren­dre compte des noms rayés de la carte, des lieux effacés, des années de cen­dres ? Com­ment s’approcher des zones géo­graphiques, his­toriques et psy­chiques qui ont som­bré dans les ténèbres ? Mag­is­trat, poète (For intérieur), romanci­er (Demain n’existe pas encore, Le monde rêvé d’Alva Teimosa), Thier­ry Werts pose ses pas dans une car­togra­phie de la mort indus­trielle, tra­verse durant huit jours des villes, des vil­lages, des cam­pagnes frap­pés par l’Aktion Rein­hard. L’appel qui le saisit lui intime d’aller « là-bas », là où la lumière a vac­il­lé, là où le passé brûle encore, sou­vent sous une forme invis­i­ble. Il ne s’agit ni d’un devoir de mémoire, ni d’un besoin de com­pren­dre, ni d’un pèleri­nage, d’une his­toire famil­iale, ni d’une recherche de répa­ra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Le palimpseste Marilyn

Daniel CHARNEUX, I’m not M.M., Arléa, coll. “La ren­con­tre”, 2026, 208 p., 19 €, ISBN : 9782363084309

charneux i'm not mmOn ne peut que revenir vers Mar­i­lyn lorsqu’elle nous a hap­pés. L’écriture ne peut que se remet­tre en mou­ve­ment, ques­tion­ner au fin­ish le mythe Mar­i­lyn Mon­roe, ce qu’il révèle de nous, de nos sociétés, ce qu’il cache, la part intime, la per­son­ne de Nor­ma Jeane Bak­er qu’il étouffe. Vingt ans après Nor­ma, roman, Daniel Charneux livre un chant tout en clair-obscur qui s’enracine dans la phrase rédigée par la star en 1955 dans l’agenda ital­ien, I’m not M.M. Cinq mots, dont un bar­ré, raturé, qui con­densent la tragédie de l’actrice, qui posent simul­tané­ment l’affirmation de son iden­tité en tant que M. M. et la néga­tion de ce rôle forgé par le sys­tème et l’industrie du sep­tième art. Chronologique­ment, nous descen­dons dans le vécu de l’idole plané­taire déchirée entre la quête d’un père incon­nu, d’une libéra­tion et l’enfermement dans le monde des images, dans la machiner­ie hol­ly­woo­d­i­enne des rêves. Le dia­logue avec l’entité duelle Nor­ma Jeane/Marilyn se voit étof­fé par la mise en scène dis­crète de la voix de l’auteur, par l’analyse de son obses­sion, de sa pas­sion Mar­i­lyn. Le motif du dou­ble, du miroir agit à tous les niveaux, entre Mar­i­lyn et Nor­ma, entre le pub­lic et l’icône, entre l’écriture qui court vers M. M. et celle-ci qui danse dans l’impossible. Daniel Charneux passe en dessous de la ligne de flot­tai­son des songes, en dessous des mil­liers de pho­tos, de pel­licules, de films qui exha­lent la pho­togénie mythique de Mar­i­lyn. Con­tin­uer la lec­ture

La Shoah. Une traversée de la souffrance

Myr­i­am SPIRA, L’envol de la mémoire, Gras­set, 2026, 194 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782246841906

spira l'envol de la mémoireCom­ment vivre en tant qu’enfant de rescapés des camps de la mort ? Com­ment se con­stru­ire à l’ombre de la Shoah ? Com­ment porter le poids d’un héritage famil­ial mar­qué par les trau­ma­tismes de la Deux­ième Guerre mon­di­ale ? Pre­mier réc­it pub­lié par Myr­i­am Spi­ra, L’envol de la mémoire décrit la lente libéra­tion qu’elle a dû accom­plir. Elle mon­tre com­bi­en l’enfer tra­ver­sé par ses par­ents — Joseph, juif et résis­tant, Bet­ty, résis­tante — , a frap­pé les enfants du cou­ple, com­bi­en la deux­ième généra­tion née de celle des sur­vivants est mar­quée à jamais par un héritage de souf­frances et de cal­vaires. Con­tin­uer la lec­ture

Littérature et ésotérisme

Lau­rence BROGNIEZ et Stéphanie PEEL (sous la dir. de), Ésotérique Bel­gique, Textyles n°69, Ker, 2025, 178 p., 18 €, ISBN : 9782875865366

textyles 69 esotérique belgiqueCe remar­quable dossier de la revue Textyles comble un vide à pre­mière vue éton­nant : il pal­lie l’absence d’études de fond con­sacrées au lien entre lit­téra­ture belge et ésotérisme. Signée par Lau­rence Brog­niez et Stéphanie Peel, l’introduction pose la méthodolo­gie qui pré­side au rassem­ble­ment des con­tri­bu­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de Véronique Bergen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Véronique Bergen. Con­tin­uer la lec­ture

Pour une liberté qui pétille comme un air de jazz

Simon GRONOWSKI, Plaidoy­er pour la paix, Racine, 2025, 114 p., 19,95 €, ISBN : 9782390253631

gronowski plaidoyer pour la paixDans Plaidoy­er pour la paix, Simon Gronows­ki délivre un réc­it-essai boulever­sant qui trans­met un mes­sage de com­bat aux jeunes généra­tions. À nonante-trois ans, il prend la plume afin de retrac­er l’histoire de sa famille juive qui fut déportée durant la Deux­ième Guerre mon­di­ale. Avo­cat du bar­reau, pianiste de jazz, Simon Gronows­ki est l’un des derniers sur­vivants de la Shoah, l’un des derniers témoins. Sa plongée dans les années de guerre, son évo­ca­tion de l’invasion de la Bel­gique par Hitler, des mesures pris­es con­tre les Juifs, du port de l’étoile jaune, des rafles sont tout entières sous-ten­dues par la volon­té de racon­ter les crimes du passé afin que les jeunes généra­tions puis­sent défendre la démoc­ra­tie, ses valeurs, com­bat­tre la racisme, l’antisémitisme, l’extrême droite. Ce plaidoy­er pour la paix, pour la tolérance, pour l’amour, pour le devoir de mémoire rend hom­mage à la mère, à la sœur mortes en dépor­ta­tion, au père qui décède de dés­espoir, mais aus­si à toutes les vic­times du nazisme et d’autres géno­cides. Con­tin­uer la lec­ture

Une écologie des créatures-lumière

Un coup de cœur du Car­net

Jere­mie BRUGIDOU, Bes­ti­aire de lumière. Plongée dans les aven­tures lumineuses du vivant, L’ogre, coll. « Luci­oles », 2025, 264 p ., 22 €, ISBN : 9782377562329

brugidou bestiaire de lumiereRepenser notre rela­tion au monde, nos façons de sen­tir, de com­mu­ni­quer, de con­cevoir notre coex­is­tence avec les autres règnes du vivant à par­tir de la lumière, telle est l’ambition que se donne Jere­mie Brugi­dou dans son essai aus­si magis­tral que révo­lu­tion­naire inti­t­ulé Bes­ti­aire de lumière. Plongée dans les aven­tures lumineuses du vivant. Sous la guise de chapitres conçus comme des paliers, l’artiste-chercheur Jere­mie Brugi­dou, auteur de Ici, la Béringie (Ed. de l’Ogre), Vers une écolo­gie de l’apparition : la bio­me­di­a­lu­mi­nes­cence du ciné­ma (Ed. Mimé­sis, un essai con­sacré à James Cameron) mobilise un ques­tion­nement tout à la fois écologique, philosophique, sci­en­tifique, éthologique et artis­tique sur le phénomène de la bio­lu­mi­nes­cence. Con­tin­uer la lec­ture

Jean Claude Bologne. Le jeu des perles de vie

Un coup de cœur du Car­net

Chris­tine BINI, L’Envol et le Sil­lon. L’œuvre romanesque de Jean Claude Bologne, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2025, 244 p., 20 €, ISBN : 9782803200924

bini l'envol et le sillonLa ren­con­tre entre le champ romanesque de Jean Claude Bologne et le regard de Chris­tine Bini se place sous le signe de la grâce, d’une grâce athée qui rend toute la mesure de la puis­sance esthé­tique, de la com­plex­ité et de l’exigence d’une œuvre rad­i­cale­ment sin­gulière. Le titre de l’essai, le tableau de Breughel, La Chute d’Icare (la ver­sion du musée Van Buuren) en cou­ver­ture dévoilent l’intuition qui dicte et guide l’étude : « Le titre choisi pour cet essai asso­cie Jean à l’envol, et Claude au labour, sym­bol­ique­ment. Ce sont là deux motifs impor­tants de l’œuvre romanesque de Bologne : l’aspiration à la tran­scen­dance, et l’ancrage dans l’histoire, ter­reau de la fic­tion. » La com­plé­men­tar­ité des deux gestes (le vol vers l’infini et le labour de la terre fic­tion­nelle, de la chair his­torique) par laque­lle Chris­tine Bini définit l’imaginaire du romanci­er est égaiement à l’œuvre dans l’exégèse qu’elle lui con­sacre. Con­tin­uer la lec­ture