Archives de catégorie : Divers

La vieille dame qui murmurait à l’oreille des marginalisés

Un coup de cœur du Car­net

Yves NAMUR, Nadine VANWELKENHUYZEN, Hélène CARRERE D’ENCAUSSE, David BONGARD, Danielle BAJOMEE, Jean Claude BOLOGNE et S.A.R. Lau­rent DE BELGIQUE, Cen­te­naire de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 1920–2020, Textes des dis­cours pronon­cés lors de la séance solen­nelle du 16 octo­bre 2021, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2022, 81 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8032–0065‑8

centenaire de l'academie royale de langue et de litterature francaises de belgiqueQu’appréhende-t-on face à des textes pronon­cés lors d’une céré­monie com­mé­mora­tive ? Du pesant, de l’obséquieux et du byzan­tin. Or… L’objet-livre, déjà, prédis­pose en faveur des con­tenus. Mise en abyme ? Une belle mise en page mais un for­mat réduit, un cahi­er pho­tographique en guise de témoignage mais une sobriété à mille coudées du livre d’art, etc. Quant aux textes… Passées quelques for­mules de politesse, ils sont flu­ides et justes, tein­tés de sec­ond degré et d’empathie. Ils se com­plè­tent surtout har­monieuse­ment pour nous offrir une vision syn­thé­tique de ce qu’est, de ce qu’a été, de ce que devrait être à l’avenir l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

La rafle du 12 juin 1943 au pensionnat Gatti de Gamond

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric DAMBREVILLE, Les dis­parus de Gat­ti de Gamond, Pré­face de Daniel Weyssow, CFC, 2022, 790 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87572–075‑7

dambreville les disparus de gatti de gamondC’est sans doute son œil de pein­tre et de graveur qui, détec­tant une inscrip­tion sur la chem­inée du salon, a le pre­mier pressen­ti la lourde his­toire du nou­veau lieu qu’il occupe rue Fauchille à Brux­elles. À par­tir d’un détail visuel qui l’interpelle, Frédéric Dambre­ville recon­stitue pas à pas, durant dix années, la tragédie qui a frap­pé cet immeu­ble qui abri­ta l’Institut Gat­ti de Gamond. Tirant un fil d’Ariane mémoriel, il délivre au fil d’enquêtes, de témoignages, d’études d’archives le réc­it de la rafle d’enfants juifs et de leurs logeurs qui eut lieu le 12 juin 1943. Du plus ténu, du micro­scopique, d’une trace muette, l’auteur dégage la tragédie d’une scène macro­scopique, lève le voile sur un pan de la résis­tance en Bel­gique et inter­roge un épisode boulever­sant de la Shoah. Con­tin­uer la lec­ture

« É‑cri-se »

Col­lec­tif (Dori­an ASTOR, Geneviève DAMAS, Jean-Philippe DOMECQ, Lola GRUBER, Chris­tine GUINARD, Véronique JACOB, Guil­laume POIX, Françoise SPIESS, Hélé­na VILLOVITCH, Jean-Luc VINCENT, Antia WEBER), La cham­bre d’écho. Impromp­tu autour du lien qu’entretiennent lit­téra­ture et crise, Intro­duc­tion de Nico­las Math­ieu, Édi­tions du Cro­quant, 2021, 12 €, ISBN : 9782365123402

collectif la chambre d echoEn l’année 2020, que cha­cun retien­dra cer­taine­ment comme l’année du covid-19 et des con­fine­ments suc­ces­sifs, une poignée d’autrices et d’auteurs se sont réu­nis, par Zoom, pour débat­tre sur le lien entre « crise » et « lit­téra­ture », dans le cadre du prix du deux­ième roman Alain Spiess. Un livre au titre auda­cieux, puisqu’il matéri­alise à la fois les con­di­tions tech­niques de ce temps d’échanges et les réso­nances entre les divers par­tic­i­pants, en a émergé : La cham­bre d’écho. Com­posé sous l’impulsion de Françoise Spiess (autrice, plas­ti­ci­enne et fon­da­trice du prix Alain Spiess) et assor­ti d’une intro­duc­tion de Nico­las Math­ieu (écrivain), ce livre se veut la trace de ce moment d’interrogation partagée, « à tra­vers réflex­ions, poésies, fic­tions ». Con­tin­uer la lec­ture

Ultimation du présent

André DOMS, Anachroniques, Herbe qui trem­ble, 2021, 146 p., 18 €, ISBN : 978–2‑491462–22‑2

doms anachroniquesAnachroniques est le deux­ième volet d’un dip­tyque, cette fois con­sacré au temps lorsque le pre­mier, sor­ti un an plus tôt, fut spa­tial : Top­iques pour le monde actuel. Alors, en vue de cette deux­ième recen­sion, je me suis ren­du chez l’auteur à Wépi­on. C’était fin jan­vi­er et André Doms m’a d’emblée con­duit dans son jardin pour me mon­tr­er, fier et ravi, son hamamélis en fleur ; ce qui n’arrive qu’une fois l’an en plein hiv­er. Ses fleurs sont autant de petits feux végé­taux jaunes dont les pétales explosent en traits d’oursin depuis un noy­au de velours bor­deaux. Con­tin­uer la lec­ture

Horizon(s)

Marie COSNAY et Vic­toire DE CHANGY (autri­ces), François GODIN (pein­tre), Matthieu LITT (pho­tographe), Paysages pos­si­bles (impos­si­bles), Le Comp­toir, 2021, 48 p.

paysages possibles impossiblesDes rues mal­odor­antes et des bou­tiques qui éclosent à chaque sai­son, des passerelles pré­ten­tieuses et des pavés déchaussés, un fleuve trop boueux et pour­tant scin­til­lant, des pro­jets vague­ment citoyens, telle­ment de rafis­to­lages soci­aux ; une aspi­ra­tion au mieux, par­fois, un con­tente­ment, sou­vent. Des gens, surtout : faune friquée aux ter­rass­es, déclassée sur les seuils, désœu­vrée aux arrêts, col­orée un peu partout. Chaleur du dedans, quant-à-soi bravache, sim­plic­ité désar­mante : Liège, aux mille accents. Cité ardente, mais étouf­fante, brin­que­bal­ante, las­sante, attachante. Ville qui s’empêtre et se démène. Irrite, atten­drit, ragail­lardit. Terre de poésie(s), tout en par­al­lèles et en inter­sec­tions. Et c’est là qu’il y a vingt ans, s’est naturelle­ment enrac­iné « Le Comp­toir », struc­ture œuvrant avec entrain pour la pro­mo­tion des petites maisons d’édition et de leurs artistes, et sou­tenant « les démarch­es édi­to­ri­ales sauvages, les fanzines et les livres auto-édités avec un désir d’exigence et le goût du tra­vail bien fait ». Un incon­tourn­able pour les entichés de sen­tiers lit­téraires moins bat­tus et les curieux en recherche d’affinités élec­tives. « De toutes les ren­con­tres, cha­cune est la préférée », écrirait à ce pro­pos Vic­toire de Changy… Con­tin­uer la lec­ture

Portraits de l’écrivaine en personnages

Mar­i­anne ROSENSTIEHL, Phénomène. Por­traits d’Amélie Nothomb, Gründ, 2021, 188 p., 24,95 €, ISBN : 978–2‑324–02962‑2

rosenstiehl phenomene portraits d amelie nothombParu aux édi­tions Gründ sous le titre Phénomène, un beau-livre présente le tra­vail de Mar­i­anne Rosen­stiehl sur Amélie Nothomb. Qua­tre-vingts por­traits pho­tographiques sont ain­si rassem­blés, assor­tis d’interviews accordées par l’écrivaine à l’émission À voix nue de France Cul­ture.

Actes de col­lo­ques, livres d’entretiens, mono­gra­phies, abécé­daire, par­o­dies… les livres sur Amélie Nothomb sont désor­mais presque aus­si nom­breux que ceux écrits par la pour­tant pro­lifique roman­cière. Phénomène explore un pan impor­tant de la présence publique et médi­a­tique, voire de l’œuvre, de l’écrivaine : les pho­tos. Depuis 2003 et Antéchrista, la cou­ver­ture de cha­cun de ses romans est en effet invari­able­ment ornée d’un por­trait en pleine page, tan­dis que ses inter­views dans la presse sont tou­jours agré­men­tées d’images artis­tique­ment mis­es en scène. Au fil des années, Amélie Nothomb a col­laboré avec de grands noms de la pho­togra­phie. On pense par exem­ple à Jean-Bap­tiste Mondi­no, Sarah Moon ou encore Pierre et Gilles. Et, donc, Mar­i­anne Rosen­stiehl. Con­tin­uer la lec­ture

Ego ergo sum ?

Éric ALLARD, Grande vie et petite mort du poète fourbe, Cac­tus Inébran­lable, 2021, 70 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–054‑8

allard grande vie et petite mort du poete fourbeÉric Allard est une fig­ure dis­crète mais impor­tante du micro­cosme lit­téraire belge : on lui doit une œuvre décalée, dédiée à la forme courte (nou­velles, apho­rismes, poésies), au clin d’œil, au doute, au grince­ment, mais, tout autant, l’animation d’une plate­forme lit­téraire col­lec­tive, Les belles phras­es, offrant une alter­na­tive indépen­dante de haut niveau à la médi­a­tion clas­sique mais aus­si aux blogs (trop) per­son­nels. 

Côté créa­tion, les précé­dentes pub­li­ca­tions de l’auteur étaient des réus­sites : La mai­son des ani­maux, une fic­tion enjouée chez Lamiroy en 2020, et Les écrivains nuisent grave­ment à la lit­téra­ture, déjà au Cac­tus Inébran­lable, en 2017. Grande vie et petite mort du poète fourbe, on peut le devin­er dès le titre, pro­longe la séquence ouverte avec ce dernier opus­cule et va venir tit­iller les tra­vers du milieu lit­téraire. Un lim­i­naire déca­pant le con­firme : Con­tin­uer la lec­ture

Écrit avec soin

Carl VANWELDE, Car­nets buis­son­niers, Weyrich, 2021, 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782874896446

vanwelde carnets buissonniersCarl Van­welde est médecin et écrivain. Out­re des poèmes, il rédi­ge depuis une quin­zaine d’années des chroniques qui parais­sent dans Le jour­nal du médecin et qui sont rassem­blées dans le présent recueil. Dans son court pro­logue, l’auteur prévient le lecteur qui chercherait quelque pro­lon­ga­tion des séries télévisées urgen­tistes trép­i­dantes que les pages que l’on apprête à tourn­er sont « sig­ni­fica­tives de la trans­for­ma­tion que le con­tact des autres apporte ». Con­tacts : celui du regard qui embrasse un intérieur lors d’une vis­ite à domi­cile, pour se cen­tr­er ensuite sur le vis­age, celui de l’écoute des mots enten­dus, puis de l’examen des corps avec l’oreille, avec les doigts. Con­tin­uer la lec­ture

Rodenbach chroniqueur

Georges RODENBACH, 100 arti­cles, Textes sélec­tion­nés, présen­tés et annotés par Joël Gof­fin, Sam­sa, coll. « Les évadés de l’oubli », 2021, 232 p., 24 €, ISBN : 9782875933522

goffin rodenbach 100 articlesDans son avant-pro­pos, Joël Gof­fin décape les pon­cifs véhiculés par l’histoire de la lit­téra­ture qui a enfer­mé l’œuvre de Georges Roden­bach dans l’image d’un écrivain mélan­col­ique, han­té par la splen­deur passée de la ville de Bruges. À côté de l’auteur de Bruges-la-Morte qui inspi­ra Sueurs froides de Hitch­cock, en marge du poète sym­bol­iste, ami de Mal­lar­mé, de Rodin, du jeune Proust, 100 arti­cles nous fait décou­vrir la plume acérée, inspirée et caus­tique d’un chroniqueur parisien de la Belle Époque. Con­tin­uer la lec­ture

Herbes à brouter

Patrick HENIN-MIRIS, Zadi­gac­ités, Cac­tus inébran­lable, 2021,80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–050‑0 ; André STAS, Tout est relatif (et ton­du), Cac­tus inébran­lable, 2021,  80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–047‑0 ; Paul LAMBDA, Le dés­espoir, avec mod­éra­tion, Cac­tus inébran­lable, 2021, 98 p., 8 €, ISBN : 978–2‑39049–0149‑4

henin miris zadigacitesLes Zadi­gac­ités de Patrick Henin-Miris font évidem­ment référence à Zadig, le con­te philosophique, ori­en­tal­iste et néan­moins satirique, de Voltaire. Lui-même l’avait qual­i­fié, par fausse mod­estie ludique, de « couil­lon­ner­ies », bien qu’à par­tir de nom­breuses sit­u­a­tions exo­tiques, Zadig incar­ne la vraie sagesse et la jus­tice face aux ques­tions et aux erre­ments de son siè­cle.

Chez Henin-Miris, ces ques­tions se mul­ti­plient à tra­vers des textes courts, des petits sce­nar­ios en somme, inven­tifs, sagaces, poé­tiques et très con­tem­po­rains, qui dépassent rarement 15 lignes. « C’est agréable de faire court, lit-on en marge. C’est un peu sec­ouer la tête, le porte-plume, et con­stater que des dizaines, des cen­taines de petites his­toires, de petites pen­sées s’éparpillent tout autour  (…) toutes recou­vrant un monde à explor­er, à rêver, à imag­in­er, à préserv­er». Sans oubli­er un humour omniprésent dans cette pluie d’étoiles dont l’ironie pen­sive et les para­dox­es aven­tureux pour­raient s’apparenter aux énigmes aléa­toires de Magritte et forcer la pen­sée à « s’égarer » sur de nou­veaux sen­tiers étranges à bat­tre… Rap­pelons au pas­sage que si le style est bien dif­férent de celui du sur­réal­iste lessi­nois, avec ses noirs fulig­ineux qu’il signe Miris (un des pseu­do­nymes de cet artiste dis­cret, par ailleurs maître en apho­ris­tique, con­teur et féru d’animations théâ­trales), une récente expo­si­tion-spec­ta­cle l’a vu pop­u­laris­er un de ses apho­rismes d’une per­cu­tante et sub­tile sim­plic­ité : « L’être s’est fait avoir ». Con­tin­uer la lec­ture

Pensée-écriture et invention de mondes. Dialogues aviens

Vin­ciane DESPRET, Fab­ri­quer des mon­des hab­it­a­bles, dia­logue avec Frédérique Dol­phi­jn, Esper­luète, coll. « Orbe », 2021, 144 p., 12 €, ISBN : 9782359841466

dolphijn vinciane despretSep­tième titre de la très belle col­lec­tion « Orbe », Fab­ri­quer des mon­des hab­it­a­bles descend à pas de loup et de colombe dans la forge de l’écriture de la philosophe et étho­logue Vin­ciane Despret, de la mise en réc­it et en pen­sée de ques­tions à l’interface de la philoso­phie et de l’éthologie. Adop­tant le principe heuris­tique de la col­lec­tion — celui d’un piochage dans un mas­sif de mots choi­sis par Frédérique Dol­phi­jn —, le dia­logue emprunte des chemins qui res­sai­sis­sent l’articulation entre espace du livre, traduction/accueil des ani­maux et des morts, propo­si­tion de mon­des. Con­tin­uer la lec­ture

Maeterlinck : « N’oublions pas que nous sommes faits de la même substance que les étoiles »

Ain­si par­lait Maeter­linck, Dits et maximes choi­sis et présen­tés par Yves NAMUR, Arfuyen, 2021, 176 p., 14 €, ISBN : 9782845903159

namur ainsi parlait maeterlinckDans la col­lec­tion « Ain­si par­lait » d’Arfuyen, après des vol­umes con­sacrés à Etty Hille­sum, Pas­cal, Proust, Valéry…, le poète, écrivain, secré­taire per­pétuel de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique Yves Namur con­sacre un vol­ume à Mau­rice Maeter­linck. Le choix de 447 maximes, la puis­sante présen­ta­tion « Maeter­linck et ses miroirs » offrent une tra­ver­sée sous l’angle de la com­plex­ité de l’œuvre du seul auteur belge couron­né par le Prix Nobel de lit­téra­ture (1911). Le mys­tère, l’insondable, le silence que Maeter­linck (1862–1949) inter­roge dans son œuvre aux mul­ti­ples facettes (poésie, théâtre, essais, ouvrages d’entomologiste) for­ment la source de son écri­t­ure et de son être-au-monde. Con­tin­uer la lec­ture

Pratique et théorie du ciné-roman-photo

Jan BAETENS, Une fille comme toi, Jean Boîte Édi­tions, 2020, 48 p., 20 €, ISBN: 978–2‑36568–032‑5

baetens une fille comme toiEn décou­vrant Une fille comme toi, on a songé aux Demoi­selles d’A de Yak Rivais (1979), ce roman cen­ton exclu­sive­ment con­sti­tué de phras­es tirées d’autres romans – quelque sept cents cita­tions piochées chez plus de qua­tre cents auteurs et patiem­ment assem­blées pour for­mer un réc­it cohérent. Con­tin­uer la lec­ture

De Chamfort à Vermot

Gaë­tan FAUCER, Le hasard arrive tou­jours à l’improviste, Cac­tus inébran­lable, coll. « Les p’tits cac­tus », 2021, 72 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–044‑9

faucer le hasard arrive toujours a l'improvisteL’aphorisme est un passe-partout utile à nom­bre d’écrivains pour pra­ti­quer une forme de provo­ca­tion (voire de sub­ver­sion) sous divers déguise­ments. Il peut se met­tre au ser­vice d’une idée forte, avec éventuelle­ment une exagéra­tion pro­pre à asseoir une répu­ta­tion et à sus­citer la con­tro­verse. Au ser­vice aus­si de la facétie par des tours de passe-passe sur le lan­gage et sur les jeux de mots de tout poil, sig­nifi­ants ou non. Au ser­vice aus­si du culte haute­ment salu­bre de l’absurde. Son empire s’étend donc des juge­ments altiers de Cham­fort au lud­isme pop­u­laire de l’almanach Ver­mot, en pas­sant par les apor­ies exis­ten­tielles de G.C. Licht­en­berg ou Pierre Dac. (En ce qui con­cerne Ver­mot, au-delà du mépris bon­homme dont il est la cible, rap­pelons quand même qu’il ne manque pas de beaux esprits pour pré­ten­dre que les plus mau­vais jeux de mots sont aus­si les meilleurs). Cela pour dire que le champ d’action de Gaë­tan Faucer dans son opus de poche, oppor­tuné­ment titré Le hasard arrive tou­jours à l’improviste, tit­ille toute la gamme du genre. Con­tin­uer la lec­ture

« Je suis Aurélie […] je suis complotiste » ou Le nouveau bordel

Aurélie William LEVAUX, Les nou­veaux ordres, Monte-en-l’air, 2021, 112 p., 14,90 €, ISBN : 979–1092775389

levaux les nouveaux ordresRecueil de textes et de dessins qui tient tant du jour­nal de bord que du pam­phlet, le nou­veau titre d’Aurélie William Lev­aux est éminem­ment poli­tique. Les Nou­veaux ordres est une cri­tique toute per­son­nelle de la ges­tion de la pandémie par les états belges et français prin­ci­pale­ment, il est aus­si et surtout une réflex­ion sur la (pri­va­tion de) lib­erté et sur notre rap­port aux élites dirigeantes. Con­tin­uer la lec­ture

Danse au bord de l’abîme

Sophie PIRSON, Cou­vrez-les bien, il fait froid dehors… Con­ver­sa­tions avec Fati­ma Ezzarhouni, Cerisi­er, 2021, 105 p., 12 €, ISBN : 9782872672325

pirson couvrez les bien il fait froid dehorsSophie Pir­son nous donne à lire les frag­ments de ses nom­breuses con­ver­sa­tions avec Fati­ma Ezzarhouni, une femme ren­con­trée dans un pro­gramme de médi­a­tion. Rien n’est anodin dans l’espace de parole qui a per­mis une entre­vue sur­prenante entre les deux femmes, l’une étant une Brux­el­loise dont la fille a été blessée lors de l’attentat de Mael­beek, et l’autre, une Anver­soise d’origine maro­caine dont le fils rad­i­cal­isé est par­ti en Syrie. Con­tin­uer la lec­ture