Archives par étiquette : Véronique Bergen (autrice de la recension)

Le Top 2024 de Véronique Bergen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Véronique Bergen. Con­tin­uer la lec­ture

Ne jamais abdiquer

Nico­las KOZAKIS, Raoul VANEIGEM, Vivre, Yel­low Now et EMET, 2024, 224 p., 28 €, ISBN : 9782873405038

kozakis vaneigem vivrePlacé sous l’horizon d’une réin­ven­tion des pos­si­bil­ités d’exister, le livre Vivre se présente comme un dis­posi­tif com­posé des textes de Raoul Vaneigem et des images, des pho­togrammes de Nico­las Koza­kis. Somptueuse­ment présen­tée, cette machine poé­tique de résis­tance est extraite des films qu’ils ont réal­isés entre 2012 et 2022. En français, en anglais et en grec (l’ouvrage est co-édité par Yel­low Now et l’EMET, le Musée nation­al d’Art con­tem­po­rain d’Athènes), les textes dia­loguent avec des images en noir et blanc, paysages grecs, scènes de la vie quo­ti­di­enne, éten­dues mar­itimes, vis­ages mul­ti­ples du vivant… Dans un monde dom­iné par la logique pré­da­trice du Cap­i­tal, par l’asservissement des formes de vie humaines et non humaines, régi par une société du spec­ta­cle entrée dans son dernier acte, les films écrits et réal­isés par Raoul Vaneigem et Nico­las Kazankis s’élèvent comme un chant de par­ti­sans pari­ant pour l’avènement d’une nou­velle ère, pour une tec­tonique des con­sciences et des corps éman­cipés de l’emprise exer­cée par un panop­tique général­isé. Con­tin­uer la lec­ture

Quatuor des falaises

Alain DANTINNE, André DOMS, Jean-Louis RAMBOUR, Pierre TREFOIS, Sur La Rup­ture des falais­es de Pierre Bartholomée, L’herbe qui trem­ble, coll. « Trait d’union », 2024, 60 p., 12 €, ISBN : 978–2‑491462–83‑3

collectif sur la rupture des falaisesAutour de La Rup­ture des falais­es, une œuvre musi­cale du com­pos­i­teur et chef d’orchestre Pierre Bartholomée, créée en 2008, récem­ment enreg­istrée, une autre par­ti­tion, de dessins et de poèmes, reten­tit, tis­sant des har­moniques visuels et scrip­turaux. Les dessins de Pierre Tré­fois, les textes poé­tiques d’Alain Dan­tinne, d’André Doms et de Jean-Louis Ram­bour for­ment comme un quatuor qui traduit le champ sonore dans un espace autre. Des vagues de poèmes et de dessins mon­tent à l’assaut de la créa­tion de Pierre Bartholomée, laque­lle évoque la fig­ure de la mys­tique et poétesse Hadewi­jch d’Anvers. Nés de l’écoute de l’œuvre musi­cale, d’une source sonore, les dessins inti­t­ulés « Éro­sion-Rébel­lion » et les poèmes inscrivent leurs inter­ro­ga­tions esthé­tiques dans un geste activiste en phase avec le mou­ve­ment Extinc­tion-Rebel­lion. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman familial marollien

Alain VAN CRUGTENMarolles, M.E.O., 2024, 272 p., 23 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782807004672

van crugten marollesL’influence d’un lieu de vie sur les habi­tants, l’effet en retour des riverains sur le quarti­er qu’ils façon­nent, les zones souter­raines de l’histoire de la famille Thomm, la tra­jec­toire d’une ascen­sion sociale… c’est au cœur de ces élé­ments tout à la fois fic­tion­nels et biographiques que le romanci­er, nou­vel­liste (Des fleuves impas­si­bles, Kor­sakoff, En étrange province, Ma Lodoïs­ka, La dic­tature des ignares…), dra­maturge (Dia­ble !, Le regard per­san, Stef, Com­ing out, Bruno Schulz ou La grande hérésie…) et tra­duc­teur (Hugo Claus, Tom Lanoye, S. I. Witkiewicz, Bruno Schulz, Witold Gom­brow­icz…) Alain van Crugten situe son roman, Marolles. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le ventre du feu

Un coup de cœur du Car­net

Lisa DEBAUCHE, Carcasses/L.R.D.P., Arbre de Diane, coll. « Hori­zons », 2024, 92 p., 14 €, ISBN : 9782930822327

debauche carcassesLa scène théâ­trale dressée par Lisa Debauche se présente comme une arche sur laque­lle mon­tent les désirs, le feu de l’amour, la reine des putes, les mil­liards d’animaux fuyant l’assassinat de masse. Après des études d’art dra­ma­tique, Lisa Debauche pub­lie chez Mael­strÖm La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas, un pre­mier recueil poé­tique sai­sis­sant, tail­lé dans la nuit des mots et des corps. Autrice, com­positrice, inter­prète ayant sor­ti deux albums sous le nom de Lisza, elle livre avec Carcasses/L.R.D.P. une pièce de théâtre qui prend la forme d’un mono­logue de feu dansant comme un der­viche tourneur. Con­tin­uer la lec­ture

Belgique, vieux grimoire

Un coup de cœur du Car­net

Jean Claude BOLOGNE, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 124 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875864819

bologne belgiquesLe por­trait chi­nois de la Bel­gique, des mul­ti­ples Bel­giques, que nous livre Jean Claude Bologne pour­rait-il se voir défi­ni par le cumul des titres com­posant les quinze nou­velles du recueil ? Pêle-mêle, on cit­era Aller sim­ple pour Nulle Part qui ouvre le bal de l’écriture, La liasse empoi­son­née qui le referme, Le marc­hand de sourires, Dilemmes, C’est la vie, Mon­sieur et cher Papa, Son Messie aujourd’hui, Le plac­ard… Avec un brio étince­lant trem­pé dans l’humour, Jean Claude Bologne délivre des textes où le fan­tas­tique, les embruns de l’irréel s’invitent sans crier gare, au détour d’une descrip­tion de lieux, de faits. Loin de for­mer un sim­ple décor, les lieux tout à la fois réels, géo­graphiques, de l’enfance, imag­i­naires, qu’il évoque — la val­lée de la Haze, l’Académie de lit­téra­ture, Liège… — exer­cent charmes et sor­tilèges, influ­en­cent les per­son­nages jusqu’à leur vol­er leur libre-arbi­tre. Chaque nou­velle peut se lire comme un réc­it d’apprentissage qui élève la Bel­gique au rang de ter­reau d’expériences fon­da­tri­ces. Con­tin­uer la lec­ture

Claire Lejeune. La traversée du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Claire LEJEUNE, Mémoire de rien et autres poèmes, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 368 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–691‑6
Claire LEJEUNE, Ari­ane et Don Juan et autres pièces, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 224 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–690‑9

lejeune mémoire de rienClaire Leje­une (1926–2008) a arraché à l’espace des Let­tres leurs habi­tudes, leurs balis­es, leur prêt-à-écrire pour les ouvrir à l’inconnu, à l’expérience d’un verbe autre. Remar­quable­ment post­facés par Christophe Meurée, les deux vol­umes que pub­lie Espace Nord — Mémoire de rien et autres poèmes, Ari­ane et Don Juan et autres pièces délivrent deux des mas­sifs textuels de son œuvre, les recueils poé­tiques d’une part, ses pièces de théâtre de l’autre. La sub­di­vi­sion de ses créa­tions en trois champs d’expérimentation qui cor­re­spon­dent à trois temps de sa tra­jec­toire (poésie, essais, théâtre) pèche par sa rigid­ité tant la langue et l’univers qu’elle mobilise font éclater les fron­tières des gen­res, lais­sent la poésie per­col­er dans des textes qui sont avant tout des stases d’une expéri­ence intérieure. Pub­liés dans leur ver­sion inté­grale[1], les recueils poé­tiques La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Elle, Mémoire de rien (Le dernier tes­ta­ment ne fig­ure pas) dessi­nent une car­togra­phie où se dresse la scène d’une équiv­a­lence entre l’écriture et la nais­sance à soi, entre la ges­ta­tion du verbe et l’engendrement du sujet poé­tique par les mots. Con­tin­uer la lec­ture

Rencontre avec Jeanne Dielman

Clarisse MICHAUX, La gai­eté me sidère, Hour­ra, 2024, 72 p., 16 €, ISBN : 9782491297084

michaux la gaieté me sidèreLa gai­eté me sidère, le recueil poé­tique de Clarisse Michaux s’est écrit depuis un déchire­ment, depuis une révéla­tion livrée par une séquence du film de Chan­tal Aker­man, Jeanne Diel­man, 23, quai du com­merce, 1080 Brux­elles. La spec­ta­trice du film entre­prend un pèleri­nage qui gravite autour du film, du per­son­nage de Jeanne, dans une atten­tion à l’espace de la répéti­tion, à la monot­o­nie des gestes d’une ménagère enfer­mée dans la rou­tine d’une vie. J. D., ses tâch­es ménagères et ses clients, la même chose. J. D., son fils, une dévi­tal­i­sa­tion de l’existence. C’est au cœur de l’expérience de la durée délivrée par Jeanne Diel­man, filmée par Chan­tal Aker­man que Clarisse Michaux s’installe, dans un dia­logue avec la ménagère-pros­ti­tuée de 1975. Comme si l’expérience de la durée morte, dés­in­ten­si­fiée qui empris­onne Jeanne Diel­man se pro­longeait dans le temps écoulé entre la réal­i­sa­tion du film et sa récep­tion cinquante ans plus tard. Con­tin­uer la lec­ture

La mystique de l’érotisme

Sophie BUYSE, Pros­ti­tuée sacrée, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2024, 256 p., 18 €, ISBN : 9782875055057

buyse prostituée sacréeLa mys­tique des corps, les puis­sances cathar­tiques de l’amour et de l’érotisme com­posent le noy­au des romans et réc­its de Sophie Buyse, de La graphomane à L’organiste, de L’escarbilleuse à Con­fi­dences de l’olivier, Amour et Kab­bale. Roman éblouis­sant, Pros­ti­tuée sacrée enroule las­cive­ment ses chapitres autour de Venise, une ville dont le des­tin est intime­ment noué à la pros­ti­tu­tion, et deux cour­tisanes, Veron­i­ca Fran­co et Mado. Con­tin­uer la lec­ture

Fictions spéculatives

AE (Pauline Lefeb­vre, Elsa Mau­ry, Nico­las Prig­not), Dans leurs pas. Réal­ités fab­ulées de 2061, Post­face par le Forum Vies Mobiles et Valérie Pihet, Cam­bourakis, 2024, 192 p., 19 €, ISBN : 9782366249149

ae coop dans leurs pasIssues d’un jeu nar­ratif conçu par le col­lec­tif trans­dis­ci­plinaire AE — un jeu pro­posé à des jeunes, inspiré par les travaux de Bruno Latour, mais aus­si de Don­na Har­away, Starhawk —, les neuf nou­velles com­posant Dans leurs pas. Réal­ités fab­ulées de 2061 exposent des scé­nar­ios d’anticipation qui ont pour cadre dif­férents quartiers de Bruxl. La per­spec­tive futur­ologique adop­tée se con­cen­tre autour d’une vision qui rad­i­calise les enjeux socié­taux, écologiques, énergé­tiques actuels. Les impass­es, les crises sys­témiques qui sec­ouent la planète se retrou­vent ampli­fiées : les ques­tions du manque d’eau, de l’accès à la nour­ri­t­ure, du dérè­gle­ment cli­ma­tique, de la raré­fac­tion des ressources naturelles, les oppo­si­tions entre les mil­i­tants d’une écolo­gie pro­fonde et les bénis oui-oui de la pan­tech­nolo­gie se don­nent à lire sous la forme de cli­vages soci­aux, économiques, poli­tiques qui divisent les quartiers de la ville de Bruxl. Con­tin­uer la lec­ture

Peindre-écrire Stéphane Mandelbaum

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Por­trait de Stéphane Man­del­baum, CFC, 2024, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–103‑7

sels portrait de stephane mandelbaumPein­dre-écrire Stéphane Man­del­baum comme Stéphane Man­del­baum n’a cessé de con­vo­quer Pier Pao­lo Pasoli­ni, Fran­cis Bacon, Pierre Gold­man, Luis Buñuel sur ses toiles, tourn­er autour de l’énigme S.M. en tant que con­den­sé de l’énigme de la pein­ture, arracher à la mémoire des mots les traces de leur dessin pri­mor­dial, antérieur à leur fix­a­tion dans l’espace du verbe : c’est ce que Véronique Sels nous donne à lire, à sen­tir dans son éblouis­sant Por­trait de Stéphane Man­del­baum. Écrit à la pre­mière per­son­ne, porté par la voix du pein­tre et dessi­na­teur, ce roman-con­fes­sion s’offre comme le pen­dant d’un dip­tyque dont le pre­mier pan­neau s’intitule Même pas mort ! (Ed. Genèse, 2022). Con­tin­uer la lec­ture

Chevauchée urbaine

Char­lie DEMOULIN, Silence me mord, La grange batelière, 2024, 96 p., 15 €, ISBN : 9791097127466

demoulin silence me mordQue faire quand le sen­ti­ment de l’absurde, du cré­pus­cule éter­nel nous vrille, quand la musique du néant bour­donne dans les tym­pa­ns ? C’est depuis ce lieu béant, depuis ce nihilisme que Char­lie Demoulin lance Silence me mord, pre­mier réc­it (davan­tage que roman) que l’on lira comme un auto­por­trait à l’ère du désen­chante­ment général­isé. Grav­i­tant autour de la came et du sexe, la vie du nar­ra­teur baigne dans un non-sens que la défonce et la baise com­pul­sives per­me­t­tent d’endurer. Si la for­mule « Last exit to Brux­elles » con­vo­quée en qua­trième de cou­ver­ture pro­pose une fil­i­a­tion avec Last Exit to Brook­lyn de Hubert Sel­by Jr, les simil­i­tudes dans la descrip­tion des tribus under­ground ne sont qu’apparentes. Réc­it qui se passe durant le con­fine­ment, Silence me mord est cade­nassé par la soli­tude, par la vacuité de l’existence, ryth­mé par une écri­t­ure-survie abrupte, dis­con­tin­ue, érup­tive. Nous sommes dans l’après Sel­by, dans une quête d’expériences extrêmes qui se fra­cassent con­tre les murs de la société, con­tre les murs intérieurs. Char­lie Demoulin écrit depuis un hori­zon bar­ré, celui de l’après l’âge d’or de la drogue et de l’érotisme, celui de la désori­en­ta­tion d’un monde. Le plan mondain s’est réduit à une addi­tion d’entités solip­sistes que l’auteur aus­culte. Con­tin­uer la lec­ture

Vincent Engel. La fiction comme “romansonge”

Jean-Pierre LEGRAND et Philippe REMY-WILKIN, Vin­cent Engel. L’absence révoltée,  Que Faire ?, n°7, Sam­sa, juin 2024, 122 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–563‑2

legrand remy wilkin vincent engelCréer des mon­des de fic­tion, con­stru­ire des « roman­songes » dans le sil­lage du « men­tir-vrai » d’Aragon, laiss­er courir sa pen­sée, son imag­i­naire sur une mul­ti­tude de claviers d’orgue… telles sont les trois thèmes musi­caux qui se déga­gent si l’on tente de con­denser l’œuvre de Vin­cent Engel, tout à la fois écrivain, dra­maturge, pro­fesseur de lit­téra­ture con­tem­po­raine à l’Université catholique de Lou­vain, directeur de revue (il a repris la direc­tion de Mar­ginales), directeur du Pen Club Bel­gique, édi­teur. Dans le numéro 7 de la revue Que faire ?, les écrivains Jean-Pierre Legrand et Philippe Remy-Wilkin con­sacrent un dossier éblouis­sant qui se focalise sur le cycle toscan inti­t­ulé Le monde d’Asmodée Edern (réédité en 2023, Asmod­ée Edern & Ker Édi­tions). Con­tin­uer la lec­ture

La planète des femmes-cyclopes

Gwéno­la CARRERE, Extra-Végé­talia 2, Super Loto Édi­tions et Les Requins Marteaux, 2024, 128 p., 26 €, ISBN : 9791094442388

carrere extra végetaliaArchi­tec­tures végé­tales lux­u­ri­antes, planète loin­taine sur laque­lle ne vivent que des femmes-cyclopes au crâne oblong, cité qui sem­ble régie par la paix et l’harmonie… ce vol­ume 2 pro­longe Extra-Végé­talia, une bande dess­inée d’une folle lib­erté signée Gwéno­la Car­rère, égale­ment parue chez Super Loto Éditions/Les Requins Marteaux. Le réc­it d’une étrange planète nom­mée Extra-Végé­talia sur laque­lle les femmes se repro­duisent par parthénogénèse est porté par une féerie de formes, de couleurs traduisant la nature de cette cité utopique galac­tique. Très libre­ment inspiré du roman Her­land de l’écrivaine fémin­iste améri­caine Char­lotte Perkins Gilman, le dip­tyque Extra-Végé­talia inter­roge les car­ac­téris­tiques d’une organ­i­sa­tion sociale dénuée d’homme, les ques­tions de l’éducation, du com­mu­nau­tarisme, des muta­tions géné­tiques. Au sein d’une nature fer­tile, d’arbres mag­iques, de plantes gigan­tesques, d’édifices aux formes inédites, au milieu de ce gynécée, l’imprévu sur­git sous la forme d’un homme blessé qui chute sur la planète. Obser­va­teur d’un monde dont les règles socié­tales, poli­tiques, les lois biologiques sont dif­férentes de celles qui règ­nent sur les autres planètes, l’homme décou­vre la manière dont les femmes se repro­duisent, dont les enfants sont fécondés, élevés, les archi­tec­tures en forme de champignons, les struc­tures psy­chiques, les émo­tions, les pen­sées de ce peu­ple de femmes indus­trieuses. Con­tin­uer la lec­ture

La mise en voix de la bande dessinée

Benoît GLAUDE, Écouter la bande dess­inée, Impres­sions nou­velles, 2024, 248 p., 22 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782390701354

glaude écouter la bande dessinéeLa lec­ture de la bande dess­inée engage une expéri­ence mul­ti­sen­sorielle au sens où, loin de ne mobilis­er que la vue, elle impli­querait une plu­ral­ité sen­sorielle (la vue, l’ouïe ou encore le touch­er). Chercheur à l’Université de Gand, auteur de nom­breux ouvrages sur la bande dess­inée fran­coph­o­nes (La bande dia­loguée notam­ment), Benoît Glaude ques­tionne dans son essai Écouter la bande dess­inée l’histoire sonore du neu­vième art, les mul­ti­ples formes de mis­es en voix de la bande dess­inée, de sa lec­ture à voix haute à son oral­i­sa­tion, son adap­ta­tion en pro­duc­tions sonores (audio livres, pièces radio­phoniques, lec­tures publiques lors de fes­ti­vals…). Qu’advient-il de la bande dess­inée lorsqu’elle fait l’objet d’une réin­ter­pré­ta­tion, d’un proces­sus d’adaptation sonore ? Quels sont les défis à relever lorsque sa nar­ra­tion visuelle donne lieu à un réc­it acous­tique ? Analysant les enjeux nar­ra­tologiques de la lec­ture orale, de l’enregistrement de la bande dess­inée, Benoît Glaude défriche un immense cor­pus cou­vrant la bande dess­inée européenne, française, belge et améri­caine. Con­tin­uer la lec­ture

Le récit-luciole d’Athane Adrahane

Un coup de cœur du Car­net

Athane ADRAHANE, Des luci­oles et des ruines. Qua­tre réc­its pour un éveil écologique, Le Pom­mi­er, 2024, 336 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782746526891

adrahane des lucioles et des arbresIl est des livres qui bondis­sent comme des chiens-loups, qui pren­nent à bras le corps la ques­tion de nos rap­ports au vivant et lan­cent un chant en faveur de nou­veaux dia­logues avec le monde, les humains, la faune, les arbres, les océans. Philosophe, artiste pluridis­ci­plinaire, écrivaine, pho­tographe, chanteuse, Athane Adra­hane ouvre un chantier de réflex­ions, de pra­tiques éthopoé­tiques qui, s’appuyant sur les puis­sances du réc­it, délivre des cail­loux de Petite Poucette afin de ne pas se résign­er au monde des ruines qui com­pose notre présent. Con­tin­uer la lec­ture