Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

L’esquive

Jean-Louis SBILLE (auteur) et Kikie CRÊVECŒUR (illus­tra­trice), Pains per­dus, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 9782874291210

sbille crevecoeur pains perdusPains per­dus De prime abord, le titre choisi pour le trente-six­ième car­net de la col­lec­tion « La Petite Pierre » cha­touille les sou­venirs. Quelques tranch­es (ras­sis­es ou briochées, selon), des œufs, du lait, du beurre, du sucre ; la promesse d’un mets saupoudré de doux récon­fort. Cepen­dant, l’élan régres­sif est vite ren­voyé dans les cordes : sur la cou­ver­ture couleur sang, en impres­sion argen­tée, se détache l’image d’un gant et d’un sac de boxe. Les pains se font alors gnons, le beurre col­ore les yeux de noir. Et c’est bien du sport de com­bat dont il s’agira car, dès la pre­mière page tournée, Kikie Crêvecœur plante le décor (un ring) et la chro­ma­tique (noir, blanc, rouge). Con­tin­uer la lec­ture

Outre

Jean-Marie CORBUSIER, Comme une neige d’avril, Let­tre volée, 2022, 112 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–586‑3

corbusier comme une neige d'avrilVoyageur aux pris­es avec un univers de mots, Jean-Marie Cor­busier pour­suit dans son nou­veau recueil pub­lié à La Let­tre volée – Comme une neige d’avril – sa recherche de la poésie. Explo­rateur, télé­graphe, le poète prend note de ce qu’il perçoit – spoil­er alert – : de la neige, tou­jours plus de neige, de la neige sur de la neige. Le blanc, que ce soit celui de la neige ou du papi­er, occupe, par con­séquent, une place prépondérante dans ce dernier recueil.

Cette com­para­i­son pour titre dit bien l’état de pré­car­ité de l’univers dans lequel évolue le poète. Cet univers se car­ac­térise par une absence de repères effi­caces. Pire, les règles qui le régis­sent ne sem­blent pas fixées une fois pour toutes. Le sol se dérobe sous les pas du poète qui ne sait nom­mer pré­cisé­ment ce qui l’entoure (« Ici amas se dit con­gère / ailleurs/banc de neige / là-bas qui revient » ; « l’aube / qui a changé de nom / le doute encore »). Aus­si, le poème « comme une neige d’avril » est-il l’image qui cache l’univers du dire impos­si­ble. Con­tin­uer la lec­ture

« Chante la vie, chante »

David GIANNONI, Il faut savoir choisir son chant, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2022, 314 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–429‑6

giannoni il faut savoir choisir son chant« Il avait levé les yeux pour con­trôler l’état de la toi­ture. / Six cents trous de lumière perçaient les tuiles. / Entre chaque ray­on / Son être entier / Riait. » Tel est le chant inau­gur­al par lequel David Gian­noni inau­gure son recueil de « poé­con­tes » (mot-valise à l’évidence poé­tique se pas­sant d’explication). Au moment-même où ces mots ont été posés, l’évidence a sur­gi : ils con­stitueraient le début d’un voy­age de « 108 poèmes, 108 chants, 108 vari­a­tions d’un même chant, 108 per­les d’un chapelet tout per­son­nel et qui à la fois devait pou­voir se faire uni­versel ». Gian­noni a alors com­mencé une expéri­ence tout en récep­tiv­ité qui dur­erait près de qua­tre ans. Accueil­lir le Verbe quand et comme il se présen­terait, lui don­ner temps et forme, et finale­ment le prodiguer ; une démarche d’art et de spir­i­tu­al­ité, pleine et généreuse. Con­tin­uer la lec­ture

Peau blanche et cœur noir

Fabi­enne ZUTTERMAN, L’Afrique pour se per­dre, Empaj, 2022, 300 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931011–28‑7

zutterman l'afrique pour se perdreMilou quitte la Bel­gique pen­dant l’été 1970 avec ses trois enfants pour s’assurer que son mari ne les emmèn­era pas aux USA avec lui, suite à leur sépa­ra­tion. D’un tem­péra­ment impul­sif et fougueux, elle choisit l’Afrique pour se per­dre, atter­rit à Kin­shasa dans le jeune Zaïre de Mobu­tu et se rend pour enseign­er deux ans à Lulu­abourg (aujourd’hui Kanan­ga), puis un an à Bukavu.

À la porte de l’avion, une gifle d’air brûlant. Coup de javelot dans les rétines. Je vois le jour, enfin. Cette lumière… mais quelles mon­tagnes avons-nous gravies pour être à ce point proches du soleil ? Con­tin­uer la lec­ture

Éric Brogniet : une vie en poésie

Un coup de cœur du Car­net

Éric BROGNIET, La lec­ture silen­cieuse. Pour un lyrisme de l’expérience, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 456 p., 30 €, ISBN : 9782803200665

brogniet la lecture silencieuseQu’elle emprunte un chemin tail­lé dans le clair-obscur, escarpé ou à flanc d’aurore, la poésie relève d’une expéri­ence de vivre et d’écrire qui ne pactise pas avec le régime exis­tant des choses. Rêveur habi­tant les ter­res nomades de la poésie, Éric Brog­ni­et nous livre un livre-somme, un jeu infi­ni des per­les poé­tiques qui présente un dou­ble vis­age : une res­saisie de la géo­gra­phie et de la généalo­gie de son œuvre poé­tique et une réflex­ion sur la place, les enjeux, les invari­ants et les muta­tions de la poésie con­tem­po­raine. C’est à par­tir des œuvres de Hesse, Jacques Sojch­er, Colette Nys-Mazure, Jean-Louis Lip­pert, Michaux, Celan, Jacques Crickil­lon, Philippe Jones, Anne-Marie Smal, Fer­nand Ver­he­sen, Nathalie Gas­sel, Hubin et bien d’autres que l’auteur oppose un con­tre-chant résis­tant à l’espace-temps de l’Anthropocène. La ques­tion de Hölder­lin s’est rad­i­cal­isée, le « que peut la poésie en temps de détresse ? » faisant place à « que peut la poésie en un temps d’effondrement ? ». Avec le foy­er poé­tique comme champ ques­tion­nant la con­di­tion humaine, le verbe ne dis­pense un monde qu’à se sous­traire à la ges­tion tech­nocra­tique actuelle du vivant, à l’ordre ambiant con­di­tion­nant esprits et corps. Con­tin­uer la lec­ture

À la recherche du temps perdu

Nathalie GONDRY, Matthieu, Luc Pire, 2022, 186 p., 18 €, ISBN : 9782875422644

gondry matthieuUn cri déchi­rant brise le silence de la nuit. Une mère a per­du son fils de 19 ans, Matthieu, dans un acci­dent de voiture. Le chauf­feur était ivre. Une seule réponse s’impose face à ce drame : le silence.

Juste après l’accident, Nathalie Gondry, qui n’est pas autrice au départ, écrit pour se libér­er. Elle plonge dans les sou­venirs, de la nais­sance de son fils aux derniers moments avec lui, en pas­sant par des anec­dotes de la vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Cœur et corps à l’ouvrage

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle WÉRY, Self­ie de Chine, Midis de la poésie, 86 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931054–07‑9

wery selfie de chineDe son pro­pre aveu, l’une des fonc­tions du “taff d’écrivaine” d’Isabelle Wéry est de “sculpter des images pour autrui”. Sculpter, on le fait avec les mains, mais aus­si avec la langue : sculpter des mots implique la col­lab­o­ra­tion active du corps et du cœur, qui parvient à don­ner vie à cette Chine presqu’irréelle, tant elle est éloignée des quo­ti­di­ens occi­den­taux. Et pour­tant, le petit livre d’Isabelle Wéry est aux antipodes d’un Ori­ent fan­tas­mé : c’est dans la Chine bien réelle et son désor­dre organ­isé que plonge ce sino-self­ie, dans un tour­bil­lon ardent que réper­cu­tent les thèmes, les reg­istres, les formes de dis­cours qui s’y trou­vent brassés. Prose poé­tique, cadavre exquis et ten­ta­tives man­darines, franglais, ono­matopées et bor­bo­rygmes mêlés de voyelles décu­plées et d’une ponc­tu­a­tion erra­tique se passent le relais pour un résul­tat chao­tiquo-exta­tique. Con­tin­uer la lec­ture

La nuit je mens

Ben CHOQUET, Le dernier truand, Kennes, 2022, 396 p., 19,90 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782380751437

choquet le dernier truandDepuis la mort de sa fille, Tuco, un ancien flic recy­clé en détec­tive privé, n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses journées sont ryth­mées par l’alcool et les his­toires sans lende­main. Cette fausse quié­tude est inter­rompue par la mort subite de son père, dit le Colonel. Bien qu’il ait coupé les ponts avec lui, Tuco se rend à son enter­re­ment. Vu la longue car­rière dans l’armée du pater­nel, de nom­breuses per­son­nes y sont présentes. Tuco refuse l’héritage, au prof­it de sa sœur Sophie. Toute­fois, dans la nuit qui suit l’enterrement, il est enlevé et séquestré par des moloss­es masqués. Il parvient à s’échapper, grâce à une con­di­tion physique jamais prise en défaut. Les morts qui s’accumulent sur sa route se volatilisent aus­si vite qu’ils sont apparus. Un car­net lais­sé par son père et ne con­tenant que deux inscrip­tions étranges s’invite dans l’histoire. Pourquoi le Colonel lègue-t-il ce car­net à son fils ? Est-il vrai­ment mort d’une crise car­diaque ou est-ce un meurtre déguisé ? Et qui sont ces mys­térieux hommes qui pour­chas­sent à présent Tuco ? Con­tin­uer la lec­ture

Ciney rouge

Ludovic PIERARD, Abso­lu­tion, Acad­e­mia, coll. “Noirs des­seins”, 2022, 194 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782806106735

pierard absolutionMichel ne sait plus que faire. Son épouse, Léa, s’éloigne à grands pas de lui sans se retourn­er. Elle ne jure plus que par ses cours de yoga dont elle dit qu’ils lui font le plus grand bien, quit­tant la mai­son de plus en plus sou­vent. Depuis une fausse couche, elle ne cesse de se cul­pa­bilis­er, et ne trou­ve aucun répit. Il est loin les temps de l’amour fou, et Michel se retrou­ve seul face à lui-même, sou­vent un verre à la main. Reste son méti­er de polici­er, qui l’occupe tout entier, sans doute trop, mais c’est sa pas­sion pre­mière. Aus­si se sent-t-il revivre quand il est appelé sur la scène d’un crime, chose rare à Ciney, sa petite ville de province. Le cadavre retrou­vé est mis en scène devant une croix, il affiche des signes trou­blants. La vic­time est un mag­is­trat siégeant au tri­bunal d’application des peines et qui habitait la ville. Il ne se remet­tait pas d’avoir con­tribué à libér­er un mal­frat qui s’en était pris à une femme enceinte, celle dont la tombe a servi pour la mise en scène macabre. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le sillage du confinement

Jean-Luc OUTERS, Un temps immo­bile, Gravures de Simon OUTERS, Tail­lis Pré, 2022, 103 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–192‑0

outers un temps immobileC’est à la faveur ( ! ) de l’époque où nous étions con­finés au creux de nos logis que Jean-Luc Out­ers a perçu « le son de la terre ».

Il avait tou­jours eu le sen­ti­ment que celle-ci tour­nait sur elle-même en silence, et voici qu’il sai­sis­sait un bruit ténu, loin­tain, presque imper­cep­ti­ble, qui lui ouvrait des hori­zons, lui révélait un au-delà mys­térieux, cap­ti­vant, d’une dimen­sion cos­mique. « On se croy­ait enfer­mé et on entend enfin le son de l’univers. »

Avec Un temps immo­bile, il revit ce temps cloîtré, aux humeurs var­iées, sur des tons dif­férents. Con­tin­uer la lec­ture

Du geste graphique et poétique

Un coup de cœur du Car­net

Pierre-Yves SOUCY et Olivi­er SCHEFER, Ver­tiges de la main, Let­tre volée, 2022, 80 p., 18 €, ISBN : 9782873175641

soucy schefer vertiges de la main« Que fait un poète lorsqu’il des­sine ? ». Par sa ques­tion inau­gu­rale, Olivi­er Schefer inter­roge avec brio les créa­tions graphiques de Pierre-Yves Soucy en les con­frontant aux créa­tions poé­tiques. Dans les dessins au fusain, dans le dynamisme des traits, les frot­tages, les pré­cip­ités de strates, notre œil perçoit une poé­tique des traces, des empreintes et des échos. En poésie et dans les arts plas­tiques, graphiques, Pierre-Yves Soucy se livre à une explo­ration des inter­stices. Creu­sant, lais­sant affleur­er les signes, les formes, à tout le moins leur ébauche, il tra­vaille sur l’inchoatif et l’estompement, dans le respect des matières (matière des mots, matière du vis­i­ble, des traits) qu’il approche, que la main et que l’œil écoutent. Con­tin­uer la lec­ture

Responsable ou coupable?

Charles BERTIN, Jour­nal d’un crime, post­face de Lau­rence Pieropan, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 238 p., 8,50 €, ISBN : 9782875685629

bertin journal d'un crime« Quand le tim­bre de la porte d’entrée reten­tit ce matin à sept heures, je sus qu’Elio était mort ». C’est la pre­mière phrase du pre­mier roman de Charles Bertin. Lors de sa pub­li­ca­tion en 1962, l’écrivain a déjà pro­duit une œuvre impor­tante et recon­nue depuis ses pre­miers poèmes, remar­qués par Mar­cel Thiry, en 1939, avant de bifur­quer vers la lit­téra­ture dra­ma­tique avec son Don Juan pub­lié en 1946 et couron­né par le prix tri­en­nal de Lit­téra­ture dra­ma­tique en 1948. 

Ain­si donc, Elio est mort.  Qui est Elio ? Qui est le nar­ra­teur ?  Que s’est-il passé entre eux? Con­tin­uer la lec­ture

Au Grand Nord, les grands remèdes…

Jérémie THOLOMÉ, Fran­cis FLUTE (ill.), Le Grand Nord, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg » #10, 2022, 73 p., 8 €, ISBN : 9782875054265

tholomé le grand nordIl y a comme une sur­charge élec­trique dans le courant con­tinu qu’injecte l’écriture de Jérémie Tholomé sur la page. Texte lau­réat du Prix Hubert Krains 2021 décerné par l’AEB (Asso­ci­a­tion des Écrivains belges de langue française), le recueil Le Grand Nord s’articule autour de cent huit blocs syn­tax­iques en apparence autonomes, répar­tis en trois groupes de trente-six, deux par page, mais qui s’imbriqueraient comme dans un jeu de miroir infi­ni. Chaque frag­ment répon­dant en effet à un autre dans cha­cune des par­ties. Mar­tin­gale impos­si­ble témoignant des incer­ti­tudes et inco­hérences d’un monde plongé dans la tyran­nie tech­nologique et repro­duc­trice. Con­tin­uer la lec­ture

La synapse des lettres

Alain DANTINNE, Pure cri­tique de la rai­son suivi du Petit traité de méta­physique élé­men­taire, Voix d’encre, 2022, 72 p., 17 €, ISBN : 978–2‑35128–194‑9
Gaë­tan FAUCER, L’année des d(i)eux, Lamiroy, 2022, 40 p., 4 €, ISBN : 978–2‑87595–636‑1
Serge WERREBROUCK, Le des­tin obtem­péré, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2022, 110 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–062‑3

dantinne pure critique de la raisonPronon­cer vingt-cinq apho­rismes par jour et ajouter à cha­cun d’eux : Tout est là, iro­ni­sait Jules Renard. Voici trois ouvrages pour encour­ager à cet exer­ci­ce quo­ti­di­en. Car il s’agit bien de cela : d’une dis­ci­pline men­tale comme il en existe de physiques. C’est à se deman­der si le cerveau n’est pas un mus­cle. En tout cas, on en a tous un, ce qui fait dire à Gus­tave Lebon : L’homme pense par apho­rismes.

Nous sommes tous ego. Cer­tains plus que d’autres, renchérit Alain Dan­tinne, frap­pant ici en finesse. Sa Pure cri­tique de la rai­son (suivi du Petit traité de méta­physique élé­men­taire) fonc­tionne par thèmes majeurs réduits en sail­lies : De la reli­gion et autres baliv­ernes, De la ver­tu et autres fadais­es, Du nar­cis­sisme et autres névropathies, Du sexe et autres bagatelles, etc. Les séquences sont cour­tes, inspirées, cul­tivées et d’autant plus acerbes, effi­caces, per­ti­nents ; à pro­pos desquelles J’ai eu des mots avec mon édi­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Résurrection de mots

Marie-Thérèse BODART, Le mont des oliviers, Pré­face de Pas­cale Tou­s­saint, Sam­sa, 2022, 160 p., 18 €, ISBN : 9782875933966

bodart le mont des oliviersIl suf­fit de par­courir les rayons d’une bib­lio­thèque ou de feuil­leter un ancien mag­a­zine lit­téraire pour con­stater à quel point le temps con­stitue sou­vent une rude épreuve pour un livre, même quand celui-ci ren­con­tre le suc­cès lors de sa paru­tion. Aus­si la réédi­tion représente-t-elle une entre­prise à risque, certes, mais aus­si une chance pour une œuvre d’affirmer son ampli­tude et de vivre une vie nou­velle.

Après La mois­son des orges, L’autre, Les meubles et Les roseaux noirs, les édi­tions Sam­sa pour­suiv­ent leur tra­vail remise en lumière de l’œuvre romanesque de Marie-Thérèse Bodart (1909–1981). Paru en 1956, Le mont des oliviers nous immerge dans l’univers de la réclu­sion monas­tique d’Agnès, une jeune femme en proie aux tour­ments après qu’elle a décou­vert que sa sœur a assas­s­iné l’homme qu’elle aimait et qui était aus­si son pro­pre amant. Con­tin­uer la lec­ture

Au feu !

Claude DONNAY, Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, Arbre à paroles, 2022, 14 €, 106 p., ISBN : 9782874067204

donnay pourquoi les poetes n'ont pas de ticket pour le paradisDans une série de Poèmes pour – la for­mule inau­gu­rant le titre de presque tous les poèmes de son recueil – Claude Don­nay tra­verse, entre autres étrangetés, « les épo­ques éteintes », « les jours de pluie », « un matin sourd » ou encore « une vie sans mesure ». Cette col­lecte, pub­liée aux édi­tions de l’Arbre à parole sous le titre Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, œuvre à la réan­i­ma­tion de nos exis­tences diag­nos­tiquées « engour­dies ».

Le quo­ti­di­en et, plus large­ment, le monde con­tem­po­rain se trou­vent au cœur de la poésie de Claude Don­nay. L’un et l’autre bril­lent par les hori­zons qu’ils écrasent et les lib­ertés qu’ils entra­vent. Par exem­ple, le con­fine­ment, expéri­ence désor­mais déniée, se rap­pelle à notre bon sou­venir dès l’ouverture du recueil dans des vers tels que : Con­tin­uer la lec­ture