Archives par étiquette : Nausicaa Dewez

Voyage en Bergenie

Véronique BERGEN, Bel­giques, Ker, coll. “Bel­giques”, 2020, 100 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–279‑2

Véronique Bergen Belgiques Ker« Bel­giques », l’excellente col­lec­tion de recueils de nou­velles des édi­tions Ker, s’enrichit cet automne de trois nou­veaux vol­umes. Véronique Bergen signe l’un d’eux. 

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La rentrée littéraire belge 2020 : l’après-confinement

La ren­trée lit­téraire autom­nale est tou­jours une péri­ode d’effervescence pour le monde du livre. Le rit­uel de la ren­trée lit­téraire, par­tic­u­lar­isme français, a essaimé – avec mod­éra­tion – en Bel­gique fran­coph­o­ne. La cuvée 2020 survient toute­fois dans un con­texte dif­fi­cile pour toute la chaine du livre, qua­si mise à l’arrêt pen­dant 2 mois en rai­son du con­fine­ment. Tour d’horizon de la ren­trée des auteurs belges, pub­liés en Bel­gique ou ailleurs. Con­tin­uer la lec­ture →

Françoise M. par Marie-Paule B.

Marie-Paule BELLE, Comme si tu étais tou­jours là, pré­face de Serge Lama, Plon, 2020, 213 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑259–27838‑6

Françoise Mal­let-Joris écrivait ; Marie-Paule Belle com­pose et chante. Dans Comme si tu étais tou­jours là, livre-hom­mage à l’écrivaine belge dis­parue le 13 août 2016, la chanteuse tient pour­tant la plume. Mais elle s’efface sou­vent pour laiss­er place aux mots de sa com­pagne, parolière et amie. Cartes postales, brefs mes­sages, let­tres, man­u­scrits, paroles de chan­sons retran­scrites … : M.-P. Belle dévoile une par­tie des nom­breuses archives qu’elle con­serve dans un car­ton rouge, témoins de leur rela­tion privée et pro­fes­sion­nelle. Con­tin­uer la lec­ture →

La mort est un mystère

Car­o­line VALENTINY, Il fait bleu sous les tombes, Albin Michel, 2020, 184 p., 16.90 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑226–44794‑4

Il fait bleu sous les tombes. Le titre – un brin de mys­tère, un soupçon de poésie – donne d’emblée le ton du pre­mier roman de Car­o­line Valentiny, qui lance la ren­trée lit­téraire d’hiver des édi­tions Albin Michel.

Un pre­mier roman choral, qui suit les par­cours de Madeleine, la mère ; de Pierre, le père ; de Juli­ette, l’amie-amoureuse et de Noémie, la petite sœur, comme autant de lézardes creusées par une unique défla­gra­tion : la mort d’Alexis, un étu­di­ant de vingt ans, dont le roman suit aus­si les pen­sées post-mortem. Un livre à cinq voix, qui dans la brièveté de ses 180 pages, arpente aus­si trois voiES. Con­tin­uer la lec­ture →

Amélie Nothomb apocryphe

Amélie NOTHOMB, Soif, Albin Michel, 2019, 160 p., 17.90 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–44388‑5

Amélie Nothomb Soif Albin MichelPour sa vingt-huitième ren­trée lit­téraire, Amélie Nothomb revient avec un roman au titre min­i­mal­iste : Soif. Elle y racon­te les derniers jours de Jésus, à la pre­mière per­son­ne.

Dans ses écrits auto­bi­ographiques, Nothomb révèle la place sin­gulière que Jésus occupe dans sa vie, depuis la toute petite enfance. Fig­ure d’identification, avec qui elle se sent « une con­nivence pro­fonde […], car [elle] étai[t] sûre de com­pren­dre la révolte qui l’animait » (Méta­physique des tubes, 2000), Jésus est aus­si un mod­èle :

Réca­pit­u­lons : petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je com­pris que c’était trop deman­der et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. (Stu­peur et trem­ble­ments, 1999)

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Que nous réserve la rentrée littéraire belge ?

« Grand-messe » de la lit­téra­ture pour les uns, « cirque » pour les autres, la ren­trée lit­téraire ani­me le petit monde des Let­tres de la mi-août jusqu’au début décem­bre, moment où les grands prix lit­téraires livrent leurs ver­dicts. On rap­pelle sou­vent qu’il s’agit là d’un rit­uel fran­co-français, qui n’a son équiv­a­lent dans aucun autre pays. 

Quid alors de la  Bel­gique fran­coph­o­ne ? Nom­bre d’auteurs belges sont pub­liés en France : ceux-là n’échappent pas au phénomène. Ceux du moins que leur mai­son d’édition a pro­gram­més à l’automne – signe, en général, que ladite mai­son croit par­ti­c­ulière­ment en leur livre. La sit­u­a­tion des auteurs (belges ou étrangers) pub­liés en Bel­gique est quant à elle moins claire. Les édi­teurs belges ont certes un pro­gramme de pub­li­ca­tions autom­nal chargé, témoignant de l’importance sym­bol­ique de la péri­ode, mais la plu­part dis­ent vouloir éviter l’engorgement des pre­mières semaines et plan­i­fient plutôt leurs sor­ties pour octo­bre, voire novem­bre. Con­tin­uer la lec­ture →

Gaïa s’en va-t-en guerre

Véronique BERGEN, Guéril­la, ONLiT, 2019, 176 p., 14 € / ePub : 4.49 €, ISBN : 978–2‑87560–112‑4

Qui ne con­naî­trait de Véronique Bergen que ses con­tri­bu­tions au Car­net et les Instants (des textes récents sur Isabelle Stengers ou la col­lap­solo­gie théorisée par Pablo Servi­gne, Raphaël Stevens et Gau­thi­er Chapelle, notam­ment) pressen­ti­rait déjà le haut intérêt, sinon l’engagement, de l’écrivaine et philosophe pour la cause écologique et la défense d’une planète que l’exploitation humaine men­ace d’épuisement. De cette impli­ca­tion, elle donne une nou­velle illus­tra­tion avec, cette fois, un court roman, Guéril­la, paru dans l’élégant petit for­mat des édi­tions ONLiT.

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Conversations avec Amélie Nothomb

Amélie NOTHOMB, La bouche des carpes. Entre­tiens avec Michel Robert, pré­face de Jacques De Deck­er, Archipel, 2018, 160 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8098–2493‑3

Amélie Nothomb a con­nu un automne foi­son­nant : son roman annuel – le réus­si Les prénoms épicènes –, a été rapi­de­ment suivi par un livre d’entretiens signé Michel Robert, La bouche des carpes.

« Signé » est-il d’ailleurs le terme appro­prié ? Dans sa pré­face, Jacques De Deck­er qual­i­fie certes Michel Robert de « maître d’œuvre » du livre, mais tant la cou­ver­ture que la page de titre présen­tent Amélie Nothomb comme l’autrice. Un choix des édi­tions de l’Archipel (le livre n’est pas pub­lié par l’éditeur attitré de la roman­cière, Albin Michel) qu’­ex­plique peut-être cet échange entre l’écrivaine et Michel Robert :

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Un cœlacanthe devenu Orphée

Amélie NOTHOMB, Les prénoms épicènes, Albin Michel, 2018, 154 p., 17.50 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑226–43734‑1

Les prénoms épicènesPré­tex­tat, Astro­labe, Tex­tor, Déo­dat… : Amélie Nothomb soigne tou­jours les prénoms de ses per­son­nages. Et les choisit en général rares et sig­nifi­ants. On ne s’étonnera donc qu’à moitié que son nou­veau roman s’intitule Les prénoms épicènes. Pour celles et ceux qui sont fâché-e‑s avec les notions de gram­maire, « épicène » sig­ni­fie « qui a la même forme au mas­culin et au féminin ». Claude et Dominique, par exem­ple, sont des prénoms épicènes. Con­tin­uer la lec­ture →

La rentrée littéraire d’automne : tout un programme

La ren­trée lit­téraire, c’est déjà dans deux mois ! De fin août à début décem­bre, le petit monde du livre sera en ébul­li­tion, avec des pub­li­ca­tions plus nom­breuses qu’à l’ordinaire, un pub­lic et des médias plus intéressés, sans compter la course aux prix lit­téraires. Dès aujour­d’hui, toutes les maisons d’édition ont bouclé leur pro­gramme et sont prêtes (ou presque) pour abor­der l’in­con­tourn­able échéance de la vie lit­téraire fran­coph­o­ne. Cette année, Livres Heb­do annonce la paru­tion de 567 romans, dont 381 en français. C’est un peu moins que l’année dernière, où 581 livres étaient arrivés sur les tables des libraires. Le nom­bre de pre­miers romans est, quant à lui, de 94, le total le plus haut depuis 2007. Du côté des auteurs belges aus­si, la ren­trée s’annonce très riche, avec quelques pre­miers romans et de nom­breuses con­fir­ma­tions. Con­tin­uer la lec­ture →

Familles décomposées

Bar­bara ABEL, Je t’aime, Bel­fond, 2018, 464 p., 19.50 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782714476333

abel_je t aimeJe t’aime, le nou­veau roman de Bar­bara Abel, est con­stru­it autour d’un fait divers. Un jeune con­duc­teur per­cute un car sco­laire, tue un écol­i­er de sept ans assis au mau­vais endroit dans le bus, et meurt lui-même sur le coup. La police recon­stitue sans peine la chronolo­gie des faits et trou­ve rapi­de­ment les caus­es de l’accident : le jeune homme avait fumé du cannabis toute l’après-midi avant de pren­dre le volant. Con­tin­uer la lec­ture →

Liberski Roma

Un coup de cœur du Carnet

Ste­fan LIBERSKI, La cité des femmes, Albin Michel, 2018, 280 p., 19 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–40218‑9

liberski la cite des femmesSept ans après son dernier roman, Le Tri­om­phe de Namur (La Muette, 2011), l’écrivain, cinéaste, bédéiste et homme de télévi­sion Ste­fan Liber­s­ki pub­lie La cité des femmes aux édi­tions Albin Michel.

La cité des femmes, c’est un film de Fed­eri­co Felli­ni sor­ti en 1980. Mais c’est donc aus­si, désor­mais, le titre d’un roman de Ste­fan Liber­s­ki : l’histoire d’un jeune aspi­rant écrivain, Éti­enne Kapus­cin­s­ki, qui quitte Brux­elles, son mariage et son méti­er pour gag­n­er Rome et assis­ter au tour­nage de La cité des femmes de Felli­ni. Toute ressem­blance avec Ste­fan Liber­s­ki, par­ti lui-même à Rome pour assis­ter au même tour­nage fellinien en « témoin priv­ilégié » n’aurait, bien sûr, rien de for­tu­it. L’anecdote auto­bi­ographique donne une saveur tes­ti­mo­ni­ale jouis­sive aux appari­tions du mae­stro, cam­pé en génie sur le déclin, manip­u­la­teur, égo­cen­trique et jaloux de son harem. Con­tin­uer la lec­ture →

Amélie Nothomb frappe juste

Un coup de cœur du Carnet

Amélie NOTHOMB, Frappe-toi le cœur, Albin Michel, 2017, 168 p., 16.90€/ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑226–39916‑8

nothomb frappe toi le coeurIl y a vingt-cinq ans, en 1992, parais­sait Hygiène de l’assassin, pre­mier roman d’Amélie Nothomb et acte inau­gur­al d’une œuvre ample et sin­gulière. Aujourd’hui, la roman­cière célèbre ses cinq lus­tres de créa­tion lit­téraire – et autant d’années passées chez le même édi­teur, Albin Michel – avec un vingt-six­ième roman qui ouvre la ren­trée lit­téraire : Frappe-toi le cœur. Placé sous le signe de Mus­set à qui il emprunte son titre, l’ouvrage est à la hau­teur de l’événement.  Con­tin­uer la lec­ture →

Bientôt la rentrée littéraire !

RL (2)Comme chaque année au début de l’été, Livres Heb­do a annon­cé les chiffres de la prochaine ren­trée lit­téraire en France. En 2017, ce seront 581 romans et recueils de nou­velles qui arriveront sur les tables des libraires. Ils étaient 560 l’année dernière. Par­mi les 581, le mag­a­zine a recen­sé 390 titres d’auteurs fran­coph­o­nes et 81 pre­miers romans. Plusieurs auteurs belges seront de la par­tie. Con­tin­uer la lec­ture →

Drame en quatre actes

Armel JOB, En son absence, Robert Laf­font, 2017, 310 p., 19.50 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 2–221-19830–1

job en son absenceL’histoire se passe en qua­tre jours, du jeu­di 17 au dimanche 20 mars 2005. Qua­tre jours qui scan­dent les qua­tre par­ties du nou­veau roman d’Armel Job, En son absence. L’absente, c’est Béné­dicte, une ado­les­cente qui vit en Ardenne, à Mon­tange, et qui se volatilise mys­térieuse­ment le 17 mars au matin. Enlève­ment ? Fugue ? Meurtre ? Les hypothès­es fusent ; les policiers enquê­tent ; la famille s’interroge et accuse. Plusieurs vil­la­geois sont soupçon­nés ; on leur trou­ve soudain un air de coupables plau­si­bles, un mobile ; on décou­vre qu’ils dis­simu­lent une par­tie de la vérité, qu’ils auraient peut-être croisé la route de Béné­dicte ce matin-là. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans les replis du papier

Jean-Marc CECI, Mon­sieur Origa­mi, Gal­li­mard, 2016, 157 p., 15 €/ ePub : 10.99 €  ISBN : 978–2‑07–019772‑9

ceciEn cette ren­trée lit­téraire autom­nale où les pub­li­ca­tions afflu­ent, le livre de Jean-Marc Ceci tombe comme une dou­ble sur­prise. Sur­prise inhérente à tout pre­mier roman : per­son­ne (à part peut-être ses proches) n’attend l’auteur d’une pre­mière œuvre. Mais sur­prise, surtout, de décou­vrir ce Mon­sieur Origa­mi par lequel Ceci entre en lit­téra­ture – et à l’enseigne des édi­tions Gal­li­mard, qui plus est. Con­tin­uer la lec­ture →