Archives par étiquette : Jean Jauniaux

« (…) Ici, il n’est qu’un ici … »

Philippe MATHY, Le long des rives, ill. Cécile A. Hold­ban, Ate­lier des noy­ers, 2025, 50 p., 16 €, ISBN : 978–2‑494676–37‑4

mathy le long des rivesSous-titré Notes de Pouil­ly-sur-Loire, Le long des rives déploie sur des pages au for­mat panoramique, l’évocation en prose poé­tique des bor­ds de Loire, non loin de Pouil­ly-sur-Loire où Philippe Mathy réside de nom­breux mois chaque année. En regard des textes, l’artiste Cécile A. Hold­ban pro­pose une aquarelle inspirée libre­ment par ceux-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) Ce numéro de haute voltige, la vie … »

Mar­celle PAQUES, Sois un papil­lon, Bleu d’encre, 2025, 45 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–84‑0

paques sois un papillonS’ouvrant sur un exer­gue du con­teur Hen­ri Gougaud (exer­gue auquel  la poète emprunte le titre du recueil) et se refer­mant sur un frag­ment du poème Lib­erté de Paul Elu­ard, Sois un papil­lon de  la poète hain­uyère Mar­celle Pâques se place d’emblée sous le dou­ble signe du con­te et de la poésie. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) La manigance des mots … »

Patrick DEVAUX, Ne le dites à per­son­ne, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2025, 55 p., 18 €, ISBN : 978–39052-070–2

devaux ne le dites a personnePoète pro­lifique, Patrick Devaux pub­lie ses recueils avec une régu­lar­ité de métronome. Sa bib­li­ogra­phie (par­tielle !) donne le ver­tige et pour­rait don­ner à crain­dre une pro­fu­sion dévelop­pée au détri­ment de l’inspiration. Ce n’est certes pas le cas ici.

Avec Ne le dites à per­son­ne, Devaux se laisse porter par la nos­tal­gie d’un temps qu’il regrette de n’avoir pu sauve­g­arder. Loin des réseaux soci­aux (qu’il pra­tique pour­tant avec une gour­man­dise allè­gre), ce temps-là préser­vait les vrais con­tacts (que le poète développe avec une non moins grande affa­bil­ité, ne serait-ce que dans l’exercice de ses respon­s­abil­ités au sein de l’AREAW dont il est le prési­dent). Con­tin­uer la lec­ture

« (…) Pour faire pousser un poème… »

Michaël LAMBERT, Le jar­dinier poète, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « rook­leg », 2025, 83 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87505–522‑4

lambert le jardinier poetePar nature, l’écriture poé­tique se nour­rit de con­traintes formelles. Loin de devenir des entrav­es, celles-ci stim­u­lent à la fois l’inspiration et la for­mu­la­tion.  Dans le cas du recueil de Michaël Lam­bert, l’imposition ne con­cerne pas la forme, mais, comme dans un jeu, l’insertion oblig­a­toire dans cha­cun des textes de trois mots que le jar­dinier poète aura glanés au hasard de ren­con­tres. Con­tin­uer la lec­ture

(…) ramasser les mots froissés / comme un bruit de feuilles

Un coup de cœur du Car­net

Paul ROLAND, J’habite les mots, illus­tra­tions de Chris­tiane Devi­aene, Déje­uners sur l’herbe, 2024, 59 p., 20 €, ISBN : 978–29304433899

roland j'habite les motsEn 2015, dans le cadre d’une expo­si­tion au Cen­tre cul­turel de Pérul­wez, Paul Roland com­pose 59 haïkus. Dix ans plus tard, il les pub­lie aux Déje­uners sur l’herbe, en agré­men­tant cha­cun d’eux d’un texte les com­men­tant et les dévelop­pant. Con­tin­uer la lec­ture

le silence d’une écriture, / n’échappe pas à la mer

Un coup de cœur du Car­net

Michel JOIRET, Jour­nal d’une année de mer ultime, pré­face de Renaud Denu­it, Sam­sa, 2024, 132 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–540‑3

joiret journal d'une année de mer ultimePour de nom­breux écrivains belges de langue française, la Flan­dre et la mer du Nord con­stituent une friche d’inspiration sans cesse renou­velée. Michel Joiret appar­tient à n’en pas douter à cette famille-là de poètes et romanciers dont l’œuvre vient régulière­ment puis­er à cette source d’envahissement de lumière et de couleur – fussent-elles tamisées par la brume, tra­ver­sées de pluie et d’embruns, ou écla­tantes comme un été bleu – qu’offrent les lisières de sable entre le West­hoek et le Zwin. Dans une belle pré­face, com­plice en ami­tié et frater­nelle en poésie, Renaud Denu­it salue un texte qu’il qual­i­fie à rai­son de « som­met poé­tique dans la célébra­tion de la mer ». Con­tin­uer la lec­ture

« Une onde / entre nos lèvres / closes »

Un coup de cœur du Car­net

Clara INGLESE, Lin­ea alba, Chat polaire, 2025, 109 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931–028360

inglese linea albaLa poésie, explo­rant et exp­ri­mant les expéri­ences les plus intimes, tran­scende celles-ci et en fait offrande aux lec­tri­ces et lecteurs. En mêlant poésie et réc­it théâ­tral­isé Clara Inglese inscrit Lin­ea alba, son pre­mier recueil dans une écri­t­ure délibéré­ment nar­ra­tive. Vivant l’expérience de la pro­créa­tion médi­cale­ment assistée, la poète a souhaité « remet­tre du mys­tère dans le par­cours d’enfantement hyper médi­cal­isé des cou­ples en pro­jet de famille ». Dans le même élan, l’écriture poé­tique exalte d’une lumière bien­v­enue la tra­ver­sée de la pro­créa­tion médi­cale­ment assistée dont sou­vent les seuls échos qui nous en parvi­en­nent sont mar­qués par la tech­nolo­gie, l’angoisse, et l’espoir déçu. Con­tin­uer la lec­ture

Là où tu ne savais pas / Que tu pouvais aller…

Un coup de cœur du Car­net

Béa­trice LIBERT et Clau­dine GOUX (illus­tra­tions), Poèmes sans ombre pour voir la vie du bon côté, Ate­lier du Grand Tétras, 2024, 43 p., 13 €, ISBN : 978–2‑37531–122‑6

libert poemes sans ombre pour voir la vie du bon côtéBéa­trice Lib­ert est poétesse, mais aus­si plas­ti­ci­enne, essay­iste et éditrice (Couleur Livres et Le Tail­lis Pré). Elle pub­lie volon­tiers des textes placés en miroir avec des illus­tra­tions, dont ils s’inspirent ou qui les exal­tent. C’est ain­si un ouvrage agré­men­té de pho­togra­phies qui lui avait valu en 2023 le prix du Par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Con­tin­uer la lec­ture

Ce vaste espace à traverser, de soi à soi…

Un coup de cœur du Car­net

Mar­tine ROUHART, La nuit ne dort jamais, Cygne, coll. « Le chant du cygne », 2025, 59 p., 12 €, ISBN 978–2‑84924–814‑0

rouhart la nuit ne dort jamaisMar­tine Rouhart a été sub­tile­ment inspirée en plaçant quelques vers d’Anne Per­ri­er en épigraphe de La nuit ne dort jamais : “En dor­mant, je me suis tournée / Vers la pente ombrée Des Paroles”(Extrait de D’entre Ciel et Terre).

Le pre­mier recueil pub­lié par la poétesse suisse ne s’intitulait-il pas Selon la nuit (Édi­tions Les Amis du livre, Lau­sanne, 1952) ? Appa­rait une affinité sen­si­ble entre la poétesse belge et son ainée, sin­gulière­ment mise en lumière dans ce vol­ume paru aux Édi­tions du Cygne. Il est com­posé de trois par­ties (« La nuit vient », « Elle ne dort jamais » et « La nuit s’en va ») dont les titres s’entrelacent pour for­mer celui du qua­torz­ième ouvrage de l’autrice mon­toise. Con­tin­uer la lec­ture

Écoute le chant frileux de l’ange …

Un coup de cœur du Car­net

Françoise HOUDART, La jubi­la­tion de l’ange, Pré­face de Michel Joiret, Bleu d’encre, 2024, 84 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–79‑6

houdart la jubilation de l'angeUne lumineuse pré­face de Michel Joiret éclaire quelques-unes des pistes de lec­ture que lui inspire le recueil de Françoise Houdart. L’autrice renoue avec l’écriture poé­tique qu’elle avait délais­sée après huit vol­umes (dont Ary­th­mies qui lui val­ut en 1989 le pres­tigieux prix Gauchez-Philip­pot) pour se con­sacr­er à son œuvre en prose, romans et recueils de nou­velles. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoire d’être aux confins du silence…

Un coup de cœur du Car­net

Fer­nand VERHESEN, L’offrande du sen­si­ble, Antholo­gie poé­tique, Intro­duc­tion et choix de poèmes par Pierre-Yves Soucy, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 215 p., 18 €, ISBN 978–2‑8032–0086‑3

verhesen l'offrande du sensiblePrécédée d’une éclairante intro­duc­tion de Pierre-Yves Soucy, L’offrande du sen­si­ble réu­nit des textes de Fer­nand Ver­he­sen dont la pub­li­ca­tion s’échelonne de 1947 (e.a. de larges extraits du recueil Voir la nuit) jusqu’à son dernier livre paru en 2008. Deux ouvrages y fig­urent dans leur inté­gral­ité, Franchir la nuit (1970) et L’archée (1981). Con­tin­uer la lec­ture

La récolte des verbes …

Pas­cal FEYAERTS, Racines de l’éphémère, Pré­face de Philippe Col­mant, Illus­tra­tions de l’auteur, Coudri­er, 2024, 61 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–066‑5

feyaerts racines de l'éphémèreAlter­nant créa­tions pic­turales en noir et blanc et lignes poé­tiques cour­tes, Pas­cal Feyaerts chem­ine de page en page au fil d’évocations brèves. Le recueil Racines de l’éphémère se com­pose de médi­ta­tions – si ful­gu­rantes qu’elles sont proches de l’aphorisme (Il suf­fit par­fois d’une seule / larme pour se noy­er) – et d’illustrations réal­isées par le poète. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Jean Jauniaux

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Jean Jau­ni­aux.  Con­tin­uer la lec­ture

L’homme est celui sans qui la vigne ne serait pas. Il la rêve…

Colette NYS-MAZURE, Qua­tre saisons de la vigne. L’été, Pré­face Aubert de Vil­laine, Aquarelles Anne Le Maître, Ate­lier des Noy­ers, 2024, 57 p., 16 €, ISBN : 978–2‑494676–23‑7

nys-mazure quatre saisons de la vigneVoici un livre dont on ne peut dis­soci­er les trois élé­ments qui le con­stituent tant ils sont sol­idaires du texte de la poète : illus­tra­tions, pré­face et poésie.

Les illus­tra­tions appor­tent ici un sup­plé­ment d’âme au sujet. Anne Le Maître apporte à la lec­ture cette lumière sin­gulière que per­met l’aquarelle, sub­li­mant l’allégresse de l’eau mêlée à la couleur. À la fois autrice et aquarel­liste, l’artiste aime associ­er son trait aérien à celui des poètes dont elle illus­tre les recueils. Avec Colette Nys-Mazure, à l’Atelier des Noy­ers, où elle dirige la col­lec­tion « Qua­tre chemins », elle a déjà co-signé un recueil Chaque année te restera pre­mière (2020). Elle illus­tre les qua­tre car­nets qui con­stituent l’ensemble des Qua­tre saisons de la vigne. Con­tin­uer la lec­ture

Braconnière de riens

Mar­tine ROUHART, Guet­ter les embel­lies, Pré­face Patrick Devaux, Illus­tra­tions Isabelle Simon, Coudri­er, 2024, 62 p., 18 €, ISBN 978–2‑39052–065‑8

rouhart guetter les embelliesDepuis peu prési­dente de l’Association des écrivains de Bel­gique (AEB), mem­bre active de l’Association des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW), Mar­tine Rouhart est une per­son­nal­ité attachante du monde des Let­tres belges de langue française. On la con­naît prin­ci­pale­ment comme poétesse, une forme qu’elle alterne avec la prose romanesque. On se sou­vien­dra entre autres d’un émou­vant réc­it auto­bi­ographique Les ailes bat­tantes (2021, Édi­tions M.E.O.) et du roman Les fan­tômes de Théodore (2020, Édi­tions Mur­mure des soirs). Con­tin­uer la lec­ture