Archives de catégorie : Poésie

« j’ai toutes ces bêtes en moi / murmurais-tu »

François EMMANUEL et Chris DELVILLE, Le dit de la renarde, Esper­luète, 2023, 140 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841770

emmanuel le dit de la renardeLe « dit », genre en vogue dans la lit­téra­ture médié­vale, désigne ini­tiale­ment des textes proches des fabli­aux et des lais, pour ensuite évoluer vers une poé­tique lyrique et nar­ra­tive, tout à la fois. Avec Le dit de la renarde, la poésie de François Emmanuel sub­tile­ment liée aux gravures de Chris Delville livre une fig­ure poé­tique qui aboutit à une sorte de « Voir dit » – con­tin­uons la référence aux let­tres du Moyen Âge et à l’incontournable Guil­laume de Machaut –, une aven­ture où ce que la renarde dit rythme l’itinéraire ini­ti­a­tique d’un « je » scan­dé par l’esprit ani­mal, l’adorée, l’être aimé, le corps, l’organique, le ter­ri­toire, la belle ani­male envoû­tante qui inter­pelle. Con­tin­uer la lec­ture

Célébration de la chair

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie GASSEL, Éros androg­y­ne et autres textes, Pré­face de Pierre Bourgeade, Tail­lis Pré, 2024, 180 p., 19 €, ISBN : 9782874502200

gassel eros androgyne et autres textesOuvrir les pages étince­lantes, ver­tig­ineuses d’Éros androg­y­ne et autres textes, c’est s’abandonner à l’œuvre lit­téraire sans équiv­a­lent de Nathalie Gas­sel, sen­tir qu’en amont des mots elle pose l’équivalence entre l’écriture qui bande ses mus­cles et le corps jouis­sant. Mag­nifique­ment pré­facée par Pierre Bourgeade, la réédi­tion d’Éros androg­y­ne s’accompagne de textes inédits qui explorent les ter­ri­toires du désir, les ren­con­tres des corps, la mys­tique de l’écriture et du sexe. Con­tin­uer la lec­ture

Complainte du temps qui passe

Loren­zo CECCHI, Non fini­to, Bleu d’encre, 2024, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930725–67‑3

cecchi non finitoLoren­zo Cec­chi est né à Charleroi en 1952. Agrégé en soci­olo­gie, il a été ani­ma­teur de mai­son de jeunes, pro­mo­teur de spec­ta­cles au Théâtre Nation­al, admin­is­tra­teur de sociétés, ou encore com­mis­saire d’exposition avant de ter­min­er sa car­rière en tant que com­mer­cial dans une société de pro­tec­tion con­tre l’incendie. Pen­dant dix ans, il a égale­ment enseigné la philoso­phie de l’art à l’académie des Beaux-arts de Mons. « Loren­zo Cec­chi a com­mencé à pub­li­er tar­di­ve­ment avec un pre­mier roman remar­qué, Nature morte aux papil­lons (2012), sélec­tion­né pour le Prix Pre­mière de la RTBF, ain­si que les prix Alain-Fournier, Saga Café et des lecteurs du mag­a­zine Notre Temps. Depuis, l’auteur belge, pro­lixe, alterne romans et recueils de nou­velles », écrivait à son pro­pos Michel Tor­rekens. Non fini­to, son pre­mier recueil de poèmes, nous  invite à mor­dre la vie au présent parce que « demain n’est pas cer­tain »  et que « […]. Le ciel, comme celui de Camus, reste aux abon­nés absents, il ne répond pas, il y a des ques­tions, seule­ment des ques­tions ». Con­tin­uer la lec­ture

Une agonistique amoureuse

Arnaud DELCORTE, Out­re­bleu, Unic­ité, 2024, 103 p., 14 €, ISBN : 978–2‑37355–996‑5

delcorte outrebleu« Par­courir Out­re­bleu, c’est être en présence des corps, le poète écrit avec le feu, les étoiles, mais à par­tir du corps et les cinq sens en éveil», écrit S.-W. Mounguen­gui dans la pré­face à ce recueil. Arnaud Del­corte (1970) est l’auteur d’une dizaine de livres de poésie et d’un roman. Il y a chez lui, depuis Écume noire jusqu’à Lente dérive de sa lumière et Out­re­bleu, ce que Jean Jau­ni­aux qual­i­fie être « un déplace­ment du regard, de la rêver­ie, de la pen­sée poé­tiques ».  Son poème est le véhicule d’une quête de soi et du sens : exis­ten­tielle et éro­tique, elle est vécue dans la con­science d’un écart qui per­met un  rap­port à l’autre. Car «  […] le soi ne se perçoit jamais lui-même qu’en présence de l’autre, dans l’effusion et même la fusion avec l’autre. La présence de cet autre, ami ou amant, en tout cas aimé, qui n’apparait entre les signes que par l’une des par­ties de son corps […] ». Ce rap­port existe aus­si dans la col­lab­o­ra­tion  du poète avec l’art visuel, offrant à ses vers la réso­nance d’un visuel pho­tographique (avec Brahim  Meti­ba, dans Méri­di­ennes) ou pic­tur­al (avec Kéven Pré­varis dans Tjukur­rpa ou ici dans le dia­logue avec ses pro­pres créa­tions abstraites ori­en­tées sur le corps-à-corps lyrique du noir et du bleu). Con­tin­uer la lec­ture

Formes mutantes et chair du poème

Un coup de cœur du Car­net

Jacques CRICKILLON, Le cycle de la nuit. Régions insoumis­es, Approche de Tao, Nuit la neige, Léta­mor­phos XIII, Ténébrées, Intro­duc­tion et post­face d’Éric Brog­ni­et, Arbre à paroles, 2024, 358 p., 20 €, ISBN :  978–2‑87406–743‑3 

crickillon le cyle de la nuitIndi­en des chants d’amour, de la pen­sée cos­mique et des guer­res poé­tiques, Jacques Crickil­lon (1940–2021) est l’auteur d’une œuvre rare, sédi­tieuse, insoumise. Ce voyageur en rup­ture de ban, cet infati­ga­ble arpen­teur des énigmes de l’Être a con­stru­it et décon­stru­it une œuvre tout à la fois poé­tique, en prose, théâ­trale qui procède par cycles comme l’analyse Éric Brog­ni­et dans sa somptueuse pré­face. Le cycle de la nuit, réédi­tion en un vol­ume d’œuvres poé­tiques pub­liées par L’Arbre à paroles, s’avance comme la pre­mière fig­ure de proue d’une con­stel­la­tion qui com­pren­dra Le cycle de la mon­tagne et Le cycle de l’amour et de la guerre (2025). Con­tin­uer la lec­ture

Cosmopoétique de la disparition

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE, Cher instant je te vois, Verdier, 2024, 96 p., 20 €, ISBN : 978–2‑37856–198‑7

lamarche cher instant je te voisAprès le roman (La fin des abeilles) et le roman graphique (Dix ans), c’est aujourd’hui à tra­vers la poésie que Car­o­line Lamarche pour­suit sa mise en mots des corps de femmes devenus proies. Le corps-proie est celui mangé par le temps ou la mal­adie, un corps tou­jours situé en regard des autres, migrants oiseaux ani­maux, ces amis entravés eux aus­si par les servi­tudes d’une société délétère et que les vers libres de l’autrice por­tent dans l’espace, sur la crête tran­chante d’un réc­it d’amour et de mort. Con­tin­uer la lec­ture

« Alors pour habiter ce monde »

Mel MOYA, Mater Dolorosa, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2023, 116 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930822–26‑6

moya mater dolorosaRetraçant les séismes éprou­vés depuis l’enfance, Mater Dolorosa est une pietà poé­tique de com­bat dans laque­lle l’autrice incar­ne à la fois la mère et l’enfant, recoud ses pro­pres plaies pour mieux faire face au monde, s’en pro­téger et l’accueillir. Mater Dolorosa : écrire et par­ler pour répar­tir sur les épaules des coupables le poids d’un passé qui pèse comme des pier­res, lour­des et tran­chantes au fond des poches de celle qui doit avancer à con­tre-courant pour ne pas som­br­er. Con­tin­uer la lec­ture

Écarquiller l’écrire

Anna AYANOGLOU, Appartenir, Cas­tor astral, 2024, 118 p., 14 €, ISBN : 9791027803736 

ayanoglou appartenirLa langue, les langues for­ment des paysages que le poète explore avec la gour­man­dise de l’enfance. Après les très remar­qués Le fil des tra­ver­sées (Gal­li­mard, 2019), Sen­sa­tions du com­bat (Gal­li­mard, 2022), Anna Ayanoglou délivre Appartenir, un recueil poé­tique qui gravite comme un der­viche tourneur autour du motif de l’impossible appar­te­nance. Le mou­ve­ment de la vie, de l’enfance, de la con­stel­la­tion famil­iale, des orig­ines grec­ques ne se dépose à la sur­face de la mémoire que lorsqu’il est décan­té, approché, mise en forme dans la pâte de l’écriture. La brisure, l’effraction catal­y­sent un tra­vail d’anamnèse qui réveille des pans de sou­venirs, soulève des zones d’ombre. L’événement déclencheur du texte que nous lisons est d’emblée évo­qué : alors qu’elle subit une IVG, qu’elle refuse la per­pé­tu­a­tion de la lignée, Anna Ayanoglou entend l’accent grec de l’anesthésiste qui, sans le savoir, jouera le rôle de Socrate, de catal­y­seur d’une quête qui out­repasse celles des racines. C’est par l’accent que le passé lui est ren­du — la mal­adie du père, sa mort, les réminis­cences des séjours en Grèce, les études à Paris, l’apprentissage du russe, les étés où tout se joue. Con­tin­uer la lec­ture

Une langue-fauve

Tris­tan SAUTIER (poèmes), Lau­rence SKIVÉE (dessins), Engorge­ments, dégorge­ments (3 suites), Bleu d’encre, 2023, 40 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–65‑9

sautier skivee engorgements degorgementsCom­ment dégorg­er une langue engorgée, com­ment acér­er le dessin, com­ment vivre-écrire-dessin­er sur un fil ? Le dia­logue entre les imag­i­naires de Tris­tan Sauti­er (poèmes) et de Lau­rence Skivée (dessins) délivre un chant ryth­mé en trois suites où le verbe cherche les zones où s’ébattent les loups. Au vis­age d’une société qui égorge celle et ceux qui ne ren­trent pas dans le rang, Tris­tan Sauti­er lance ses meutes de poèmes rock, en frère de Har­ry Haller, le loup des steppes de Her­mann Hesse. Le principe d’économie qui enserre ce recueil, ce livre d’artiste relève d’un principe plus haut, celui de la survie. Une survie en milieu hos­tile, traduite dans une langue ramassée, aigu­isée qui creuse les infra-zones de l’existence, le goût de blues et les par­fums du sexe. Con­tin­uer la lec­ture

Quand tu arrives au sommet de la montagne continue à monter…

Anne VERSAILLES, Tout dévale, Chat polaire,  2024, 43 p., 14 €, ISBN : 9–782931-028292

versailles tout devaleAnne Ver­sailles écrit, met des textes en voix et réalise des Petites Œuvres Mixmé­dia : son tra­vail explore en effet la fron­tière entre mots, images et sons pour explor­er la diver­sité des écri­t­ures poé­tiques et l’interdisciplinarité. Elle est aus­si péd­a­gogue et ani­me des ate­liers d’écriture(s) qui encour­a­gent notre capac­ité à être auteur (c’est-à-dire acteur) dans un monde où une pen­sée unique nous pousse à être con­som­ma­teur. Après un film-poème suite à une tra­ver­sée à pied du mas­sif alpin : 12 pattes et 5 sacs à dos, elle a pub­lié de nom­breux textes courts et des poèmes ; un roman, Vio­la, chez L’Arbre à paroles (col­lec­tion « iF ») ; un book­leg géopoé­tique, Brux­elles se compte et co-écrit Neuf.0 avec Aliette Griz et Julien Le Gal­lo, ver­sion livre d’une per­for­mance poé­tique (Mael­strÖm réevo­lu­tion). Con­tin­uer la lec­ture

L’art et le poème face au temps qui passe

Maarten EMBRECHTS, Les mots qu’il faut, Bleu d’encre, 2023, 40 p., 11,96 €, ISBN : 978–2‑930725–64‑2

embrechts les mots qu'il fautMaarten Embrechts (Turn­hout, 1946) est poète, tra­duc­teur et plas­ti­cien. Il a exposé suc­ces­sive­ment à Turn­hout, Hil­varen­beek (Pays-Bas), Hamme, Liège, Anvers et Malines : ses huiles sur toile qui se situent à la fron­tière entre l’écrit et la fig­u­ra­tion, ses pho­tos sur papier/aquarelle qui opèrent une mix­ité entre deux sup­ports artis­tiques ou ses sculp­tures en bronze lui per­me­t­tant d’exprimer son besoin tac­tile d’un tra­vail sur les formes et la matière en font un artiste appar­tenant bien à une sen­si­bil­ité typ­ique­ment belge où les rap­ports entre le signe peint et le signe écrit sont présents au sein de la pro­duc­tion artis­tique et lit­téraire de notre pays puisque déjà « durant la sec­onde moitié du XIXe siè­cle, les cri­tiques, tant belges qu’étrangers, s’accordent sur ce fait : l’écrivain belge est un pein­tre, héri­ti­er d’une « race » qui s’est avant tout illus­trée par le pinceau ». Con­tin­uer la lec­ture

Interférences temporelles

Un coup de cœur du Car­net

Daniel FANO, Papi­er pelure : 1969–1999, Pré­face de Philippe Mikri­ammos, Flam­mar­i­on, coll. « Poésie/Flammarion », 2024, 280 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9–782080-435897

fano papier pelureHeureuse ini­tia­tive due à Yves di Man­no et Philippe Mikri­ammos qui nous per­met de pren­dre aujourd’hui la mesure de l’importance de l’œuvre de Daniel Fano : pré­parée avec l’auteur de son vivant, cette édi­tion cou­vre trois décen­nies de créa­tion poé­tique. Fano avait retrou­vé des écrits de jeunesse, sur des feuilles de papi­er pelure quelque peu abîmées par le temps et l’humidité ; à ces inédits oubliés s’ajoute une réédi­tion de ses pre­miers livres depuis longtemps épuisés : on trou­vera donc des inédits com­posés entre 1969 et 1974, les recueils Sou­venirs of you et Choco­lat bleu pâle datant de 1980 ain­si que des poèmes des années 1980 à 1993, puis La nos­tal­gie du clas­sique (1997–1998) avant Pour (ne pas) finir, trois textes des années nonante. Elle com­plète avec bon­heur la liste des titres de l’auteur encore disponibles après que Daniel Fano s’est replié dans une longue péri­ode de silence et avant son décès sur­venu en octo­bre 2019, nous lais­sant une œuvre essen­tielle­ment poé­tique, qui ne doit pas nous faire oubli­er qu’il fut aus­si prosa­teur, essay­iste et nou­vel­liste. Car, entre 2000 et 2019, Fano se con­sacra à « un impres­sion­nant cor­pus de longues pros­es qui l’ont prin­ci­pale­ment occupé durant cette sec­onde péri­ode et qui ont fait l’objet d’une dizaine de recueils». Con­tin­uer la lec­ture

Marie Darah : du décloisonnement

Marie DARAH, Meutes, Midis de la Poésie, 2023, 116 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931054–12‑3

darah meutes« Lam­beaux de texte sur bras
Lam­belles de sexe dans draps
Et sur revers des agneaux ten­dres
Des tâch­es rouges et noires cen­dres 
»

Meutes de Marie Darah est, en soi, un hori­zon. Les yeux et les paumes grands ouverts, la poésie de Marie Darah arpente le monde en l’absorbant par tous les pores de la sen­si­bil­ité, offre « beau­coup de Ciel / Et de mots ». Con­tin­uer la lec­ture

L’art et sa source

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane LAMBERT, ni se nom­mer, La Let­tre volée, coll. « Poiesis », 2023, 56 p., 14 €, ISBN : 9–782873-176105

lambert ni se nommerRomanci­er (Prix Rossel 2022), poète et essay­iste, Stéphane Lam­bert est né à Brux­elles en 1974. Il ques­tionne le proces­sus de créa­tion dans dif­férents livres sur des artistes : Mon­et, Rothko, Nico­las de Staël, Goya, Léon Spilli­aert ou des écrivains : Samuel Beck­ett et la pein­ture de Cas­par David Friedrich ; Her­man Melville et son ami­tié avec Nathaniel Hawthorne. Ses textes poé­tiques sont sou­vent inspirés d’œuvres plas­tiques : Chapelle du rien (2014), Art Poems (2018) ou encore Écri­t­ure pre­mière (2020). Con­tin­uer la lec­ture

Habiter l’imperceptible

Lau­rence SKIVEE, os cuil­lère, Pré­face de Tris­tan Sauti­er, La Let­tre volée, 2024, 56 p., 14 €, ISBN : 9782873176211

skivee os cuillereIncar­n­er le dés­in­car­né, laiss­er la présence en pointil­lé, sur la pointe de la venue et de la par­tance, trac­er des mots qui inter­ro­gent le lien entre un « je » et un « tu » aban­don­nés à leur indéf­i­ni­tion… dans os cuil­lère, son dernier recueil poé­tique pré­facé par Tris­tan Sauti­er, la poétesse et plas­ti­ci­enne Lau­rence Skivée s’aventure sous la ligne des voca­bles, là où le plein de l’os et le creux de la cuil­lère offrent l’image d’une ren­con­tre pos­si­ble entre soi et l’autre, soi et soi. La dis­po­si­tion graphique des vers matéri­alise l’impossible rêve de touch­er l’autre et l’amorce d’un dia­logue par-delà les soli­tudes. Con­tin­uer la lec­ture

Lès Rèlîs Namurwès font la revue de leurs troupes

Paul GILLES et LÈS RÈLÎS NAMURWÈS, Qué bia bouquèt ! Antholo­gie sonore du wal­lon namurois, Lès Rèlîs Namur­wès, 2023, 275 p., 2 CD, 18 €, ISBN : 978–2‑960334–00‑5

gilles et les relis qué bia bouquèt!Il est ten­tant de recourir à la métaphore mar­tiale après avoir par­cou­ru les notices biographiques qui clô­turent cette épaisse antholo­gie de la lit­téra­ture en wal­lon namurois. On y trou­ve en effet une pro­por­tion inhab­ituelle de mil­i­taires de car­rière ou de gen­darmes : 9 sur les 64 auteurs et autri­ces réu­nis dans l’ouvrage. Le fait, qui s’explique en par­tie par la per­son­nal­ité de Lucien Léonard, prési­dent des Rèlîs Namur­wès de 1968 à 1989, ne se mar­que pas telle­ment dans le con­tenu de l’anthologie : il s’avère que les écrivains en uni­forme ne sont pas les derniers à sign­er des poèmes bucol­iques. Con­tin­uer la lec­ture