Archives par étiquette : voyage

Le voyage d’une vie 

Monique THOMASSETTIE, La source d’incandescence,  2022, M.E.O., 95 p., 14 €, ISBN : 9782807003569

thomassettie la source d'incandescence« J’ai soif d’une his­toire incon­nue qui irait calme­ment sa vie d’écriture, me créerait une fois pour toutes dans son déroule­ment. »

« Pour moi, l’audace d’écrire  rejoint peut- être celle d’exister. De ne pas m’effacer, m’étouffer. De (re)naître. »

Dès les pre­mières pages de son con­te La source d’incandescence, nous nous glis­sons dans les pen­sées, les regards de Monique Thomas­set­tie. Con­tin­uer la lec­ture

Les petits papiers

Julia GALASKI, Le passe­port, Étaques, 2022, 368 p., 18 €, ISBN : 9782490205110

galaski le passeportUne jeune étu­di­ante en Sci­ences Po part un an à Jérusalem pour étudi­er le con­flit israé­lo-pales­tinien et appren­dre l’arabe. Née d’un père fran­co-israélien et d’une mère alle­mande, elle a des racines mul­ti­ples, notam­ment en Israël où vit la plus grande par­tie de sa famille pater­nelle. Elle a été éduquée en alle­mand dans les tra­di­tions chré­ti­ennes. Chaque été, elle part en Israël pour les vacances. Cette fois c’est dif­férent : elle voy­age seule. Elle apprend quelques jours avant son départ qu’en tant que fille d’Israélien, elle béné­fi­cie de la nation­al­ité israéli­enne et reçoit un passe­port. Ce bout de papi­er lui causera quelques soucis. Con­tin­uer la lec­ture

Matisse à Tanger. Pluie de l’âme

Fabi­en GROLLEAU, ABDEL DE BRUXELLES, Tanger sous la pluie, Dar­gaud, 2022, 122 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782205079715

Grolleau Abdel de Bruxelles Tanger sous la pluieDans Tanger sous la pluie, le scé­nar­iste Fabi­en Grol­leau et le dessi­na­teur Abdel de Brux­elles se glis­sent dans un pan de la vie d’Henri Matisse, dans la séquence maro­caine des années 1912 et 1913 au cours desquelles il fit deux séjours à Tanger. Faisant fond sur des don­nées biographiques, des faits con­signés, la fic­tion prend le relais, emprunte les routes du rêve et lance sa toile imag­i­naire. Tra­ver­sant une crise esthé­tique, affec­té par la mort de son père, Hen­ri Matisse et sa femme embar­quent pour Tanger fin 1912. À la recherche de la fab­uleuse lumière maro­caine, il entend se ressourcer, quit­ter les coter­ies parisi­ennes, marcher dans les pas de Delacroix. La nuit de son arrivée, la pluie s’abat sur Tanger et ne relâchera pas sa pres­sion durant quinze jours. Son rêve de pein­dre dans la nature, de s’enivrer de lumière s’effondre. Les caprices du cli­mat aggravent l’impasse créa­trice qu’il tra­verse. Les souks, les paysages, les par­fums, les couleurs se dérobant à lui, il demande qu’on lui amène un mod­èle. Con­tin­uer la lec­ture

Récupérer ses vaches

Nico­las HANOT, Les vach­es de mon­sieur Bur­bur, Edi­tions du Sablon, 2022, 304 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782931112250

hanot les vaches de monsieur burburC’est un pro­jet de haute tenue que celui des édi­tions du Sablon. Quand Olivi­er Weyrich s’est lancé dans l’aventure, pour repub­li­er des ouvrages men­acés de dis­pari­tion et pro­pos­er de nou­veaux titres qui lui sem­blaient cohérents, il pre­nait le genre de risques qu’on aime voir pren­dre aujourd’hui, à une époque où l’on con­sacre la toute-puis­sance de l’écran et de la vitesse : faire de livres pour lier les gens. Les édi­tions du Sablon ont cette ambi­tion : met­tre en avant des plumes belges orig­i­nales et faire voy­ager les lecteurs en Europe à tra­vers des textes forts. Après Sem­poux, Deutsch, Basile et Wijck­aert notam­ment, les édi­tions du Sablon pub­lient un pre­mier roman haut en couleurs : Les vach­es de mon­sieur Bur­bur, de Nico­las Han­ot. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le riche sort de son ghetto

Vin­ciane MOESCHLER, Caraïbes amères, Mus­cadier, 2021, 191 p., 13,50 €, ISBN : 9791096935963

moeschler caraibes ameresCaraïbes amères est le deux­ième roman pour la jeunesse de Vin­ciane Moeschler (après À corps par­fait), qui nous fait décou­vrir ici le réc­it d’un voy­age en République Domini­caine à tra­vers le regard de Sacha, quinze ans. Après avoir obtenu un nou­v­el emploi de jour­nal­iste pour une durée de deux ans, le père de Sacha emmé­nage avec femme, enfants et ani­maux de com­pag­nie de l’autre côté de l’Atlantique avec l’idéal du touriste. Con­tin­uer la lec­ture

Les carnets du bourlingueur

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Pol HECQ, Moth­er India, Des nou­velles de l’Inde, Genèse, 2022, 190 p., 21 €, ISBN : 978–2‑38201–012‑9

hecq mother indiaMoth­er India n’est pas un recueil de nou­velles mais « une col­lec­tion de sou­venirs per­son­nels » livrant des nou­velles du sous-con­ti­nent indi­en. Le jour­nal de bord d’un jour­nal­iste belge, Jean-Pol Hecq, qui a repris en radio le flam­beau éthique des Lachter­man, Désir, Dan­blon et autres Sas­son, qui ont enchan­té les écrans des années 1970–1980 :

Je suis per­suadé que l’on ne peut pas bien faire ce tra­vail sub­lime qui con­siste à ren­dre compte de la marche du monde le plus hon­nête­ment pos­si­ble (le jour­nal­isme), sans ten­ter de se met­tre à la place, même briève­ment, des gens à qui l’on tente de tir­er les vers du nez.  Con­tin­uer la lec­ture

Célestin de Méeûs donne le droit de foutre le camp

Un coup de cœur du Car­net

Célestin de MÉEÛS, Cav­ale russe, Cheyne, 2021, 80 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–309‑0

de meeus cavale russeBrux­elles, un « vieux ven­dre­di d’avril », un vingt-qua­tre. Célestin de Méeûs prend la tan­gente pour une cav­ale russe qu’il effectue à rebours de Cen­drars – s’ex­pul­sant du petit pays dont il « n’a jamais voulu rien savoir » pour se fich­er, telle une épin­gle sur une carte, à Vladi­vos­tok. C’est des con­fins de la Russie, du plus extrême est, qu’il entre­prend alors un retour vers Ostende et vers l’aimée. Gar­di­en d’une pho­togra­phie d’elle qu’il « criblera de doigts », c’est à elle qu’il s’adresse dans ce long poème démon­trant que le souf­fle peut ne jamais mourir, déroulant implaca­ble­ment des vers d’une exigeante soif de justesse. Con­tin­uer la lec­ture

Lieu d’être

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Annemarie Schwarzen­bach. La vie en mou­ve­ment, Dou­ble ligne, coll. « Fig­ures de l’itinérance », 2021, 19 €, ISBN : 978–2‑9701433–2‑1

bergen annemarie schwarzenbach la vie en mouvementNulle fig­ure autre que celle d’Annemarie Schwarzen­bach ne pou­vait inau­gur­er la promet­teuse col­lec­tion « Fig­ures de l’itinérance » des édi­tions Dou­ble ligne – col­lec­tion créée par Lau­rent Pit­tet, le fon­da­teur de la revue Roa­d­i­tude.

Née en 1908 à Zurich au sein d’une famille très aisée qui avait notam­ment des affinités avec l’extrême-droite, décédée à l’âge de trente-qua­tre ans, Annemarie Schwarzen­bach était une femme intense, mys­térieuse, famil­ière des extrêmes. Fémin­iste (soli­taire), antifas­ciste et antiraciste, au tra­vers de ses textes, pho­togra­phies et reportages, elle est une fig­ure impor­tante de la dénon­ci­a­tion, entre autres, de la mon­tée du fas­cisme en Europe, de la ségré­ga­tion et des con­di­tions de vie des ouvri­ers en Amérique du Nord, de l’exploitation de l’Orient par un Occi­dent malade. Con­tin­uer la lec­ture

« Déambulons dans le non-dit »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Lieux dits, Col­lages de F. Lié­nard, Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2021, 230 p., 22 €, ISBN : 9782919712274

liénard lieux dits« On ne part pas » décré­tait, dans Mau­vais sang, celui que l’on surnom­mait pour­tant « l’homme aux semelles de vent ». C’est que le rap­port du poète au voy­age est con­trar­ié, du fait qu’il est voy­ant : il est moins un corps qu’un regard qui se déplace. Les décors se muent en mots, les façades ne dis­simu­lent jamais qu’elles-mêmes, tous les arti­fices des villes sont dénudés en un clin d’œil…

François Lié­nard, vous con­nais­sez ? Mais si… Vous l’aurez croisé dans quelque train entre Brux­elles-Midi et Charleroi-South ou vers Mons via Buizin­gen, ou encore à la jetée d’Antwerpen, à Lis­bonne, à Køben­havn, à Venise, ou dans quelque ville-musée « Inscrite au Pat­ri­moine mon­di­al d’une / Human­ité qui ne se recon­naît plus », ou dans des con­fins moins acces­si­bles encore, Châtil­lon, Vir­ton-on, Arlon. Con­tin­uer la lec­ture

Au rythme d’un “coureur de rails” impénitent

Joël SCHUERMANS, Vers Sara­je­vo. Une errance fer­rovi­aire, Par­tis pour, coll. « Errances », 2021, 190 p., 11 €, ISBN : 9782960200461

schuermans vers sarajevoAu long de Vers Sara­je­vo, Joël Schuer­mans nous entraîne dans une éton­nante « errance fer­rovi­aire », ain­si qu’il a sous-titré son livre.

Nous nous aven­tur­ons avec lui dans une explo­ration des Balka­ns, dont Sara­je­vo incar­ne « un point de mire, un col à attein­dre, un cap à suiv­re, une des­ti­na­tion à rêver ». Con­tin­uer la lec­ture

Dans le silence de la peur

Françoise PIRART, Chicouti­mi n’est plus si loin, Sablon, 2021, 244 p., 13 €, ISBN : 9782931112069

pirart chicoutimi n est plus si loinFrançoise Pirart plonge directe­ment son lecteur dans le feu de l’action en situ­ant le début du réc­it à l’aéroport de Brux­elles-Zaven­tem où 2 frères, Érik (15 ans) et Syl­vain (12 ans), sont en cav­ale suite à un drame. De ce drame, nous aurons des détails au compte-goutte et nous serons surtout amenés à lire la rela­tion par­ti­c­ulière entre les deux frères. Con­tin­uer la lec­ture

Racines transcontinentales

Joseph NDWANIYE, En quête de nos ancêtres, Impres­sions nou­velles, 2021, 18 € / ePub : 8.99 €, 208 p., ISBN : 978–2‑87449–846‑6

ndwaniye en quete de nos ancetresAvec La promesse faite à ma sœur, Joseph Ndwaniye avait bâti un réc­it sur le voy­age d’un exilé rwandais à la recherche de sa famille après le géno­cide. Comme l’annonce En quête de nos ancêtres, l’on peut s’attendre avec ce nou­veau titre à une démarche du même ordre. Mais il faut admet­tre, dès les pre­mières pages tournées, que l’ambition de ce nou­veau roman est bien plus large. Con­tin­uer la lec­ture

Au-delà de la Chine

Anne ROTHSCHILD, Au pays des osman­thus, Fron­tispice de Sylvie Wuar­in, Tail­lis Pré, coll. « Essais et témoignages », 2020, 96 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–171‑5

rotschild au pays des osmanthusLe nou­veau livre d’Anne Roth­schild relève d’un genre que, en notre époque de mon­di­al­isme instan­ta­né, on pou­vait croire un peu oublié : le réc­it de voy­age. Il relate le périple effec­tué dans le sud de la Chine en sep­tem­bre 2018 par l’écrivaine-artiste et une amie, sans doute Sylvie Wuar­in dont un beau dessin fait seuil au vol­ume. On devine d’emblée le risque d’un tel pro­jet, accru par l’ig­no­rance de la langue locale et le recours à une inter­prète : « accli­mater notre incon­nais­sance de l’Asie grâce à des lan­gages con­nus » (R. Barthes, L’empire des signes). A. Roth­schild y échappe-t-elle ? Un pre­mier niveau du texte, le jour­nal d’une touriste européenne, est nour­ri d’anec­dotes, d’ob­ser­va­tions, d’échanges aimables mais som­maires avec les autochtones. Partout l’eau est présente : pluie, riv­ières, nuages, lacs, à quoi se con­juguent étroite­ment le monde végé­tal – riz­ières, bam­bous, lotus – et l’in­sis­tant motif de l’hori­zon mon­tag­neux. Un mod­èle fam­i­li­er assure la cohérence des nota­tions : celui du “paysage”, de la “vue” pit­toresque. Proche de l’im­agerie chi­noise tra­di­tion­nelle, le réseau des nota­tions visuelles présente en effet un aspect qua­si “pic­to­ri­al­iste”, comme le genre pho­tographique bien con­nu : « je marche dans des estam­pes / où passe par­fois la fig­ure d’un man­darin. » S’y entremê­lent des touch­es olfac­tives et gus­ta­tives plus sen­suelles : le par­fum entê­tant de l’os­man­thus, celui du cam­phri­er, les vict­uailles odor­antes et col­orées sur les étals des marchés, et surtout les repas aux sub­tiles com­bi­naisons sucré-salé, aigre-doux, chaud-froid… Con­tin­uer la lec­ture

« La mer pour s’aérer le cœur »

Cather­ine BERAEL, Cab­o­tage, Coudri­er, 2020, 76 p., 18 €, ISBN : 9782390520153

berael cabotageDans son avant-lire, Anne-Marielle Wilw­erth se demande com­ment nom­mer les textes rassem­blés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce ques­tion­nement, elle pose une entrée en matière en juste réso­nance avec les pros­es de l’auteure, sa com­parse de plume et de pinceau Cather­ine Berael. Cab­o­tage, tel est le titre qui nous achem­ine de réc­it en réc­it, nous lais­sant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ens­ablées de mys­tères imper­cep­ti­bles, des hori­zons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ». Con­tin­uer la lec­ture

Ni Rome ni Lhassa

Emmanuelle MÉNARD, Impres­sions voyageuses, Coudri­er, 2019, 114 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–000‑9

Emmanuelle MÉNARD, Si vous croyez que l’amour a don­né son dernier bais­er…, Coudri­er, 2019, 59 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–001‑6

Par­mi les plus grands textes de voyageurs, Voy­age d’une Parisi­enne à Lhas­sa d’Alexandra David-Néel fait référence. Ce texte a plus de nonante ans et depuis, les voy­ages et leurs réc­its ont été boulever­sés par la moder­nité de com­plète manière.

Alexan­dra David-Néel est la pre­mière européenne entrée à Lhas­sa. Ville inter­dite, elle s’y est intro­duite déguisée en men­di­ante, maîtrisant le tibé­tain, ayant tra­ver­sé l’Himalaya à pied, depuis les Indes d’alors. Moins d’un siè­cle plus tard, chaque année, un mil­liard de per­son­nes voy­a­gent dans le monde, for­matant celui-ci en un immense parc d’attractions touris­tiques, de cen­tres com­mer­ci­aux et d’affaires. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces d’une mère fantôme

Michel TORREKENS, L’hirondelle des Andes, Zel­lige, coll. « Vents du Nord », 2019, 204 p., 20 €, ISBN : 978–2‑914773–91‑1

L’hirondelle des Andes.
Un titre poé­tique, qui fait rêver.
Un roman qui entrelace les beautés ful­gu­rantes, paysages, villes, d’un périple à tra­vers le Pérou, et les sen­ti­ments mêlés de la jeune voyageuse qui s’y est lancée comme on relève un défi. Con­tin­uer la lec­ture