Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Un avenir à dix euros

KRO, Madame Irma. 1. Per­les fines, Lamiroy, 2022, 88 p, 20 €, ISBN : 978–2‑87595–724‑5   

kro madame irmaMais qui donc est Madame Irma? De quel phénomène est-elle le prénom? Madame Irma n’est pas une incon­nue, elle inonde nos boîtes aux let­tres de petits bil­lets signés marabout Machin-chose ou Madame Truc­muche qui parviendraient à répar­er notre voiture même à dis­tance!

Madame Irma est une sorte de mouche sur le vis­age apparem­ment raisonnable d’une société tou­jours plongée dans les croy­ances et les pré­dic­tions à deux sous. Les réseaux soci­aux, par exem­ple, per­me­t­tent à n’importe quel com­pagnon de bar ou de tav­erne numériques de tir­er des plans sur la comète avec l’arrogance d’un Expert du Vide… Madame Irma n’est pas méchante, c’est pire, elle a trans­for­mé ce Schaden­freude alle­mand (cette réjouis­sances du mal­heur des autres) en un petit com­merce à dix euros la réponse qui lui per­met de sat­is­faire n’importe quelle pau­vre dés­espérée ou un infer­nal réviseur de l’entreprise des­tin… Con­tin­uer la lec­ture

La déception inaugurale

Hubert CHATELION, Sous-Dos­toïevs­ki, pré­face de Frédéric Sae­nen, 2022, 282 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931048–49‑8

chatelion sous dostoievskiNous sommes à Brux­elles en 1932 et Hubert Chate­lion vient de ter­min­er son pre­mier roman Sous-Dos­toïevs­ki. Aus­sitôt il veut le pub­li­er… à Paris mais celui-ci ne trou­ve pas pre­neur. C’est à compte d’auteur qu’iI le pub­liera à Brux­elles. Et c’est dans l’anony­mat le plus com­plet que cette œuvre se noiera dans le silence de la presse à l’exception de l’un ou l’autre qui d’emblée ver­ront dans Hubert Chate­lion un écrivain à la belle stature : Robert Poulet et Franz Hel­lens.

Mais qui est donc cet écrivain belge que les Edi­tions Névrosée nous per­me­t­tent de redé­cou­vrir aujourd’hui? Sous-Dos­toïevs­ki résonne forte­ment en cette péri­ode de “Lisez-vous le belge?” car encore et tou­jours, le tro­pisme parisien est la ten­ta­tion la plus forte et sou­vent la plus évi­dente quand il s’agit d’établir une œuvre en Bel­gique fran­coph­o­ne. Recon­nais­sance de la presse, dif­fu­sion et dis­tri­b­u­tion, mémoire col­lec­tive en forme de pas­soire… : les dif­fi­cultés pour des édi­teurs et éditri­ces, des auteurs et autri­ces de con­stru­ire un réseau de lec­torat sont nom­breuses et anci­ennes. De nou­veaux out­ils de pro­mo­tion et de révéla­tion exis­tent et se mul­ti­plient mais le com­merce a sa loi… Con­tin­uer la lec­ture

Bestiaire du vivant

Véronique JANZYK, Sachant qu’aucun ani­mal ne nous appar­tient, Onlit, 2022, 128 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87560–167‑4

janzyk sachant qu'aucun animal ne nous appartientTrou­ver une chi­enne en rue qui vous fait rep­longer en enfance et s’aventurer alors avec cette Douce. Enten­dre le cri, con­stater le sac de ter­reau éven­tré, décou­vrir « l’animal ». Saisir le ren­dez-vous quo­ti­di­en de l’homme et de l’oie, sur un banc, en bord de lac. S’attarder sur les beaux yeux d’une poule, ten­ter d’aider un coq, décou­vrir l’œuf du jour. Réc­on­cili­er une fil­lette avec l’apprentissage de la lec­ture grâce à des éléphantes, ouvrir la porte à des chats errants, cohab­iter sur la même branche pour cap­tur­er l’instant, défendre la cause des columbidés. Recueil­lir Mouchette, la mou­ette. Croire inten­sé­ment en l’espérance de vie des héris­sons et, plus tard, en bord de mer, en celle d’un goé­land. Ren­con­tr­er un fer­vent mil­i­tant pour les sans voix, touch­er des ailes le Cham­pi­on et le milieu colom­bophile, accueil­lir un per­ro­quet et devenir son insé­para­ble. S’organiser pour boy­cotter le gazage de pigeons et voir, au-delà, des oreilles d’un lapin. Dix-neuf réc­its où mon­des humains et mon­des ani­maux se ren­con­trent, se super­posent, s’entrelacent. Con­tin­uer la lec­ture

Marleen et Moussa

Thier­ry ROBBERECHT, Trou­ver sa place, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2022, 116 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87489–737‑5

robberecht trouver sa placeMous­sa vient d’arriver à Brux­elles au terme d’un périple fou depuis sa Guinée natale. Mû par l’espoir de gag­n­er l’Angleterre et d’y trou­ver un avenir meilleur, il erre dans la gri­saille de la ville, affamé jusqu’au ver­tige, sans endroit où loger autre que les abris de car­ton où il croise ses sem­blables.

Mar­leen a la soix­an­taine tris­tounette, elle est veuve et vit seule, les enfants ont quit­té la mai­son et ne don­nent plus de nou­velles. Elle sait qu’elle fini­ra sa vie sans réel souci matériel, mais elle souf­fre de soli­tude. Ses seuls con­tacts se résu­ment aux com­merces du coin et au bistrot où elle est bonne cliente, et au face-à-face avec son écran de télévi­sion. Sans réelle per­spec­tive réjouis­sante. Con­tin­uer la lec­ture

Hésiter puisque choisir, c’est renoncer

Un coup de cœur du Car­net

Agnès DUMONT, Je ne dis jamais non, Quad­ra­ture, 2022, 122 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782931080269

dumont je ne dis jamais nonHuit nou­velles, huit per­son­nages prin­ci­paux et une con­stante : l’introspection. Tous et toutes sont en quête d’eux-mêmes. Alice part en Grèce, sur un coup de tête, sans trop savoir ce qu’elle espère y trou­ver. Bernard sait ce qu’il cherche, lui : le sens de sa vie… Vaste pro­gramme ! Cather­ine la trans­par­ente se serait bien passée de la dernière lubie de son amie Sylvie la fan­tasque. Mais se pour­rait-il qu’elle touche, au sein de ce groupe de parole un rien mys­tique, à quelque chose qu’elle pen­sait inat­teignable ? Odile manque d’assurance. S’imposer ? Quelle idée ! Ou peut-être est-elle plus dis­crète que réelle­ment effacée. Au parc, entouré de mamans sur­veil­lant leurs enfants, Kevin sus­cite les inter­ro­ga­tions : celles des gens sur­pris de crois­er ce colosse hors de ce qu’ils con­sid­èrent être son milieu naturel ; ain­si que les siennes, sur ses moti­va­tions à jouer les baby-sit­ters. Louise, 72 ans, divor­cée depuis 10 ans, a flashé sur son kiné. Et qu’importe la récente pro­thèse de hanche ou l’âge, il était temps d’oser ramen­er de la couleur dans son quo­ti­di­en. Quand il a passé les portes de la salle de sport pour la pre­mière fois, Max y voy­ait juste un moyen de per­dre du ven­tre. Il était alors loin d’imaginer l’effet papil­lon d’une telle réso­lu­tion. Quant à Alix, elle doit se ren­dre à l’évidence : elle ne trou­vera pas à Bouil­lon la quié­tude néces­saire à sa réflex­ion. Con­tin­uer la lec­ture

« Fugue, hysope et carmin »

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Écarts ou Les esquives du désir, Tail­lis Pré, 2022, 85 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–198‑2

szpilmann ecarts ou les esquives du desir« Car ce dont la parole s’éprend, et qu’elle amène au feu fébrile, implante en nous sa magie blanche. »

Har­ry Szpil­mann con­tin­ue de men­er son esquif sur les ter­res les plus déser­tiques et les plus enflam­mées de la poésie. Écarts ou Les esquives du désir ne dévie nulle­ment du sil­lon qu’a tracé Szpil­mann depuis son pre­mier recueil, Sable d’aphasie (Le Tail­lis Pré, 2011), jusqu’à ses livres plus récents, Genès­es et Mag­mas (Le Cormi­er, 2019) et Approches de la lumière (Le Tail­lis Pré, 2019). Il s’inscrit pleine­ment dans le planis­phère, dans la mappe­monde de la parole szpil­man­ni­enne ; il accentue, aggrave les filons d’une géolo­gie sin­gulière. Con­tin­uer la lec­ture

Léna, Magda et Lui

Jacques RICHARD, La course, Onlit, 2022, 200 p., 19 €, ISBN : 9782875601698

richard la course« Tu n’en as plus ? De l’espoir, tu n’en as plus ? Tu es dés­espérée ? » Adeptes de la lit­téra­ture feel good ou diver­tis­sante, passez votre chemin. La course, le nou­veau roman de Jacques Richard, est aux antipodes de cette veine. On y entre comme dans un sable mou­vant et l’on s’y empêtre, aspiré à notre esprit défen­dant. Comme à son habi­tude, un peu plus qu’à son habi­tude, Richard n’épargne pas le lecteur. Non par des jeux d’outrance ou de provo­ca­tion faciles, cela ne siérait pas à son élé­gance ; plutôt par un par­ti pris assumé de lim­ites incon­fort­able­ment brouil­lées. Avec sub­til­ité et sub­ver­sion, l’auteur abor­de en effet un sujet déli­cat, glauque : l’inceste. Sans jamais se posi­tion­ner sur le plan de la morale (ni écrire le mot en toutes let­tres), il dérange en évo­quant, par petites touch­es d’intériorité croisées, le lien per­ver­ti entre un ado­les­cent et sa tante, unis par le sang partagé et un rap­port char­nel dévié. Con­tin­uer la lec­ture

Battements d’ailes

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie STALMANS, D’or et de grenat, Sam­sa, 2022, 226 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–422‑2

stalmans d'or et de grenatDe la suite dans les idées ! Le Car­net avait naguère attribué un coup de cœur à Si j’avais des ailes, con­sacré au séjour brux­el­lois des sœurs Bron­të. Trois ans plus tard, l’autrice-historienne Nathalie Stal­mans nous revient avec des insectes ailés, des abeilles, comme héroïnes. On ne plonge pas dans une ruche, il est ques­tion de bijoux, d’abeilles « d’or et de grenat » jointes au tré­sor funéraire du roi Childéric, fils du légendaire Mérovée et père de Clo­vis. L’histoire d’un tré­sor ? Oui, de son orig­ine à sa dilu­tion, au fil des mois, des années et des siè­cles, des péré­gri­na­tions et de la pré­da­tion. Con­tin­uer la lec­ture

World Wide Web

COLLECTIF, WWW, Ker, coll. « Dou­ble jeu », 2022, 208 p., 10 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875863324

collectif wwwLien après lien, elle se tisse. Gigan­tesque, de ses fils invis­i­bles, elle nous retient comme d’insignifiants insectes. Une fois pris, impos­si­ble de s’y sous­traire, la moin­dre de nos vibra­tions émet­tant des mul­ti­tudes de sig­naux qui se réper­cu­tent sans que nous en ayons le con­trôle. Nous nous y empêtrons, assidus et incon­scients : nous cliquons sur une pub­lic­ité, payons notre élec­tric­ité, stock­ons nos sou­venirs, matons des séries, créons des avatars, com­man­dons notre prochain salon, con­sul­tons nos bilans de san­té, réser­vons une place de ciné­ma, intro­duisons nos don­nées per­son­nelles, écrivons aux amis de là-bas et aux con­nais­sances d’ici, souscrivons des con­trats, com­mu­niquons avec des incon­nus, apprenons sur la repro­duc­tion des invertébrés, mutu­al­isons les ressources, trol­lons des forums, ani­mons des réu­nions, exposons notre vie. Lien après lien, nous la tis­sons. À la fois piège et dépen­dance, cette Toile. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques Crickillon, l’Indien fauve

Un coup de cœur du Car­net

Jacques CRICKILLON, L’Indien de la Gare du Nord, Pré­face de Jacques De Deck­er, Étude d’Éric Brog­ni­et, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 218 p., 20 €, ISBN : 9782803200689

crickillon l'indien de la gare du nordLivre inouï, livre-chien, livre-Sioux dans le west­ern des Let­tres, L’Indien de la Gare du Nord fut salué à sa paru­tion en 1985 par l’écrivain, dra­maturge et cri­tique vision­naire Jacques De Deck­er. Livre-charnière de l’œuvre incan­des­cente de Jacques Crickil­lon, ce chant plonge le feu de la poésie, la tem­pête du lyrisme dans la prose d’une épopée qui, en phase avec Michaux, hurle un « non ». Un « non » tail­lé dans la révolte et dans la colère, un « non » adressé à toutes les infâmes médi­ocrités du monde. Au fil d’un verbe con­vul­sif qui repère et déjoue les pièges de la domes­ti­ca­tion par la société du spec­ta­cle, Jacques Crickil­lon nous mène dans les cer­cles de l’enfer d’une métro­pole déshu­man­isée. Dans la jun­gle des villes (une jun­gle moins brechti­enne que rim­bal­di­enne et mât­inée de roman noir et de sci­ence-fic­tion), des parias, des lais­sés-pour-compte évolu­ent dans les marges d’un sys­tème hos­tile. Impres­sion­nant sculp­teur de langues, explo­rateur har­di de reg­istres d’écritures et de pen­sées qui dyna­mi­tent le mono­rail d’une parole uni­di­men­sion­nelle et le con­fort d’une lit­téra­ture en boîte de con­serve, Jacques Crickil­lon prend les armes de l’imaginaire, descend dans les pul­sions sauvages qui déraci­nent les for­matages de la bien-pen­sance et du verbe con­gelé. Con­tin­uer la lec­ture

Sur l’aile des tendresses et des solitudes

Anne-Michèle HAMESSE, Un jour d’été à Cen­tral Park, Coudri­er, coll. « Coudraie », 2022, 84 p., 18 €

hamesse un jour d'été a central parkMéfiez-vous, le titre du recueil Un jour d’été à Cen­tral Park est trompeur. Vous ne voy­agerez que très peu au cœur de la « Grosse Pomme ». Ces nou­velles sen­tent plutôt le par­fum du nord, fla­mand ou brux­el­lois.

Les gens applaud­is­sent à son pas­sage, dans les tour­nants son trône vac­ille, ça lui rap­pelle les moissons, quand elle par­court les champs de blé juchée sur un tracteur, dans la foule cer­tains lui lan­cent des pétales de rose, la rue est jonchée de pétales, la rue sent bon, une odeur de fleurs mûres qui se mêle aux sen­teurs de bière et de tran­spi­ra­tion, c’est la fête, toute la Flan­dre vit au rythme de la Sainte-Marie, on dirait un tableau médié­val, une grande fête pop­u­laire, les gens sont heureux. Con­tin­uer la lec­ture

L’arpenteur, le voyageur et l’utopie

Célestin DE MEEUS, Atlan­tique, Tétras Lyre, coll. « Accordéon »,2022, 16 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930685–63‑2

de meeus atlantiqueAvec Atlan­tique, Célestin de Meeûs con­firme une démarche poé­tique cohérente. Né à Brux­elles en 1991, il a déjà pub­lié Écart-type (Tétras Lyre, 2018, prix Polak) puis deux autres titres chez Cheyne : Cadas­tres (2018, prix de la Voca­tion) et Cav­ale russe (2021). Un pre­mier titre est sou­vent révéla­teur d’un thème déter­mi­nant, qui fait sens, con­sciem­ment ou incon­sciem­ment, pour son auteur : il sera enrichi au gré d’une expéri­ence de vie où le lan­gage et le vécu s’épouseront en de mul­ti­ples et com­plé­men­taires développe­ments. Or, « en ter­mes sta­tis­tiques, l’é­cart-type est la part indéfiniss­able entre deux don­nées, entre deux balis­es : ce qui échappe au défi­ni et à la règle, l’e­space au sein duquel le poème se crée ». De Meeûs y déploy­ait aus­si une écri­t­ure du voy­age puisque « la sec­onde par­tie de ce recueil a entière­ment été écrite lors d’un voy­age, dans lequel les noms des villes choisies au hasard, le déploiement des cartes étaient à la fois la seule trame et les seuls repères ». Le pro­pos géo­graphique sera con­fir­mé par les titres qui suiv­ront : le déplace­ment dans le temps et l’espace ren­voient à un noy­au d’inconnaissable, un non lieu et un non temps, moment éter­nelle­ment sus­pendu, cœur de toute révéla­tion poé­tique. Cette leçon pro­pre­ment philosophique n’empêche pas le poète d’être impliqué dans son rap­port au monde. Le poème devient alors le véhicule mou­vant d’une prise de con­science entre l’intériorité et l’extériorité, la mem­brane d’un échange entre la réal­ité et un réel qui se présente comme le topos d’une absence-présence simul­tanées, espace où le poème se crée mais où le poème con­duit aus­si à l’Être. Con­tin­uer la lec­ture

Corps fuyant, corps fracassant

Un coup de cœur du Car­net

Julie TRÉMOUILHE, Les loups seraient restés des loups, La place, 2022, 32 p., 9 €, ISBN : 978–2‑9602918–3‑4

tremouilhe les loups seraient restes des loupsEn ce début du mois de novem­bre, les édi­tions La Place – dont les deux pre­miers ouvrages avaient déjà démon­tré le goût de l’objet-livre – présen­tent un tout petit for­mat : trente-deux pages et qua­torze cen­timètres de haut, cou­ver­ture de car­ton à rabats et reli­ure Singer. Au-delà de son appar­ente déli­catesse, l’ouvrage de Julie Tré­mouil­he (lau­réate du Grand Prix du con­cours de nou­velles de la FW‑B en 2021) n’a rien de frêle ou de frag­ile : c’est une langue auda­cieuse et accom­plie qui se déroule au fil des pages, une prose poé­tique sonore, tex­turée, organique. Con­tin­uer la lec­ture

Ont encore recommencé

Pas­cal VREBOS, La chair déchirée d’une petite gri­otte noire, M.E.O., 2022, 64 p., 10 € / ePub : 6,49 €, ISBN : 2807003532

vrebos la chair dechiree de la petite griotte noireAvec La chair déchirée d’une petite gri­otte noire, Pas­cal Vre­bos pro­pose, aux édi­tions M.E.O., un court roman por­tant sur la thé­ma­tique du viol et du trau­ma­tisme qui en découle, de la dif­fi­cile et douloureuse recon­struc­tion de l’individu.

Tout au long du roman, une jeune femme du nom de Maria­ma con­te son his­toire au lecteur. Per­son­nage qui se veut uni­versel, elle a ses racines sur le con­ti­nent africain. Un jour, un pro­jet d’étude l’a menée quelque part en Europe où elle a posé ses valis­es. Là, elle a fait l’expérience de la haine raciale et de la cru­auté. Sa chair, nous appren­dra-t-elle, y a été déchirée. Con­tin­uer la lec­ture

Le voyage d’une vie 

Monique THOMASSETTIE, La source d’incandescence,  2022, M.E.O., 95 p., 14 €, ISBN : 9782807003569

thomassettie la source d'incandescence« J’ai soif d’une his­toire incon­nue qui irait calme­ment sa vie d’écriture, me créerait une fois pour toutes dans son déroule­ment. »

« Pour moi, l’audace d’écrire  rejoint peut- être celle d’exister. De ne pas m’effacer, m’étouffer. De (re)naître. »

Dès les pre­mières pages de son con­te La source d’incandescence, nous nous glis­sons dans les pen­sées, les regards de Monique Thomas­set­tie. Con­tin­uer la lec­ture

Proust mis à nu par ses illustrateurs, même

Jan BAETENS, Illus­tr­er Proust. His­toire d’un défi, Impres­sions nou­velles, 2022, 240 p., 24 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874499777

baetens illustrer proust histoire d'un défiEn cette année 2022 qui célèbre le cen­te­naire de la mort de Mar­cel Proust, Jan Baetens rend un hom­mage de biais à l’auteur d’À la recherche du temps per­du, en inter­ro­geant cet inter­dit implicite qui veut qu’« [o]n n’illustre pas Proust ». L’abondance des illus­tra­tions qui for­ment le cor­pus d’étude du livre de Jan Baetens sem­ble con­tredire la cen­sure tacite mais force est de recon­naître, avec l’auteur d’Illus­tr­er Proust, qu’il deve­nait urgent de se con­fron­ter à l’His­toire d’un défi, ain­si que le pré­cise le sous-titre de l’ouvrage. Con­tin­uer la lec­ture