Archives de catégorie : Rentrée littéraire 2022

rentree litteraire 2022Toute l’ac­tu­al­ité de la ren­trée lit­téraire belge d’au­tomne 2022

L’univers carcéral en Nouvelle-Calédonie

Chan­tal DELTENRE, Camp Est. Jour­nal d’une eth­no­logue dans une prison de Kanaky Nou­velle-Calé­donie, Post­face de Marie Salaün, Anar­char­sis, coll. « Les ethno­graphiques », 228 p., 16 €, ISBN : 9791027904440

deltenre camp estEth­no­logue, écrivaine, autrice de La mai­son de l’âme (Edi­tions Mael­ström, 2010), Chan­tal Del­tenre livre dans Camp Est un jour­nal de ter­rain qui évoque la mis­sion d’observation ethno­grahique en milieu car­céral dont elle a été chargée. Étrangère à la cul­ture kanak, au monde calé­donien et extérieure à l’institution péni­ten­ti­aire, elle côtoie durant un mois le « Camp Est » situé sur l’île de Nou, une prison de Nouméa dont elle décrit et analyse le fonc­tion­nement, les cer­cles de vio­lence physique, struc­turelle, sociale, sym­bol­ique, mais aus­si les enjeux et l’impensé. Le réc­it est avant tout celui d’un dépayse­ment, d’un saut dans un monde dou­ble­ment incon­nu (cul­ture kanak, monde mélanésien et espace car­céral), d’une atten­tion à la dimen­sion colo­niale de l’institution péni­ten­ti­aire. Tou­jours placée sous la sou­veraineté de la République française, la Nou­velle-Calé­donie a très tôt été conçue par la France colo­niale comme une terre de bagnes sur laque­lle expédi­er les détenus de droit com­mun ou poli­tiques (qua­tre mille Com­mu­nards, dont Louise Michel, furent trans­férés dans des péni­tenciers calé­doniens). Ce qui frappe Chan­tal Del­tenre, ce sont les sui­cides des jeunes détenus, la com­po­si­tion de la pop­u­la­tion, à majorité kanak (90% de détenus kanak, presque tou­jours issus de quartiers défa­vorisés, de squats), la minorité de pris­on­niers cal­doches, d’origine européenne, la crise iden­ti­taire, psy­chique que l’enfermement induit. Con­tin­uer la lec­ture

Le collectionneur d’expériences

Thomas LAVACHERY, Le Net­suke, Esper­luète, 2022, 192 p., 22 €, ISBN : 9782359841572

lavachery le netsukeDans Le net­suke, le nou­veau roman de Thomas Lavach­ery, le nar­ra­teur Jacques Mellery racon­te avec une ten­dresse douce-amère la fin de son ado­les­cence. À cette époque, il passe ses journées hors de sa mai­son, dénuée de présence mater­nelle (par la mort) et pater­nelle (par l’effacement). En-dehors de l’école, où il ne brille pas par son impli­ca­tion, il explore sa com­mune et fréquente aus­si bien les esseulés que les familles de ses cama­rades au sein desquelles il se voit accueil­li avec évi­dence. Encore main­tenant, « [il] ignore ce qui plai­sait en [lui] mais [il] ne devai[t] pas en faire beau­coup pour [s]e faire accepter ». Peut-être était-ce dû à sa plas­tic­ité sociale, sym­pa­thique petit caméléon lui qui « changeai[t] de manière d’être, de par­ler, en fonc­tion des per­son­nes avec qui [il] se trouvai[t] ». Con­tin­uer la lec­ture

Pleinement corps

Un coup de cœur du Car­net

Maud JOIRET, JERK, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 12 €, ISBN : 978–2‑930822–21‑1

maud joiret jerkD’une ténac­ité com­pa­ra­ble à celle d’une plante de bitume, l’écriture de Maud Joiret brise le socle des représen­ta­tions, le roc des habi­tus dans lesquels nos corps sont empêtrés. Le pre­mier opus de la poétesse, Cobalt (récom­pen­sé par le Prix de la Pre­mière Œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles) en traçait déjà le sil­lon. Cobalt explo­rait la (dé)construction du « moi », col­orant de bleu les par­tic­ules qui s’échangent entre le dehors et le dedans par le prisme du 27e élé­ment du tableau péri­odique de Mendeleïev. Con­tin­uer la lec­ture

Prix littéraires 2022 : la liste du 2 octobre

Alors que la plu­part des grands prix d’au­tomne ont livré leurs pre­mières sélec­tions, voici un réca­pit­u­latif des auteurs et autri­ces belges lauréat.e.s ou final­istes de prix lit­téraires belges ou étrangers depuis le 1er jan­vi­er 2022.

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Une armure de douceur

Un coup de cœur du Car­net

Vio­laine LISON, Vous étiez ma mai­son, dessins de Manon GIGNOUX, Esper­luète, 2022, 96 p., 18 €, ISBN : 9782359841596

lison vous etiez ma maison vfJ’ai quit­té la ville, le fleuve, le nœud coulant des jours. […]
Quit­té mes semelles de goudron pour mes pieds de terre rouge et d’herbes hautes.

Cinq verbes, treize lunes, une année de lundis dans la forêt. Par­tir, naître, engranger, trans­met­tre, renaître. Une année d’apprentissage et de retrou­vailles avec le dedans et le dehors, une année pour démon­ter brique par brique les murs entre soi et le monde. C’est une his­toire de fil tiré cousu cassé, une his­toire de pas­sage et de rapiéçage qu’écrit Vio­laine Lison avec des mots qui frois­sent les paumes et caressent le cœur, dans une langue sen­suelle et sai­sis­sante qu’accompagnent les dessins de Manon Gig­noux. Con­tin­uer la lec­ture

Au nom de tous les miens

Un coup de cœur du Car­net

Bruno HUMBEECK, Com­ment agir face au cyber-har­cèle­ment, Renais­sance du livre, 2022, 170 p., 20 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 978–2‑507–05750‑3

humbeeck comment agir face au cyberharcelementBruno Hum­beeck, psy­chopéd­a­gogue à l’Université de Mons spé­cial­isé dans les ques­tions famil­iales et sco­laires, fait le point dans son nou­v­el opus sur un phénomène désor­mais impos­si­ble à qual­i­fi­er de rare et anodin: le cyber-har­cèle­ment chez les jeunes.

L’auteur prend le temps de dévelop­per le mode de fonc­tion­nement du cyber-har­cèle­ment et ses enjeux, tant du côté de la vic­time que de l’auteur des faits, qui agit générale­ment en « meute ». L’univers numérique est vu comme une caisse de réso­nance aug­men­tant la nociv­ité du har­cèle­ment clas­sique, à l’aune de la viral­ité et de la vir­u­lence des com­men­taires émis sur les réseaux soci­aux. Con­tin­uer la lec­ture

La littérature par le menu

COLLECTIF, La cui­sine de nos écrivains, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200672

collectif la cuisine de nos écrivainsIl n’y a que les imbé­ciles qui ne soient pas gour­mands. On est gour­mand comme on est artiste, comme on est poète”.

Inci­tant le lecteur au péché de gour­man­dise, Yves Namur cite Guy de Mau­pas­sant dans son intro­duc­tion aux actes du col­loque con­sacré à La cui­sine de nos écrivains qui s’est tenu en octo­bre 2021, à l’occasion du cen­te­naire de l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique. La gour­man­dise est en effet de mise pour évo­quer un sujet d’une telle ampleur. C’est que les écrivains ne man­quent pas, qui ont fait de la nour­ri­t­ure un sujet à part entière  ou la métaphore de leur art, et du repas, le sub­til décor de leur roman ou le sym­bole de l’appartenance sociale de leurs per­son­nages. Et que l’on ne s’y trompe pas, les auteurs et autri­ces dont il est ques­tion ici, « nos écrivains », sont belges ou français. Ce sont les écrivains de notre pat­ri­moine lit­téraire, ceux qui ont façon­né (et façon­nent encore) notre imag­i­naire. La gour­man­dise, comme la lit­téra­ture, n’a pas de fron­tière. Con­tin­uer la lec­ture

Divine aux deux visages

Cather­ine LOCANDRO, Le por­trait de Gre­ta G., Les péré­grines, coll. « Les auda­cieuses », 2022, 304 p., 19 €, ISBN : 979–10-252‑0565‑5

locandro le portrait de greta gAprès deux romans pour la jeunesse, Cather­ine Locan­dro revient à la lit­téra­ture générale avec Le por­trait de Gre­ta G. Change­ment de pub­lic, mais point de genre : comme aupar­a­vant avec le roman pour ado­les­cents Cas­sius (évo­ca­tion de Mohamed Ali parue chez Albin Michel, qui a rem­porté le prix Pre­mière – Vic­tor en 2021), ce sont les ter­res de la biofic­tion que l’autrice arpente ici. Elle s’attache cette fois à l’icône hol­ly­woo­d­i­enne Gre­ta Gar­bo (1905–1990). Con­tin­uer la lec­ture

L’évidence des dieux

Un coup de cœur du Car­net

Luc DELLISSE, Par­ler avec les dieux, Élé­ments de lan­gage, 2022, 70 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930710–22‑8

dellisse parler avec les dieuxIl est des mots que le pluriel triv­i­alise. La mul­ti­pli­ca­tion ne leur sied pas, ils y per­dent leur jalouse exclu­siv­ité, leur pou­voir absolu. Mais s’appliquant à « Dieu », le pluriel per­met de renouer avec une dimen­sion sin­gulière de la divinité : « C’est un sen­ti­ment dif­fus, un rêve, le sou­venir d’un rêve ».

Les lecteurs de la poésie et des nou­velles de Luc Del­lisse savent le rap­port priv­ilégié, amoureux même, qu’il entre­tient avec l’idée de risque. Ils en fer­ont à nou­veau l’expérience, avec un cran d’audace sup­plé­men­taire, en suiv­ant le dia­logue qu’il ose entamer avec « les dieux ». En païen ? L’étiquette a con­nu trop de démêlés avec le monothéisme pour être claire­ment définie, trop de déviances avec un ésotérisme tan­tôt folk­lorique, tan­tôt inquié­tant, pour ne pas être dis­qual­i­fi­ante. En artiste, alors ? Les artistes ont par­fois de grandes dif­fi­cultés à se quit­ter des yeux et red­outent que même l’invisible les éclipse. Les dieux sont rarement leur affaire. Con­tin­uer la lec­ture

Les visages de la pensée libérale

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Le club des libéraux, Ed. du Cerf, 2022, 352 p., 24 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑204–15085‑9

quiriny le club des liberauxÉcrivain, auteur entre autres de Con­tes car­ni­vores, Le vil­lage évanoui, L’affaire May­er­ling, Vies con­ju­gales, cri­tique, pro­fesseur de droit à l’Université de Bour­gogne, Bernard Quiriny nous embar­que dans un réc­it vir­tu­ose qui, par les ver­tus d’un art des dia­logues, expose les fonde­ments, les principes, les évo­lu­tions de la pen­sée libérale. Tra­ver­sé par l’érudition et l’originalité, ponc­tué d’humour, Le club des libéraux réus­sit haut la main la gageure de met­tre en scène les deux grands courants de la pen­sée libérale — les libéraux juris­nat­u­ral­istes dans le sil­lage de Locke et les util­i­taristes du côté de Ben­tham —, de ren­dre toniques et pas­sion­nantes leurs con­tro­ver­s­es autour de la place à con­fér­er à l’État, du lien entre libéral­isme et défense de l’individu, de l’acception de la lib­erté à l’intérieur de cha­cune de ces deux macro-ten­dances. Con­tin­uer la lec­ture

À la trouble fontaine

Line ALEXANDRE, La prophétie des nains, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2022, 260 p., 19 €, ISBN : 9782874897245

alexandre la prophétie des nainsÀ nous per­me­t­tre de retrou­ver des per­son­nages de roman en roman, les auteurs nous les ren­dent fam­i­liers, attachants, et créent une forme de con­ti­nu­ité par-delà les con­textes les plus var­iés. Dans L’enclos de fusil­lés, Line Alexan­dre nous avait mis en présence de la juge Wern­er et de l’inspecteur Evariste Joris que nous retrou­vons ici avec plaisir. Ils sont à présent appelés dans un petit vil­lage de l’Ardenne belge où l’on vient de retrou­ver le cadavre d’une jeune femme noyé dans une fontaine. Mais rien ne per­met de lui attribuer une iden­tité et aucun indice n’apparaît d’emblée. Con­tin­uer la lec­ture

Une traductrice et une scénariste à l’honneur

Le Car­net et les Instants évoque régulière­ment les prix lit­téraires reçus par les auteurs et autri­ces belges. Ces derniers jours, les roman­cières Bar­bara Abel et Diane Meur ont été mis­es à l’hon­neur. Mais pour d’autres pans de leur tra­vail : l’une comme scé­nar­iste, l’autre comme tra­duc­trice.  Con­tin­uer la lec­ture

Lydia Flem avec les sciences humaines

Lydia FLEM, Bouche bavarde oreille curieuse, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siè­cle », 2022, 270 p., 22 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑02–151273‑1

flem bouche bavardeLorsque nous l’avions ren­con­trée à l’occasion de la paru­tion de Paris fan­tasme (Le Car­net et les Instants n°209), Lydia Flem nous avait rap­pelé que même si cela n’apparaissait pas à la majorité de ses lecteurs, les sci­ences humaines avaient été ses « balis­es depuis tou­jours ». En par­al­lèle de sa car­rière d’écrivaine, de psy­ch­an­a­lyste et de pho­tographe, elle a pub­lié de nom­breux arti­cles, entre autres dans Le genre humain, dirigée par Mau­rice Olen­der, égale­ment à la con­duite de la réputée col­lec­tion « La Librairie du XXIe siè­cle », aux édi­tions du Seuil, où elle a pub­lié la qua­si-total­ité de ses livres, dont son inou­bli­able trilo­gie famil­iale (Com­ment j’ai vidé la mai­son de mes par­ents, Let­tres d’amour en héritage et Com­ment je me suis séparée de ma fille et de mon qua­si-fils). Le vol­ume récem­ment paru dans cette même col­lec­tion, Bouche bavarde oreille curieuse, reprend une ving­taine de ces arti­cles pub­liés entre 1982 et 2020. Elle y fait dia­loguer la psy­ch­analyse, l’histoire, l’anthropologie, la lit­téra­ture, le ciné­ma, la pho­togra­phie, l’art, des fig­ures comme son cher Sig­mund Freud, Auguste Rodin, Gia­co­mo Casano­va, des pairs comme Jacques Ran­cière, Michel de Certeau, Alain Fleis­ch­er, Arlette Farge. Con­tin­uer la lec­ture

Tandis qu’on agonise

Un coup de cœur du Car­net

Bruno WAJSKOP, Œil de linge, La muette, 2022, 110 p., 12 €, ISBN : 978–2‑35687–881‑6

wajskop oeil de lingeMourir. Rien de plus anodin. La preuve : cela arrive à tout le monde, une seule et bonne fois. À moins que… À moins que la caméra d’un sys­tème de vidéo-sur­veil­lance privé capte vos derniers instants, vos ultimes soubre­sauts, votre suprême hoquet. Et que vos proches puis­sent se repass­er en boucle cette cabri­ole majeure, pour vous trag­ique sans doute, et pas vrai­ment facile à chi­quer sur le moment ; pour eux, face à l’incompréhensible fatal­ité qui se répète sous leurs yeux, un moment dont l’itération ne fait qu’approfondir l’opacité, éloigne toute réponse, fini­rait même par émouss­er la portée cru­ciale. Car, au fond, « le dernier instant ne dif­fère pas de celui qui le précède »… Con­tin­uer la lec­ture

« C’est quoi, cette histoire de fin du monde ? »

Pablo SERVIGNE et Gau­thi­er CHAPELLE, L’effondrement (et après) expliqué à nos enfants… et à nos par­ents, Seuil, 2022, 192 p., 12 €, ISBN : 978–2‑02–146648‑5

chapelle et servigne l'effondrement et aprèsC’est Lucie, 13 ans, qui s’adresse ain­si à son père. Elle en a marre de pass­er pour une idiote auprès de ses potes à l’école, avec leurs his­toires d’effondrement de (au choix) notre société, notre civil­i­sa­tion, notre planète, la terre entière. Et en plus, elle flippe, ça l’inquiète ce truc qu’on ne parvient pas à cern­er bien claire­ment. C’est si grave que ça, c’est une cat­a­stro­phe prévis­i­ble, ou au con­traire ça peut nous tomber dessus n’importe quand ? Oui, elle sait bien qu’il y a : le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, la mul­ti­pli­ca­tion d’incendies gigan­tesques, la fonte des glaces dans l’Antarctique, les oura­gans, les tor­nades, les inon­da­tions, les réfugiés, les épidémies, les pol­lu­tions, les pénuries et la guerre en Ukraine… Mais est-ce que tout ça tient vrai­ment ensem­ble ? Con­tin­uer la lec­ture

Vertus et enjeux du danger

« Gimme danger » chantaient les Stooges

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DE SUTTER, Éloge du dan­ger (Propo­si­tions, 2), PUF, coll. « Per­spec­tives cri­tiques », 2022, 140 p., 13 €, ISBN : 978–2‑13–082702‑3

De Sutter éloge du dangerChez Lau­rent de Sut­ter, l’exercice de la pen­sée prend la forme d’un pro­to­cole d’expérimentation qui com­bine pas­sion de l’axiomatique, musique de la jurispru­dence et médi­ta­tion tout en para­dox­es. On peut voir dans les traités aus­si dens­es que jazzy qu’il délivre la ver­sion juridi­co-philosophique des Petits traités que Pas­cal Quig­nard assem­ble sous le titre de Dernier roy­aume. Après Pour en finir avec soi-même (Propo­si­tions, 1), Éloge du dan­ger (Propo­si­tions, 2) déroule un paysage con­ceptuel qui aus­culte la notion de dan­ger et celles, lim­itro­phes et com­bi­en dif­férentes, de risque, de péril. Con­tin­uer la lec­ture