Un coup de cœur du Carnet
Antoine BOUTE, Siestes Pilotes, Backland, 2025, 98 p., 17 €, ISBN : 9782959402753
J’ouvre Siestes pilotes et, d’emblée, deux évidences : 1) j’aime ce livre et, 2), j’aimerais que, là, à l’instant, Antoine Boute se matérialise devant moi et me lise des extraits de Siestes pilotes, réinventant, pour mes yeux, et surtout mes oreilles, son écrit, dans une lecture performance inoubliable et drôle.
Parce qu’Antoine Boute est un maitre. Un expert en écholalies et glossolalies. Prenant grand soin de ne jamais nous perdre. Prenant grand soin à nous tenir en haleine. C’est que, l’air de rien, la langue monstrueuse et les façons de faire d’Antoine Boute tiennent autant du jeu, de la blague, du plaisir qu’il y a à écrire, à laisser la langue et les jeux avec les mots dicter le récit, les histoires multiples à pleurer de rire rapportées dans le livre qu’à l’art du récit et de la racontouze. Comme si la langue — et les jeux qu’elle permet — créait elle-même, en personne, le texte que nous sommes en train de lire. Comme si la langue en était l’auteur ou l’autrice. Antoine Boute n’étant que l’instrument de la langue. Son bic ou son écran informatique. La langue passant à travers le corps d’Antoine Boute pour enfin s’incarner. Prendre corps devant nous. Continuer la lecture →