Philippe FIÉVET, Le jardin aux lucioles, M.E.O., 2025, 204 p., 20 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782807005167
Victime de l’accident : un retraité, jardinier de cœur. Moment de la mort : un jour de printemps. Lieu du drame : un parterre de rhododendrons, composé de « trois solides arbustes de la famille des éricacées […] adoptant les mêmes tons que l’azalée mauve toute proche, elle aussi en pleine floraison », dans un jardin de la commune du Saule (en Hesbaye liégeoise). Instigateur : un liseron, « adventice qui a le don de s’entortiller tel un serpent autour de sa proie qu’elle transforme en caducée », ennemi juré du disparu. Cause du décès : piste du sécateur écartée ; hypothèse d’une crise cardiaque liée à la chute et à l’emprisonnement d’une cheville. Première témoin : Jacques, le voisin maraicher à la voix de stentor, quelques jours plus tard. Victimes collatérales : Alexis, Anaïs et Julien, enfants du défunt à la paternité tardive et heureuse. Endroit de l’inhumation : au pied du Parrotia persica, avec les cendres maternelles. Continuer la lecture


Ruby est photographe et le narrateur, de trente ans son aîné, l’a rencontrée à la faveur de séances de prises de vue dans un jardin, alors qu’il préparait un ouvrage sur les arbres. Fasciné par le caractère solaire de la jeune femme en couple avec Claire, il a renouvelé les collaborations avec elle et une complicité s’est instaurée entre eux, alimentée par une fascination commune pour un pays, la Birmanie. 


Critique gastronomique, Philippe Fiévet a arpenté les routes de Wallonie et de Bruxelles pendant des années pour le compte de journaux et de ces guides qui font la pluie et le beau temps dans le monde de la restauration. Gourmand et gourmet, l’homme rend compte d’un univers qu’il a côtoyé de près comme observateur, mais aussi comme acteur. S’il prend la précaution classique de dire dans son propos liminaire que les faits décrits relèvent de la fiction, on reconnaît sans peine les lieux cités et les personnes évoquées à telle enseigne que le récit peut s’apparenter à un documentaire intimiste sur le monde des restaurants et des guides gastronomiques en Belgique francophone.
“Mon temps à moi s’était arrêté pour emprunter celui des arbres. J’allais peut-être pouvoir un jour me dissoudre dans le rouge de leurs frondaisons. »