La rentrée littéraire d’automne 2026, sur tous les fronts

La ren­trée d’automne est tou­jours un temps fort de l’année édi­to­ri­ale. Certes, les maisons d’édition belges sont moins con­cernées par les « grands prix d’automne » — lesquels ne visent que les romans – que leurs con­sœurs hexag­o­nales. Pour les édi­teurs de Wal­lonie et de Brux­elles, l’événement majeur de l’année reste la Foire du livre de Brux­elles, et l’effervescence édi­to­ri­ale est grande lors de la ren­trée d’hiver. D’aout à décem­bre, les auteurs et autri­ces belges seront néan­moins nom­breux à « faire leur ren­trée », qu’ils soient pub­liés en Bel­gique ou en France. Tour d’horizon du pro­gramme édi­to­r­i­al d’au­tomne, qui mis­era surtout sur les auteurs et autri­ces recon­nus, mal­gré quelques décou­vertes.

N.B. : Le panora­ma qui suit com­pile les sig­nale­ments disponibles sur les bases de don­nées pro­fes­sion­nelles du livre et sur les sites inter­net des édi­teurs, les infor­ma­tions reçues lors de la con­férence de presse de l’ADEB et des Édi­teurs sin­guliers, et les répons­es à nos ques­tions fournies directe­ment par les maisons d’édition. Qu’elles soient ici remer­ciées. Ne sont ici men­tion­nés que les auteurs et autri­ces belges et non l’en­tièreté du pro­gramme des maisons d’édi­tion.

La rentrée des romans

Genre-roi de l’automne, le roman lancera la ren­trée dès la mi-aout. Pour les auteurs et autri­ces belges, cette année est celle des valeurs sûres plutôt que des décou­vertes, avec très peu de pri­mo-romanciers. Des chiffres qui reflè­tent les con­stats opérés par Livres Heb­do. Le mag­a­zine des pro­fes­sion­nels du livre dénom­bre 344 romans fran­coph­o­nes pour cette ren­trée. Un chiffre sta­ble par rap­port à l’année dernière, mais au sein duquel le nom­bre de pre­miers romans dimin­ue, pas­sant de 73 en 2025 à 68 cette année. À not­er que, selon la même source, la baisse touche aus­si les tra­duc­tions (117 en 2026 et 140 en 2025).

Un lancement en fanfare…

Comme chaque année, plusieurs auteurs et autri­ces belges par­ticiper­ont à la ren­trée française. Ce sont des fig­ures bien con­nues, sinon pop­u­laires, qui ouvriront le bal.

Amélie Nothomb reste, cette année encore, fidèle à la ren­trée autom­nale et à son édi­teur Albin Michel, avec un trente-cinquième roman, L’adolescence du per­ro­quet, où s’exprime à nou­veau sa fas­ci­na­tion avi­aire, à tra­vers la rela­tion entre un chroniqueur radio et le per­ro­quet qu’il a dérobé. Le livre s’annonce comme un bon cru, que Livres Heb­do a placé par­mi les « 10 romans fran­coph­o­nes incon­tourn­ables » de cette ren­trée. Sor­tie annon­cée le 19 aout.

gunzig spectres

Dès le 20 aout, deux autres fig­ures famil­ières trou­veront place sur les tables des librairies. Fidèle lui aus­si à son édi­teur (Au dia­ble vau­vert), Thomas Gun­zig présente Spec­tres, trois ans après Rocky, dernier rivage. Pour ce roman annon­cé comme son chef-d’oeu­vre, Gun­zig s’aventure sur le ter­rain de la sci­ence-fic­tion : une sci­en­tifique ouvre l’accès à une nou­velle dimen­sion et un nou­veau monde, mais cette décou­verte majeure est mise en péril par les logiques cap­i­tal­istes qui voient immé­di­ate­ment les pos­si­bil­ités d’exploitation de ce nou­veau ter­ri­toire. Un livre à décou­vrir en librairie, mais aus­si à l’Intime fes­ti­val, dont Thomas Gun­zig est l’un des rares auteurs belges invités.

 

Le 20 aout sera une journée résol­u­ment ertébéenne : out­re Spec­tres est aus­si annon­cé Je suis né dans la tem­pête, le nou­veau livre de Jérôme Col­in (Allary), qui revient à la lit­téra­ture trois ans après le suc­cès de vente (en Bel­gique) des Drag­ons.  

 

Lau­ra Tinard avait signé des débuts lit­téraires toni­tru­ants à la ren­trée d’hiver 2022 avec le déjan­té J’ai per­du mon roman. Elle passera le cap, tou­jours périlleux, du deux­ième roman avec Lady Diana, ma mère et moi, pub­lié comme le précé­dent aux édi­tions du Seuil, et annon­cé le 21 aout. Si le pre­mier était une ver­tig­ineuse mise en abyme, Lady Diana… creuse lui aus­si le motif de la spécu­lar­ité, avec cette fois une his­toire de sosie – une mère céli­bataire qui ressem­ble à Lady Di et joue de cette ressem­blance pour men­er une vie à la Lady Di. Mais sa mys­ti­fi­ca­tion est mise à mal à la mort de Diana.

… et la suite au diapason

Sur la lancée de cette semaine de ren­trée par­ti­c­ulière­ment dense, les jours qui suiv­ront dévoileront eux aus­si des œuvres par­ti­c­ulière­ment atten­dues.

toussaint la hantise

Habitué de la ren­trée lit­téraire, fig­u­rant régulière­ment dans les sélec­tions des grands prix d’automne (après avoir rem­porté les prix Médi­cis et Décem­bre), Jean-Philippe Tou­s­saint sera l’un des écrivains les plus atten­dus de la ren­trée des édi­tions de Minu­it. Son dernier roman, L’échiquier, datait de 2023. Il revient le 27 aout avec La han­tise, dont le per­son­nage se trou­ve en pos­ses­sion de don­nées liées à un vaste réseau de cor­rup­tion, alors même qu’il tombe amoureux d’une femme qui pour­rait l’aider dans le péril où il se trou­ve.

moeschler guerillera

Après Alice et les autres et Accordez-moi la parole, Vin­ciane Moeschler pour­suit sa col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions Mer­cure de France pour Guerillera, atten­du le 3 sep­tem­bre. Un roman qui nous emmène en Amérique du Sud, où une femme noue une rela­tion sin­gulière avec la guerillera qui la retient cap­tive. Des années après son éva­sion, elle recon­nait sa geôlière par­mi les can­di­dats à une élec­tion impor­tante.

Extrait pro­posé par les édi­tions Mer­cure de France

falisse fatal eros

Comme Lau­ra Tinard, Cyrille Falisse cherchera à con­firmer le promet­teur Seuls les fan­tômes (Bel­fond) avec un deux­ième roman, Fatal Eros, pub­lié par les édi­tions Mau­rice Nadeau, his­toire d’un pub­lic­i­taire dont le suc­cès dis­simule les angoiss­es et la folie.

bergen la mémoire des lieux

Nou­velles, romans, essais ou poésie, Véronique Bergen est de chaque ren­trée. Cette année encore, on la retrou­vera sur plusieurs fronts. Et tout d’abord avec un roman, atten­du en sep­tem­bre. Dans La mémoire des lieux, à paraitre aux édi­tions Edwar­da, on suit les déam­bu­la­tions brux­el­lois­es de l’héroïne, une créa­trice de par­fums, poussée par une intu­ition : les lieux garderaient la mémoire de leurs occu­pants et des faits dont ils ont été les témoins.

Deux premiers romans

On l’a dit : la ren­trée belge est surtout celle des auteurs et autri­ces aguer­ris. Deux pri­mo-romanciers belges se glis­seront néan­moins dans la ren­trée hexag­o­nale. Sam­my Lus­san présen­tera le 21 aout Bernie Lei­bovitz aux édi­tions Les Belles Let­tres, un roman qui entremêle texte et pho­togra­phies et qui, comme celui de Cyrille Falisse, a pour héros un per­son­nage tra­vail­lant avec suc­cès dans la pub­lic­ité avant de bas­culer. Il quitte sa vie, se retrou­ve au Japon et son his­toire se mue en un roman d’éducation.

 

Pre­mier roman aus­si pour Bruno Sbille, déjà auteur de plusieurs livres de développe­ment per­son­nel. À paraitre le 27 aout aux édi­tions Cour­ri­er du livre, Le jour où j’ai cessé d’attendre le ven­dre­di racon­te l’histoire d’un jeune homme déçu, qui a tou­jours répon­du aux attentes et suivi le par­cours qui lui était des­tiné, jusqu’au jour où il ren­con­tre une femme qui pour­rait chang­er le cours de sa vie.

Des romans pour tous les gouts

En Bel­gique, la ren­trée du roman sera placée sous le signe de la diver­sité des auteurs, des maisons d’édition et des thé­ma­tiques. Avec quand même un fil rouge, la présence mas­sive des thé­ma­tiques liées à la famille, celle de sang ou celle que l’on se choisit, avec ses joies et ses dys­fonc­tion­nements, et des héros lancés dans des enquêtes généalogiques.

Ce sont les édi­tions Weyrich, et plus par­ti­c­ulière­ment leur col­lec­tion lit­téraire « Les plumes du coq », qui lanceront la ren­trée, avec qua­tre titres annon­cés à la mi-aout, tous signés par des auteurs « mai­son ». André-Joseph Dubois, dont ce sera le sep­tième livre dans la col­lec­tion, présen­tera Frag­ments du père, his­toire d’un nar­ra­teur qui cherche à recon­stituer la vie de son père et se heurte au con­stat qu’on con­nait finale­ment tou­jours mal son géni­teur. Après Mess­es amères et Lueurs d’ermitage, Benoît Gof­fin redonne du ser­vice à son enquê­teur Philippe Légaut dans L’herbe du dia­ble. L’ex-commissaire enquête autour d’une étrange pro­priété forestière où on dit que de mys­térieuses expéri­ences sci­en­tifiques ont lieu. Les romans de Nico­las Mar­chal sont aus­si rocam­bo­lesques que drôles. Entre le Vieux Namur et l’Inde, le roman choral Der­rière le prince pour­suit dans cette veine qui est la mar­que de fab­rique de l’auteur. Quant à Luc Tem­pli­er, il super­posera fouilles d’un site archéologique et archéolo­gie intime dans Les lueurs du rêve.

traoré andromaque dans une berline rouge

Si les édi­tions Weyrich mis­ent sur des auteurs aguer­ris, L’ar­bre de Diane fera plutôt place aux pri­mo-romanciers. On trou­vera rarement men­tion de cette mai­son dans la rubrique con­sacrée au roman. Elle a imposé au fil du temps une ligne édi­to­ri­ale mar­quée par l’exploration des rela­tions entre la lit­téra­ture et les autres dis­ci­plines et par l’attention portée aux ques­tions de genre, et aux voix sin­gulières, queer notam­ment, qui n’ont pas tou­jours droit de cité. Les deux romans pro­gram­més pour la ren­trée entrent pleine­ment dans ces thé­ma­tiques. Dans Andro­maque dans une berline rouge (à paraitre le 18 aout), l’artiste et écrivain Nan­téné Tra­oré imag­ine un monde post-apoc­a­lyp­tique (et aux réso­nances for­cé­ment très actuelles) où l’on est réduit à vivre sous terre en rai­son des trop fortes chaleurs. Andro­maque, l’héroïne, décide de refuser cette injonc­tion et prend la fuite.

minder faire quelque chose

De Flo­rence Min­der, on se sou­vient de Faire quelque chose. (C’est le faire, non ?), paru à L’arbre de Diane en 2022. L’écrivaine et femme de théâtre revient le 13 octo­bre avec L’invisible n’est pas inex­is­tant, une fic­tion qui rassem­ble une petite fille, son père mourant et une amie, les trois s’étant créé un monde com­mun qui con­teste les assig­na­tions et normes extérieures.

Comme de cou­tume, les édi­tions M.E.O. seront très actives en cette ren­trée, avec deux romans prévus pour le 25 aout et un troisième le 10 sep­tem­bre. Après Eden Beach 1970 et Dernière folie, Anne Duvivi­er pub­lie Petit frère, dont l’héroïne, mère de famille, tente de percer les secrets et non-dits de son his­toire famil­iale. Si David Jauzion-Graverolles est surtout con­nu comme poète (son œuvre est prin­ci­pale­ment pub­liée au Coudri­er), il a déjà pub­lié un roman aux édi­tions M.E.O. en 2023. Un attrait pour la fic­tion qu’il con­firme en cette ren­trée avec la paru­tion de La méth­ode. Après une rup­ture amoureuse, le héros aban­donne sa car­rière pour inté­gr­er une école de théâtre aux méth­odes révo­lu­tion­naires, sous la houlette d’un met­teur en scène mi-vision­naire mi-gourou, finale­ment con­va­in­cu de malver­sa­tion finan­cière. Qua­trième roman de Robert Mas­sart, Des années d’enchantement racon­te l’histoire d’un homme blessé de n’avoir jamais eu d’enfant, qui se décou­vre une famille de sub­sti­tu­tion à l’enterrement de son épouse lorsqu’une mys­térieuse demi-sœur sur­git avec son fils. Mal­gré les mis­es en garde de son entourage, le héros s’attache.

martin A...E...I...O...U

Le 10 sep­tem­bre, les édi­tions La let­tre volée dévoileront un réc­it d’Isabelle Mar­tinA…E…I…O…U. Inspiré d’une expéri­ence per­son­nelle de l’autrice, ce livre évoque l’importance de la dimen­sion sen­sorielle lorsque le lan­gage s’en va et par­le avec force de l’accompagnement des per­son­nes en fin de vie. Après un AVC, un homme devenu inca­pable de par­ler, se mon­tre très sen­si­ble au plaisir des sons. Sa fille et lui écoutent de la musique, ils rient ensem­ble des sons qu’il prononce, dans une sorte d’état d’avant-langage. Tombé ensuite dans le coma, l’homme ne réag­it alors plus qu’au touch­er.

Buchner Les cissettes

Après le remar­qué Encoches, Karo­line Buch­n­er revient avec Les cis­settes, un titre-néol­o­gisme pour un livre à la struc­ture frag­men­taire qui, au tra­vers de ses qua­tre héroïnes, inter­roge l’hétéronormativité et la mater­nité.

Amélie Nothomb ne sera pas la seule autrice que les per­ro­quets inspirent en cette ren­trée. L’animal sera aus­si un pro­tag­o­niste d’Effeuil­lage pour vogelpik déplumé, le pre­mier roman de Mathilde Meert qui paraitra chez Mael­strÖm reEvo­lu­tion en sep­tem­bre. Une mère se con­fie à son per­ro­quet à pro­pos de la mort de son fils, sur­v­enue sept ans plus tôt. De Brux­elles à Zee­brugge, le tan­dem revis­ite les lieux de l’histoire du dis­paru.

martin debout les vivants

Les édi­tions namurois­es parieront sur le roman his­torique, et plus encore sur la Deux­ième guerre mon­di­ale, avec Debout les vivants, jour­nal d’une jeune rex­iste de Chris­tine Mar­tin, prévu pour sep­tem­bre. His­to­ri­enne de for­ma­tion, Chris­tine Mar­tin s’est lancée dans une biogra­phie romancée d’Huguette Defoiche. Fille de rex­iste, tôt séduite par les idées de Léon Degrelle, celle-ci devien­dra l’une des cadres des organ­i­sa­tions féminines de Rex. 

wilkin le lache de trafalgar

L’His­toire sera aus­si au cœur de la ren­trée des édi­tions Académia avec Le lâche de Trafal­gar de Bernard Wilkin, à paraitre en sep­tem­bre. L’au­teur emmène ses lecteurs dans l’Eu­rope napoléoni­enne et la guerre con­tre l’An­gleterre. 

solot pierre le temps de nina

Pierre Solot est pianiste, et offi­cie pour plusieurs émis­sions dédiées à la musique clas­sique sur les ondes de la RTBF. Rien d’étonnant dès lors à ce que Le temps de Nina, à paraitre chez Kennes le 16 sep­tem­bre, racon­te l’histoire d’un pianiste et, surtout, de sa fille, qui rejette la musique clas­sique et son élitisme. Cette mésen­tente se mue en dia­logue où les deux points de vue sur l’art s’affrontent et se par­lent.

hanf du blues au vert

Au même moment, une autre his­toire de pianiste naitra aux édi­tions F dev­ille : Du blues au vert, le nou­veau livre de Ver­e­na Hanf. Celle qui a déjà pub­lié La fragilité des funam­bules et L’enfer du bocal chez le même édi­teur, présente cette fois l’histoire d’un homme, pianiste de jazz sur le déclin, qui souf­fre de la déliques­cence de son amour, mais retrou­ve de l’al­lant dans la ren­con­tre de deux jeunes dans un stage musi­cal qu’il ani­me.

Après avoir annon­cé la ces­sa­tion de leurs activ­ités, les édi­tions Onlit se sont relancées en 2025, inté­grant le giron du groupe Émo­tions, qui com­prend aus­si Genèse édi­tion et les édi­tions de L’Herne, et inau­gu­rant dans la foulée la promet­teuse col­lec­tion « Onlit noir », dont on a salué dans ces colonnes le pre­mier vol­ume, Yonkers de Paul Cou­turi­au. Deux romans sont annon­cés pour le 1er octo­bre. Juan d’Oultremont pour­suit les aven­tures de Judas, son alter ego de papi­er, avec Judas sur l’escalator. Un roman d’ap­pren­tis­sage où l’on suit Judas cher­chant sa place, et sen­tant con­fusé­ment qu’il passe à côté de sa pro­pre vie. À côté de cet habitué de la mai­son, Onlit pub­liera aus­si un pre­mier roman, J’ai survécu, que sa jeune autrice Mila Ver­hamme avait ini­tiale­ment fait paraitre en auto-édi­tion. Con­stru­it sur la base des notes pris­es sur son télé­phone, elle racon­te le malaise et les angoiss­es pro­pres aux très jeunes adultes. 

aubinet dans la vallée

Après un pre­mier livre, Entre deux rives, qui lui a valu le prix lit­téraire Saga, Suzanne Aubi­net pour­suit sa col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions Par­là et pub­lie Dans la val­lée, à décou­vrir dès le 1er octo­bre.

En octo­bre tou­jours, les édi­tions Académia pub­lient Virée!, un roman de Muriel Hertens inspiré de son blog et de sa pro­pre his­toire, celle d’une mère qui est licen­ciée le jour de la ren­trée des class­es et se trou­ve con­fron­tée à la fois à sa recherche d’emploi et à l’in­ten­dance à la mai­son. 

Très actives dans les for­mats courts, les édi­tions Lamiroy seront pour­tant présentes dans le domaine du roman en cette ren­trée, avec trois titres pro­gram­més pour octo­bre. Le poly­graphe Luc Del­lisse signe avec L’éden à l’envers un livre sur l’enfance. Loin de toute idéal­i­sa­tion, la jun­gle de l’enfance est décrite comme un ter­rain d’aventure, voire un voy­age sur une autre planète. Après J’ai peur de mourir si je vis trop longtemps, Pierre Guyaut-Genon revient avec Tohubo­hu, dans lequel il explore les liens d’amour, d’amitié et de com­plic­ité dans un roman où foi­son­nent les per­son­nages autour du cou­ple for­mé par Arthur et Lizzy. Thier­ry Coljon donne une suite à Sijou’ : Ci-gît racon­te la vie de Pierre après la mort de son amie d’enfance Sijou’, com­ment il vit dans la Bel­gique des Tueurs du Bra­bant et des CCC avec cette ombre famil­ière qui sem­ble veiller sur lui.

Thriller, fantasy, merveilleux : les mauvais genres se portent bien

La ren­trée d’automne est sou­vent asso­ciée au roman, mais plus pré­cisé­ment encore à la lit­téra­ture blanche. Livres Heb­do n’in­clut d’ailleurs même pas la lit­téra­ture de genre dans son décomptes des paru­tions de la ren­trée. Plusieurs thrillers sor­tiront pour­tant bel et bien à l’au­tomne. 

En 2025 parais­sait le pre­mier tome de la série de cosy mys­tery Meurtres & préjugés. Signé par Lorie Forêt aux édi­tions Eyrolles, il con­naitra une suite cette année, tan­dis que le pre­mier vol­ume sera réédité en poche.

flandroit carnage paradise

Les édi­tions Pan­thère annon­cent Car­nage Par­adise d’Ari Flan­droit. Le livre met en scène six per­son­nages très dif­férents l’un de l’autre, à ce détail près qu’ils parta­gent… le même corps. His­toire d’un Trou­ble dis­so­ci­atif de l’i­den­tité, ce livre est surtout un thriller hale­tant, qui prend un tour­nant lorsque les six alters par­tent en quête du respon­s­able de leurs trau­ma­tismes d’en­fance. 

burlet l'aurore

En octo­bre, la même mai­son pub­lie le 2ème tome de la Trilo­gie Brindeau de Sarah Burlet, L’au­rore, un thriller fan­tas­tique qui passe du Paris des années 1930 à l’Ar­denne d’au­jour­d’hui. 

boxho michaud la mort en trop

Après avoir con­nu un suc­cès reten­tis­sant en racon­tant les cas les plus mar­quants de sa car­rière de médecin légiste, Philippe Box­ho passe à la fic­tion. Il co-signe La mort en trop avec Mar­tin Michaud, un thriller inspiré… de son quo­ti­di­en de médecin légiste, annon­cé chez Kennes pour le 15 octo­bre.

La ren­trée d’Empaj sera elle aus­si placée sous le signe du thriller avec la paru­tion en novem­bre d’À voix basse de Philippe Jacquet dans lequel une femme décou­vre qu’elle a été adop­tée au moment où elle sol­licite ses par­ents pour une greffe de cel­lules souch­es. Alors qu’elle est retrou­vée morte peu après, la poli­cière en charge de l’enquête se décou­vre de trou­blants liens avec la vic­time.

La ren­trée des édi­tions Mael­strÖm reEvo­lu­tion s’an­nonce éclec­tique, à l’image de leur cat­a­logue, avec de la poésie et des romans. Dans ce genre, pré­cisé­ment, l’automne 2026 sera placé sous le signe du mer­veilleux avec le livre d’Edith Soon­ckindt, Les sept clés du Roy­aume des pluies et celui de Con­stance Chlore, Le fils de l’os. Le pre­mier nous plonge dans un monde post-apoc­a­lyp­tique pour un con­te ini­ti­a­tique aux mul­ti­ples niveaux de lec­ture. Con­stance Chlore nous emmène quant à elle dans le désert, à la suite d’Helis, recueil­li par le Peu­ple des creux qui voit en lui un puis­sant ancêtre. De trans­es en méta­mor­phoses, son his­toire est aus­si un réc­it d’initiation et de pas­sage.

De Ludovic Mélon, on avait décou­vert jusqu’à présent la veine poli­cière tein­tée d’humour, avec deux tomes de la « Brigade des bus­es ». Tout en restant chez le même édi­teur, Cal­mann Lévy, l’auteur s’essaie cette fois à la fan­ta­sy avec La con­teuse, dont l’héroïne, une orphe­line qui a pour com­pagnon un renard argen­té, se retrou­ve dans un monde par­al­lèle où elle décou­vre l’existence d’une société chargée de pro­téger les humains et de les sur­veiller.

La nouvelle toujours renouvelée

lambert ou etes vous maintenant

Michel Lam­bert ouvri­ra la ren­trée de la nou­velle. Après deux recueils anthologiques (Sosies de l’amour aux édi­tions Weyrich et Quelle impor­tance chez Quad­ra­ture), il présente aux édi­tions La lou­ve (avec lesquelles il tra­vaille pour la pre­mière fois) Où êtes-vous main­tenant ?, com­posé de huit nou­velles dont le pro­tag­o­niste se demande ce qu’est dev­enue une per­son­ne qu’il a ren­con­trée précédem­ment.

À côté de ce recueil à paraitre en France, la nou­velle fran­coph­o­ne trou­ve en Bel­gique un ter­rain par­ti­c­ulière­ment favor­able avec des col­lec­tions voire des maisons d’édition dédiées, et d’autres qui accueil­lent volon­tiers ce genre dit de niche. La ren­trée 2026 ne fail­li­ra pas à la tra­di­tion.

Alors que la nou­velle se pub­lie prin­ci­pale­ment en recueil, les édi­tions Lamiroy priv­ilégient une approche au sin­guli­er avec des col­lec­tions de très petits for­mats com­por­tant une seule nou­velle – les « Opus­cules » – ou novel­la – les « Opus ». Ces séries s’enrichiront encore de quelques titres cette année. La mai­son lance par ailleurs une nou­velle col­lec­tion, « Expres­so », de petits livres de 18 pages ven­dus au prix de 3 €, avec une his­toire à lire le temps de déguster un café.

Octo­bre sera le grand mois de la nou­velle avec la sor­tie (le 10) des qua­tre nou­veaux vol­umes de la col­lec­tion « Bel­giques » des édi­tions Ker. Dans chaque recueil, un auteur ou une autrice est amené à explor­er par des fic­tions brèves son imag­i­naire de la Bel­gique. La mosaïque est le maitre-mot du pro­jet, non seule­ment parce que chaque vol­ume apporte une pièce sup­plé­men­taire à l’image d’ensemble qui se des­sine, mais aus­si parce que chaque recueil lui-même offre une approche mosaïque, étant com­posé de plusieurs nou­velles. Trois auteurs et une autrice com­posent le pro­gramme de cette année. Avec tout d’abord Gérard Adam, romanci­er mais aus­si fon­da­teur et ani­ma­teur des édi­tions M.E.O. Son recueil abor­de une Bel­gique pop­u­laire, celle des luttes sociales, et rep­longe dans la jeunesse, celle des éveils amoureux, de la décou­verte du jazz, jusqu’aux désil­lu­sions de l’âge adulte. On ne s’étonnera guère que Patrick Lowie, prati­cien con­va­in­cu du « por­trait onirique », emmène son Bel­giques sur les ter­ri­toires du rêve et de l’inconscient, à la lumière desquels il envis­age paysages, guer­res, désirs et héritages famil­i­aux. Auteur pub­lié aux édi­tions Mur­mure des soirs, où il a notam­ment signé les recueils de nou­velles C’était demain et Nou­velles d’Est avant de se tourn­er vers le roman, Jean-Marc Rigaux ques­tionne l’identité belge, expose ses fis­sures, ses incer­ti­tudes, et emmène ses lecteurs de Knokke au Wis­con­sin, là où de nom­breux Wal­lons ont émi­gré. Daph­né Tam­age est la qua­trième mous­que­taire de la cuvée « Bel­giques » 2026, avec un vol­ume qui explore la Bel­gique par des géo­gra­phies intimes, entre attrac­tion et répul­sion.

sluszny pertes

Elle-même autrice d’un Bel­giques paru en 2020, Mar­i­anne Sluszny pub­lie un nou­veau recueil de nou­velles, Pertes… aux édi­tions M.E.O. Chaque texte du livre évoque une perte (celle de la san­té, celle d’un être cher…). La sor­tie est prévue le 6 octo­bre.

blach en francais dans le sexe

Les édi­tions Bozon2X placeront elles aus­si leur ren­trée sous le signe de la nou­velle avec un recueil de Claire Blach, En français dans le sexe, en librairie le 22 octo­bre, bâti sur des con­fi­dences de proches et des expéri­ences vécues ou rêvées.

Qui dit nou­velle pense évidem­ment aux édi­tions Quad­ra­ture. Elles pro­poseront un plaisir de gourmet lit­téraire en octo­bre avec Et le fro­mage chut ! de Marc Tilman, dont chaque nou­velle est une vari­a­tion sur la fable bien con­nue agré­men­tée tan­tôt de con­traintes oulip­i­ennes, tan­tôt de jeux inter­textuels. En novem­bre, le tra­duc­teur Lau­rent Bay­er, dont le pre­mier recueil, La végan­delle, avait déjà paru chez le même édi­teur, pour­suit sur le même ton empreint d’humour et de dis­tance avec Un Parisien à Brux­elles. En décem­bre, ce sera le retour de Jacque­line Daus­sain dont le précé­dent recueil, La journée mon­di­ale de la gen­til­lesse, paru lui aus­si chez Quad­ra­ture, date de 2018 déjà. Salut Bet­ty est un livre sym­bol­ique­ment impor­tant pour Quad­ra­ture, puisqu’il s’a­gi­ra du 100ème pub­lié par l’édi­teur néo-lou­vaniste. Le recueil tourne, comme son titre l’indique, autour du per­son­nage de Bet­ty, « psy­cho­logue de comp­toir » à laque­lle les clients du café où elle tra­vaille, réguliers ou de pas­sage, se con­fient volon­tiers. Le recueil est con­sti­tué de cha­cune de leurs his­toires. 

La col­lec­tion « iF » des édi­tions Abra­pal­abra mise aus­si sur la prose brève, mais sous la forme épis­to­laire, avec le recueil col­lec­tif Sur l’enthousiasme. Vingt-six autri­ces belges (Ade­line Dieudon­né, Nathalie Skowronek, Éléonore de Duve, Vic­toire de Changy, Sophie d’Aubreby, Vio­laine Lison, Rachel M. Cholz, Aliénor Debrocq, Isabelle Wéry, Myr­i­am Leroy, Alix Garin, Car­o­line De Mul­der, Sophie Pir­son) et étrangères (notam­ment Elisa Shua Dusapin, Léonor de Récon­do, Julia Kerni­non) répon­dent en une let­tre à la ques­tion « Com­ment s’enthousiasmer ? ».

Poètes et poétesses en verve

La poésie est un genre tou­jours par­ti­c­ulière­ment dynamique, avec de nom­breuses maisons d’édition dédiées et des écrivaines et écrivains recon­nus autant dans le monde fran­coph­o­ne qu’en Bel­gique. La ren­trée d’automne sera une nou­velle illus­tra­tion de ce foi­son­nement, avec en point d’orgue le Poet­ik Bazar, qui pren­dra ses quartiers aux Halles de Schaer­beek du 18 au 20 sep­tem­bre.

l'etrangere 64

La prochaine livrai­son de la revue L’étrangère des édi­tions La let­tre volée, à paraitre mi-aout, sera d’ailleurs con­sacrée à la poésie belge d’aujourd’hui, avec des con­tri­bu­tions entre autres d’Yves Namur, Char­line Lam­bert, Stéphane Lam­bert ou encore de Jean-Marie Cor­busier.

À la même péri­ode, les édi­tions Altura présen­teront les recueils de deux grands poètes lié­geois, Serge Delaive et Karel Logist. Le pre­mier sort une ver­sion remaniée de son grand œuvre mêlant poésie et pho­togra­phie. Ini­tiale­ment paru au Tétras Lyre, Meuse fleuve nord renait sous le titre Meuse fleuve nord, sec­onde matière. Avec Bleu comme l’oubli, illus­tré par Ben­jamin Holle­beke, Karel Logist arpente les tonal­ités qui sont la mar­que de fab­rique de sa poésie : la nos­tal­gie, le désen­chante­ment, la soli­tude, con­tre­bal­ancés par une pointe d’ironie.

colmant entre les ancres

Les édi­tions Le coudri­er pub­lieront trois recueils en sep­tem­bre, tous signés par des habitués de la mai­son et enrichis d’il­lus­tra­tions qui dia­loguent avec les textes. Il sera ques­tion de la mer dans le recueil Entre les ancres de Philippe Col­mant, illus­tré par l’auteur lui-même et par Véronique Lerin. Avec Tuiles jumelles, Patrick Devaux retourne sur les lieux et les sou­venirs de l’enfance, entre joie et mal­heur, et évoque les vacances chez les grands-par­ents en com­pag­nie d’un jumeau hand­i­capé dont il avait la charge. Les illus­tra­tions sont dues à une autre autrice habituée des édi­tions Le coudri­er, Cather­ine Berael. Deux ans après Le soir saigne rouge, Edith Hen­ry revient avec le recueil Orig­y­nes, illus­tré par son éditrice Joëlle Aubev­ert, dans lequel la poétesse ques­tionne le corps des femmes et la mater­nité.

Les ques­tions de genre, de corps, de fil­i­a­tion et d’i­den­tité seront d’ailleurs très présentes en cette ren­trée. Et la poésie, plus que le roman, sem­ble être le genre par excel­lence où elles trou­vent à s’ex­primer. 

karangwa nee de l'enfance d'une mère

La chercheuse, poétesse, chanteuse et artiste de théâtre Injonge Karang­wa présente aux Car­nets du dessert de lune Née de l’enfance d’une mère, un recueil où il est ques­tion du poids des héritages famil­i­aux, de la trans­mis­sion, subie ou non, entre les mères et les filles. L’autrice évoque aus­si le racisme et les normes qu’il impose. Sor­tie le 10 sep­tem­bre. Cinq ans après le très remar­qué Cail­lass­es, Joëlle Sam­bi présente Mai­son chaos suivi de Pan­dore. Elle passe pour l’oc­ca­sion chez un nou­v­el édi­teur : L’arche. Elle empoigne elle aus­si des prob­lé­ma­tiques très ancrées dans le monde d’aujourd’hui : les­bo­pho­bie, racisme, patri­ar­cat, héritages post­colo­ni­aux… Dans ce vol­ume dou­ble, le recueil poé­tique est suivi d’un essai sur la dif­fi­culté à par­ler dans un monde qui voudrait réduire cer­taines per­son­nes au silence. Autrice bien con­nue dans le domaine de la lit­téra­ture pour la jeunesse, Sara Gréselle pour­suit aus­si, aux édi­tions Esper­luète, une œuvre de lit­téra­ture générale qui mêle poésie et illus­tra­tion. Après Les sou­venirs et les regrets aus­si et Sil­va, elle revient le 11 sep­tem­bre avec J’ai trop de nuit au fond des yeux, dans lequel elle explore, par le texte et par l’image, les géo­gra­phies féminines. Comme Sara Gréselle, Vic­toire de Changy est active aus­si bien en lit­téra­ture pour la jeunesse qu’en lit­téra­ture générale. Pour ce sec­ond ver­sant de son tra­vail, elle explore aus­si bien le roman que la poésie ou l’essai. C’est un recueil poé­tique inti­t­ulé Obliques qui paraitra le 15 sep­tem­bre aux édi­tions L’arbre de Diane, comme son prédécesseur La paume plus grande que toi (2020). L’autrice abor­de entre autres son rôle de mère, le pou­voir de la lit­téra­ture ou encore le droit à la tristesse.

Les édi­tions Cour­gette nous invi­tent à décou­vrir le pre­mier recueil d’Aude Meu­nier, Femme Origa­mi. L’écri­t­ure de la poétesse, brute et sen­si­ble à la fois, dit la con­struc­tion d’une iden­tité fémi­nine mar­quée par le hand­i­cap. Il est ques­tion de corps et de regard, de norme et de dif­férence, de féminité et d’in­va­lid­ité. 

varrasso encrer le sens

Aux édi­tions Académia, la poésie se pra­tique en col­lec­tif avec Encr­er le sens. Ce recueil, porté par Manuela Var­ras­so et Leïla El-Mahi de l’asbl Para­graFes, col­lecte les his­toires de dix femmes issues de l’im­mi­gra­tion. Elles racon­tent l’ex­il, les dis­crim­i­na­tions, mais aus­si le pou­voir des femmes. 

Tou­jours en sep­tem­bre, le col­lec­tif Les Thérapoé­tiques pub­liera un nou­veau vol­ume aux édi­tions Mael­strÖm reEvo­lu­tion. Après S’ancrer en 2025, Se ReLi­er rassem­ble 66 artistes, poètes et thérapeutes qui explorent la ques­tion du lien et de la rela­tion.

valassidis je sais ou dorment mes amis

Depuis quelques années, Alexan­dre Valas­sidis pour­suit une œuvre poé­tique remar­quée et sou­vent récom­pen­sée sous le nom de Louis Adran aux édi­tions Cheyne, tan­dis qu’il a signé de son nom deux romans, Au moins nous aurons vu la nuit et Tir­er, sous le label Scribes des édi­tions Gal­li­mard. Le 1er octo­bre, il pub­lie aux édi­tions Cas­tor astral un ouvrage aux con­fins de la poésie nar­ra­tive et du réc­it frag­men­taire, Je sais où dor­ment mes amis. Ami­tiés et sou­venir sont quelques-unes des ques­tions qui s’y font jour. 

Le 20 novem­bre paraitra le nou­veau recueil de Myette Ron­day aux édi­tions Sans escale. Mar­que­ter­ies évoque des vies sin­gulières avec une grande var­iété de tons.

Enfin, les édi­tions Le coudri­er cloront l’année avec deux recueils annon­cés pour décem­bre : Regards dans lequel la poétesse Dominique Nanain rend hom­mage au Bori­nage et aux mineurs de fond et Être poète, c’est là que nous allons de Luc Del­cor dont on avait lu en 2021 Femme qu’on aime chez la même éditrice.

Diversification du théâtre

L’édition de théâtre est portée depuis des années par les édi­tions Lans­man, aujourd’hui Emile & Cie. Elles se sont imposées au fil du temps comme une référence dans le monde fran­coph­o­ne. On aura toute­fois plaisir à remar­quer que le genre sera aus­si représen­té par d’autres maisons d’édition en cette ren­trée.

Émile & Cie reste évidem­ment le pre­mier acteur dans le genre. Son pro­gramme de ren­trée com­prend Qui s’en charge d’Aliénor Debrocq (aout), qui revient donc au théâtre après HeLa, paru en 2023. En octo­bre, ce sera le tour d’une autre habituée de la mai­son, Stéphanie Mangez, pour la pièce Adver­soeurs. Auteur entre autres de Jean Jean et Là où le soleil se couche, Axel Cornil présen­tera Cas­san­dre en décem­bre.

Après les romans de Christophe Van Staen et Anton Kouzemin, les jeunes édi­tions Aux palais out­re-ponts pub­lient un mono­logue, Gigi. Écrit par Christophe Van Staen, il a été créé à l’Os à moëlle en mars et tourn­era en Bel­gique dès la ren­trée.

Les édi­tions du Cerisi­er sont his­torique­ment engagées dans la pub­li­ca­tion du théâtre-action. Leur cat­a­logue s’enrichira d’un nou­veau titre en octo­bre, avec Au cœur de l’Ogre gris de Thier­ry Müller, qui évoque le biz­ness des maisons de repos.  

Essais : informer et faire réfléchir

Lit­téra­ture, arts, sci­ences humaines, poli­tique… : cet automne, les essais seront nom­breux et leurs objets var­iés.

Littérature : les livres sur les livres

Plusieurs essay­istes oeu­vrent à faire redé­cou­vrir des écrivain-e‑s et des oeu­vres lit­téaires par­fois peu ou mal con­nus.

dewolf lecomte

Trois auteurs belges fer­ont ain­si l’objet de pub­li­ca­tions cet automne. Le sur­réal­isme reste l’un des mar­queurs forts de notre his­toire lit­téraire. Il sera à nou­veau à l’honneur cette année avec la sor­tie le 10 sep­tem­bre aux édi­tions CFC d’une biogra­phie signée par Philippe Dewolf, Mar­cel Lecomte. Une vie repen­sée – dans l’ombre du sur­réal­isme. Philippe Dewolf a rassem­blé témoignages et archives inédites, mais a aus­si minu­tieuse­ment tra­vail­lé sur les textes de Mar­cel Lecomte pour pro­pos­er cette biogra­phie qui met au jour la com­plex­ité de la per­son­nal­ité de ce sin­guli­er sur­réal­iste.

Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique remet­tent à l’honneur une académi­ci­enne, Suzanne Lilar, par la pub­li­ca­tion d’une ver­sion remaniée du cours-con­férence que Lau­rence Boudart lui a con­sacré dans le cadre du Col­lège Bel­gique. Suzanne Lilar : amour, poé­tique et fémin­isme sera disponible en décem­bre.

Le prochain numéro de la revue Textyles, à paraitre le 10 octo­bre, est con­sacré à la dra­maturge Michèle Fabi­en, dont la col­lec­tion Espace Nord nous a per­mis de redé­cou­vrir six pièces ces dernières années (un vol­ume rassem­blant Jocaste, Claire Lacombe et Berty Albrecht, et un autre réu­nis­sant Notre Sade, Sara Z., et Char­lotte). Les con­tri­bu­tions réu­nies dans la nou­velle livrai­son de Textyles abor­dent des ques­tions liées à la dra­maturgie et à l’écriture, mais aus­si au fémin­isme.

weyembergh amours contrariées

Mau­rice Weyem­bergh s’est quant à lui intéressé à la lit­téra­ture mon­di­ale du 12ème au 20ème siè­cle, de Tris­tan et Yseut à Mishi­ma, à la recherche d’un motif, celui des amours con­trar­iées. Son essai, Amours con­trar­iées : romans et vies exem­plaires, parait aux édi­tions de l’Académie royale de Bel­gique le 10 sep­tem­bre.

faucer le marquis de sade

Les édi­tions Lamiroy pour­suiv­ent leur col­lec­tion « L’Article », série de courts essais pub­liée à un rythme men­su­el et dont cha­cun numéro est con­sacré à un auteur. La livrai­son de sep­tem­bre, sous la plume de Gaë­tan Faucer, portera sur le mar­quis de Sade.

bergen helene cixous la messagere du reve

Véronique Bergen se démul­ti­pli­era à nou­veau en cette ren­trée. Out­re le roman déjà men­tion­né, elle présen­tera, en octo­bre, un essai con­sacré à Hélène Cixous. Hélène Cixous, la mes­sagère du rêve, qui parait aux édi­tions La vari­a­tion, étudie les motifs struc­turants de l’œu­vre de cette voix majeure de la lit­téra­ture con­tem­po­raine : la mémoire famil­iale, les héritages his­toriques, les fig­ures dis­parues, la plu­ral­ité des langues… Avec ce nou­veau livre, Véronique Bergen pour­suit un tra­vail déjà entamé dans Hélène CixousLa langue plus-que-vive, paru en 2017 aux édi­tions Hon­oré Cham­pi­on. 

Arts : des œuvres singulières et des questions universelles

Archi­tec­ture, pein­ture, ciné­ma, créa­tion artis­tique en général… : les sujets liés aux arts ne man­quent pas et inspirent des ques­tion­nements mul­ti­ples. 

Aux édi­tions La let­tre volée, les arts sont abor­dés par la philoso­phie et la psy­ch­analyse avec deux ouvrages qui inter­ro­gent la créa­tion et la col­lec­tion de manière générale. Philippe Devries part de son expéri­ence de col­lec­tion­neur d’art con­tem­po­rain pour inter­roger l’acquisition matérielle d’une œuvre d’art et son incor­po­ra­tion men­tale dans La mémoire de l’œil. Regard intérieur sur une col­lec­tion, à paraitre le 13 aout. Le psy­ch­an­a­lyste Yves Depelse­naire creuse la ques­tion des rap­ports entre psy­ch­analyse (lacani­enne) et créa­tion artis­tique dans un ouvrage, Le dire vrai de l’art. Une esthé­tique lacani­enne, annon­cé pour le 5 novem­bre.

wallemacq maris creativité

Dans une tout autre approche, Anne Wallemacq et Claire Maris inter­ro­gent quant à elles la créa­tiv­ité dans Créa­tiv­ité, une approche sen­si­ble, à paraitre chez F dev­ille le 15 octo­bre. Respec­tive­ment soci­o­logue et infor­mati­ci­enne, les deux autri­ces défend­ent une con­cep­tion de la créa­tiv­ité comme disponi­bil­ité à ce qui cherche à appa­raitre, et non comme pro­duc­tion d’une idée nou­velle. 

weber le musee des belges

Patrick Weber s’in­téresse quant à lui non à la créa­tiv­ité, mais aux œuvres déjà créées, et plus encore aux chefs-d’œu­vre. À paraitre le 10 décem­bre aux édi­tions Racine, Le musée des Belges. L’art belge racon­té par ses chefs-d’oeu­vre se donne pour objec­tif d’ap­préhen­der aus­si bien l’his­toire de l’art belge que l’his­toire de la Bel­gique au prisme de 30 tableaux. 

 

Si l’ap­proche de Patrick Weber est cen­trée sur les œuvres, les artistes seront eux aus­si à l’hon­neur en cette ren­trée, avec plusieurs livres con­sacrés à quelques grandes per­son­nal­ités des arts. 

Socié­taire de la Comédie française depuis 2013, le comé­di­en et met­teur en scène belge Chris­t­ian Hecq explique sa for­ma­tion, ses inspi­ra­tions et sa méth­ode de tra­vail dans un livre d’entretiens, Chris­t­ian Hecq : le jeu qui bouge, à paraitre chez Actes Sud (2 sep­tem­bre).

friche josé vandam confidence pour confidence

Les édi­tions Sam­sa pub­lient une biogra­phie du bary­ton José Van­dam (1940–2026). Signée par Michèle Friche, elle s’in­ti­t­ule José Van­dam. Con­fi­dence pour con­fi­dence.

verschueren interpréter la nature

Les édi­tions de l’Académie royale de Bel­gique salu­ent le tra­vail du plas­ti­cien Bob Ver­schueren avec la paru­tion, le 22 octo­bre, d’Inter­préter la nature : cor­re­spon­dance autour de l’œu­vre de Bob Ver­schueren. Les nom­breuses pho­tos qui jalon­nent l’ou­vrage offrent une péren­nité au tra­vail de l’artiste, lui qui ne crée pour­tant que des œuvres éphémères. Les clichés entrent en dia­logue avec  les échanges épis­to­laires de Bob Ver­schueren avec son ami l’his­to­rien de l’art Ralph Dekon­inck, qui font émerg­er quelques ques­tions fon­da­men­tales sur l’œuvre.

Après le livre de Françoise Levie L’architecte fan­tôme. À la recherche d’Octave Van Rys­sel­berghe (prix tri­en­nal de lit­téra­ture de la Ville de Tour­nai), Les Impres­sions nou­velles con­fir­ment leur sen­si­bil­ité à l’architecture avec la paru­tion, en octo­bre, de L’ar­chi­tec­ture palimpses­te. Le temps comme matéri­au de Fran­cis Met­zger. Con­va­in­cu que nous n’intervenons jamais sur une page blanche, l’auteur pro­pose de penser l’architecture comme une mod­i­fi­ca­tion de l’existant, par oppo­si­tion à la fois l’idée de table rase et à celle de con­ser­va­tion à l’identique.
La répu­ta­tion des Impres­sions nou­velles dans le domaine du ciné­ma n’est plus à faire. Elles ajoutent un nou­veau vol­ume à leur déjà très riche cat­a­logue. Dirigé par Frédéric Sojch­er, L’ate­lier de réal­i­sa­tion. 250 expéri­ences de ciné­ma se présente comme un mon­tage de pro­pos tenus par des pro­fes­sion­nels du ciné­ma (scé­nar­istes, réal­isa­teurs, acteurs, com­pos­i­teurs de musique de film, tech­ni­ciens, pro­duc­teurs, dis­trib­u­teurs) à des­ti­na­tion des étu­di­ants en ciné­ma de la Sor­bonne. Mis­es bout à bout, ces con­tri­bu­tions per­me­t­tent de com­pren­dre com­ment un film se fait, de A à Z.

Les édi­tions CFC man­i­fes­tent un intérêt con­stant pour l’art, et plus encore pour les formes actuelles de l’art dans les milieux urbains. Autour de ces ques­tions, la mai­son pro­pose tra­di­tion­nelle­ment des livres qui con­joignent un pro­pos pré­cis, bien infor­mé, et une icono­gra­phie soignée. Dans ce reg­istre, deux ouvrages sont atten­dus en novem­bre : Artistes femmes, artistes brutes de Léonore Frenois et Mod­ern – Archi­tec­ture et société dans les années 1930 de Yaron Pesz­tat. Par­tant du con­stat que l’art brut est aujour­d’hui tou­jours moins coté que l’art légitime, Léonore Frenois s’est intéressée à un pan de cet art qui n’avait pas encore fait l’ob­jet d’é­tudes sys­té­ma­tiques : celui qui est pro­duit par des artistes femmes. Le livre, riche­ment illus­tré, accom­pa­gne l’ex­po­si­tion Sin­gulières : Artistes, auto­di­dactes, affranchies présen­tée au LaM à Vil­leneuve d’Ascq à par­tir d’octobre 2026.
Le livre de Yaron Pesz­tat accom­pa­g­n­era quant à lui l’inauguration de Kanal-Cen­tre Pom­pi­dou le 28 novem­bre 2026. Il s’ag­it d’un beau livre de pho­togra­phies des années 1930, cer­taines à portée doc­u­men­taire, d’autres man­i­fes­tant les liens entre pho­togra­phie et archi­tec­ture à cette époque. 

Philosophie : des concepts pour penser le monde d’aujourd’hui

chabot nos vies encapsulées

Dès le 27 aout, le nou­v­el essai de Pas­cal Chabot, Nos vies encap­sulées : quel devenir pour l’hu­man­ité? (PUF) inter­rogera les con­séquences des réseaux soci­aux, des moyens de com­mu­ni­ca­tion actuels et des appli­ca­tions web sur les rela­tions sociales et les modes de vie. 

Désor­mais plus con­nu dans les sphères poli­tiques que comme chercheur et essay­iste, Paul Mag­nette pub­liera néan­moins un essai le 15 octo­bre, Machi­av­el, aux édi­tions Michalon. Il y développe une étude de la notion de lib­erté à la lumière des écrits de l’auteur du Prince, et  défend notam­ment l’idée d’une lib­erté enten­due comme prise en compte des con­traintes naturelles plutôt que comme leur dom­i­na­tion.

mees ost sabot généalogies de l'existence

Les Impres­sions nou­velles pub­lient un ouvrage co-signé par Mar­tin Mees, Isabelle Ost et Philippe Sabot, Esthé­tique de l’ex­is­tence. Généalo­gies à par­tir de Michel Fou­cault. Les co-auteurs s’intéressent à l’affirmation fou­cal­di­enne d’une pos­si­bil­ité de façon­ner sa pro­pre vie comme on ferait une œuvre d’art, ce que le philosophe nom­mait « esthé­tique de l’existence », et cherchent des généalo­gies pos­si­bles du con­cept dans l’Antiquité et à la Renais­sance.

Histoire : faits passés et Belgique d’aujourd’hui

luffin savoirs musulmans au congo colonial

En sep­tem­bre, les édi­tions de l’Académie royale de Bel­gique pub­lieront Savoirs musul­mans au Con­go colo­nial : textes occultes, écri­t­ure arabe et tal­is­mans de Xavier Luf­fin. Le livre met en avant les réseaux de cir­cu­la­tion des savoirs entre le Con­go et le monde musul­man à l’époque colo­niale. Il tord ain­si le cou à une idée reçue tenace, selon laque­lle il n’y aurait pas eu d’écri­t­ure au Con­go avant la coloni­sa­tion.

morelli le dernier voyage des italiens de Belgique

Les édi­tions Couleur livres com­mé­morent quant à elles le 80ème anniver­saire de “l’ac­cord char­bon”, qui fit venir un grand nom­bre de tra­vailleurs ital­iens en Bel­gique. À cette occa­sion, la mai­son pub­lie Le dernier voy­age des Ital­iens de Bel­gique, d’Anne Morel­li et Nathalie Mignano. Pour évo­quer les tra­jec­toires indi­vidu­elles des immi­grés ital­iens, les deux autri­ces se sont ren­dues sur leurs tombes et ont décou­vert des expres­sions de la nos­tal­gie de la terre natale, de la fierté liée au méti­er exer­cé, ou encore l’ex­pres­sion de leurs cen­tres d’in­térêt, ou de leurs engage­ments poli­tiques. De ces sources encore peu exploitées, Morel­li et Mignano tirent un point de vue renou­velé sur l’im­mi­gra­tion ital­i­enne. 

delfosse il faut tuer francois bovesse

Les édi­tions namurois­es, qui abor­dent la Deux­ième guerre mon­di­ale par la fic­tion avec Chris­tine Mar­tin, l’ap­préhen­dent aus­si par la biogra­phie avec Il faut tuer François Bovesse! d’Annie Delfos­se. Dans cet ouvrage, l’autrice, par ailleurs enseignante, racon­te, dans un style acces­si­ble à un large pub­lic, la vie de François Bovesse, grande fig­ure de la résis­tance et de l’af­fir­ma­tion d’une iden­tité wal­lonne. 

 

La Deux­ième guerre mon­di­ale occu­pera aus­si une place impor­tante dans le pro­gramme de ren­trée des édi­tions Racine. Pour La bataille des Ardennes en cinquante témoignagesHugues Wenkin a col­la­tion­né 50 courts réc­its de témoins. Sor­tie le 20 octo­bre. Chan­tal Kesteloot et Bart Willems co-sig­nent En résis­tance. Bel­gique 1940–1944. Basé sur des archives inédites et des témoignages, le vol­ume offre un éclairage impor­tant sur la résis­tance dans notre pays. 

Dans la même mai­son d’édi­tion, Jean-Pierre Adam nous invite à un bond de quelques décen­nies avec Les tueurs du Bra­bant. L’au­teur, par ailleurs gen­darme, expose son hypothèse, la “piste française”, dans ce cold case qui con­tin­ue de fascin­er. 

À not­er égale­ment aux Édi­tions namurois­es : La seigneurie de Wartet, une vie rurale du XIIe au XIXe siè­cle par Lau­rent Aidans. À la suite de l’au­teur, les lecteurs s’aven­turent dans un petit vil­lage du Namurois, pour en décou­vrir la vie quo­ti­di­enne et les faits mar­quants. 

Territoires et découvertes

Dédiées à la lit­téra­ture de voy­age, les édi­tions Nevi­ca­ta ont créé la col­lec­tion de référence « L’âme des peu­ples », « col­lec­tion de petits livres tout en nuances pour décoder les ressorts pro­fonds d’un pays, d’une région ou d’une ville. Un réc­it de voy­age suivi d’entretiens incisifs et éclairants, mêlant vie quo­ti­di­enne, actu­al­ité, his­toire et cul­ture ». Plusieurs vol­umes enrichi­ront la col­lec­tion dès cet automne. Deux sont signés par des auteurs belges. Sabine Ver­hest s’intéressera au pays du Bon­heur nation­al brut pour Bhoutan. Les cimes du bon­heur, tan­dis que François Janne d’Othée don­nera une nou­velle édi­tion actu­al­isée de Brux­elles, ceci n’est pas une ville.

Par ailleurs, Bernard Mar­nette nous invite à mieux con­naitre quelques fig­ures qui ont fait l’histoire de la Bel­gique par leurs exploits dans His­toires belges. Les grandes fig­ures de l’alpin­isme belge.

Penser la société, bâtir un monde meilleur

Les édi­tions Le cerisi­er défend­ent une ligne édi­to­ri­ale résol­u­ment engagée. Elles pub­lieront, respec­tive­ment en sep­tem­bre et décem­bre, les troisième et qua­trième vol­umes de Pour une démoc­ra­tie cul­ture. Actualité(s) de Mar­cel Hicter, ouvrages col­lec­tifs qui mêlent des textes de Mar­cel Hicter et des con­tri­bu­tions divers­es qui mon­trent l’actualité de la pen­sée du soci­o­logue. En octo­bre, Stéphane Jon­let se deman­dera si Tous les flics sont-ils des bâtards ?. Il exam­ine la manière dont s’est écrite l’histoire de la police en Europe, mar­quée par l’héroïsation de fig­ures du passé pour mieux jus­ti­fi­er et mag­ni­fi­er la police d’aujourd’hui. En novem­bre, un essai d’Éric Tou­s­saint (dont le titre n’est pas encore défini­tif) étudiera la « nou­velle doc­trine de sécu­rité nationale améri­caine » et ses con­séquences sur les rela­tions inter­na­tionales et l’équilibre du monde.

crespo trump et la parade des monstres

Un ouvrage dont la thé­ma­tique fait écho à celui de Car­los Cre­spo, à paraitre chez Couleur livres, Trump et la “parade des mon­stres”. En finir avec la panique morale. Dans un monde où l’il­libéral­isme gagne du ter­rain, l’es­say­iste inter­roge les mécan­ismes qui men­a­cent notre société et expose les con­tra­dic­tions du cap­i­tal­isme d’au­jour­d’hui, qui allie dérégu­la­tion et guerre cul­turelle. 

Pro­longe­ment de la librairie brux­el­loise du même nom, les édi­tions Météores pub­lient « des essais cri­tiques artic­u­lant des expéri­men­ta­tions poli­tiques, sociales et esthé­tiques à des enjeux con­tem­po­rains. » Une ligne édi­to­ri­ale rigoureuse qui con­naitra une nou­velle décli­nai­son le 18 sep­tem­bre avec la paru­tion de l’essai de la soci­o­logue Benedik­te Zitouni, Résis­ter dans des milieux rav­agés. Une fab­ri­ca­tion d’héritages. Recueil d’articles de l’autrice, il invite à repenser l’enquête de ter­rain en enquête « avec des ter­rains » et à quit­ter la posi­tion de sur­plomb qui est sou­vent celle des chercheurs. Il y est ques­tion d’écoféminisme, ou encore de la place du religieux dans l’activisme poli­tique.

leens manuel d'humour

Bien con­nu comme nou­vel­liste (Le père que tu n’auras pas et Sac de noeuds, tous deux parus chez Quad­ra­ture), Luc Leens présente aux édi­tions Académia un ouvrage entre le réc­it et l’es­sai, Manuel d’hu­mour à l’usage du citoyen. Dans une démarche citoyenne, l’au­teur pro­pose d’u­tilis­er l’hu­mour pour résoudre des con­flits et repren­dre le pou­voir au quo­ti­di­en.

Écrits intimes : se raconter

Jour­naux, cor­re­spon­dances, mémoires, auto­bi­ogra­phie… : les gen­res de l’intimité sont nom­breux et leur his­toire anci­enne. Ils con­nais­sent toute­fois une pop­u­lar­ité par­ti­c­ulière à notre époque, qui a forgé le mot « extime » pour mieux par­ler du dévoile­ment de soi.

martin y porras sauver les coeurs

Genèse édi­tion, que l’on con­nait surtout comme mai­son d’édition de romans, pub­liera aus­si un réc­it intime en cette ren­trée, celui de la car­di­o­logue Muriel Mar­tin y Por­ras. Dans Sauver les cœurs, elle racon­te son méti­er, entre réc­its clin­iques et his­toires de patients. Le « cœur » que l’autrice fait pro­fes­sion de répar­er, devient ici le lieu du lien entre le corps, l’esprit et la société.

sofi d'ailleurs le courage des vulnérables

En sep­tem­bre, on décou­vri­ra Le courage des vul­nérables aux édi­tions Académia. Sofi d’ailleurs y racon­te le diag­nos­tic de Trou­ble du spec­tre de l’autisme qu’elle a reçu à trente-cinq ans, sa vie avec ce trou­ble, mais aus­si ce qu’est l’autisme au féminin, moins bien diag­nos­tiqué que celui des hommes. 

gotto opération prostate

Auteur entre autres du recueil de nou­velles Le bouil­lon noir de ma mère (Le cerisi­er) où il tirait de savoureuses his­toires de ses sou­venirs d’en­fant de l’im­mi­gra­tion ital­i­enne, Mario Got­to explore cette fois, à l’en­seigne des édi­tions Couleur livres, un tout autre ver­sant de sa pro­pre his­toire. Opéra­tion prostate! racon­te, avec humour et ironie, l’opéra­tion subie par l’au­teur, mais est aus­si une réflex­ion sur la viril­ité. Le vol­ume est com­plété par un deux­ième réc­it, Les deux frères de la rue des Cana­di­ens

dal rien n'est grave

Dra­maturge, essay­iste, scé­nar­iste de bande dess­inée et homme de médias, Gilles Dal pub­lie un réc­it per­son­nel et douloureux, atten­du le 10 octo­bre aux édi­tions Racine. Dans Rien n’est grave et autres men­songes néces­saires, il tente de racon­ter le dif­fi­cile­ment dici­ble, la mort de son fils. 

geoffroy aurevoir tristesse

Les édi­tions Sam­sa pub­lieront le livre de « con­fi­dences » de la hackeuse Béné­dicte Geof­froy, qui évoque dans Au revoir tristesse son enfance dans un con­texte famil­ial très dif­fi­cile, ses études et les détourne­ments de fonds aux­quels elle s’est adon­née en s’appuyant sur ses excep­tion­nelles com­pé­tences en infor­ma­tique, puis son arresta­tion par la police française.

ueada shoganai

Brux­el­lois d’origine japon­aise, Gen Ueda ques­tionne dans Shoganai (édi­tions L’île aux fleurs, 13 octo­bre) l’identité, le racisme et l’appartenance. Il s’appuie pour ce faire sur la car­rière avortée d’un joueur de foot­ball nip­pon.

les confins

En décem­bre, les édi­tions CFC pub­lieront un réc­it de l’historienne Olen­ka Czarnoc­ki, Les Con­fins. Les Con­fins qui don­nent son titre au livre sont la région de Pologne appelée les Con­fins ori­en­taux. C’est là, à la fron­tière avec l’URSS, que vit en 1939 le cou­ple for­mé par Hala et Kaz­imir, les grands-par­ents de l’autrice. Une sit­u­a­tion géo­graphique qui aura des réper­cus­sions sur la vie de la famille, et emmèn­era les pro­tag­o­nistes sur les chemins de l’ex­il, des camps de pris­on­niers alle­mands aux kolkhozes sovié­tiques en Sibérie, de Varso­vie au Con­go belge, de Téhéran à Bey­routh, de Brux­elles à la Bour­gogne. En racon­tant ce cou­ple, Olen­ka Czarnoc­ki narre aus­si l’his­toire, tour­men­tée, du 20ème siè­cle. 

Patrimoine : les classiques font leur rentrée

Alors que la lit­téra­ture belge n’est pas tou­jours bien con­nue des Belges eux-mêmes et reste qua­si absente des pro­grammes sco­laires – son appren­tis­sage étant lais­sé au bon vouloir des enseignants –, plusieurs maisons d’édition œuvrent avec con­vic­tion à la pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion et à la redé­cou­verte d’écrivaines et écrivains du passé, mais aus­si de l’histoire plus récente. Une dynamique qui se con­firme en cette ren­trée, grâce à la col­lec­tion de poche Espace Nord, aux édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique et à la col­lec­tion « Ha ! » des édi­tions Le Tail­lis Pré.

La col­lec­tion Espace Nord met les autri­ces à l’honneur cet automne et, comme de cou­tume, intè­gre à son cat­a­logue aus­si bien des œuvres récentes – les clas­siques de demain – que des ouvrages déjà con­sacrés et des redé­cou­vertes. Cette ren­trée sera faste pour Vin­ciane Moeschler, puisqu’outre la paru­tion de son nou­veau roman Guerillera, elle fera son entrée dans la col­lec­tion avec Trois incendies, le roman qui lui a valu le prix Rossel en 2019. Françoise Mal­let-Joris (1930–2013) comp­tait quant à elle déjà un titre dans la col­lec­tion, Trois âges de la nuit. Dès le 18 sep­tem­bre, il sera rejoint par Le rem­part des béguines, le pre­mier roman de l’autrice paru alors qu’elle n’avait que 21 ans. Il laisse déjà entrevoir une écrivaine majeure tout en s’aventurant sur le ter­rain peu exploré à l’époque de l’homosexualité fémi­nine et de l’emprise. Le 16 octo­bre, ce sera Boule­vard Jacq­main, roman polici­er d’Irène Hamoir (1906–1994). Celle qui fut l’une des rares autri­ces dans le groupe sur­réal­iste brux­el­lois, à laque­lle Le Car­net et les Instants vient de con­sacr­er un arti­cle, livre ici un roman à clés qui est aus­si un témoignage sur la vie des sur­réal­istes. Le perce-oreille du Lux­em­bourg d’André Bail­lon (1875–1932) est l’un des pre­miers livres à avoir inté­gré le cat­a­logue Espace Nord (le douz­ième exacte­ment). Il reparait le 20 novem­bre dans une édi­tion actu­al­isée, avec une nou­velle post­face. 

Auteur d’Un mâle ou de La fin des bour­geois, Camille Lemon­nier est con­sid­éré comme le plus grand romanci­er nat­u­ral­iste belge (1844–1913). Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture nous fer­ont décou­vrir un aspect beau­coup moins con­nu de son tra­vail avec la pub­li­ca­tion d’un vol­ume de ses Poèmes en prose. Les textes, rassem­blés et édités par Alessio Bal­di­ni, ont paru prin­ci­pale­ment en revue entre 1860 et 1880 et annon­cent déjà, par cer­tains aspects, l’œuvre qui advien­dra.

La col­lec­tion « Ha ! » des édi­tions Le Tail­lis Pré nous a valu de superbes redé­cou­vertes ces dernières années. Songeons aux Poésies com­plètes d’Hilda Bertrand ou aux Poésies de Madeleine Ley. Deux nou­veaux vol­umes sont au pro­gramme de cette ren­trée. Si la notoriété de Mau­rice Carême (1899–1978) n’est plus à bâtir, la mai­son d’édi­tion de Châte­lin­eau sur­prend en pub­liant Hôtel bour­geois et autres poèmes mod­ernistes, des textes issus de la pre­mière péri­ode du poète, avant donc qu’il devi­enne le poète pour l’enfance auquel son image actuelle est sou­vent can­ton­née. Le vol­ume regroupe qua­tre recueils, 63 illus­tra­tions pour un jeu de l’oie (1925), Hôtel bour­geois (1926), Chan­sons pour Caprine (1930) et Reflets d’hélices (1932), qui lais­sent voir un jeune poète tra­ver­sé par les influ­ences mod­ernistes de son temps. Beau­coup moins con­nu que Carême, Hen­ri Falaise (1948–1999) est pour­tant l’auteur d’une dizaine de recueils poé­tiques salués en leur temps par ses pairs. C’est par le biais d’une antholo­gie, Petits travaux d’élégie. Poèmes choi­sis 1974–1999, établie par Félix Katikakis, que Le Tail­lis Pré nous invite à le redé­cou­vrir.

Qua­si quar­ante ans après le décès de Mar­guerite Yource­nar (1903–1987), ses œuvres, dev­enues des clas­siques, font encore sou­vent l’ac­tu­al­ité édi­to­ri­ale. Ce sera à nou­veau le cas en sep­tem­bre, avec un inédit pub­lié par Gal­li­mard, Tra­ver­sée sur le Batho­ry : 1964, un réc­it dans lequel elle con­signe ses impres­sions de voy­age, et la réédi­tion chez Fata Mor­gana des Trente-trois noms de Dieu, recueil de trois textes intimes.

Livres de poche : la deuxième vie des livres à succès

Les bilans annuels des ventes de livres mon­trent l’en­goue­ment du pub­lic pour les édi­tions de poche, moins onéreuses et réservées aux ouvrages qui ont déjà fait leurs preuves en grand for­mat. Plusieurs sor­ties sont atten­dues cet automne.

Après une pre­mière édi­tion en 2019, La clé USB de Jean-Philippe Tou­s­saint reparait dans la col­lec­tion de poche des édi­tions de Minu­it. La ren­trée sera donc dou­ble pour l’auteur, avec cette réédi­tion qui parait le même jour (27 aout) que son nou­veau roman.

Le bel obscur de Car­o­line Lamarche, arrivé deux­ième du Goncourt 2025, aura prob­a­ble­ment été le roman belge dont on a le plus par­lé l’année dernière. Fort de ce suc­cès, il reparait dans la col­lec­tion « Points » le 4 sep­tem­bre.

On ne s’étonnera guère d’apprendre que Chris­telle Dabos et Éric-Emmanuel Schmitt, tous deux cou­tu­miers des suc­cès de librairie, passeront eux aus­si au for­mat de poche. Elle avec le dystopique Nous, réédité en « Folio » et disponible le 17 sep­tem­bre, et Schmitt pour le 5ème vol­ume de sa saga La tra­ver­sée des temps : Les deux roy­aumes (Le livre de poche, 30 sep­tem­bre).

boxho entretien avec un cadavre poche

En Bel­gique, le phénomène de librairie de ces dernières années s’ap­pelle Philippe Box­ho. À l’in­star des autres livres dans lesquels le célèbre légiste racon­te à ses lec­tri­ces et lecteurs des cas intéres­sants aux­quels il a été con­fron­té, Entre­tien avec un cadavre sera réédité au Livre de poche le 7 octo­bre. 

Comme Philippe Box­ho, Ludovic Mélon fera par­tie des quelques auteurs dont la ren­trée sera dou­ble. Alors qu’il s’essaie à la fan­ta­sy avec La con­teuse, son pre­mier roman, un polici­er, La brigade des bus­es, reparait au Livre de poche le 21 novem­bre.

Les essais aus­si peu­vent pass­er en poche et notam­ment celui de Pas­cal Chabot, Avoir le temps. Essai de chronoso­phie, réédité dans la col­lec­tion « Quadrige », à décou­vrir dès le 27 aout.

La rentrée belge avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-aout à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée seront à suiv­re sur notre blog. 

Nau­si­caa Dewez