Harry SZPILMANN, La vie fragile, Taillis Pré, 2025, 122 p., 18 €, ISBN : 9782874502422
Des fois, les gens qui écrivent, ça peut être radical. Très radical. Décidant, parfois consciemment, parfois pas, de jouer avec les codes du genre. Repoussant, ou mettant en question, les limites, par exemple, de la poésie, de ce qu’on pense généralement être la poésie. C’est souvent impressionnant. Spectaculaire. Harry Szpilmann est radical mais ne joue pas du tout dans ces eaux-là. Sa radicalité, je la trouve, personnellement, dans ses partis-pris existentiels. Harry Szpilmann ne se préoccupant pas du tout de “révolutionner son art”. Ne cherchant pas du tout à “séduire”. Pas d’allusion, chez lui, dans sa Vie fragile, aux grandes thématiques du moment, politiques, environnementales, etc. Pas de retour, non plus, aux sensations du corps. Continuer la lecture













Par où commencer, par quel bout prendre notre existence, comment composer avec notre « mémoire d’être né », avec quel silence conjuguer notre parole, comment faire entrer notre grande soif de vivre dans notre étroit gosier, où « […] c’est la honte qu’ils ont enfoncée »? Ces questions émergent sans doute à la lecture du recueil D’une douceur écorchée de
À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la collection « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répondu : écrire sur ce que signifie pour eux la ligne blanche. Traversé par une crise, tenaillé par une pulsion qui se traduit en une décision — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la manifestation du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syndrome Bartleby. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syntagme lancé aux contributeurs venus du monde du roman, de la bande dessinée, de la poésie, du journalisme s’apparente à un signifiant flottant que chaque auteur va interpréter, diffracter en récits ou en poèmes.