Archives par étiquette : Vincent Tholomé

Les quatre saisons d’Harry Szpilmann

Har­ry SZPILMANN, La vie frag­ile, Tail­lis Pré, 2025, 122 p., 18 €, ISBN :  9782874502422

szpilmann la vie fragileDes fois, les gens qui écrivent, ça peut être rad­i­cal. Très rad­i­cal. Déci­dant, par­fois con­sciem­ment, par­fois pas, de jouer avec les codes du genre. Repous­sant, ou met­tant en ques­tion, les lim­ites, par exem­ple, de la poésie, de ce qu’on pense générale­ment être la poésie. C’est sou­vent impres­sion­nant. Spec­tac­u­laire. Har­ry Szpil­mann est rad­i­cal mais ne joue pas du tout dans ces eaux-là. Sa rad­i­cal­ité, je la trou­ve, per­son­nelle­ment, dans ses par­tis-pris exis­ten­tiels. Har­ry Szpil­mann ne se préoc­cu­pant pas du tout de “révo­lu­tion­ner son art”. Ne cher­chant pas du tout à “séduire”. Pas d’allusion, chez lui, dans sa Vie frag­ile, aux grandes thé­ma­tiques du moment, poli­tiques, envi­ron­nemen­tales, etc. Pas de retour, non plus, aux sen­sa­tions du corps. Con­tin­uer la lec­ture →

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture →

Où l’auteur produit, à tour de bras, une littérature splendidement utile et inutile

Un coup de cœur du Car­net

Antoine BOUTE, Siestes Pilotes, Back­land, 2025, 98 p., 17 €, ISBN : 9782959402753

boute siestes pilotesJ’ouvre Siestes pilotes et, d’emblée, deux évi­dences : 1) j’aime ce livre et, 2), j’aimerais que, là, à l’instant, Antoine Boute se matéri­alise devant moi et me lise des extraits de Siestes pilotes, réin­ven­tant, pour mes yeux, et surtout mes oreilles, son écrit, dans une lec­ture per­for­mance inou­bli­able et drôle.

Parce qu’Antoine Boute est un maitre. Un expert en écholalies et glos­so­lalies. Prenant grand soin de ne jamais nous per­dre. Prenant grand soin à nous tenir en haleine. C’est que, l’air de rien, la langue mon­strueuse et les façons de faire d’Antoine Boute tien­nent autant du jeu, de la blague, du plaisir qu’il y a à écrire, à laiss­er la langue et les jeux avec les mots dicter le réc­it, les his­toires mul­ti­ples à pleur­er de rire rap­portées dans le livre qu’à l’art du réc­it et de la racon­touze. Comme si la langue — et les jeux qu’elle per­met — créait elle-même, en per­son­ne, le texte que nous sommes en train de lire. Comme si la langue en était l’auteur ou l’autrice. Antoine Boute n’étant que l’instrument de la langue. Son bic ou son écran infor­ma­tique. La langue pas­sant à tra­vers le corps d’Antoine Boute pour enfin s’incarner. Pren­dre corps devant nous. Con­tin­uer la lec­ture →

Écrire et lire pour qu’il y ait autre chose à vivre, sur cette terre, que le gel, le crachin, les malheurs et les dos qui se figent

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, Per­son­ne dis-tu, Rougerie, 2025, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑85668–427‑6

dugardin personne dis tuAvec Per­son­ne dis-tu, Marc Dugardin pour­suit son “boulot” de poète, ou la tâche qu’il s’assigne, en tout cas, en tant que poète : être un sis­mo­graphe, un enreg­istreur. Un passeur de vibra­tions, de sen­sa­tions et d’émotions. Ses poèmes vont droit au but. Ne s’embarrassant ni des faits, ni des lieux, ni des heures, ni des noms.

Dans Per­son­ne dis-tu, le pre­mier poème dit : Con­tin­uer la lec­ture →

Aucun été n’est éternel

Un coup de cœur du Car­net

Cather­ine BARSICS, Plages, Abra­pal­abra, coll. « IF », 2025, 106 p., 15 €, ISBN : 9782931324042

barsics plagesCather­ine Bar­sics est une poétesse auda­cieuse. Inno­vante. Élar­gis­sant, en toute dis­cré­tion, le champ de la poésie, de ce qu’on entend par poésie. N’hésitant pas à se frot­ter, par exem­ple, à des sujets a pri­ori peu poé­tiques, soi-dis­ant dérisoires ou futiles. Dans PLAGES, chaque poème est une vignette, ultra courte, sus­ci­tant dans la tête de leurs lec­tri­ces et lecteurs des images, des saynètes ultra visuelles. Chaque poème fonc­tion­nant comme une planche de BD dont on aurait sucré les cas­es et les dessins pour n’en garder que les textes. C’est beau. Ça par­le aux corps. Trou­ve un écho dans ce que, par­fois, on ressent toutes et tous : cette vibra­tion qui, par­fois, nous tra­verse. Cette joie d’être là. Sans casse­ment de tête. À fleur de peau. Con­tin­uer la lec­ture →

Écrire pour se tenir, à nouveau, nez au vent au bord du monde

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rence SKIVEE, Déten­trice, Let­tre volée, 2025, 104 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–640‑2

skivée detentriceTout qui a déjà lu Lau­rence Skivée le sait : en ouvrant un nou­v­el ouvrage de l’autrice, on espère retrou­ver une langue à nulle autre pareille, une voix amie, nous mur­mu­rant des choses à pro­pos de détails infimes ou intimes, dévelop­pant un rap­port tout per­son­nel, tout sin­guli­er et énig­ma­tique, au monde. Parce que Lau­rence Skivée est, mine de rien, d’une exi­gence folle, jouant avec maes­tria du vers, des blancs de la page, du téle­sco­page de sen­sa­tions et d’émotions, des sou­venirs et des notes pris­es sur le vif, au gré de ses errances, réelles ou men­tales. Parce que Lau­rence Skivée, c’est un style. Un “coup de pat­te” à nul autre pareil. Déten­trice, son nou­v­el opus, n’échappe pas à cette règle. Tant mieux pour nous : sa langue inven­tive nous entraine, une fois de plus, dans des zones où les mots, les phras­es, les pages, nous don­nent à sen­tir, à vivre au plus près, au-delà ou en-deçà du sens des mots, l’expérience rap­portée. Con­tin­uer la lec­ture →

Enquête sur un double et sur soi-même

San­dra DE VIVIES, La femme du lac, Cam­bourakis, 2025, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36624–967‑5

de vivies la femme du lacLa femme du lac est le pre­mier roman de San­dra de Vivies, une autrice ambitieuse, n’ayant pas froid aux yeux. L’histoire en est sim­ple : une nar­ra­trice acquiert à Berlin, pour 12 €, une boîte de négat­ifs pho­tos datant des années 1960–1970. Puis tout part à la dérive, tant au niveau nar­ratif qu’au niveau de la langue, San­dra de Vivies nous invi­tant à une plongée sen­si­ble et his­torique hors-norme. La nar­ra­trice, mal­gré la dif­férence d’âge et d’époque, s’identifiant à cette femme du lac qui appa­rait ici et là dans les pho­tos. La nar­ra­trice ne pou­vant s’empêcher de voir dans cette femme du lac un dou­ble d’elle-même. Con­tin­uer la lec­ture →

Trois hypothèses sur Leïla Zerhouni

Leïla ZERHOUNI, De vie, de sable et de vent, Bleu d’encre, 2024, 86 p., 15 €, ISBN : 9782930725758

HYPOTHÈSE # 1

zerhouni de vie de sable et de ventLeïla Zer­houni est une autrice touchant à divers gen­res : roman, nou­velle, poésie, lit­téra­ture. Dans ses écrits, elle explore des thé­ma­tiques qui la con­cer­nent per­son­nelle­ment ou qui la préoc­cu­pent, telles que sa dou­ble orig­ine, algéri­enne et belge, le fait de vivre à cheval sur deux cul­tures, deux façons d’être au monde, les grands boule­verse­ments et les remis­es en cause actuelles. Ses livres par­lent d’é­colo­gie. Du fait d’être femme. De guer­res. De migra­tion. De déplace­ment de pop­u­la­tion. D’in­jus­tices. Je pense ceci : Leïla Zer­houni se fiche de faire lit­téraire. Compte pour elle le fait de don­ner à lire ou à enten­dre des textes inscrits dans l’i­ci et main­tenant. Des textes écrits pour tout le monde. Des textes à lire de 7 à 77 ans. Con­tin­uer la lec­ture →

Pour un cinéma freak, émancipateur et sans repos

Un coup de cœur du Car­net

Louise VAN BRABANT, Lau­ra Palmer au pays des miroirs, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2024, 128 p., 13 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 9782390701750

van brabant laura palmerFans de Twin Peaks, ras­surez-vous : le sub­lime essai de Louise Van Bra­bant, Lau­ra Palmer au pays des miroirs, n’épuise pas le sujet. Tout au con­traire. Il se pour­rait que les thès­es dévelop­pées ou sug­gérées ici relan­cent notre addic­tion. L’an­gle d’at­taque de l’autrice – faire de Lau­ra Palmer une héroïne fémin­iste, en somme – lui per­met, en tout cas, sans avoir l’air, d’esquiss­er d’autres pistes inter­pré­ta­tives à explor­er, me don­nant per­son­nelle­ment envie de me plonger, une fois de plus, dans la série mythique de David Lynch et Mark Frost en remet­tant en route ma pro­pre fab­rique à sens. Con­tin­uer la lec­ture →

Deux ou trois considérations sur Pieterke Mol

Un coup de cœur du Car­net

Pieterke MOL, Com­ment dire au revoir à un père absent ?, Édi­tions Bleu dans vert, coll. « Peau com­mune », 2024, 82 p., 9 €, ISBN : 9782960269383

mol comment dire aurevoir à un pere absentConsidération # 1 : où il est dit qu’on crée pour ne pas n’être qu’un bout de viande déjà morte

Com­ment dire au revoir à un père déjà mort ? Com­ment tourn­er la page ? Qu’est-ce que lut­ter ? Pourquoi lut­ter ? Êtes-vous issu ou issue d’une famille tox­ique ? Assu­jet­tie à l’al­cool ? Échappe-t-on jamais aux ven­tres de nos mères ? Des lieux de nos nais­sances ? Hérite-t-on pour tou­jours des assué­tudes de nos père et mère ? Pieterke Mol est jeune, pho­tographe, autrice et réal­isatrice de pod­casts. Dès ses études, elle décide : ses créa­tions, pho­tos, textes, sons, seront auto­bi­ographiques. Non parce que Pieterke Mol con­sid­ér­erait son par­cours de vie comme exem­plaire : il n’y a rien de “gourouesque” dans la démarche de Pieterke Mol. Il y a du feu. Une langue splen­dide. Incan­des­cente. En 2020, Ça va n’aller, son pre­mier roman, avait ébloui, par­venant même, une pre­mière pour un livre auto-édité, à con­courir loin pour le Prix Rossel, tant le style de Pieterke Mol empor­tait ses lec­tri­ces et lecteurs dans un déluge de phras­es brèves et de mots puis­sants faisant bas­culer le réc­it de sa vie du côté de la lit­téra­ture plutôt que dans la “sim­ple” rela­tion d’une expéri­ence douloureuse, d’une enfance triste et mor­tifère et de sa pro­pre lutte dans l’en­fer de la coke et de l’al­cool. Con­tin­uer la lec­ture →

Où l’on dit qu’on vit dans un monde fait d’ombres et de lumières

Lau­ra SCHLICHTER, Recoudre la nuit, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2024, 72 p., 8 €, ISBN : 9782875055002

schlichter recoudre la nuitRecoudre la nuit, ça peut se lire comme un jour­nal intime. Jour­nal de deuil. Ou tra­ver­sée de l’ab­sence. D’abord il y a le vide, la place vide et froide à côté de soi dans le lit. Le fait que rien, pas même les mots, le plaisir qu’il y avait à en jouer, ni per­son­ne, aucun des autres êtres qui comptent, ne con­sole. Le fait que, face au deuil et au grand saut, on est seul.e. Rien qu’avec soi. Sociale­ment sommé.e de trou­ver en soi la force de tra­vers­er l’ab­sence. Parce que, sociale­ment par­lant, on le sait, tous et toutes, on ferait pareil : on ne tourne le dos, on ne sait pas quoi nous dire, il y a comme une gêne. Parce qu’on vit à une époque où les mal­heurs intimes, surtout ceux des autres, on ne sait pas quoi en faire, on ne sait pas con­sol­er. A‑t-on jamais appris à le faire ? Comme si on ne voulait surtout pas que quelque chose, un mal­heur d’autrui, nous rap­pelle cette évi­dence : LIFE IS A KILLER. LA VIE TUE. LA VIE DÉTRUIT. Et d’abord nous-mêmes. Nous fra­cas­sant en 10 000 morceaux. 10 000 pièces de puz­zle. À rassem­bler. À rec­oller. Seule façon de recoudre la nuit, si l’on désire con­tin­uer. Si quelque chose, un élan, nous incite à pour­suiv­re. Con­tin­uer la lec­ture →

Où l’auteur nous incite à devenir co-autrice et co-auteur de son livre

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er DEPREZ, WREK, FRMK, 2024, n.p., 29 €, ISBN : 9782390220497

Scriptum

deprez wrekWREK est un livre hors-norme. Un OLNI. Objet lit­téraire non iden­ti­fié comme on dis­ait il y a quelques années. Com­ment ? Objet “lit­téraire”, dites-vous ? Alors que le texte est réduit ici à quelques inter­titres façon film muet ou à des sous-titres ponc­tu­ant ci et là des images tirées de doc­u­men­taires, actus, inter­views, films expés, vieilles pein­tures et BD, per­for­mances, et glanées ci et là dans la poubelle à pho­tos que sont, des fois, les archives sur le net ? Oui. Je per­siste et je signe : WREK est un objet lit­téraire. De haute voltige en plus. Parce qu’un OLNI a beau ne pas respecter les règles du jeu, ne pas pro­pos­er à ses lec­tri­ces et lecteurs une his­toire atten­due et plan-plan déroulant ses grands effets de manche et sor­tant ses géants des Flan­dres de son cha­peau-claque, WREK demeure un livre et se lit comme un livre. Il gagne à se feuil­leter une pre­mière fois, du moins je trou­ve, de sa page 1 à sa page 200 et quelque, dans l’ordre voulu par l’auteur, sur le chemin très sub­jec­tif pro­posé pour ne pas se per­dre dans le chaos. Parce que l’auteur grave sur bois, recy­cle et réa­gence à sa sauce tout ce qui le touche, l’émeut, l’a touché ou ému au hasard de ses recherch­es sur le web. Une man­i­fes­ta­tion qui tourne vilain. Un gag de Nan­cy et Slug­go, la BD naughty girl d’Ernie Bush­miller. Des dans­es macabres moyenâgeuses. Des per­for­mances de Joseph Beuys et d’autres. Des cou­ples posant debout, “face caméra”, comme on posait, jadis, pour l’œil du pho­tographe. Con­tin­uer la lec­ture →

Nourrir les chiens non par amour des chiens mais parce qu’ils errent la nuit seuls dans les squares

Bastien HAUSER, Une sin­gu­lar­ité, Actes Sud, 2024, 256 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 978–2‑330–18951‑8

hauser une singularitéQu’est-ce que le sens ? D’une vie ? D’un livre ? D’une fic­tion ? Décidé­ment, les mas­ters de créa­tion lit­téraire en écoles d’art se révè­lent de belles pépinières d’autrices et d’auteurs pub­liés. Celui de La Cam­bre, ini­tié par Gilles Col­lard, a servi de trem­plin ou de coup de pouce à Bastien Hauser, un Suisse, jeune, établi à Brux­elles. Une sin­gu­lar­ité, livre aux accents curieuse­ment lynchéens, est son pre­mier roman. De Brux­elles à Tuc­son, on y suit l’effondrement physique et men­tal d’Abel Fleck, un homme jeune, vic­time, à pas d’âge, d’un AVC, le jour même où est révélée la pre­mière pho­togra­phie jamais prise d’un trou noir, sin­gu­lar­ité cos­mique dont rien n’émane, ni lumière, ni matière, ni infor­ma­tion. De Brux­elles à Tuc­son, Hauser tire aus­si le por­trait d’une jeunesse arty et bran­chouille, adepte des teufs, de l’alcool, de la dope, des amours libres et des musiques élec­tro. Abel Fleck faisant d’abord comme si rien ne lui était arrivé. Comme s’il pou­vait encore jouir, comme avant, avec insou­ciance, du monde de la nuit. Abel Fleck, pour­tant, au point d’en per­dre la tête, ne pou­vant s’empêcher de créer du sens, de reli­er ses trous de mémoire, ses absences et son acuité audi­tive accrue, à la présence de M87*, un trou noir tapi au fin fond de l’espace. Abel Fleck étant per­suadé que sa tête, la sin­gu­lar­ité qui, main­tenant, habite sa tête, en capterait les fréquences radio. Con­tin­uer la lec­ture →

Fermeture pour inventaire

Un coup de cœur du Car­net

Une poésie de vingt ans. Antholo­gie de la poésie en Bel­gique fran­coph­o­ne (2000–2020), choix de textes et intro­duc­tion par Gérald PURNELLE, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 440 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–557‑5

une poesie de vingt ansLa col­lec­tion Espace Nord pub­lie en juin 2022 une antholo­gie con­sacrée à la poésie belge fran­coph­o­ne parue entre 2000 et 2020. « Ni un bilan, ni un état des lieux en bonne et due forme », le vol­ume héberge les textes de 128 auteurs et autri­ces sous le pavil­lon d’une poésie jeune, à l’échelle d’un siè­cle jeune et d’un jeune mil­lé­naire. Con­tin­uer la lec­ture →

Et du dépl(o)iement

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, D’une douceur écorchée. Jan­vi­er 2016 — Décem­bre 2018, suivi d’une approche par Vin­cent Tholomé, Rougerie, 2020, 13 €, ISBN : 978–2‑85668–408‑5

[…]
par où com­mencer
n’est pas
une ques­tion d’oiseau

Par où com­mencer, par quel bout pren­dre notre exis­tence, com­ment com­pos­er avec notre « mémoire d’être né », avec quel silence con­juguer notre parole, com­ment faire entr­er notre grande soif de vivre dans notre étroit gosier, où « […] c’est la honte qu’ils ont enfon­cée »? Ces ques­tions émer­gent sans doute à la lec­ture du recueil D’une douceur écorchée de Marc Dugardin (Édi­tions Rougerie). Con­tin­uer la lec­ture →

Faisceau de lignes blanches

COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la col­lec­tion « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répon­du : écrire sur ce que sig­ni­fie pour eux la ligne blanche. Tra­ver­sé par une crise, tenail­lé par une pul­sion qui se traduit en une déci­sion — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la man­i­fes­ta­tion du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syn­drome Bartle­by. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syn­tagme lancé aux con­tribu­teurs venus du monde du roman, de la bande dess­inée, de la poésie, du jour­nal­isme s’apparente à un sig­nifi­ant flot­tant que chaque auteur va inter­préter, dif­frac­ter en réc­its ou en poèmes. Con­tin­uer la lec­ture →