Archives par étiquette : Luc Dellisse

Plongées et contre-plongées

Luc DELLISSE, Con­tre plongées, Lamiroy, 2026, 220 p., 20 €, ISBN : 9782390810490

dellisse contre plongées« Il y a des sou­venirs dont on ne peut rien faire, des expéri­ences inter­change­ables, des événe­ments qui pour­raient advenir à n’importe qui. Les seuls sou­venirs qui comptent sont ceux qui con­ti­en­nent en germe une fleur nou­velle, dont les racines sont en nous. Le reste peut rejoin­dre les oubli­ettes de la mémoire. » Ces réminis­cences affleu­rant à la con­science, Luc Del­lisse les laisse émerg­er, les scrute, puis plonge en elles pour les remon­ter par paliers : « Ce qui compte c’est d’inverser l’appel des pro­fondeurs, de remon­ter vers la lumière en ten­ant un tré­sor, un sim­ple tes­son, entre les dents. De crev­er de la tête la sur­face, pour exam­in­er au grand jour les tes­sons de ma vie, dans leur couleur orig­inelle. La mémoire est le seul appareil de con­tre-plongée. » De ces bouts d’existence, il forge lit­téraire­ment des réc­its auto-fic­tifs, qu’il rassem­ble ensuite dans un écrin, tel son dernier recueil Con­tre plongées. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de Rony Demaeseneer

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Rony Demae­se­neer.  Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de Frédéric Saenen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Frédéric Sae­nen.  Con­tin­uer la lec­ture

Les Manneken-prix 2025

Les lau­réats et lau­réates des Man­neken-prix 2025 ont été dévoilés ce ven­dre­di 28 novem­bre. Con­tin­uer la lec­ture

… Et je n’ai pas (encore) écrit tous les livres

Luc DELLISSE, Le temps de l’écrivain, Impres­sions nou­velles, 2025, 192 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑39070–236‑8

dellisse le temps de l'écrivainDepuis qua­tre décen­nies au moins, Luc Del­lisse s’est coif­fé alter­na­tive­ment, grâce à une rigoureuse et impa­ra­ble con­ti­nu­ité d’écriture, de toutes les cas­quettes qu’il est per­mis d’emprunter (et de garder) lorsqu’on exerce le curieux méti­er d’écrivain : romanci­er, chroniqueur, essay­iste, nou­vel­liste, poète, dra­maturge, scé­nar­iste (de bande dess­inée), enseignant (le ciné­ma notam­ment), con­férenci­er, et même, depuis 2021, académi­cien, suc­cé­dant à cette fig­ure majeure et regret­tée des let­tres belges que fut Jacques De Deck­er. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Des images, des mots, et vice-versa

Yves NAMUR (sous la direc­tion de), Lit­téra­ture et Pho­togra­phie. Académie royale de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8032–0088‑7

collectif litterature et photographieImman­quable dès le pre­mier abord : la diver­sité même de cet ouvrage où dix auteurs/autrices s’intéressent aux rela­tions entretenues avec la pho­togra­phie par une série d’autres l’ayant, depuis le début des années 1980, pra­tiquée, ou observée, ou com­men­tée, ou mise en retrait. Ce petit livre réu­nit les inter­ven­tions pronon­cées en novem­bre 2024, lors d’un col­loque organ­isé à Brux­elles par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture française. Dix inter­ven­tions : celles de Jan Baetens, Danielle Bajomée, Muriel Claude, Luc Del­lisse, Hélène Gian­nec­chi­ni, Philippe Lekeuche, Yves Namur et Mar­tine Renouprez. Autant dire qu’il en ressort des approches sig­ni­fica­tive­ment dif­férentes sur la thé­ma­tique abor­dée, témoignant de l’impact incroy­able­ment fécond qu’a procuré l’image pho­tographique depuis son inven­tion par Niépce, vers 1825, et ce qu’il en advint par la suite. Impos­si­ble ici de ren­dre compte en détail des apports par­ti­c­uliers de ces dix chapitres en noir et blanc. Mais à tra­vers ces pages vien­nent s’inscrire des élé­ments qui, dans leur dis­par­ité, sem­blent autant de pointeaux mar­quants au sein du ter­ri­toire délim­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Luc Dellisse, « Immortel, jusqu’à plus ample informé… »

Un coup de cœur du Car­net

Luc DELLISSE, Bien fait pour moi, Herbe qui trem­ble, 2025, 134 p., 16 €, ISBN : 9782491462963

dellisse bien fait pour moiDes por­traits ? Pas vrai­ment, on visu­alise à con­tre-jour les phy­s­ionomies des pas­santes et des pas­sagers de ces pages. Des tranch­es de vie, alors… Peut-être, mais sait-on jamais ce qu’un écrivain est prêt à inven­ter pour vous per­suad­er qu’il fut, qu’il est, vivant ? Bien fait pour moi est plus cer­taine­ment con­sti­tué d’instantanés, non pas rangés en album, ce qui serait le plus sûr moyen de les voir fan­er, mais présen­tés en enfilade, comme on le dit de ces portes que l’on fran­chit à la hâte, sans s’assurer que quelqu’un nous suit, ni qu’elles sont bien refer­mées après nous.  Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Frédéric Saenen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Frédéric Sae­nen. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman échiquéen

Un coup de cœur du Car­net

Maxime LAMIROY, Deux sœurs, Pré­face de Luc Del­lisse, Lamiroy, 2024, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–954‑6 

lamiroy deux soeursRoman éblouis­sant qui prend place au sein d’un pro­jet ambitieux, d’une œuvre totale inti­t­ulée La défense NabokovDeux sœurs s’offre comme un ver­tige fic­tion­nel qui prend à bras-le-corps le geste créa­teur, les ques­tions du génie, de l’inexorable avancée du temps. L’émotion à la lec­ture de ce chef‑d’œuvre posthume est hyper­bolique, Maxime Lamiroy étant mort cette année à l’âge de trente-deux ans. Autour de deux sœurs — Katia la sculp­trice et Ele­na, roman­cière de sa pro­pre vie —, gravite une tribu de per­son­nages, un éphèbe-muse qui pose pour Katia, le mari de celle-ci qui fait songer à un Vladimir Nabokov ayant renon­cé à écrire, Ismaël habité par la mélan­col­ie, l’oncle styl­iste. Dans ce texte, courent aus­si les ombres de la lit­téra­ture russe, l’âme d’une Russie empêtrée dans les ten­sions entre son présent et son passé. Con­tin­uer la lec­ture

Je et un(e) autre

Luc DELLISSE, Ce que je sais sur Lin­da, Lamiroy, 2024, 245 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–940‑9

dellisse ce que je sais sur lindaUn homme ne sup­porte plus sa vie « offi­cielle ». Il aspire à devenir invis­i­ble, à être libre, à vivre sans passé, dans l’anonymat. Ou du moins à se don­ner des moments de fuite. Il imag­ine un strat­a­gème pour dis­paraître régulière­ment, vivre une autre vie pour laque­lle il se fab­rique une autre per­son­nal­ité. Par hasard, dans cette exis­tence dis­simulée, il ren­con­tre Lin­da. Dans ce roman de Luc Del­lisse, Ce que je sais sur Lin­da, le nar­ra­teur tombe sous le charme de la jeune femme, dont il décou­vre très vite qu’elle est, elle aus­si, entourée de mys­tère. Comme lui, elle n’est pas ce qu’elle pré­tend être. La rela­tion qui s’ébauche entre eux est de l’ordre de l’amitié et d’une très grande com­plic­ité, d’une entente à demi-mots. Cette rela­tion n’est pas de nature amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Un parfum de pierre philosophale

Luc DELLISSE, Hen­ri Van Lier, philosophe à l’état pur, Lamiroy, coll. « L’article », 2024, 48 p., 5 €, ISBN : 978–2‑87595–923‑2

dellisse l'article« Le vis­age de ce qui suit m’est bien trop con­nu pour que l’espace qui m’entoure ne s’assombrisse et que reparaisse devant moi la scène ter­ri­ble : une nuit dévo­rant la rue Mon­ge à Paris. »

Dans son édi­to­r­i­al, le directeur de col­lec­tion Maxime Lamiroy évoque une scène de 1939, la manière dont fut sauvée une analyse de la pen­sée d’un grand auteur russe, avant de la con­necter à l’entreprise de Luc Del­lisse, qui veut ren­dre hom­mage et jus­tice à un philosophe belge peu con­nu, Hen­ri Van Lier (1921–2009), dont l’œuvre serait sans équiv­a­lent… au monde. Dès les pre­mières lignes, nous sommes dans le fait artis­tique, qui ne se con­tente pas d’exprimer un pre­mier degré mais génère des échos, des con­nex­ions, un sup­plé­ment de sens. Led­it Maxime, trente­naire ô tal­entueux, allait dis­paraître peu après l’écriture de ces pages, qui par­lent des ténèbres et de la néces­sité des flam­beaux, du mémoriel. Mise en abyme de la lit­téra­ture ! Via un emboîte­ment de matri­ochkas, menant de Maxime à Hen­ri Van Lier en pas­sant par Vic­to­ria Ocam­po (qui fuit la guerre en Argen­tine), Ben­jamin Fon­dane (qui lui refile ses notes), Léon Chestov et Luc Del­lisse, chevil­lées au plaisir de se voir con­fér­er « un inter­locu­teur, et surtout un obser­va­teur ». Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Le silence et ses pièges

Luc DELLISSE, L’instant du silence, Mur­mure des soirs, 2024, 210 p., 20 €, ISBN : 9782931235119

dellisse l'instant du silenceTout autant que la parole, le silence est mul­ti­ple. Il peut inau­gur­er un rap­proche­ment ou sceller un dia­logue. Il en est de com­plices, d’hostiles, d’oppressants ou de sere­ins. Entre présence du corps et absence des mots, le silence est instant pur. À tra­vers les seize réc­its qui tis­sent la trame du dernier livre de Luc Del­lisse, un nar­ra­teur unique éprou­ve la com­plex­ité de son étoffe, au fil d’intensités fugaces ou de per­cus­sions aven­tureuses. Con­tin­uer la lec­ture

Le palais des plumes et des âmes

COLLECTIF, Une vie de palais, Académie royale de la langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 159 p., 18 €, ISBN : 978–2‑8032–0077‑1

collectif une vie de palaisLa jaque­tte du livre et sa cou­ver­ture, en dis­tor­sion, offrent une mise en abyme du pro­jet offert aux lecteurs. Une volon­té d’ouverture (fenêtre aux bat­tants écartés), de jovi­al­ité (ciel bleu en arrière-plan et rose en encart), de sec­ond degré (un fau­teuil – d’académicien – flotte dans un tour­bil­lon de noms d’auteurs et autri­ces). Der­rière, la solen­nité d’une insti­tu­tion pres­tigieuse, l’Académie royale… séduit davan­tage, dans sa ligne épurée. Con­tin­uer la lec­ture

Géographie de l’amour

Luc DELLISSE, Tar­ma­cs, Herbe qui trem­ble, 2023, 90 p., 16 €, ISBN : 9782491462543

dellisse tarmacsL’œuvre poé­tique, théâ­trale, les romans, les réc­its, les nou­velles, les essais de Luc Del­lisse inscrivent la fron­tière au nom­bre de leurs motifs obsé­dants. Le recueil poé­tique Tar­ma­cs artic­ule son chant, son rythme et sa forme autour de la ques­tion du seuil, des fron­tières qui, tout à la fois, sépar­ent et ont pour voca­tion d’être tra­ver­sées. Les cinquante chants se jouent des fron­tières du temps (des jeux d’invasion, de pas­sage entre passé et présent), des fron­tières de l’espace (une pre­mière par­tie con­voque New York, la sec­onde par­tie le lieu natal), du livre en tant qu’architecture bifide, des fron­tières de l’amour, du désir, de la vie et de la mort. Con­tin­uer la lec­ture