Alex LORETTE, Sauvages, Émile & Cie, 2025, 96 p., 13 €, ISBN : 978-2-8071-0459-4
Deux étranges personnages, A et B, ouvrent le récit et placent l’action : c’est jour de marché dans un petit village belge et Christian, le bourgmestre, vient serrer des mains en vue des prochaines élections. En parfaites narratrices, A et B commentent tout ce qui se passe. C’est qu’il a mauvaise mine le Christian ! Problème de budget. Que faire alors pour relancer la région ? La réponse se trouve dans sa boite mails : sa commune se situe sur le tracé d’un nouveau réseau de pipelines. S’il participe, l’entreprise Pipelines Highway lui promet de bénéficier de revenus de concession de vingt-cinq ans minimum, de développer les collectivités locales et d’y créer des entreprises liées au pétrochimique. Christian y voit du potentiel : nouveaux habitants, création d’emplois, retombées économiques… Ni une ni deux, il appelle les bourgmestres des communes alentour pour créer une intercommunale. Il se sent pousser des ailes. Continuer la lecture


Dans une écriture « caméra sur l’épaule », Alex Lorette, qui est déjà l’auteur de plusieurs pièces et 




Le court texte d’Alex Lorette paru en octobre dans la collection « Poche » des éditions Lansman est de ceux qui doivent être dits à voix haute s’ils ne sont portés à la scène. Parce que La ligne de partage des eaux n’est rien de moins que 34 pages haletantes, celles du récit d’un homme occupé de courir. Seul, il court dans les bois, suit le tracé d’une rivière, d’un fleuve, d’une route, tombe, se blesse, se redresse, se remet à courir.
Le théâtre contemporain cherche, à chaque génération, à ébranler les conventions sociales de la violence commune, invisible, banale. Alex Lorette est de ces auteurs et sa dernière pièce Dream job(s), enfonce le clou dans l’univers de l’apparence raisonnable du management et des profits implacables qu’elle doit générer. La pièce a reçu le prix des metteurs en scène « hors » et « en » Belgique 2017-2018. 
Franck, JC et Leslie vivent dans un trou perdu. Aucun voisin, aucune maison aux alentours. Que la nature à perte de vue, ses forêts, les bruits qui craquent, des hululements, le vent qui souffle. Rien qu’eux trois et leur profonde solitude, brisée parfois par des échappées au travail ou sur les routes. Qui sont-ils les uns pour les autres ? Deux frères et une sœur ? Un ménage à trois ? Des amis ? De simples colocataires ?
Dans cette nouvelle pièce, Alex Lorette nous livre une histoire sur le thème du harcèlement scolaire : à presque 15 ans, Camille est victime des vexations de jeunes de son école. À travers des dialogues très concrets, on peut découvrir une bonne déclinaison de situations de harcèlement, depuis les propos indifférents typiquement adolescents jusqu’à la cruauté sans limite, elle aussi typiquement adolescente. Quand on croit avoir bien compris de quoi il s’agit, un autre tableau nous livre un nouveau rebondissement, parce que le harcèlement ne s’arrête jamais, il s’est invité dans la maison de Camille, se faufile dans des courriels insultants, se matérialise en une page Facebook anti-Camille. Bref, il est partout, lancinant. 