Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Rentrée littéraire » désigne traditionnellement la période d’effervescence éditoriale qui s’étend de fin aout à début novembre. C’est à ce moment que paraissent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisiennes) voient de possibles candidats aux Goncourt, Renaudot et autre Femina. Depuis plusieurs années, toutefois, le calendrier éditorial connait un autre temps fort, en janvier-février. Les sorties sont nombreuses et les livres qui paraissent à ce moment-là sont aussi de ceux sur lesquels les éditeurs misent particulièrement. On parle donc désormais aussi d’une rentrée littéraire d’hiver.

La rentrée d’automne est un concept très français, né de la course aux grands prix littéraires. Certaines maisons belges se sont plus ou moins calquées sur ce calendrier, mais sans que la période atteigne jamais la même signification chez nous. Pour ce qui concerne la rentrée d’hiver, au contraire, ce moment de l’année est depuis longtemps coché dans l’agenda. Elle précède en effet de peu la Foire du livre de Bruxelles, événement incontournable pour tous les éditeurs de Bruxelles et de Wallonie, et moment privilégié pour la présentation de toutes ces nouveautés au grand public.

Cette année, la Foire se tiendra du 26 au 29 mars. Qu’ils soient publiés en Belgique, en France ou ailleurs, de nombreux auteurs et autrices belges y présenteront leur dernier opus. En guise d’avant-gout, voici un tour d’horizon des livres 2026 à découvrir lors de ce grand rendez-vous littéraire.

Les Belges en France : romans à foison

L’épopée du Bel obscur, le roman de Caroline Lamarche qui a fini 2ème du prix Goncourt 2025, l’a sans doute fait oublier : très peu de romancières et romanciers belges ont participé cette année à la rentrée littéraire d’automne en France. Il en est tout autrement en ce début d’année 2026, où les parutions sont à la fois nombreuses et très variées dans leurs sujets.

Le mois de janvier a ainsi vu paraitre le nouveau roman d’Emmanuelle Pirotte, L’étreinte des siècles (Le cherche midi). Après un roman pour la jeunesse, l’autrice de Today we live revient à la littérature générale et nous emmène sur les traces d’une découverte archéologique qui bouleverse la vie d’un professeur d’université. La romancière approfondit une intrigue née dans sa nouvelle Le temps des épées (pdf). Six ans après le déroutant Rétine, Théo Casciani a publié son deuxième roman, Insula, toujours aux éditions P.O.L. Il est question cette fois d’un jeu de réalité augmentée, Insula, accessible par l’ingestion d’une pilule illégale. Pour Odile d’Oultremont, la rentrée d’hiver 2026 est celle du quatrième roman. Lutte des classes et lutte des genres avec La dernière nuit, paru chez Julliard, puisque le livre raconte comment une agricultrice kidnappe un riche banquier qui avait tué l’une de ses vaches impunément. Pour Trace, Geneviève Damas nous plonge quant à elle dans la vie d’une adolescente. Elle est placée face à un dilemme : laisser s’épanouir ses qualités sportives en se rendant aux entrainements d’athlétisme, ou poursuivre ses activités de deal, et ainsi subvenir aux besoins de sa famille… Au milieu de ces plumes expérimentées, un premier roman : Le retour du roi de David Engels, une dystopie que son éditeur, Verbe haut, présente comme « le grand roman de la droite européenne du XXIe siècle ».

Début février, on a découvert le nouveau roman de Daniel Charneux, I’m not M.M. Habitué des maisons d’édition belges (Luce Wilquin, M.E.O., Bleu d’encre, Genèse…), l’auteur est publié pour la première fois par les éditions Arléa. Il revient sur Marylin Monroe, à laquelle il avait déjà consacré en 2006 Norma, roman paru chez Luce Wilquin puis réédité aux éditions du Sablon, un livre qui lui avait valu le prix de littérature Charles Plisnier. Chaque année, février rime avec rentrée pour Armel Job. Fidèle aux éditions Robert Laffont, il publie cette fois Le testament du diable, une histoire d’héritage et de testament introuvable qui déchire une famille, entre la jeune épouse et les enfants du défunt, issus d’un précédent mariage. Déjà présente à la rentrée d’automne, Véronique Bergen est de retour cet hiver avec un roman, La mémoire des lieux, aux éditions Edwarda, déambulation bruxelloise d’une créatrice de parfums qui a l’intuition que les sites, les paysages ont conservé la mémoire des événements passés.

Plusieurs autres romans arriveront sur les tables des libraires début mars. Après un passage par le guide touristique romancé, Daphné Tamage revient au roman et poursuit sa prometteuse trajectoire avec Le chant des contraires, à paraitre chez Stock comme déjà Le retour de Saturne. Pour Pieterke Mol, Comme ta mère, publié aux éditions Noir sur blanc, sera un premier roman à compte d’éditeur, après un autre autoédité et le recueil poétique Comment dire au revoir à un père absent ? (Bleu dans vert). L’autrice raconte une histoire de famille douloureuse, marquée par l’alcoolisme. Éric-Emmanuel Schmitt délaissera un temps sa saga La traversée du temps pour revenir à sa passion pour Mozart (Ma vie avec Mozart, Albin Michel, 2005). À paraitre aux éditions Albin Michel, Juste après Dieu, il y a papa raconte la relation tumultueuse entre Wolfgang Amadeus Mozart et son père. Auteur d’une œuvre poétique d’ampleur, Pascal Leclercq fera sa rentrée avec un roman, La pharmacie, annoncé aux éditions Do. Le narrateur redécouvre l’emplacement où se tenait la pharmacie de ses grands-parents et tente de reconstituer ce lieu qui lui est devenu mythique.

Enfin, plusieurs romans annoncés pour début avril seront à découvrir en avant-première à la Foire. Auteurs respectivement de Baisse ton sourire (éditions Do) et Eureka dans la nuit (Rouergue), deux premiers romans finalistes du prix Rossel, Christophe Levaux et Anne-Sophie Kalbfleisch présenteront tous deux leur deuxième roman. Christophe Levaux reste dans le giron des éditions Do pour La fange, dont le narrateur, immergé dans un monde privilégié et décadent, voit son univers s’effondrer. Avec Lalie en l’air, Anne-Sophie Kalbfleisch reste elle aussi fidèle aux éditions du Rouergue. L’histoire est celle d’une enfant délaissée par sa famille qui découvre son étrange voisin et recherche sa compagnie, malgré les mises en garde. La traductrice et romancière Noëlle Michel fera elle aussi sa rentrée le 2 avril. Les édition Le bruit du monde, qui avaient publié son deuxième roman Demain les ombres en 2023, présenteront cette fois Que rien ne fane, l’histoire d’une octogénaire qui se prend de passion pour Brian Molko et revendique son droit de vivre en-dehors de l’existence étriquée que la société voudrait réserver aux femmes de son âge. Après le diptyque mexicain Danse de la vie brève (prix Rossel 2016) et Les formes d’un soupir paru chez Verticales, Hubert Antoine fera sa rentrée aux éditions Grasset avec Un irrésistible penchant, qui suit les aventures d’un étudiant en histoire de l’art. Autre ancienne lauréate du prix Rossel, Adeline Dieudonné, présentera elle aussi son nouveau roman début avril. Publié aux éditions L’iconoclaste comme les précédents, Dans la jungle approfondit la veine trash qui fait la marque de fabrique de l’autrice. Il remonte le cours de l’histoire d’une famille dont l’apparence idéale vole en éclats le jour où le mari et père tue femme et enfants avant de se suicider. Dans une tout autre tonalité, le couple sera aussi au centre du nouveau roman de Valérie Cohen, Le printemps des audacieux, programmé aux éditions de l’Archipel.

La rentrée des thrillers et autres polars s’annonce elle aussi copieuse, entre nouvelles plumes et auteurs confirmés. Du côté des nouveaux venus, Mehdi Bayad a présenté Le bâtiment aux éditions du Masque, l’histoire d’un héros qui débarque sur une ile pour prendre du recul mais sombre dans la paranoïa, entouré d’insulaires qui refusent de parler du Bâtiment, un centre d’accueil pour marginaux. Cabale, le premier roman de Sandrine Goeyvaerts, sortira début mars aux éditions Hachette. Cabale, c’est une société secrète de femmes qui ont décidé de punir les hommes coupables de violences sexistes. Un jour, un célèbre chanteur est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel…

Après L’horloger et Commandant Solane, Jérémie Claes est présent pour une troisième rentrée consécutive chez Héloïse d’Ormesson avec Cavillore, qui nous conduit cette fois en Provence. Pour raisons familiales, le personnage principal revient dans un petit village où le meurtre d’une jeune femme, survenu des années plus tôt, n’a jamais été élucidé.
Paul Colize s’est imposé comme l’un des grands noms du thriller belge. Son nouveau roman, La saison des pluies (éditions Hervé Chopin), sera disponible le 5 mars. Avec Devant Dieu et les hommes, qui avait pour toile de fond la tragédie du Bois du Cazier, l’auteur a prouvé qu’il mêlait avec habileté intrigue policière et arrière-plan historique. Il renouvelle ce mélange pour La saison des pluies, qui s’enracine dans la période postcoloniale du Congo.
Bien qu’elle ait déjà publié plusieurs thrillers, Clarence Pitz entamera un nouveau chapitre de son parcours littéraire en ce mois de mars avec un premier livre à l’enseigne des éditions Belfond, D’où personne ne revient. Contexte insulaire, comme pour Mehdi Bayad : l’héroïne se retrouve sur une ile interdite, où ses compagnons de route sont assassinés. Les enquêteurs découvrent ensuite un lien entre elle et une ancienne affaire d’assassinats d’enfants…
Nadine Monfils donnera début avril un deuxième volume de sa nouvelle série, Les fleurs du crime de Monsieur Baudelaire : Le murmure du corbeau fera suite à La femme sans tête.

À noter aussi la parution de deux thrillers horrifiques, En son nom, bref roman de Frédéric Livyns paru aux éditions Faute de frappe et La source bleue de Bruno Carpentier chez Melmac Cat. Quant à Bruce Mayence, il poursuit la série de polars parodiques La fille du Poulpe aux éditions Moby Dick, avec Qui veut gagner des mignons.

En Belgique, une rentrée très romanesque

Les maisons d’édition belges ont lancé leur rentrée d’hiver un peu plus tardivement que leurs homologues françaises, à la fin janvier. Le programme dans le domaine du roman n’en est pas moins roboratif, avec une prédilection manifeste des auteurs et autrices pour l’exploration des ressorts des relations familiales ou de couples.

couturiau yonkers

On commencera par une bonne nouvelle : le groupe Emotions, qui rassemblait déjà Onlit, Genèse et les éditions de l’Herne, lancera une nouvelle collection au mois de mars. Appelée OnlitNoir et placée sous la direction de Patrick Delperdange, elle sera dédiée aux écritures noires sous toutes leurs formes et accueillera aussi bien des traductions que des romans francophones, aussi bien des auteurs étrangers que des auteurs belges. Trois livres sont annoncés pour le lancement de la collection. Entre l’Équatorien Alfredo Noriega et le Français Christophe Tostain, un auteur belge, Paul Couturiau,nous emmènera dans l’Amérique des années 1960 avec Yonkers, un roman qui entremêle trois histoires : celle d’un ex-policier devenu avocat, celle de la patronne d’un club de jazz qui est aussi la fille d’un avocat de la mafia, et celle d’un trompettiste sorti de prison.

Les éditions M.E.O. présenteront cinq romans 2026 à la Foire du livre, tous écrits par des auteurs habitués de la maison. Après La vénus de la vallée mosane, Olivier Papleux a signé avec Les enfants de Voynich un beau deuxième roman sur la différence, autour d’enfants surdoués et d’un manuscrit réputé indéchiffrable. Deuxième roman aussi pour Tatiana de Perlinghi : après Terre Adélaïde, Tirer des bords raconte la relation, trempée dans l’humour et la vitalité, d’une mère célibataire et d’un photographe réputé. Le couple et le hasard des rencontres sera d’ailleurs une thématique dominante de cette rentrée des édition M.E.O. Elle est aussi au départ de Mélusine, le nouveau roman de Jean-Pierre Balfroid. Les deux protagonistes se rencontrent le jour où ils sont tous deux virés de leur travail et nouent une relation torride. Ils deviennent les parents de jumelles dont l’une, Mélusine, est atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme. Dans J’espère que vous allez bien, Lorenzo Morello fait se rencontrer un écrivain sans succès mais héritier d’une belle fortune, et une influenceuse qui emménage dans le même immeuble. Disparu d’un trait d’encre, le dernier roman d’Annie Préaux publié chez M.E.O., a valu à l’autrice le prix de littérature Charles Plisnier. Quelque chose à te dire, son nouveau livre, est l’histoire d’une famille marquée par un drame : le père a été tué d’un coup de fusil en 1944, avant la naissance de sa fille. Quelque 80 ans plus tard, la fille espère enfin comprendre ce qui s’est vraiment passé, et guérir ainsi sa relation avec sa mère et sa propre fille.

Avec les éditions M.E.O., Weyrich édition sera le plus gros pourvoyeur de romans de cette rentrée d’hiver, via sa collection littéraire « Plumes du coq ». Après L’envers des pôles et Le premier accroc, Nathalie Nottet poursuit son œuvre romanesque avec Et la vie est à prendre, qui parle d’une femme qui vient de frapper son mari à la tête et interroge, de manière plus générale, le passage à l’acte. Marc-Sylvain Godfroid avait publié un premier roman dans la même collection, Le bureau des reptiles, qui interrogeait l’action de Léopold II au Congo. C’était en 2013. Il revient cette année avec Pour les beaux yeux d’Eddy Merckx, histoire d’un homme dont le père, fan idolâtre d’Eddy Merckx, disparait un jour mystérieusement, laissant en héritage à son fils, qu’il a toujours négligé au profit de sa passion pour le cyclisme, l’énigme de sa disparition. Déjà paru aux éditions Weyrich, le précédent roman d’Alain Lallemand, Ce que le fleuve doit à la plaine, a remporté le prix Marcel Thiry. Son nouveau livre est lui aussi imprégné de l’expérience de grand reporter de l’auteur, à laquelle il insuffle un puissant souffle romanesque. Ma plus belle déclaration de guerre raconte un médecin urgentiste belge qui nourrit le projet de négocier avec le chef des talibans l’ouverture d’une maternité moderne en Afghanistan et se rend sur place pour rencontrer chefs de guerre, insurgés et militaires de tous bords pour mener à bien son idée. Journaliste au Soir comme Alain Lallemand, Pascal Lorent a lui aussi déjà publié un roman – son premier, Retour à Anvie aux éditions Weyrich. La lumière noire, son nouveau livre, est le récit d’une série de meurtres particulièrement sauvages perpétrés à Maubeuge. Le policier qui mène l’enquête est convaincu qu’ils ont tous le même auteur. Gabrielle Borile n’est certes pas une novice en écriture. Scénariste pour le cinéma, la télévision et la bande dessinée, son CV artistique compte de nombreuses lignes. La fille de Nino est néanmoins son premier roman. À découvrir également aux éditions Weyrich.

blasband la nuit est encore longue

Aux Impressions nouvelles, Philippe Blasband a récemment publié Scénariste !, un manuel d’écriture de scénario pour le cinéma. Il revient chez le même éditeur, avec cette fois un roman, La nuit est encore longue. Construit sur des listes, ce livre est l’histoire de frères et sœurs iraniens arrivés en Belgique peu avant la révolution islamique, et empêchés ensuite de rentrer dans leur propre pays.

cornélis les éclats du graal

Aux éditions F deville, Michel Cornélis nous invite à un voyage dans le temps avec Les éclats du Graal, dont l’intrigue est située en 1163 à Cologne, et met en scène un jeune cathare qui décide de voler le reliquaire du Précieux Sang.

La rentrée d’automne des éditions Ker est traditionnellement placée sous le signe de la nouvelle, avec la sortie de nouveaux volumes dans la collection « Belgiques ». L’hiver sera quant à lui romanesque, avec trois livres annoncés pour le 1er mars. La maison d’édition est la partenaire fidèle du prix littéraire de la Foire du livre, qui récompense sur manuscrit un roman noir, d’un auteur n’ayant encore jamais été publié par ailleurs. On découvrira donc cette année le polar vainqueur de l’édition 2025 : Cathédrale nord, signé par Arnaud Collette. Un livre noir de noir qui nous emmène dans la ville de Liège où des victimes de meurtres sont retrouvées crucifiées et mutilées. Je vous aime de Frank Andriat est l’histoire d’une amitié bouleversée par l’annonce de la maladie de l’une des protagonistes. Bien que ses deux derniers romans (L’été sans retour, Le don du père) aient paru chez Gallimard, Giuseppe Santoliquido collabore depuis longtemps avec Ker, où il a publié Voyage corsaire dès 2013, puis un volume de la collection « Belgiques » et une réédition de L’inconnu du parvis. Une fructueuse relation qui connait un nouveau chapitre cette année avec Lettres à l’Autre. Au travers de lettres écrites à une femme (mystérieusement appelée « l’Autre »), l’écrivain explore la relation de couple, entre amour et culpabilité.

Danielle Nees, la fondatrice de Genèse édition, a récemment décidé de passer la main et la structure éditoriale qu’elle a créée a rejoint le giron du groupe Émotions. Les deux livres qui paraitront à la mi-mars sont donc les premiers de cette nouvelle ère. La transition semble s’être réalisée dans la continuité, les deux auteurs au programme ayant tous deux déjà publié dans la maison. Les précédents romans d’Arnaud Nihoul (Caitlin, Claymore, La villa aigue-marine) ont montré la dilection de l’auteur pour les décors insulaires. Son nouveau livre, Le club des assassins, se passe lui aussi sur une ile, mais une ile urbaine, loin des paysages sauvages et des terres presque inhabitées auxquels il nous a habitués. Il nous emmène en effet à… Paris, sur l’ile Saint-Louis, où a été découvert le corps sans vie du président d’un club de lecture, tandis que la Joconde a disparu. L’enquête se double d’une méditation sur le désir d’art et la tentation de l’appropriation. Après Elles iront voir la mer, Anne Sylvain signe avec Si un jour tu as de la peine un deuxième roman chez Genèse édition, histoire d’un amour puissant mais destructeur entre une violoncelliste et un compositeur.

zoler la nuit des cochons

Les éditions Murmure des soirs optent quant à elles pour un premier roman, celui d’Hélène Zoler. La nuit des cochons est l’histoire d’une famille qui a éclaté : un homme qui a cessé depuis longtemps de fréquenter ses sœurs apprend un jour que l’une d’elles est mourante. Il se met alors en quête de son passé, et les souvenirs de la violence de son père et de l’indifférence de sa mère resurgissent, jusqu’à cette mystérieuse nuit des cochons au cours de laquelle son père a trouvé la mort.

Aux éditions Couleur livres, Carmelina Carracillo évoquera, dans L’impossible trahison (sortie le 26 mars), la quête d’identité d’une jeune fille prise entre ses origines italiennes et le coron où elle grandit. Il sera aussi question d’exil et de questionnement identitaire dans Le silence de l’ombre de Violetta Dolores, à paraitre aux éditions Lilys. L’autrice nous emmène en Espagne dans les années 1960. Sous le poids de la dictature, un instituteur se résout à partir avec sa femme et ses enfants. Direction la Belgique où il retrouve des membres de sa famille, avec lesquels les relations ont toujours été difficiles.

Deux romans sont également annoncés aux éditions du Cerisier. Dramaturge, lauréat du prix triennal de théâtre de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2012 pour Alberto est communiste, Pierre Lorquet a aussi publié deux romans, en collaboration avec Luc Malghem : Journal du chômeur (Quorum, 1999) et Hôtel des somnambules (Luc Pire, 2003). C’est seul, cette fois, qu’il signe Faire et faire semblant. Après un premier roman paru aux éditions Lamiroy (Moi, Roberta), Claire Bortolin passera aux éditions du Cerisier pour Les filles du Levant.

Enfin, les éditions du Basson proposeront, dès le 2 mars, trois romans dans la veine noire qui les caractérise. Terminus de Christophe Kauffman est l’histoire d’un mort qui raconte – et commente ! – l’enquête sur son propre décès. Dans Tu seras boucher, mon fils, Maribé imagine les effets inattendus provoqués par la découverte d’une carcasse d’animal dans une société du futur où la consommation de viande est interdite. Quant à André Lalieux, il nous entraine à Charleroi. Ainsi seront-elles suit la trajectoire de quatre femmes qui vivent, aiment et luttent dans un monde répressif et anxiogène.

Jusqu’en Suisse

La rentrée des auteurs et autrices belges se passe aussi en Suisse, avec la parution aux éditions Hélice Hélas, annoncée pour le 11 mars, de Rêves d’azote. Ce sera le deuxième roman de l’autrice belgo-suisse Claire May, dont le premier, Oostduinkerke (éditions de l’Aire) avait remporté le prix de la première œuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Médecin de profession, Claire May évoque cette fois l’infertilité, au départ de l’histoire de six embryons conservés dans l’azote dans un congélateur.
Quelques jours après Claire May (le 24 mars), Marc Van Staen nous emmènera dans le Midwest pour Les derniers jours de Larry Parker (180° éditions). Larry Parker est un écrivain américain reconnu qui vient s’installer dans une bourgade rurale. Sa vie faite d’écriture et de contemplation est soudain perturbée par une disparition énigmatique.

Devenue rapidement une référence dans le domaine du roman feel-good, Cécilia Duminuco présentera La prima donna du bus aux éditions Jouvence, une amitié inattendue entre une vieille dame et une conductrice de bus.

Nouvelles et novellas : le récit court en grande forme

Dans le champ littéraire francophone, la vitalité de la nouvelle est sans conteste l’une des spécificités de la Belgique. Non seulement de nombreux auteurs et autrices s’adonnent au genre, mais il est en outre défendu par des maisons d’édition passionnées et reconnues en dehors de nos frontières.

vanpé féminin pluriel

Quadrature, qui a fêté son 20ème anniversaire en 2025, entre dans sa troisième décennie en restant fidèle à ses principes initiaux : la publication de recueils de nouvelles francophones. Deux livres figurent au programme du premier semestre 2026 : Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance du Français Axel Sénéquier et, le 20 mars, Féminin pluriel du Belge Michel Vanpé, un recueil qui, comme son titre l’indique, est centré sur les personnages féminins.

Les éditions Lamiroy sont elles aussi traditionnellement très actives dans le domaine de la nouvelle, avec plusieurs collections dédiées au genre. C’est le cas de « Cette année-là » : chaque volume de la collection est une nouvelle centrée sur l’année de naissance de l’auteur du volume en question. Après les nouvelles de Luc Dellisse (1953), Jean Jauniaux (1954) ou Arnaud de la Croix (1959) parues en 2025, l’aventure de la collection se poursuit en 2026 avec Brice Depasse (1962), Benoît Herbet (1972), Julien Landel (1981), Ziska Larouge (1969), Guillaume Crunelle (2003), Jérôme Goy (1976), Maxime Damo (1994) et Sasha Ringer (2011).
La collection « Opus » est quant à elle dédiée au format de la novella. Deux nouveaux tomes se sont ajoutés au catalogue début février : Ce soir-là de Laurence Legrand et Hôtel Espérance de François Crunelle, histoire de douze pêcheurs rassemblés dans un hôtel bruxellois à l’occasion d’un concours de montage de mouches artificielles. Un tueur en série s’est glissé parmi eux.
Les éditions Lamiroy publient aussi les textes brefs en recueil, avec Contre plongées de Luc Dellisse, livre qui rassemble 24 aventures liées entre elles par leur thématique : l’étrangeté du monde dans lequel évolue leur héros.

bucciarelli la lapidation

Si les éditions M.E.O. publient principalement des romans, des recueils de nouvelles enrichissent régulièrement leur catalogue. Avec une certaine réussite : récemment, Dans quel monde on vit de Ralph Vendôme a été récompensé par le prix Marguerite de Navarre. Carino Bucciarelli est un habitué de la maison, où il a déjà signé les romans Mon hôte s’appelait Mal Waldron, Nous et les oiseaux et Le symbole de l’infini. Il y publiera pour la première fois un recueil de nouvelles, La lapidation (09 avril), imprégné, comme souvent chez cet auteur, de réalisme magique. Les nouvelles sont entrecoupées de fragments d’autofiction.

drecq espergeliere la galaxie du coyotte

Aux éditions F deville, Philippe Drecq-Espargelière signe le conte La galaxie du coyote, annoncé par l’éditeur comme un « space-roadtrip déjanté » et une « épopée cosmique ».

Enfin, les éditions Aux Palais outre-ponts programment pour le 20 février un conte d’Anton Kouzemin, Septentrion.

Récits, journaux, autobiographie : intimité et littérature

Les livres qui, au départ de photos, d’archives, de récits familiaux transmis, racontent l’enquête d’un auteur ou d’une autrice cherchant à reconstituer le passé, qu’il soit ou non celui de sa propre famille, constituent l’une des tendances fortes de la littérature francophone aujourd’hui. On pense notamment à Elle s’appelait Elisabeth d’Adèle Yon, et côté belge à Caroline Lamarche avec L’Asturienne, à Sandra de Vivies pour La femme du lac ou encore à Violaine Lison pour Lequel de nous portera l’autre. La tendance ne se démentira pas en cette rentrée.

stefani law s'en souvenir

S’en souvenir, la première œuvre d’Emilia Stefani-Law (CFC) arpente les archives photographiques familiales, à la recherche d’un père décédé très jeune. Le livre s’offre aussi comme une réflexion sur la place des photos dans la dynamique des familles.

Pour Myriam Spira et Coralie Van Kerkhoven, le passé familial est lié à l’horreur nazie. La première est l’une des cinq enfants d’un couple de déportés, lui en raison de sa judéité, elle pour faits de résistance. Dans L’envol de la mémoire, paru en janvier chez Grasset, Myriam Spira livre le récit d’une personne de la deuxième génération. Ses parents ont fait le choix de toujours raconter à leurs enfants ce qu’ils ont vécu dans les camps. Elle raconte sa vie de « déportée dans les souvenirs de ses parents » et cette expérience singulière, cathartique, vécue à 46 ans, lorsque, devenue pilote d’avion, elle décide de partir survoler les camps.
Pour Coralie Van Kerkhoven, la deuxième guerre mondiale est surtout liée à l’histoire de sa grand-mère, qui a porté toute sa vie la culpabilité de n’avoir pas voulu aider un couple juif bruxellois, Wolf Wagowski et Johanna Goldberg, déportés à Auschwitz. À partir de documents d’époque, Coralie Van Kerkhoven imagine la vie de ces deux personnes jusqu’à leur déportation et la restitue dans La bonbonnière des Wagowski, à paraitre en mars aux éditions Murmure des soirs.

mousset-vos ravie au monde

Paraissant aux éditions Les Léonides en mars, Ravie au monde est l’édition du journal d’une résistante belge, Nelly Mousset-Vos arrêtée et déportée à Ravensbrück. Son journal raconte l’abomination du camp, mais aussi sa rencontre avec Nadine Hwang, qu’elle retrouvera après Ravensbrück et avec qui elle partira vivre en Amérique du Sud. L’édition du journal est le fruit du travail de la petite-fille de Nelly, Sylvie Bianchi-Vos, dépositaire des archives de sa grand-mère, qui n’a qu’assez récemment investigué cette histoire familiale peu commune.

mabardi camille claudel

Veronika Mabardi est l’une des autrices phares du catalogue des éditions Esperluète, à l’enseigne desquelles elle a remporté le prix triennal de littérature de la Ville de Tournai en 2016 pour Les cerfs et le grand prix du roman de l’Académie royale de langue et de littérature françaises 2022 pour Sauvage est celui qui se sauve. Avec ce livre, elle explorait un sujet familial, intime et douloureux, le suicide de son frère adoptif. Elle approfondira ce sillon personnel avec un livre entre récit et essai, Sous le regard des statues de Camille Claudel, à paraitre le 20 mars. Veronika Mabardi y revient sur le choc qui l’a parcourue dès son premier contact, dans l’enfance, avec les œuvres de Camille Claudel. L’évocation des œuvres sculptées et de la sculptrice débouche sur des propos plus intimes.

chauvier rosine lewin le partie et moi

Le journaliste et essayiste Jean-Marie Chauvier, longtemps actif dans la presse syndicale et communiste, présente aux éditions du Cerisier Rosine Lewin, le Parti, et moi, évocation de la figure de Rosine Lewin, devenue en 1948 secrétaire générale du Rassemblement des femmes pour la paix. Le sous-titre du livre en précise le propos : Parcours croisés dans les méandres du communisme belge et international.

martin A...E...I...O...U

Les éditions La lettre volée annoncent un récit d’Isabelle Martin, A…E…I…O…U. Inspiré d’une expérience personnelle de l’autrice, ce livre évoque l’importance de la dimension sensorielle lorsque le langage s’en va et parle avec force de l’accompagnement des personnes en fin de vie. Après un AVC, un homme devenu incapable de parler, devient très sensible au plaisir des sons. Sa fille et lui écoutent de la musique, ils rient ensemble des sons qu’il prononce, dans une sorte d’état d’avant-langage. Tombé ensuite dans le coma, l’homme ne réagit alors plus qu’au toucher.

al madhoun j'ai quitté gaza

Les éditions du Cerisier publient un journal, celui d’Hossam Al-Madhoun, qui nous plonge dans l’actualité la plus brûlante. J’ai quitté Gaza, mais Gaza ne m’a pas quitté est un cri à destination des Européens, pour que Gaza ne soit pas oubliée.

polet habiter l'irréparable

Dans Habiter l’irréparable, à paraitre aux éditions Lilys, Bernard Polet évoquera, à la suite de la mort de sa soeur, l’expérience universelle du deuil pour lequel il n’est pas de réparation possible.

Les éditions Lamiroy parient elles sur un peu plus de légèreté, avec On te l’avait bien dit !, l’autobiographie de l’humoriste André Lamy, à paraitre en mars.

collectif une histoire dans l'assiette

L’intime se fait collectif aux éditions Altura avec Une histoire dans l’assiette, un volume coordonné par Lucile Haertjens. À mi-chemin entre le livre de recettes et le récit collectif, l’ouvrage se base sur les expériences culinaires de membres d’INTERRA asbl, une association inclusive qui crée des liens entre des personnes nouvellement arrivées en Belgique et les habitants de la région liégeoise. Chaque participant a proposé une recette, laquelle est à l’origine d’un récit, évoquant tantôt un souvenir, tantôt une anecdote…

Feu d’artifices poétique

La rentrée de la poésie a commencé dès les premiers jours de janvier et les parutions se succèdent à grand rythme depuis lors, confirmant la vitalité du paysage aussi bien éditorial que créatif.

On se réjouira tout d’abord de la naissance, en janvier, d’une nouvelle maison d’édition dédiée à la poésie. Ravages est portée par Camille Coomans et Aurélien Dony et pour son lancement, a publié deux recueils signés par de jeunes artistes : Pour mieux lécher les flammes de Zéphyr Seynave Drèze et Le couteau dans le geste d’Alice Wasinski.

Éric Clémens nous a réveillés d’un tonique La mort existe pas, paru à L’âne qui butine avec des collages et des photographies de Christoph Bruneel. Dans ce livre poétique, le philosophe et essayiste « lance un défi aux idolâtres de la mort ». Le titre du nouveau recueil poétique de Colette Nys-Mazure, Singuliers et pluriels, paru à L’atelier des noyers, s’offre comme un écho à un précédent ouvrage, Singulières et plurielles (Desclée de Brouwer, 2002). L’autrice propose 22 portraits poétiques, mis en dialogue avec autant d’aquarelles de Philippe Chaudat. Sont notamment évoqués Thelonious Monk ou René Char. Après des contributions remarquées à des recueils collectifs (notamment avec le collectif L-Slam), Raïssa Yowali a présenté Les mille soleils de Busu Jano aux éditions L’arbre de Diane, un recueil qui nous emmène  de Bruxelles à Kinshasa et où les rencontres se multiplient.

La rentrée de L’arbre de Diane ne s’arrête pas au livre de Raïssa Yowali, puisque la maison présente également Échardes, un conte écoqueer féministe de Lylybeth Merle (février) et Coller le ciel contre ma joue d’Héloïse Husquinet (mars), poésie qui déambule dans les rues, dans la végétation et pose le constat d’un monde qui s’effondre.

Aux éditions du Taillis Pré, Roland Ladrière a déjà signé des recueils personnels, mais aussi les traductions de poètes italiens (Franco Marcoaldi, Elisa Biagini…). C’est en tant qu’auteur qu’il revient cette année avec La danse universelleEn mars, un autre habitué de la maison, Jean-Marie Corbusier, présentera son nouvel opus, La parole précaire.

Maison publiant aussi bien de la fiction que de la poésie, MaelstrÖm reEvolution se centrera sur le second genre cet hiver. Lisette Lombé y signe deux ouvrages. Dans la collection « Bookleg », Ce que le ventre dit est co-signé avec Marc Nammour et allie poésie, slam et rap. Programmé le 24 mars, Et nos poèmes resteront émeutes rassemble douze poèmes écrits par Lisette Lombé en tant que poétesse nationale. Comme un antidote à la résignation, il est question ici de métissage, de solidarité, de dialogue, d’espérance. En mars sortira aussi La densité du squelette de Sabine Venaruzzo, recueil de poèmes écrits sur plus de 15 ans, et qui donnent à découvrir la langue brute, physique, loin de la syntaxe normée.

De janvier à mars, les éditions du Coudrier publient cinq habitués de la maison, ainsi que le recueil du lauréat du premier prix Jean-Michel Aubevert, décerné sur manuscrit au Français Gilles Cherbut. Ciné-tram de David Jauzion-Graverolles, qui a lancé l’année littéraire du Coudrier, est fait d’un seul poème qui tente de dire la ville, vue à travers la vitre du tram. Avaloirs de Patrick Devaux (février) bénéficie d’illustrations de Catherine Berael et évoque le passage du temps, qui avale les êtres et les instants. Trois autres recueils sont attendus en mars : Arbrissime de Philippe Colmant, avec des aquarelles de l’auteur, est un hommage aux arbres qui accompagnent nos vies ; Carré de l’ovale de Pascal Feyaerts, salué par son préfacier Yves Namur comme une « démarche pensante ». Quant au Bestiaire de Michel Van den Bogaerde, il croque la famille et les proches avec férocité.

emmanuel avant que nos corps s'illuminent

Catalogue où auteurs belges et poètes internationaux voisinent, format carré caractéristique, dialogue entre poésie et arts plastiques : les éditions du Chat polaire, créées en 2019 seulement, ont rapidement trouvé leur identité et une place de choix dans le paysage de l’édition de poésie. Et publieront cette année pour la première fois un livre signé par François Emmanuel. Comme Veronika Mabardi, l’écrivain et psychanalyste puise son inspiration dans les arts plastiques, et plus précisément dans le travail d’une artiste. Avant que nos corps s’illuminent est un seul long poème écrit à partir de 21 gravures de Véronique Goossens, qui traitent toutes du toucher des corps.

outers l'arbre et le vent

À La Pierre d’Alun aussi, le dialogue entre texte et image est de mise, comme dans le recueil L’arbre et le vent : les mots sont ceux de Jean-Luc Outers et les images, celles de Simon Outers.

carracillo hiver au monastere

Militant surtout dans le domaine de l’essai et des questions de société, les éditions Couleur livres publient ces jours-ci un recueil de haïkus de Carmelina Carracillo, Hiver au monastère.

meuleman camille se reveille

Si les éditions Cotcotcot sont surtout actives dans la littérature pour la jeunesse, elles s’appliquent aussi à dépasser le clivage entre littérature générale et livres pour les plus jeunes. C’est le cas avec Camille se réveille de Marie Meuleman, illustré par Matthieu Litt, qui intéressera autant les adultes que le jeune public.

Dense programme poétique pour Abrapalabra, avec cinq recueils, tous programmés pour le 24 mars. On notera tout d’abord la publication de Cosmogonie du gouffre de Xénia Maszowez. Le recueil a remporté le prix de littérature Charles Plisnier sur manuscrit, et va donc à présent pouvoir être lu par tout un chacun. Pierre Warrant revient dans la maison avec laquelle il avait remporté le prix Maurice Carême de poésie en 2017. Dans Calligraphie du silence, ce poète rare (son dernier recueil date de 2020) creusera précisément la question du silence. Bolivienne installée en Belgique, Paola Guillén Crespo évoquera, dans Muyuy Kawsay, des questions auxquelles sont parcours l’a directement confrontée : la frontière de la langue, le déracinement, mais aussi des origines qu’elle a longtemps dissimulées. Poèmes avec mots et cicatrices marquera le retour de Jean Loubry chez Abrapalabra, onze ans après Syntaxe d’après la perte. Enfin, L’Ami terrien livrera dans Harmonies sauvages le résultat d’un long travail théorique, basé sur un postulat : « Il existe naturellement dans la langue des structures harmoniques, en les systématisant et en les faisant émerger de manière plus importante par la construction de poèmes spécifiques, on peut éduquer son style, son oreille et celle de notre public pour les rendre plus présentes et ainsi amener la pratique de notre langue à se rapprocher peu à peu et de plus en plus naturellement du chant. »

gilot tentative d'épuisement

Les éditions du Cactus inébranlable mettront à l’honneur la poésie à contrainte avec Tentative d’épuisement d’un jeu de quatrains de Christophe Gilot. Dans ce livre, qui fait suite aux Quatrains de bouquiniste parus en 2023, l’auteur s’amuse : chaque poème est un quatrain composé seulement de titres de livres. Le résultat frôle souvent le surréalisme.

namur ces pierres un peu nous un peu de nous

À l’instar de François Emmanuel, Yves Namur a travaillé à partir d’images pour Ces pierres, un peu nous, un peu de nous, paru à L’atelier du grand tétras. Le recueil s’offre comme un dialogue poétique avec des photographies représentant des pierres. Ce livre sera suivi, en mars, par un autre à paraitre chez Arfuyen, une maison où Yves Namur a déjà publié plusieurs ouvrages (Dis-moi quelque chose, Ainsi parlait Maeterlinck, La nuit amère). Les plis du mensonge est un recueil de poèmes inspirés de citations.

norac lelivre de la lueur

L’éditeur parisien Bruno Doucey publie deux poètes belges en ce début d’année. Pour tous les deux, c’est la première collaboration avec cette maison. Carl Norac signe Le livre de la lueur (en librairie depuis le 6 février), un recueil où il médite sur la lueur, cet entre-deux, hésitant entre clarté et obscurité. Désir dingue d’Aurélien Dony sortira le 3 avril. L’auteur, récemment devenu éditeur, explore la question du désir et du corps.

Double rentrée belge aussi aux éditions L’herbe qui tremble, éditeur hexagonal toujours très ouvert aux auteurs et autrices d’ici, notamment par sa collection « D’autre part ». Jan Baetens poursuit une collaboration déjà riche des volumes Comme un rat, Changer de sens et Un monde à collectionner avec Bulletin du Touring club, paru début février. L’auteur y revisite des lieux par lesquels il est passé (villes ou hôtels par exemple).
Carmelo Virone a beaucoup publié ces derniers temps (le récit Margherita : une enfance sicilienne au Cerisier en 2024 ; l’essai Louis Bosny (1924-1983) et le logement social, un modèle pour aujourd’hui  aux éditions du Fourre-tout la même année et le recueil de nouvelles Nous irons là chez M.E.O. en 2025), mais Prendre ses quartiers (à paraitre le 23 mars) sera sa première publication à L’herbe qui tremble. Le recueil évoque la vie ordinaire, les souvenirs, le quartier et celles et ceux qu’on y croise.

werts la ou trebuche la lumière

Magistrat et écrivain, Thierry Werts a publié deux romans aux éditions La trace (Demain n’existe pas encore, Le monde rêvé d’Alva Teimosa). La poésie ne lui est pas étrangère pour autant, lui qui a aussi signé un recueil, For intérieur, aux éditions Pippa. Il revient à la poésie cette année, avec Là où trébuche la lumière paru ce 12 février aux éditions La trace, une méditation poétique inspirée par une traversée des lieux de l’extermination nazie en Pologne.

declercq coup de chien

Sur un tout autre sujet, le nouveau recueil d’Aurélia Declercq, Coup de chien, racontera lui aussi une traversée de la nuit. Après Rikiki paru aux éditions de L’attente en 2021, ce deuxième recueil est annoncé chez Flammarion le 18 mars.

lombe rendre soin

Avec Rendre soin, annoncé le 20 mars aux éditions Blast, Julie Lombe fait œuvre de poésie à partir de son vécu de thérapeute. L’humour se mêle à l’ode aux corps, mais aussi à la fatigue compassionnelle.

de rijcke paradisiaca

Aux éditions MF, Elke De Rijcke présentera Paradisiaca, un lac-opéra le 24 mars. Exploration du lac de Constance en poésie, ce livre se trouve au carrefour du journal, du récit de voyage et de l’histoire d’amour. Nouveau projet et nouvel éditeur, donc, pour la poétesse après le livre-bilan Et puis, soudain, il carillonne, paru chez Lanskine en 2023.

Aphorismes et cactus

Prisé par les surréalistes, l’aphorisme connait aujourd’hui encore une grande vivacité éditoriale en Belgique francophone. Il est en particulier défendu par les éditions du Cactus inébranlable, avec une collection dédiée, « Les p’tits cactus ». Celle-ci fêtera d’ailleurs son 125ème volume cette année avec la parution d’À peine al dente, recueil dans lequel Jean-Louis Massot se plait à imaginer 80 nouvelles « journées mondiales de… », dont l’énoncé scande le livre. Quant au titre, il annonce une écriture croquante à souhait.

Le théâtre se lit

À l’instar de la nouvelle, le théâtre est un genre littéraire de niche, dans lequel la Belgique francophone s’illustre à la fois par des auteurs et autrices à la reconnaissance internationale et par des maisons d’édition dédiées. Au premier rang desquelles les éditions Lansman, qui se présentent désormais sous le nom « Émile & Cie ». Au point de jointure entre le comique, le social et le politique, Ariane Buhbinder présente Penka, la vache bulgare, l’histoire d’une vache en quête d’herbe plus verte, qui franchit par inadvertance la frontière de sa Bulgarie natale avec la Serbie et croise la route de migrants à la recherche d’un monde meilleur. Un texte qui est aussi accessible au jeune public.
Pour Céline De Bo et son In my mind [Autopsie d’une fugue], la crise est familiale. Le héros de l’histoire devait prendre la tangente avec un ami qui lui fait finalement faux bond. Au contraire de l’ami en question, injoignable, la mère du protagoniste laisse message après message à son fugueur de fils, comme une occasion de renouer (ou non) le fil de la relation entre ces deux générations.
Après ces deux livres parus en janvier, Émile & Cie programme encore, en mars, une pièce de Geneviève Damas, intitulée Respire [Le compte en suisse], centrée sur une famille marquée par l’avarice.

jauniaux le livre volé

L’édition de théâtre en Belgique accueille depuis peu un nouvel acteur : les éditions Le lion z’ailé viennent en effet de créer une collection dédiée au genre, sobrement appelée « Théâtre » et placée sous la direction de Jean Jauniaux. Lequel signe d’ailleurs un des livres de ce nouveau label. Le livre volé et autres monologues est un recueil de monologues destinés autant à la lecture silencieuse qu’à la représentation scénique. Dans la même collection seront éditées en un volume les adaptations pour la scène de L’Iliade et L’Odyssée, signées par Paul Emond. Les deux pièces ont été créées respectivement en 2004 et en 1996. Elles trouvent à présent une nouvelle vie, imprimée. Un troisième livre inaugurera la collection : J.O.N.A.S & Sofia de Malika Madi et Vincent Vanderbeeken. Une pièce écrire à partir de témoignages de jeunes placés en IPPJ.

Avant de connaitre un succès retentissant avec son premier roman La vraie vie paru aux éditions de L’iconoclaste, Adeline Dieudonné gravitait dans le monde du théâtre et avait publié le texte de son seule-en-scène Bonobo moussaka aux éditions Lamiroy. Le même jour (2 avril) que son nouveau roman Dans la jungle, L’iconoclaste publiera une pièce de théâtre de l’autrice, Canis lupus, histoire de l’affrontement entre un fils et son père et variation sur le conte Pierre et le loup. Ce début 2026 sera ainsi particulièrement riche pour Adeline Dieudonné, puisqu’outre ses deux nouveaux livres aux éditions L’iconoclaste, elle a signé début janvier un livre pour la jeunesse, Un élan de motivation, co-signé avec Arnold Hovart aux éditions Les Arènes et que La vraie vie connaitra une nouvelle vie en poche aux éditions Proche.

L’essai : les arts et le monde

Les essayistes sont eux aussi de la partie en ce début d’année, explorant des sujets très variés. Déjà présente en librairie depuis janvier avec son nouveau recueil poétique, Colette Nys-Mazure publie, le 26 mars, Grand âge, nous voici ! aux éditions Salvator. Cette méditation sur le vieillissement raconte le rétrécissement des possibles qu’il engendre, mais appelle aussi à préserver la capacité d’émerveillement.

verhoest herge jacobs

La littérature – et les littérateurs – sera l’un des sujets de la rentrée. Éric Verhoest explore ainsi dans Hergé / Jacobs. Du duo au duel. L’histoire d’une amitié créative, un beau-livre assorti d’une riche iconographie co-édité par Casterman et Moulinsart, les caractéristiques respectives des deux géants de la ligne claire et l’histoire de leur relation artistique.

saenen essai sur la pensée albert caraco

Frédéric Saenen s’est penché sur une figure plus marginale, celle de l’auteur et graphomane franco-urugayen Albert Caraco (1919-1971). Son livre « Mon œuvre est ma vengeance ». Essai sur la pensée radicale et gnostique d’Albert Caraco parait aux Presses universitaires de Liège.

aron brogniez bruxelles centre

Paul Aron et Laurence Brogniez poursuivront leur série de guides littéraires de Bruxelles publiés par les Éditions de l’Université de Bruxelles avec un volume dédié à Bruxelles Centre, prévu pour mars.

Après « Littérature et cinéma » ou « Littérature et photographie », l’Académie a organisé en 2025 un colloque sur la thématique « Littérature et érotisme ». L’institution assure à nouveau la publication des actes, avec des contributions de Laurence Boudart, Michel Brix, Eric Brogniet, Luc Dellisse, Estelle Derouen, Paloma Hermina Hidalgo, Yves Namur, Alexandre Sannen. L’Arllfb publiera également L’Académie sur le bout de la langue, un recueil de ses « impromptus » : des textes courts, publiés régulièrement sur son site internet, consacrés à un sujet lié à la langue française et tous écrits par un ou une académicien-ne.

Dans Un chevreuil sur la lande (éditions Samsa), Piet Lincken s’intéresse à l’œuvre du philosophe danois Kierkegaard pour imaginer un autre rapport de l’humain à la faune et à la flore.

Dans le domaine de l’essai comme dans celui de la nouvelle, les éditions Lamiroy apprécient les livres de petit format. La collection « L’article » propose ainsi chaque mois, en 5 000 Mots, un volume dédié à un écrivain ou une écrivaine. Le numéro de février, écrit par Tatiana Gerkens, est consacré à Colette ; celui de mars, signé par Jacques Richard, porte sur Louis Scutenaire.

Les autres arts ont aussi inspiré les écrivains. Stéphane Lambert poursuit son fécond dialogue avec les peintres et leurs œuvres. Il revient cette année à un artiste qu’il connait bien, pour lui avoir déjà consacré plusieurs livres. Après L’Adieu au paysage – Les Nymphéas de Claude Mone(La Différence, 2009) et Monet, Impressions de l’étang (Arléa, 2016), son nouvel essai sur le maitre de l’impressionnisme, à paraitre le 26 mars chez Gallimard, s’intitule simplement Claude Monet. Il revient sur le parcours de l’artiste, depuis ses années de formation auprès d’Eugène Boudin jusqu’au sérialisme auquel il a donné naissance. Avec La mémoire de l’œil, regard intérieur sur une collection, à paraitre début avril à La lettre volée, Philippe Devries interrogera la manière dont une œuvre d’art travaille en nous, nous impressionne y compris lorsque nous ne l’avons pas sous les yeux, lorsqu’elle vit en nous par la seule mémoire. Les éditions CFC publient, avec le collectif Brutalisme Bruxelles, l’un des tout premiers livres consacré à l’étude des traces de la présence de l’architecture brutaliste dans la capitale belge. Sous un angle plus historique, Bruxelles a aussi les honneurs d’un Que sais-je?Les cent mots de Bruxellessigné par le romancier et spécialiste de l’histoire de la capitale belge Marc Meganck. La collection de poche des éditions de l’Académie royale de Belgique s’intéressera à la musique et aux plasticiens d’avant-garde. Avec Dans les brisures du temps, les émotions s’affolentCamille De Rijck rendra hommage au compositeur belge Philippe Boesmans (1936-2022). Dans Archives d’avant-gardeDaniel Droixhe cherchera quant à lui les traces du travail de trois artistes belges, Victor Servranckx, Paul Joostens et Floris Jespers, dans la presse des années 1920.

Vinciane Despret poursuit des réflexions déjà entamées dans de précédents livres, respectivement sur la mort et sur la communication animale, avec les deux courts essais Où vont les gens qui meurent ? et Et si les animaux écrivaient ?, tous deux parus chez Bayard.
Les éditions Couleur livres nous emmènent à Verviers avec l’essai de Joseph Mbuyi Mukeba, Du cyberespace aux épiceries de Verviers. Une ethnographie des interactions quotidiennes en contexte multiculturel pour des temps compliqués. L’ouvrage analyse les micro-interactions sociales dans un quartier multiculturel et voit comment celles-ci créent du lien entre les personnes et les amènent à faire communauté.

Intelligence artificielle, changement climatique… : de nombreux essayistes se penchent, avec les outils de la science, de l’informatique ou des sciences humaines, sur les défis majeurs du monde d’aujourd’hui. Paru en janvier aux éditions de l’Académie royale de Belgique, Identités. Et si on questionnait la biologie d’Hugues Bersini repense la question de l’identité à partir de la biologie et avec le soutien des outils de l’informatique. Dans la même maison d’édition, Jean-Pierre Missa nous plongera au coeur de la Silicon Valley, et du concept qui y règne actuellement : celui de technofuturisme. Technofuturisme : la philosophie de la Silicon Valley interroge une pensée qui croit au salut technologique, mais sous laquelle affleure la crainte d’un avenir qui pourrait s’écrire sans les humains. Raymond Reding s’intéressera lui aussi à une révolution scientifique, mais plus ancienne celle-là, puisqu’il reviendra sur le parcours du père de la théorie de l’évolution. Charles Darwin autour du monde. De l’observation des espèces à la conception de leur origine paraitra début avril.
Pour les éditions Odile Jacob, François Gemenne parlera des changements climatiques dans Parler du climat sans plomber l’atmosphère, un recueil des chroniques radiophoniques du climatologue et spécialiste des migrations.
Aux éditions Kennes, il y a une vie en-dehors de Philippe Boxho et de ses livres à énorme succès. Alors que le légiste le plus célèbre de Belgique est absent de l’actualité éditoriale de ce début d’année (mais sera bien présent à la Foire du livre!), son éditeur délaisse les cadavres pour s’interroger sur l’IA avec le livre de Bertrand Misonne, Mona l’IA. L’IA peut-elle être créative ? L’auteur interroge l’influence de l’IA générative sur nos valeurs et nos repères.
Pour Laurent Kinet, dont le livre Révolutions silencieuses. Dix mutations qui recomposent le monde est annoncé pour mars aux Impressions nouvelles, notre situation actuelle est marquée par la dissolution de l’état-nation plus encore que par l’IA générative et ou la crise climatique.

russanowska la pub clap de fin

Enfin, les éditions F deville nous présenteront avec Pub, clap de fin ?, un dialogue entre Aurélie Russanowska et André Rysman autour de la publicité et du relatif discrédit qu’elle subit aujourd’hui.

Patrimoine et rééditions : la seconde vie des œuvres

Plusieurs structures éditoriales réalisent un important travail de patrimonialisation de la littérature et permettent ainsi à leurs lecteurs de découvrir des œuvres anciennes, parfois devenues introuvables.

C’est la mission de la collection Espace Nord, qui programme deux volumes en ce début d’année. Figures de l’éphémère est une anthologie de textes poétiques d’Yves Namur, où l’on verra que l’ineffable est au centre du travail de l’auteur. Cette rentrée est assurément faste pour le poète, secrétaire perpétuel de l’Académie et éditeur (il a fondé les éditions Le Taillis pré), puisque cette entrée en Espace Nord vient en même temps que la publication de deux nouveaux recueils d’inédits.
Ensuite viendra La fille démantelée, un roman de Jacqueline Harpman sur le non-amour d’une mère pour sa fille et ses effets destructeurs.

krains mes amis

Les éditions de l’Académie mettent à l’honneur un académicien, Hubert Krains (1862-1934) avec la réédition du recueil de nouvelles Mes amis, qui nous plonge dans la Hesbaye du début du 20ème siècle. Ce volume vient conforter un regain d’attention récent autour de l’œuvre d’Hubert Krains, dont le roman le plus connu, Le pain noir, vient de reparaitre dans la collection Espace Nord, tandis qu’un musée à lui dédié a récemment ouvert ses portes dans son village natal. L’Académie annonce aussi la parution d’un roman de Marianne Pierson-Piérard (1907-1981), Entre hier et demain.

lecomte alechinsky le sens des tarots

Sans doute moins attendues dans le domaine patrimonial, les éditions La Pierre d’Alun publient pourtant Le sens des tarots, le premier livre de Pierre Alechinsky, paru en 1948, où les créations de l’artiste sont complétées d’un texte du surréaliste Marcel Lecomte. La réédition à La Pierre d’Alun comprend un fac-similé de l’édition originale, et de nombreux compléments : les épreuves préparatoires, une série de textes de l’artiste, une préface inédite de l’écrivain, des documents autographes, ainsi que la contribution de Marcel Lecomte au livre d’Alechinsky Le test du titre (1967).

Les éditions Rivages donneront une nouvelle édition en poche de La mort de la Terre de Rosny aîné, roman déjà disponible dans la collection Espace Nord.

platteau meijo

Les éditions Au diable vauvert poursuivent la réédition des Sentiers des astres, la saga de fantasy de Stefan Platteau, initialement parue aux Moutons électriques. Le troisième volume, Meijo, a paru début février.

ryelandt l'incendiaire

Les éditions F deville ont récemment lancé leur collection de poche, « Aréopages ». Elle accueillera prochainement une réédition de L’incendiaire, le premier roman de Martin Ryelandt initialement publié en 2006.

Signe de leur bonne tenue en librairie, beaucoup de romans récents passent en édition de poche en ce début d’année : L’impossible retour d’Amélie Nothomb (Le livre de poche, 2 janvier), La femme du lac de Sandra de Vivies (Cambourakis, 4 février), Le rêve d’un fou de Nadine Monfils (Nami, 12 mars), Le sang des bêtes de Thomas Gunzig (Au diable vauvert, 12 mars).

Idem pour les thrillers Commandant Solane de Jérémie Claes (Pocket, 5 février), Eureka dans la nuit d’Anne-Sophie Kalbfleisch (Le livre de poche, 11 février), Les enfants du serpent de Clarence Pitz (Folio, 12 février) et Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Knokke-le-Zoute d’une Nadine Monfils décidément très présente en ce début d’année (Robert Laffont, 19 mars).

L’essai de Myriam Watthee-Delmotte, Dépasser la mort : l’agir de la littérature, pour lequel elle avait reçu l’Espiègle de l’essai en 2023, passera lui aussi en poche, chez Actes Sud. Côté essai toujours, la biographie Madame Chiang Kai-shek, signée Philippe Paquet et initialement parue chez Gallimard en 2010, ressort en grand format aux éditions Les belles lettres.

À la Foire et dans Le Carnet

Abondante, variée, la rentrée d’hiver n’a assurément rien à envier à celle d’automne. Arrivant progressivement sur les tables des libraires, tous ces livres seront aussi présents à la Foire du livre de Bruxelles… et à découvrir sur le blog du Carnet et les Instants.

Nausicaa Dewez