Archives par étiquette : Nausicaa Dewez

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Désenchantées

Corinne HOEX, Nos princes char­mants, Impres­sions nou­velles, 2023, 128 p., 14 €, ISBN : 978–2‑39070–043‑2

hoex nos princes charmantsCorinne Hoex est aus­si bien prosatrice que poétesse. Elle en offre une preuve écla­tante en ce print­emps où, quelques semaines à peine après la sor­tie du livre de poésie L’ombre de toi-même parait un recueil de réc­its courts, Nos princes char­mants.

L’ironie point sous l’in­ti­t­ulé doucereux. Ni princes ni char­mants, les per­son­nages mas­culins dépeints ici sont des maris infidèles, des com­pagnons indif­férents, qui préfèrent leur tra­vail à leur épouse, des hommes vieil­lis­sants, dont le pou­voir de séduc­tion s’amuït, des amants lassés. L’un ment pour dis­simuler ses frasques, l’autre se fait odieux, quand un troisième ne voit plus guère en sa com­pagne qu’une cuisinière à sa dis­po­si­tion. Racon­tés surtout du point de vue des femmes, ces fic­tions décli­nent toutes les nuances du désen­chante­ment amoureux – banale éro­sion des sen­ti­ments, décou­verte du mon­stre tapi der­rière le vis­age char­mant des pre­miers ren­dez-vous, ou décep­tion face au quo­ti­di­en : Con­tin­uer la lec­ture

La pharmacie de Marianne

Véronique BERGEN, Mar­i­anne Faith­full. Bro­ken Eng­lish, Den­sité, coll. « Disco­go­nie », 2023, 116 p., 12 €, ISBN : 978–2‑919296–35‑4

bergen marianne faithfull broken englishChaque vol­ume de la col­lec­tion « Disco­go­nie » des édi­tions Den­sité s’attache à un album de musique, envis­agé comme « le réc­it sonore du com­mence­ment d’un monde pro­pre au groupe de musi­ciens qui l’a gravé ». Après Pat­ti Smith. Hors­es paru en 2018, Véronique Bergen con­tribue pour la deux­ième fois à la série, en creu­sant le (micro)sillon du Bro­ken Eng­lish de Mar­i­anne Faith­full.

Icône du Swing­ing Lon­don, jeune chanteuse  folk, inter­prète du tube As tears go by co-écrit pour elle par Mick Jag­ger et Kei­th Richards, passée dans les années 1970 à une musique plus som­bre, inter­prète de plus de vingt albums depuis 1965, autrice et com­positrice de plusieurs d’entre eux, actrice pour Jean-Luc Godard (Made in USA), Patrice Chéreau (Intim­ité), Sofia Cop­po­la (Marie-Antoinette) ou Philippe Blas­band (Iri­na Palm) : le par­cours artis­tique pro­téi­forme de Mar­i­anne Faith­full, sa longévité, les chefs‑d’œuvre aux­quels elle est asso­ciée invi­tent autant aux longs développe­ments qu’aux glos­es superla­tives. Col­lec­tion « Disco­go­nie » oblige, l’essai de Véronique Bergen se focalise sur un seul disque, mais il ne manque pas d’inscrire Bro­ken Eng­lish dans la tra­jec­toire de la chanteuse. Con­tin­uer la lec­ture

Passage en revue de Pierre Nothomb

Pierre nothomb

Pierre Nothomb — ©Fon­da­tion Pierre Nothomb

La Fon­da­tion Pierre Nothomb lance la revue L’égrégore, con­sacrée à l’écrivain et homme poli­tique Pierre Nothomb.

Peu nom­breux sont les auteurs et autri­ces belges qui peu­vent se tar­guer d’avoir une revue à leur nom. Simenon est de ceux-là, comme François Jacqmin ou Mau­rice Carême (le Bul­letin Mau­rice Carême a cessé de paraitre en 2016). La (brève) liste s’est enrichie d’une nou­velle ligne, puisque Pierre Nothomb (Tour­nai 1887 – Habay-la-Neuve 1966) a désor­mais lui aus­si une revue dédiée, éditée par la Fon­da­tion qui porte son nom. Con­tin­uer la lec­ture

Revue de presse : les livres de l’année 2022

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Tout au long du mois de décem­bre, les médias ont dressé le bilan de l’année lit­téraire 2022, dévoilant en par­ti­c­uli­er leurs listes des « meilleurs » livres des douze derniers mois. Un exer­ci­ce auquel la rédac­tion du Car­net et les Instants a par­ticipé : nous vous avons pro­posé, du 8 au 31 décem­bre, les sélec­tions de nos chroniqueurs et chroniqueuses. Nos regards se tour­nent à présent vers les choix des autres jour­naux et mag­a­zines – et plus pré­cisé­ment sur les auteurs et autri­ces belges fran­coph­o­nes qu’ils ont retenus. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 de Charline Lambert

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Char­line Lam­bert. Con­tin­uer la lec­ture

Splendeur et fragilité de la marge

Véronique BERGEN, Marolles. La cour des chats, CFC, coll. « La ville écrite », 2022, 178 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–054‑2

bergen marollesAlbums pour la jeunesse, livres d’art ou d’histoire : le cat­a­logue des édi­tions CFC regorge de vol­umes somptueux, riche­ment illus­trés. Sous sa mise plus mod­este, l’élé­gante sobriété de Marolles. La cour des chats con­firme le souci de la mai­son pour l’objet-livre. De sobriété, il n’est pour­tant guère ques­tion dans le pro­pos de Véronique Bergen. Les Marolles sont en effet pour elle surtout bigar­rure, diver­sité de pop­u­la­tion…, bref : “bifur­ca­tions ” et « fan­taisie ». 

Un tel objet échappe for­cé­ment à toute ten­ta­tive de le cir­con­venir, et l’essayiste priv­ilégie une approche par éclairages suc­ces­sifs. D’un chapitre à l’autre, elle évoque tour à tour le brus­se­leer, la zwanze, la toponymie, l’urbanisation, les artistes et habi­tants nota­bles, l’hospitalité, la sol­i­dar­ité, les chats… Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (2)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Effer­ves­cence édi­to­ri­ale, course aux prix…, la ren­trée lit­téraire d’automne est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’intense activ­ité dans le monde du livre fran­coph­o­ne. La pléthore d’ouvrages disponibles expose les plus frag­iles d’entre eux à un pas­sage aus­si éphémère qu’anonyme sur les tables des libraires. Au jeu de la vis­i­bil­ité et de la con­sécra­tion, la presse joue naturelle­ment un rôle de médi­a­tion et de con­seil auprès des lec­tri­ces et lecteurs.

Le 10 sep­tem­bre, la revue de presse du Car­net et les Instants pro­po­sait un bilan de l’accueil médi­a­tique et cri­tique des autri­ces et auteurs belges de la ren­trée pub­liés dans des maisons d’édition français­es. Les maisons d’édition belges lan­cent leur ren­trée quelques semaines plus tard que leurs homo­logues hexag­o­nales ; les pre­miers livres arrivent sur les tables des librairies en sep­tem­bre seule­ment. Cette deux­ième livrai­son de notre revue de presse de la ren­trée 2022 leur est con­sacrée. Con­tin­uer la lec­ture

Myriam Leroy n’aime (toujours) pas

Myr­i­am LEROY, Bel­giques. Out of office, Ker, coll. “Bel­giques”, 2022, 123 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–326‑3

leroy belgiquesLa col­lec­tion « Bel­giques » des édi­tions Ker con­tin­ue d’ausculter, par la lit­téra­ture et façon mosaïque, les imag­i­naires de la Bel­gique. Elle s’enrichit de qua­tre nou­veaux vol­umes cet automne, par­mi lesquels celui que signe Myr­i­am Leroy.

Il y a (au moins) deux manières d’appréhender un recueil de la col­lec­tion « Bel­giques » : pour ce qu’il nous dit de la Bel­gique telle que la voit son autrice ou auteur, d’une part, et, d’autre part, pour ce qu’il fait au genre de la nou­velle. Con­tin­uer la lec­ture

Divine aux deux visages

Cather­ine LOCANDRO, Le por­trait de Gre­ta G., Les péré­grines, coll. « Les auda­cieuses », 2022, 304 p., 19 €, ISBN : 979–10-252‑0565‑5

locandro le portrait de greta gAprès deux romans pour la jeunesse, Cather­ine Locan­dro revient à la lit­téra­ture générale avec Le por­trait de Gre­ta G. Change­ment de pub­lic, mais point de genre : comme aupar­a­vant avec le roman pour ado­les­cents Cas­sius (évo­ca­tion de Mohamed Ali parue chez Albin Michel, qui a rem­porté le prix Pre­mière – Vic­tor en 2021), ce sont les ter­res de la biofic­tion que l’autrice arpente ici. Elle s’attache cette fois à l’icône hol­ly­woo­d­i­enne Gre­ta Gar­bo (1905–1990). Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (1)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

La ren­trée lit­téraire des maisons d’édi­tion français­es a com­mencé le 17 août. Les romans annon­cés pour cette péri­ode sont déjà qua­si tous disponibles. Après quelque qua­tre semaines, l’on sent déjà les ouvrages qui ont les faveurs des médias et ceux qui par­cour­ront un chemin plus dis­cret, sinon effacé. 

Quel accueil la presse a‑t-elle réservé aux livres des auteurs et autri­ces belges qui par­ticipent à la ren­trée lit­téraire française? Ten­ta­tive de réponse avec cette revue de presse. Con­tin­uer la lec­ture

Le livre du père

Mehtap TEKE, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi, Viviane Hamy, 2022, 256 p., 18,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38140–024‑2

teke petite je disais que je voulais me marier avec toiLa ren­trée lit­téraire 2022 accorde une large place aux pre­miers romans : 90 sur les 345 romans fran­coph­o­nes annon­cés, selon le décompte de Livres Heb­do. Mehtap Teke est l’une de ces nou­velles plumes à décou­vrir. Paru aux édi­tions Viviane Hamy, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi con­te l’histoire d’un homme qui, dans l’espoir d’une vie meilleure, quitte sa Turquie natale pour l’Europe occi­den­tale.

Le roman est presque entière­ment écrit à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er : si la nar­ra­trice, une jeune femme, racon­te l’histoire de son père, elle la racon­te aus­si à son père. Et retrace le par­cours de vie d’un enfant pau­vre né en Turquie, retiré tôt de l’école où il excel­lait. Arraché à ses rêves intel­lectuels, il est con­traint de tra­vailler dans les champs de coton avec son père, puis de quit­ter son pays d’origine pour rejoin­dre l’Europe occi­den­tale, en quête d’une vie meilleure. Là-bas, il besogne sur des chantiers de con­struc­tion, devient père d’une famille nom­breuse. Avec une obses­sion : offrir à ses filles les pos­si­bil­ités et l’aisance sociale et finan­cière dont il a été privé. Con­tin­uer la lec­ture

Tristane, ma sœur Tristane…

Amélie NOTHOMB, Le livre des sœurs, Albin Michel, 2022, 193 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑226–47636‑4

nothomb le livre des soeursLau­réate du Renau­dot 2021 pour Pre­mier sang, Amélie Nothomb ne s’est pas reposée sur ses lau­ri­ers : elle inau­gure à nou­veau la ren­trée lit­téraire cette année. Pour sa trente-et-unième, elle pub­lie Le livre des sœurs aux édi­tions Albin Michel.

Amélie Nothomb évoque volon­tiers sa grande prox­im­ité avec sa sœur Juli­ette – laque­lle signe elle aus­si un livre en cette ren­trée, puisqu’Éloge du cheval paraitra début sep­tem­bre, chez Albin Michel égale­ment. Le livre des sœurs ne par­le toute­fois pas d’Amélie et Juli­ette, mais de Tris­tane et Laeti­tia. L’autrice explore cette année non le ter­rain de sa pro­pre vie, mais celui de l’imagination, qu’elle définit joli­ment, dans le hors-série que Lire Mag­a­zine lit­téraire vient de lui con­sacr­er, comme « la réminis­cence de ce qui n’a jamais eu lieu ». Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une envie de découvrir

rentree litteraire 2022

Para­doxe du cal­en­dri­er lit­téraire : à peine la trêve esti­vale s’annonce-t-elle qu’il est déjà ques­tion de la ren­trée. Ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale se pré­pare évidem­ment tou­jours de longue date et c’est aux pre­miers jours de juil­let que l’essentiel des pro­grammes est con­nu. Les pre­mières sélec­tions pour les prix lit­téraires d’automne tombent déjà, et Livres Heb­do peut se prêter à son tra­di­tion­nel décompte : com­bi­en d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et sep­tem­bre de cette année ? La sur­pro­duc­tion édi­to­ri­ale, dénon­cée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou qua­si insouten­able cette fois ?

Beau­coup d’auteurs et autri­ces belges, qu’ils soient pub­liés en France ou en Bel­gique, ver­ront eux aus­si leur livre – par­fois même leur premier­ livre – paraitre en cette ren­trée. Tour d’horizon des ouvrages atten­dus à par­tir du 17 août. Con­tin­uer la lec­ture

Âmes et consciences

Fran­cis VAN DE WOESTYNE, États d’âme. Grands entre­tiens, Impres­sions nou­velles, 2022, 450 p., 24 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑87449–930‑2

van de woestyne etats d ameDans le cat­a­logue des Impres­sions nou­velles, le genre de l’entretien jouit d’une place de choix. Dès 2001 parais­sait en effet un vol­ume dans lequel Alain Robbe-Gril­let répondait à Benoit Peeters, suivi plus récem­ment par Tout le reste est lit­téra­ture, entre­tien-bilan de Jacques Dubois mené par Lau­rent Demoulin, ou encore par les dif­férents vol­umes de la col­lec­tion « Caméras sub­jec­tives » dans lesquels des pro­fes­sion­nels du ciné­ma évo­quent les secrets du méti­er. Sans oubli­er, bien sûr, Secrets d’écrivains, enquête sur les entre­tiens lit­téraires con­duite au moyen… d’entretiens avec des auteurs et des autri­ces. Con­tin­uer la lec­ture

Défense et illustration de l’humour politique

Char­line VANHOENACKER, Aux vannes, citoyens ! Petit essai d’humour poli­tique, Denoël, 2022, 151 p., 16 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑207–16520‑1

vanhoenacker aux vannes citoyens petit essai d humour politiqueFig­ure (re)connue du paysage radio­phonique et télévi­suel pub­lic français, la jour­nal­iste-dev­enue-humoriste belge Char­line Van­hoe­nack­er pub­lie Aux vannes, citoyens !, aux édi­tions Denoël.

Le sous-titre, « Essai d’humour poli­tique », annonce le car­ac­tère hybride de l’entreprise. Il s’agit bien d’un essai sur l’humour poli­tique, mais aus­si d’une mise en pra­tique directe de cet humour. Jupitéri­enne, Char­line Van­hoe­nack­er ? Elle pra­tique en tout cas l’« en même temps » : son pro­pos est sérieux et en même temps la vanne sur­git à chaque ligne ou presque. Con­tin­uer la lec­ture