Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver.

La ren­trée d’automne est un con­cept très français, né de la course aux grands prix lit­téraires. Cer­taines maisons belges se sont plus ou moins calquées sur ce cal­en­dri­er, mais sans que la péri­ode atteigne jamais la même sig­ni­fi­ca­tion chez nous. Pour ce qui con­cerne la ren­trée d’hiver, au con­traire, ce moment de l’année est depuis longtemps coché dans l’agenda. Elle précède en effet de peu la Foire du livre de Brux­elles, événe­ment incon­tourn­able pour tous les édi­teurs de Brux­elles et de Wal­lonie, et moment priv­ilégié pour la présen­ta­tion de toutes ces nou­veautés au grand pub­lic.

Cette année, la Foire se tien­dra du 26 au 29 mars. Qu’ils soient pub­liés en Bel­gique, en France ou ailleurs, de nom­breux auteurs et autri­ces belges y présen­teront leur dernier opus. En guise d’avant-gout, voici un tour d’horizon des livres 2026 à décou­vrir lors de ce grand ren­dez-vous lit­téraire.

Les Belges en France : romans à foison

L’épopée du Bel obscur, le roman de Car­o­line Lamarche qui a fini 2ème du prix Goncourt 2025, l’a sans doute fait oubli­er : très peu de roman­cières et romanciers belges ont par­ticipé cette année à la ren­trée lit­téraire d’automne en France. Il en est tout autrement en ce début d’année 2026, où les paru­tions sont à la fois nom­breuses et très var­iées dans leurs sujets.

Le mois de jan­vi­er a ain­si vu paraitre le nou­veau roman d’Emmanuelle Pirotte, L’étreinte des siè­cles (Le cherche midi). Après un roman pour la jeunesse, l’autrice de Today we live revient à la lit­téra­ture générale et nous emmène sur les traces d’une décou­verte archéologique qui boule­verse la vie d’un pro­fesseur d’université. La roman­cière appro­fon­dit une intrigue née dans sa nou­velle Le temps des épées (pdf). Six ans après le déroutant Rétine, Théo Cas­ciani a pub­lié son deux­ième roman, Insu­la, tou­jours aux édi­tions P.O.L. Il est ques­tion cette fois d’un jeu de réal­ité aug­men­tée, Insu­la, acces­si­ble par l’ingestion d’une pilule illé­gale. Pour Odile d’Oultremont, la ren­trée d’hiver 2026 est celle du qua­trième roman. Lutte des class­es et lutte des gen­res avec La dernière nuit, paru chez Jul­liard, puisque le livre racon­te com­ment une agricul­trice kid­nappe un riche ban­quier qui avait tué l’une de ses vach­es impuné­ment. Pour Trace, Geneviève Damas nous plonge quant à elle dans la vie d’une ado­les­cente. Elle est placée face à un dilemme : laiss­er s’épanouir ses qual­ités sportives en se ren­dant aux entraine­ments d’athlétisme, ou pour­suiv­re ses activ­ités de deal, et ain­si sub­venir aux besoins de sa famille… Au milieu de ces plumes expéri­men­tées, un pre­mier roman : Le retour du roi de David Engels, une dystopie que son édi­teur, Verbe haut, présente comme “le grand roman de la droite européenne du XXIe siè­cle”.

Début févri­er, on a décou­vert le nou­veau roman de Daniel Charneux, I’m not M.M. Habitué des maisons d’édition belges (Luce Wilquin, M.E.O., Bleu d’encre, Genèse…), l’auteur est pub­lié pour la pre­mière fois par les édi­tions Arléa. Il revient sur Marylin Mon­roe, à laque­lle il avait déjà con­sacré en 2006 Nor­ma, roman paru chez Luce Wilquin puis réédité aux édi­tions du Sablon, un livre qui lui avait valu le prix de lit­téra­ture Charles Plis­nier. Chaque année, févri­er rime avec ren­trée pour Armel Job. Fidèle aux édi­tions Robert Laf­font, il pub­lie cette fois Le tes­ta­ment du dia­ble, une his­toire d’héritage et de tes­ta­ment introu­vable qui déchire une famille, entre la jeune épouse et les enfants du défunt, issus d’un précé­dent mariage.

Plusieurs autres romans arriveront sur les tables des libraires début mars. Après un pas­sage par le guide touris­tique romancé, Daph­né Tam­age revient au roman et pour­suit sa promet­teuse tra­jec­toire avec Le chant des con­traires, à paraitre chez Stock comme déjà Le retour de Sat­urne. Pour Pieterke Mol, Comme ta mère, pub­lié aux édi­tions Noir sur blanc, sera un pre­mier roman à compte d’éditeur, après un autre autoédité et le recueil poé­tique Com­ment dire au revoir à un père absent ? (Bleu dans vert). L’autrice racon­te une his­toire de famille douloureuse, mar­quée par l’alcoolisme. Éric-Emmanuel Schmitt délais­sera un temps sa saga La tra­ver­sée du temps pour revenir à sa pas­sion pour Mozart (Ma vie avec Mozart, Albin Michel, 2005). À paraitre aux édi­tions Albin Michel, Juste après Dieu, il y a papa racon­te la rela­tion tumultueuse entre Wolf­gang Amadeus Mozart et son père. Auteur d’une œuvre poé­tique d’ampleur, Pas­cal Lecler­cq fera sa ren­trée avec un roman, La phar­ma­cie, annon­cé aux édi­tions Do. Le nar­ra­teur redé­cou­vre l’emplacement où se tenait la phar­ma­cie de ses grands-par­ents et tente de recon­stituer ce lieu qui lui est devenu mythique.

Enfin, plusieurs romans annon­cés pour début avril seront à décou­vrir en avant-pre­mière à la Foire. Auteurs respec­tive­ment de Baisse ton sourire (édi­tions Do) et Eure­ka dans la nuit (Rouer­gue), deux pre­miers romans final­istes du prix Rossel, Christophe Lev­aux et Anne-Sophie Kalbfleisch présen­teront tous deux leur deux­ième roman. Christophe Lev­aux reste dans le giron des édi­tions Do pour La fange, dont le nar­ra­teur, immergé dans un monde priv­ilégié et déca­dent, voit son univers s’effondrer. Avec Lalie en l’air, Anne-Sophie Kalbfleisch reste elle aus­si fidèle aux édi­tions du Rouer­gue. L’histoire est celle d’une enfant délais­sée par sa famille qui décou­vre son étrange voisin et recherche sa com­pag­nie, mal­gré les mis­es en garde. La tra­duc­trice et roman­cière Noëlle Michel fera elle aus­si sa ren­trée le 2 avril. Les édi­tion Le bruit du monde, qui avaient pub­lié son deux­ième roman Demain les ombres en 2023, présen­teront cette fois Que rien ne fane, l’his­toire d’une octogé­naire qui se prend de pas­sion pour Bri­an Molko et revendique son droit de vivre en-dehors de l’ex­is­tence étriquée que la société voudrait réserv­er aux femmes de son âge. Après le dip­tyque mex­i­cain Danse de la vie brève (prix Rossel 2016) et Les formes d’un soupir paru chez Ver­ti­cales, Hubert Antoine fera sa ren­trée aux édi­tions Gras­set avec Un irré­sistible pen­chant, qui suit les aven­tures d’un étu­di­ant en his­toire de l’art. Autre anci­enne lau­réate du prix Rossel, Ade­line Dieudon­né, présen­tera elle aus­si son nou­veau roman début avril. Pub­lié aux édi­tions L’iconoclaste comme les précé­dents, Dans la jun­gle appro­fon­dit la veine trash qui fait la mar­que de fab­rique de l’autrice. Il remonte le cours de l’histoire d’une famille dont l’apparence idéale vole en éclats le jour où le mari et père tue femme et enfants avant de se sui­cider. Dans une tout autre tonal­ité, le cou­ple sera aus­si au cen­tre du nou­veau roman de Valérie Cohen, Le print­emps des auda­cieux, pro­gram­mé aux édi­tions de l’Archipel.

La ren­trée des thrillers et autres polars s’annonce elle aus­si copieuse, entre nou­velles plumes et auteurs con­fir­més. Du côté des nou­veaux venus, Meh­di Bayad a présen­té Le bâti­ment aux édi­tions du Masque, l’histoire d’un héros qui débar­que sur une ile pour pren­dre du recul mais som­bre dans la para­noïa, entouré d’insulaires qui refusent de par­ler du Bâti­ment, un cen­tre d’accueil pour mar­gin­aux. Cabale, le pre­mier roman de San­drine Goey­vaerts, sor­ti­ra début mars aux édi­tions Hachette. Cabale, c’est une société secrète de femmes qui ont décidé de punir les hommes coupables de vio­lences sex­istes. Un jour, un célèbre chanteur est retrou­vé mort dans sa cham­bre d’hôtel…

Après L’horloger et Com­man­dant Solane, Jérémie Claes est présent pour une troisième ren­trée con­séc­u­tive chez Héloïse d’Ormesson avec Cav­il­lore, qui nous con­duit cette fois en Provence. Pour raisons famil­iales, le per­son­nage prin­ci­pal revient dans un petit vil­lage où le meurtre d’une jeune femme, sur­venu des années plus tôt, n’a jamais été élu­cidé.
Paul Col­ize s’est imposé comme l’un des grands noms du thriller belge. Son nou­veau roman, La sai­son des pluies (édi­tions Hervé Chopin), sera disponible le 5 mars. Avec Devant Dieu et les hommes, qui avait pour toile de fond la tragédie du Bois du Cazier, l’auteur a prou­vé qu’il mêlait avec habileté intrigue poli­cière et arrière-plan his­torique. Il renou­velle ce mélange pour La sai­son des pluies, qui s’enracine dans la péri­ode post­colo­niale du Con­go.
Bien qu’elle ait déjà pub­lié plusieurs thrillers, Clarence Pitz entam­era un nou­veau chapitre de son par­cours lit­téraire en ce mois de mars avec un pre­mier livre à l’enseigne des édi­tions Bel­fond, D’où per­son­ne ne revient. Con­texte insu­laire, comme pour Meh­di Bayad : l’héroïne se retrou­ve sur une ile inter­dite, où ses com­pagnons de route sont assas­s­inés. Les enquê­teurs décou­vrent ensuite un lien entre elle et une anci­enne affaire d’assassinats d’enfants…
Nadine Mon­fils don­nera début avril un deux­ième vol­ume de sa nou­velle série, Les fleurs du crime de Mon­sieur Baude­laire : Le mur­mure du cor­beau fera suite à La femme sans tête.

À not­er aus­si la paru­tion de deux thrillers hor­ri­fiques, En son nom, bref roman de Frédéric Livyns paru aux édi­tions Faute de frappe et La source bleue de Bruno Car­pen­tier chez Mel­mac Cat. Quant à Bruce Mayence, il pour­suit la série de polars par­o­diques La fille du Poulpe aux édi­tions Moby Dick, avec Qui veut gag­n­er des mignons.

En Belgique, une rentrée très romanesque

Les maisons d’édition belges ont lancé leur ren­trée d’hiver un peu plus tar­di­ve­ment que leurs homo­logues français­es, à la fin jan­vi­er. Le pro­gramme dans le domaine du roman n’en est pas moins rob­o­ratif, avec une prédilec­tion man­i­feste des auteurs et autri­ces pour l’exploration des ressorts des rela­tions famil­iales ou de cou­ples.

couturiau yonkers

On com­mencera par une bonne nou­velle : le groupe Emo­tions, qui rassem­blait déjà Onlit, Genèse et les édi­tions de l’Herne, lancera une nou­velle col­lec­tion au mois de mars. Appelée Onl­it­Noir et placée sous la direc­tion de Patrick Delper­dan­ge, elle sera dédiée aux écri­t­ures noires sous toutes leurs formes et accueillera aus­si bien des tra­duc­tions que des romans fran­coph­o­nes, aus­si bien des auteurs étrangers que des auteurs belges. Trois livres sont annon­cés pour le lance­ment de la col­lec­tion. Entre l’Équatorien Alfre­do Nor­ie­ga et le Français Christophe Tostain, un auteur belge, Paul Couturiau,nous emmèn­era dans l’Amérique des années 1960 avec Yonkers, un roman qui entremêle trois his­toires : celle d’un ex-polici­er devenu avo­cat, celle de la patronne d’un club de jazz qui est aus­si la fille d’un avo­cat de la mafia, et celle d’un trompet­tiste sor­ti de prison.

Les édi­tions M.E.O. présen­teront cinq romans 2026 à la Foire du livre, tous écrits par des auteurs habitués de la mai­son. Après La vénus de la val­lée mosane, Olivi­er Papleux a signé avec Les enfants de Voyn­ich un beau deux­ième roman sur la dif­férence, autour d’enfants sur­doués et d’un man­u­scrit réputé indéchiffrable. Deux­ième roman aus­si pour Tatiana de Per­linghi : après Terre Adélaïde, Tir­er des bor­ds racon­te la rela­tion, trem­pée dans l’humour et la vital­ité, d’une mère céli­bataire et d’un pho­tographe réputé. Le cou­ple et le hasard des ren­con­tres sera d’ailleurs une thé­ma­tique dom­i­nante de cette ren­trée des édi­tion M.E.O. Elle est aus­si au départ de Mélu­sine, le nou­veau roman de Jean-Pierre Bal­froid. Les deux pro­tag­o­nistes se ren­con­trent le jour où ils sont tous deux virés de leur tra­vail et nouent une rela­tion tor­ride. Ils devi­en­nent les par­ents de jumelles dont l’une, Mélu­sine, est atteinte d’un trou­ble du spec­tre de l’autisme. Dans J’espère que vous allez bien, Loren­zo Morel­lo fait se ren­con­tr­er un écrivain sans suc­cès mais héri­ti­er d’une belle for­tune, et une influ­enceuse qui emmé­nage dans le même immeu­ble. Dis­paru d’un trait d’encre, le dernier roman d’Annie Préaux pub­lié chez M.E.O., a valu à l’autrice le prix de lit­téra­ture Charles Plis­nier. Quelque chose à te dire, son nou­veau livre, est l’histoire d’une famille mar­quée par un drame : le père a été tué d’un coup de fusil en 1944, avant la nais­sance de sa fille. Quelque 80 ans plus tard, la fille espère enfin com­pren­dre ce qui s’est vrai­ment passé, et guérir ain­si sa rela­tion avec sa mère et sa pro­pre fille.

Avec les édi­tions M.E.O., Weyrich édi­tion sera le plus gros pour­voyeur de romans de cette ren­trée d’hiver, via sa col­lec­tion lit­téraire « Plumes du coq ». Après L’envers des pôles et Le pre­mier accroc, Nathalie Not­tet pour­suit son œuvre romanesque avec Et la vie est à pren­dre, qui par­le d’une femme qui vient de frap­per son mari à la tête et inter­roge, de manière plus générale, le pas­sage à l’acte. Marc-Syl­vain God­froid avait pub­lié un pre­mier roman dans la même col­lec­tion, Le bureau des rep­tiles, qui inter­ro­geait l’action de Léopold II au Con­go. C’était en 2013. Il revient cette année avec Pour les beaux yeux d’Eddy Mer­ckx, his­toire d’un homme dont le père, fan idol­âtre d’Eddy Mer­ckx, dis­parait un jour mys­térieuse­ment, lais­sant en héritage à son fils, qu’il a tou­jours nég­ligé au prof­it de sa pas­sion pour le cyclisme, l’énigme de sa dis­pari­tion. Déjà paru aux édi­tions Weyrich, le précé­dent roman d’Alain Lalle­mand, Ce que le fleuve doit à la plaine, a rem­porté le prix Mar­cel Thiry. Son nou­veau livre est lui aus­si imprégné de l’expérience de grand reporter de l’auteur, à laque­lle il insuf­fle un puis­sant souf­fle romanesque. Ma plus belle déc­la­ra­tion de guerre racon­te un médecin urgen­tiste belge qui nour­rit le pro­jet de négoci­er avec le chef des tal­ibans l’ouverture d’une mater­nité mod­erne en Afghanistan et se rend sur place pour ren­con­tr­er chefs de guerre, insurgés et mil­i­taires de tous bor­ds pour men­er à bien son idée. Jour­nal­iste au Soir comme Alain Lalle­mand, Pas­cal Lorent a lui aus­si déjà pub­lié un roman — son pre­mier, Retour à Anvie - aux édi­tions Weyrich. La lumière noire, son nou­veau livre, est le réc­it d’une série de meurtres par­ti­c­ulière­ment sauvages per­pétrés à Maubeuge. Le polici­er qui mène l’enquête est con­va­in­cu qu’ils ont tous le même auteur. Gabrielle Borile n’est certes pas une novice en écri­t­ure. Scé­nar­iste pour le ciné­ma, la télévi­sion et la bande dess­inée, son CV artis­tique compte de nom­breuses lignes. La fille de Nino est néan­moins son pre­mier roman. À décou­vrir égale­ment aux édi­tions Weyrich.

blasband la nuit est encore longue

Aux Impres­sions nou­velles, Philippe Blas­band a récem­ment pub­lié Scé­nar­iste !, un manuel d’écriture de scé­nario pour le ciné­ma. Il revient chez le même édi­teur, avec cette fois un roman, La nuit est encore longue. Con­stru­it sur des listes, ce livre est l’histoire de frères et sœurs iraniens arrivés en Bel­gique peu avant la révo­lu­tion islamique, et empêchés ensuite de ren­tr­er dans leur pro­pre pays.

cornélis les éclats du graal

Aux édi­tions F dev­ille, Michel Cornélis nous invite à un voy­age dans le temps avec Les éclats du Graal, dont l’intrigue est située en 1163 à Cologne, et met en scène un jeune cathare qui décide de vol­er le reli­quaire du Pré­cieux Sang.

La ren­trée d’automne des édi­tions Ker est tra­di­tion­nelle­ment placée sous le signe de la nou­velle, avec la sor­tie de nou­veaux vol­umes dans la col­lec­tion « Bel­giques ». L’hiver sera quant à lui romanesque, avec trois livres annon­cés pour le 1er mars. La mai­son d’édition est la parte­naire fidèle du prix lit­téraire de la Foire du livre, qui récom­pense sur man­u­scrit un roman noir, d’un auteur n’ayant encore jamais été pub­lié par ailleurs. On décou­vri­ra donc cette année le polar vain­queur de l’édition 2025 : Cathé­drale nord, signé par Arnaud Col­lette. Un livre noir de noir qui nous emmène dans la ville de Liège où des vic­times de meurtres sont retrou­vées cru­ci­fiées et mutilées. Je vous aime de Frank Andri­at est l’histoire d’une ami­tié boulever­sée par l’annonce de la mal­adie de l’une des pro­tag­o­nistes. Bien que ses deux derniers romans (L’été sans retour, Le don du père) aient paru chez Gal­li­mard, Giuseppe San­toliq­ui­do col­la­bore depuis longtemps avec Ker, où il a pub­lié Voy­age cor­saire dès 2013, puis un vol­ume de la col­lec­tion « Bel­giques » et une réédi­tion de L’inconnu du parvis. Une fructueuse rela­tion qui con­nait un nou­veau chapitre cette année avec Let­tres à l’Autre. Au tra­vers de let­tres écrites à une femme (mys­térieuse­ment appelée « l’Autre »), l’écrivain explore la rela­tion de cou­ple, entre amour et cul­pa­bil­ité.

Danielle Nees, la fon­da­trice de Genèse édi­tion, a récem­ment décidé de pass­er la main et la struc­ture édi­to­ri­ale qu’elle a créée a rejoint le giron du groupe Émo­tions. Les deux livres qui paraitront à la mi-mars sont donc les pre­miers de cette nou­velle ère. La tran­si­tion sem­ble s’être réal­isée dans la con­ti­nu­ité, les deux auteurs au pro­gramme ayant tous deux déjà pub­lié dans la mai­son. Les précé­dents romans d’Arnaud Nihoul (Caitlin, Clay­more, La vil­la aigue-marine) ont mon­tré la dilec­tion de l’auteur pour les décors insu­laires. Son nou­veau livre, Le club des assas­sins, se passe lui aus­si sur une ile, mais une ile urbaine, loin des paysages sauvages et des ter­res presque inhab­itées aux­quels il nous a habitués. Il nous emmène en effet à… Paris, sur l’ile Saint-Louis, où a été décou­vert le corps sans vie du prési­dent d’un club de lec­ture, tan­dis que la Joconde a dis­paru. L’en­quête se dou­ble d’une médi­ta­tion sur le désir d’art et la ten­ta­tion de l’ap­pro­pri­a­tion. Après Elles iront voir la mer, Anne Syl­vain signe avec Si un jour tu as de la peine un deux­ième roman chez Genèse édi­tion, his­toire d’un amour puis­sant mais destruc­teur entre une vio­lon­cel­liste et un com­pos­i­teur.

zoler la nuit des cochons

Les édi­tions Mur­mure des soirs optent quant à elles pour un pre­mier roman, celui d’Hélène Zol­er. La nuit des cochons est l’histoire d’une famille qui a éclaté : un homme qui a cessé depuis longtemps de fréquenter ses sœurs apprend un jour que l’une d’elles est mourante. Il se met alors en quête de son passé, et les sou­venirs de la vio­lence de son père et de l’indifférence de sa mère resur­gis­sent, jusqu’à cette mys­térieuse nuit des cochons au cours de laque­lle son père a trou­vé la mort.

Aux édi­tions Couleur livres, Carmeli­na Car­racil­lo évo­quera, dans L’impossible trahi­son (sor­tie le 26 mars), la quête d’identité d’une jeune fille prise entre ses orig­ines ital­i­ennes et le coron où elle grandit. Il sera aus­si ques­tion d’ex­il et de ques­tion­nement iden­ti­taire dans Le silence de l’om­bre de Vio­let­ta Dolores, à paraitre aux édi­tions Lilys. L’autrice nous emmène en Espagne dans les années 1960. Sous le poids de la dic­tature, un insti­tu­teur se résout à par­tir avec sa femme et ses enfants. Direc­tion la Bel­gique où il retrou­ve des mem­bres de sa famille, avec lesquels les rela­tions ont tou­jours été dif­fi­ciles.

Deux romans sont égale­ment annon­cés aux édi­tions du Cerisi­er. Dra­maturge, lau­réat du prix tri­en­nal de théâtre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles en 2012 pour Alber­to est com­mu­niste, Pierre Lor­quet a aus­si pub­lié deux romans, en col­lab­o­ra­tion avec Luc Mal­ghem : Jour­nal du chômeur (Quo­rum, 1999) et Hôtel des som­nam­bules (Luc Pire, 2003). C’est seul, cette fois, qu’il signe Faire et faire sem­blant. Après un pre­mier roman paru aux édi­tions Lamiroy (Moi, Rober­ta), Claire Bor­tolin passera aux édi­tions du Cerisi­er pour Les filles du Lev­ant.

Enfin, les édi­tions du Bas­son pro­poseront, dès le 2 mars, trois romans dans la veine noire qui les car­ac­térise. Ter­mi­nus de Christophe Kauff­man est l’histoire d’un mort qui racon­te – et com­mente ! – l’enquête sur son pro­pre décès. Dans Tu seras bouch­er, mon fils, Maribé imag­ine les effets inat­ten­dus provo­qués par la décou­verte d’une car­casse d’animal dans une société du futur où la con­som­ma­tion de viande est inter­dite. Quant à André Lalieux, il nous entraine à Charleroi. Ain­si seront-elles suit la tra­jec­toire de qua­tre femmes qui vivent, aiment et lut­tent dans un monde répres­sif et anx­iogène.

Jusqu’en Suisse

La ren­trée des auteurs et autri­ces belges se passe aus­si en Suisse, avec la paru­tion aux édi­tions Hélice Hélas, annon­cée pour le 11 mars, de Rêves d’azote. Ce sera le deux­ième roman de l’autrice bel­go-suisse Claire May, dont le pre­mier, Oost­duinkerke (édi­tions de l’Aire) avait rem­porté le prix de la pre­mière œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Médecin de pro­fes­sion, Claire May évoque cette fois l’infertilité, au départ de l’histoire de six embryons con­servés dans l’azote dans un con­géla­teur.
Quelques jours après Claire May (le 24 mars), Marc Van Staen nous emmèn­era dans le Mid­west pour Les derniers jours de Lar­ry Park­er (180° édi­tions). Lar­ry Park­er est un écrivain améri­cain recon­nu qui vient s’in­staller dans une bour­gade rurale. Sa vie faite d’écri­t­ure et de con­tem­pla­tion est soudain per­tur­bée par une dis­pari­tion énig­ma­tique.

Dev­enue rapi­de­ment une référence dans le domaine du roman feel-good, Cécil­ia Dumin­u­co présen­tera La pri­ma don­na du bus aux édi­tions Jou­vence, une ami­tié inat­ten­due entre une vieille dame et une con­duc­trice de bus.

Nouvelles et novellas : le récit court en grande forme

Dans le champ lit­téraire fran­coph­o­ne, la vital­ité de la nou­velle est sans con­teste l’une des spé­ci­ficités de la Bel­gique. Non seule­ment de nom­breux auteurs et autri­ces s’adonnent au genre, mais il est en out­re défendu par des maisons d’édition pas­sion­nées et recon­nues en dehors de nos fron­tières.

vanpé féminin pluriel

Quad­ra­ture, qui a fêté son 20ème anniver­saire en 2025, entre dans sa troisième décen­nie en restant fidèle à ses principes ini­ti­aux : la pub­li­ca­tion de recueils de nou­velles fran­coph­o­nes. Deux livres fig­urent au pro­gramme du pre­mier semes­tre 2026 : Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance du Français Axel Sénéquier et, le 20 mars, Féminin pluriel du Belge Michel Van­pé, un recueil qui, comme son titre l’indique, est cen­tré sur les per­son­nages féminins.

Les édi­tions Lamiroy sont elles aus­si tra­di­tion­nelle­ment très actives dans le domaine de la nou­velle, avec plusieurs col­lec­tions dédiées au genre. C’est le cas de « Cette année-là » : chaque vol­ume de la col­lec­tion est une nou­velle cen­trée sur l’année de nais­sance de l’auteur du vol­ume en ques­tion. Après les nou­velles de Luc Del­lisse (1953), Jean Jau­ni­aux (1954) ou Arnaud de la Croix (1959) parues en 2025, l’aventure de la col­lec­tion se pour­suit en 2026 avec Brice Depasse (1962), Benoît Her­bet (1972), Julien Lan­del (1981), Ziska Larouge (1969), Guil­laume Crunelle (2003), Jérôme Goy (1976), Maxime Damo (1994) et Sasha Ringer (2011).
La col­lec­tion « Opus » est quant à elle dédiée au for­mat de la novel­la. Deux nou­veaux tomes se sont ajoutés au cat­a­logue début févri­er : Ce soir-là de Lau­rence Legrand et Hôtel Espérance de François Crunelle, his­toire de douze pêcheurs rassem­blés dans un hôtel brux­el­lois à l’occasion d’un con­cours de mon­tage de mouch­es arti­fi­cielles. Un tueur en série s’est glis­sé par­mi eux.
Les édi­tions Lamiroy pub­lient aus­si les textes brefs en recueil, avec Con­tre plongées de Luc Del­lisse, livre qui rassem­ble 24 aven­tures liées entre elles par leur thé­ma­tique : l’étrangeté du monde dans lequel évolue leur héros.

bucciarelli la lapidation

Si les édi­tions M.E.O. pub­lient prin­ci­pale­ment des romans, des recueils de nou­velles enrichissent régulière­ment leur cat­a­logue. Avec une cer­taine réus­site : récem­ment, Dans quel monde on vit de Ralph Vendôme a été récom­pen­sé par le prix Mar­guerite de Navarre. Cari­no Buc­cia­rel­li est un habitué de la mai­son, où il a déjà signé les romans Mon hôte s’appelait Mal Wal­dron, Nous et les oiseaux et Le sym­bole de l’infini. Il y pub­liera pour la pre­mière fois un recueil de nou­velles, La lap­i­da­tion (09 avril), imprégné, comme sou­vent chez cet auteur, de réal­isme mag­ique. Les nou­velles sont entre­coupées de frag­ments d’autofiction.

drecq espergeliere la galaxie du coyotte

Aux édi­tions F dev­ille, Philippe Drecq-Espargelière signe le con­te La galax­ie du coy­ote, annon­cé par l’éditeur comme un « space-road­trip déjan­té » et une « épopée cos­mique ».

Enfin, les édi­tions Aux Palais out­re-ponts pro­gram­ment pour le 20 févri­er un con­te d’Anton Kouzemin, Septen­tri­on.

Réc­its, jour­naux, auto­bi­ogra­phie : intim­ité et lit­téra­ture

Les livres qui, au départ de pho­tos, d’archives, de réc­its famil­i­aux trans­mis, racon­tent l’enquête d’un auteur ou d’une autrice cher­chant à recon­stituer le passé, qu’il soit ou non celui de sa pro­pre famille, con­stituent l’une des ten­dances fortes de la lit­téra­ture fran­coph­o­ne aujourd’hui. On pense notam­ment à Elle s’appelait Elis­a­beth d’Adèle Yon, et côté belge à Car­o­line Lamarche avec L’Asturienne, à San­dra de Vivies pour La femme du lac ou encore à Vio­laine Lison pour Lequel de nous portera l’autre. La ten­dance ne se démen­ti­ra pas en cette ren­trée.

stefani law s'en souvenir

S’en sou­venir, la pre­mière œuvre d’Emil­ia Ste­fani-Law (CFC) arpente les archives pho­tographiques famil­iales, à la recherche d’un père décédé très jeune. Le livre s’offre aus­si comme une réflex­ion sur la place des pho­tos dans la dynamique des familles.

Pour Myr­i­am Spi­ra et Coralie Van Kerk­hoven, le passé famil­ial est lié à l’horreur nazie. La pre­mière est l’une des cinq enfants d’un cou­ple de déportés, lui en rai­son de sa judéité, elle pour faits de résis­tance. Dans L’envol de la mémoire, paru en jan­vi­er chez Gras­set, Myr­i­am Spi­ra livre le réc­it d’une per­son­ne de la deux­ième généra­tion. Ses par­ents ont fait le choix de tou­jours racon­ter à leurs enfants ce qu’ils ont vécu dans les camps. Elle racon­te sa vie de « déportée dans les sou­venirs de ses par­ents » et cette expéri­ence sin­gulière, cathar­tique, vécue à 46 ans, lorsque, dev­enue pilote d’avion, elle décide de par­tir sur­v­ol­er les camps.
Pour Coralie Van Kerk­hoven, la deux­ième guerre mon­di­ale est surtout liée à l’histoire de sa grand-mère, qui a porté toute sa vie la cul­pa­bil­ité de n’avoir pas voulu aider un cou­ple juif brux­el­lois, Wolf Wag­ows­ki et Johan­na Gold­berg, déportés à Auschwitz. À par­tir de doc­u­ments d’époque, Coralie Van Kerk­hoven imag­ine la vie de ces deux per­son­nes jusqu’à leur dépor­ta­tion et la restitue dans La bon­bon­nière des Wag­ows­ki, à paraitre en mars aux édi­tions Mur­mure des soirs.

mousset-vos ravie au monde

Parais­sant aux édi­tions Les Léonides en mars, Ravie au monde est l’édi­tion du jour­nal d’une résis­tante belge, Nel­ly Mous­set-Vos arrêtée et déportée à Ravens­brück. Son jour­nal racon­te l’abom­i­na­tion du camp, mais aus­si sa ren­con­tre avec Nadine Hwang, qu’elle retrou­vera après Ravens­brück et avec qui elle par­ti­ra vivre en Amérique du Sud. L’édi­tion du jour­nal est le fruit du tra­vail de la petite-fille de Nel­ly, Sylvie Bianchi-Vos, déposi­taire des archives de sa grand-mère, qui n’a qu’assez récem­ment inves­tigué cette his­toire famil­iale peu com­mune.

mabardi camille claudel

Veroni­ka Mabar­di est l’une des autri­ces phares du cat­a­logue des édi­tions Esper­luète, à l’en­seigne desquelles elle a rem­porté le prix tri­en­nal de lit­téra­ture de la Ville de Tour­nai en 2016 pour Les cerfs et le grand prix du roman de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es 2022 pour Sauvage est celui qui se sauve. Avec ce livre, elle explo­rait un sujet famil­ial, intime et douloureux, le sui­cide de son frère adop­tif. Elle appro­fondi­ra ce sil­lon per­son­nel avec un livre entre réc­it et essai, Sous le regard des stat­ues de Camille Claudel, à paraitre le 20 mars. Veroni­ka Mabar­di y revient sur le choc qui l’a par­cou­rue dès son pre­mier con­tact, dans l’enfance, avec les œuvres de Camille Claudel. L’évocation des œuvres sculp­tées et de la sculp­trice débouche sur des pro­pos plus intimes.

chauvier rosine lewin le partie et moi

Le jour­nal­iste et essay­iste Jean-Marie Chau­vi­er, longtemps act­if dans la presse syn­di­cale et com­mu­niste, présente aux édi­tions du Cerisi­er Rosine Lewin, le Par­ti, et moi, évo­ca­tion de la fig­ure de Rosine Lewin, dev­enue en 1948 secré­taire générale du Rassem­ble­ment des femmes pour la paix. Le sous-titre du livre en pré­cise le pro­pos : Par­cours croisés dans les méan­dres du com­mu­nisme belge et inter­na­tion­al.

martin A...E...I...O...U

Les édi­tions La let­tre volée annon­cent un réc­it d’Isabelle Mar­tin, A…E…I…O…U. Inspiré d’une expéri­ence per­son­nelle de l’autrice, ce livre évoque l’importance de la dimen­sion sen­sorielle lorsque le lan­gage s’en va et par­le avec force de l’accompagnement des per­son­nes en fin de vie. Après un AVC, un homme devenu inca­pable de par­ler, devient très sen­si­ble au plaisir des sons. Sa fille et lui écoutent de la musique, ils rient ensem­ble des sons qu’il prononce, dans une sorte d’état d’avant-langage. Tombé ensuite dans le coma, l’homme ne réag­it alors plus qu’au touch­er.

al madhoun j'ai quitté gaza

Les édi­tions du Cerisi­er pub­lient un jour­nal, celui d’Hos­sam Al-Mad­houn, qui nous plonge dans l’actualité la plus brûlante. J’ai quit­té Gaza, mais Gaza ne m’a pas quit­té est un cri à des­ti­na­tion des Européens, pour que Gaza ne soit pas oubliée.

polet habiter l'irréparable

Dans Habiter l’ir­ré­para­ble, à paraitre aux édi­tions Lilys, Bernard Polet évo­quera, à la suite de la mort de sa soeur, l’ex­péri­ence uni­verselle du deuil pour lequel il n’est pas de répa­ra­tion pos­si­ble.

Les édi­tions Lamiroy pari­ent elles sur un peu plus de légèreté, avec On te l’avait bien dit !, l’autobiographie de l’humoriste André Lamy, à paraitre en mars.

collectif une histoire dans l'assiette

L’in­time se fait col­lec­tif aux édi­tions Altura avec Une his­toire dans l’assi­ette, un vol­ume coor­don­né par Lucile Haert­jens. À mi-chemin entre le livre de recettes et le réc­it col­lec­tif, l’ou­vrage se base sur les expéri­ences culi­naires de mem­bres d’IN­TER­RA asbl, une asso­ci­a­tion inclu­sive qui crée des liens entre des per­son­nes nou­velle­ment arrivées en Bel­gique et les habi­tants de la région lié­geoise. Chaque par­tic­i­pant a pro­posé une recette, laque­lle est à l’o­rig­ine d’un réc­it, évo­quant tan­tôt un sou­venir, tan­tôt une anec­dote…

Feu d’artifices poétique

La ren­trée de la poésie a com­mencé dès les pre­miers jours de jan­vi­er et les paru­tions se suc­cè­dent à grand rythme depuis lors, con­fir­mant la vital­ité du paysage aus­si bien édi­to­r­i­al que créatif.

On se réjouira tout d’abord de la nais­sance, en jan­vi­er, d’une nou­velle mai­son d’édi­tion dédiée à la poésie. Rav­ages est portée par Camille Coomans et Aurélien Dony et pour son lance­ment, a pub­lié deux recueils signés par de jeunes artistes : Pour mieux léch­er les flammes de Zéphyr Sey­nave Drèze et Le couteau dans le geste d’Alice Wasin­s­ki.

Éric Clé­mens nous a réveil­lés d’un tonique La mort existe pas, paru à L’âne qui butine avec des col­lages et des pho­togra­phies de Christoph Bruneel. Dans ce livre poé­tique, le philosophe et essay­iste « lance un défi aux idol­âtres de la mort ». Le titre du nou­veau recueil poé­tique de Colette Nys-Mazure, Sin­guliers et pluriels, paru à L’atelier des noy­ers, s’offre comme un écho à un précé­dent ouvrage, Sin­gulières et plurielles (Desclée de Brouw­er, 2002). L’autrice pro­pose 22 por­traits poé­tiques, mis en dia­logue avec autant d’aquarelles de Philippe Chau­dat. Sont notam­ment évo­qués Thelo­nious Monk ou René Char. Après des con­tri­bu­tions remar­quées à des recueils col­lec­tifs (notam­ment avec le col­lec­tif L‑Slam), Raïs­sa Yowali a présen­té Les mille soleils de Busu Jano aux édi­tions L’arbre de Diane, un recueil qui nous emmène  de Brux­elles à Kin­shasa et où les ren­con­tres se mul­ti­plient.

La ren­trée de L’arbre de Diane ne s’arrête pas au livre de Raïs­sa Yowali, puisque la mai­son présente égale­ment Échard­es, un con­te éco­queer fémin­iste de Lyly­beth Mer­le (févri­er) et Coller le ciel con­tre ma joue d’Héloïse Husquinet (mars), poésie qui déam­bule dans les rues, dans la végé­ta­tion et pose le con­stat d’un monde qui s’effondre.

Aux édi­tions du Tail­lis Pré, Roland Ladrière a déjà signé des recueils per­son­nels, mais aus­si les tra­duc­tions de poètes ital­iens (Fran­co Mar­coal­di, Elisa Biagi­ni…). C’est en tant qu’au­teur qu’il revient cette année avec La danse uni­verselleEn mars, un autre habitué de la mai­son, Jean-Marie Cor­busier, présen­tera son nou­v­el opus, La parole pré­caire.

Mai­son pub­liant aus­si bien de la fic­tion que de la poésie, Mael­strÖm reEvo­lu­tion se cen­tr­era sur le sec­ond genre cet hiv­er. Lisette Lom­bé y signe deux ouvrages. Dans la col­lec­tion « Book­leg », Ce que le ven­tre dit est co-signé avec Marc Nam­mour et allie poésie, slam et rap. Pro­gram­mé le 24 mars, Et nos poèmes res­teront émeutes rassem­ble douze poèmes écrits par Lisette Lom­bé en tant que poétesse nationale. Comme un anti­dote à la résig­na­tion, il est ques­tion ici de métis­sage, de sol­i­dar­ité, de dia­logue, d’espérance. En mars sor­ti­ra aus­si La den­sité du squelette de Sabine Venaruz­zo, recueil de poèmes écrits sur plus de 15 ans, et qui don­nent à décou­vrir la langue brute, physique, loin de la syn­taxe nor­mée.

De jan­vi­er à mars, les édi­tions du Coudri­er pub­lient cinq habitués de la mai­son, ain­si que le recueil du lau­réat du pre­mier prix Jean-Michel Aubev­ert, décerné sur man­u­scrit au Français Gilles Cher­but. Ciné-tram de David Jauzion-Graverolles, qui a lancé l’année lit­téraire du Coudri­er, est fait d’un seul poème qui tente de dire la ville, vue à tra­vers la vit­re du tram. Aval­oirs de Patrick Devaux (févri­er) béné­fi­cie d’illustrations de Cather­ine Berael et évoque le pas­sage du temps, qui avale les êtres et les instants. Trois autres recueils sont atten­dus en mars : Arbris­sime de Philippe Col­mant, avec des aquarelles de l’auteur, est un hom­mage aux arbres qui accom­pa­g­nent nos vies ; Car­ré de l’ovale de Pas­cal Feyaerts, salué par son pré­faci­er Yves Namur comme une « démarche pen­sante ». Quant au Bes­ti­aire de Michel Van den Bogaerde, il croque la famille et les proches avec féroc­ité.

emmanuel avant que nos corps s'illuminent

Cat­a­logue où auteurs belges et poètes inter­na­tionaux voisi­nent, for­mat car­ré car­ac­téris­tique, dia­logue entre poésie et arts plas­tiques : les édi­tions du Chat polaire, créées en 2019 seule­ment, ont rapi­de­ment trou­vé leur iden­tité et une place de choix dans le paysage de l’édition de poésie. Et pub­lieront cette année pour la pre­mière fois un livre signé par François Emmanuel. Comme Veroni­ka Mabar­di, l’écrivain et psy­ch­an­a­lyste puise son inspi­ra­tion dans les arts plas­tiques, et plus pré­cisé­ment dans le tra­vail d’une artiste. Avant que nos corps s’illuminent est un seul long poème écrit à par­tir de 21 gravures de Véronique Goossens, qui trait­ent toutes du touch­er des corps.

outers l'arbre et le vent

À La Pierre d’Alun aus­si, le dia­logue entre texte et image est de mise, comme dans le recueil L’ar­bre et le vent : les mots sont ceux de Jean-Luc Out­ers et les images, celles de Simon Out­ers.

carracillo hiver au monastere

Mil­i­tant surtout dans le domaine de l’essai et des ques­tions de société, les édi­tions Couleur livres pub­lient ces jours-ci un recueil de haïkus de Carmeli­na Car­racil­lo, Hiv­er au monastère.

meuleman camille se reveille

Si les édi­tions Cot­cot­cot sont surtout actives dans la lit­téra­ture pour la jeunesse, elles s’ap­pliquent aus­si à dépass­er le cli­vage entre lit­téra­ture générale et livres pour les plus jeunes. C’est le cas avec Camille se réveille de Marie Meule­man, illus­tré par Matthieu Litt, qui intéressera autant les adultes que le jeune pub­lic.

Dense pro­gramme poé­tique pour Abra­pal­abra, avec cinq recueils, tous pro­gram­més pour le 24 mars. On notera tout d’abord la pub­li­ca­tion de Cos­mogo­nie du gouf­fre de Xénia Mas­zowez. Le recueil a rem­porté le prix de lit­téra­ture Charles Plis­nier sur man­u­scrit, et va donc à présent pou­voir être lu par tout un cha­cun. Pierre War­rant revient dans la mai­son avec laque­lle il avait rem­porté le prix Mau­rice Carême de poésie en 2017. Dans Cal­ligra­phie du silence, ce poète rare (son dernier recueil date de 2020) creusera pré­cisé­ment la ques­tion du silence. Bolivi­enne instal­lée en Bel­gique, Pao­la Guil­lén Cre­spo évo­quera, dans Muyuy Kawsay, des ques­tions aux­quelles sont par­cours l’a directe­ment con­fron­tée : la fron­tière de la langue, le déracin­e­ment, mais aus­si des orig­ines qu’elle a longtemps dis­simulées. Poèmes avec mots et cica­tri­ces mar­quera le retour de Jean Loubry chez Abra­pal­abra, onze ans après Syn­taxe d’après la perte. Enfin, L’Ami ter­rien livr­era dans Har­monies sauvages le résul­tat d’un long tra­vail théorique, basé sur un pos­tu­lat : « Il existe naturelle­ment dans la langue des struc­tures har­moniques, en les sys­té­ma­ti­sant et en les faisant émerg­er de manière plus impor­tante par la con­struc­tion de poèmes spé­ci­fiques, on peut édu­quer son style, son oreille et celle de notre pub­lic pour les ren­dre plus présentes et ain­si amen­er la pra­tique de notre langue à se rap­procher peu à peu et de plus en plus naturelle­ment du chant. »

gilot tentative d'épuisement

Les édi­tions du Cac­tus inébran­lable met­tront à l’honneur la poésie à con­trainte avec Ten­ta­tive d’épuisement d’un jeu de qua­trains de Christophe Gilot. Dans ce livre, qui fait suite aux Qua­trains de bouquin­iste parus en 2023, l’auteur s’amuse : chaque poème est un qua­train com­posé seule­ment de titres de livres. Le résul­tat frôle sou­vent le sur­réal­isme.

namur ces pierres un peu nous un peu de nous

À l’instar de François Emmanuel, Yves Namur a tra­vail­lé à par­tir d’images pour Ces pier­res, un peu nous, un peu de nous, paru à L’atelier du grand tétras. Le recueil s’offre comme un dia­logue poé­tique avec des pho­togra­phies représen­tant des pier­res. Ce livre sera suivi, en mars, par un autre à paraitre chez Arfuyen, une mai­son où Yves Namur a déjà pub­lié plusieurs ouvrages (Dis-moi quelque chose, Ain­si par­lait Maeter­linck, La nuit amère). Les plis du men­songe est un recueil de poèmes inspirés de cita­tions.

norac lelivre de la lueur

L’éditeur parisien Bruno Doucey pub­lie deux poètes belges en ce début d’année. Pour tous les deux, c’est la pre­mière col­lab­o­ra­tion avec cette mai­son. Carl Norac signe Le livre de la lueur (en librairie depuis le 6 févri­er), un recueil où il médite sur la lueur, cet entre-deux, hési­tant entre clarté et obscu­rité. Désir dingue d’Aurélien Dony sor­ti­ra le 3 avril. L’auteur, récem­ment devenu édi­teur, explore la ques­tion du désir et du corps.

Dou­ble ren­trée belge aus­si aux édi­tions L’herbe qui trem­ble, édi­teur hexag­o­nal tou­jours très ouvert aux auteurs et autri­ces d’i­ci, notam­ment par sa col­lec­tion « D’autre part ». Jan Baetens pour­suit une col­lab­o­ra­tion déjà riche des vol­umes Comme un rat, Chang­er de sens et Un monde à col­lec­tion­ner avec Bul­letin du Tour­ing club, paru début févri­er. L’auteur y revis­ite des lieux par lesquels il est passé (villes ou hôtels par exem­ple).
Carme­lo Virone a beau­coup pub­lié ces derniers temps (le réc­it Margheri­ta : une enfance sicili­enne au Cerisi­er en 2024 ; l’essai Louis Bosny (1924–1983) et le loge­ment social, un mod­èle pour aujourd’hui  aux édi­tions du Fourre-tout la même année et le recueil de nou­velles Nous irons là chez M.E.O. en 2025), mais Pren­dre ses quartiers (à paraitre le 23 mars) sera sa pre­mière pub­li­ca­tion à L’herbe qui trem­ble. Le recueil évoque la vie ordi­naire, les sou­venirs, le quarti­er et celles et ceux qu’on y croise.

werts la ou trebuche la lumière

Mag­is­trat et écrivain, Thier­ry Werts a pub­lié deux romans aux édi­tions La trace (Demain n’existe pas encore, Le monde rêvé d’Alva Teimosa). La poésie ne lui est pas étrangère pour autant, lui qui a aus­si signé un recueil, For intérieur, aux édi­tions Pip­pa. Il revient à la poésie cette année, avec Là où trébuche la lumière paru ce 12 févri­er aux édi­tions La trace, une médi­ta­tion poé­tique inspirée par une tra­ver­sée des lieux de l’extermination nazie en Pologne.

declercq coup de chien

Sur un tout autre sujet, le nou­veau recueil d’Aurélia Decler­cq, Coup de chien, racon­tera lui aus­si une tra­ver­sée de la nuit. Après Riki­ki paru aux édi­tions de L’attente en 2021, ce deux­ième recueil est annon­cé chez Flam­mar­i­on le 18 mars.

lombe rendre soin

Avec Ren­dre soin, annon­cé le 20 mars aux édi­tions Blast, Julie Lombe fait œuvre de poésie à par­tir de son vécu de thérapeute. L’hu­mour se mêle à l’ode aux corps, mais aus­si à la fatigue com­pas­sion­nelle.

de rijcke paradisiaca

Aux édi­tions MF, Elke De Rijcke présen­tera Par­a­disi­a­ca, un lac-opéra le 24 mars. Explo­ration du lac de Con­stance en poésie, ce livre se trou­ve au car­refour du jour­nal, du réc­it de voy­age et de l’histoire d’amour. Nou­veau pro­jet et nou­v­el édi­teur, donc, pour la poétesse après le livre-bilan Et puis, soudain, il car­il­lonne, paru chez Lan­sk­ine en 2023.

Aphorismes et cactus

Prisé par les sur­réal­istes, l’aphorisme con­nait aujourd’hui encore une grande vivac­ité édi­to­ri­ale en Bel­gique fran­coph­o­ne. Il est en par­ti­c­uli­er défendu par les édi­tions du Cac­tus inébran­lable, avec une col­lec­tion dédiée, « Les p’tits cac­tus ». Celle-ci fêtera d’ailleurs son 125ème vol­ume cette année avec la paru­tion d’À peine al dente, recueil dans lequel Jean-Louis Mas­sot se plait à imag­in­er 80 nou­velles « journées mon­di­ales de… », dont l’énoncé scan­de le livre. Quant au titre, il annonce une écri­t­ure cro­quante à souhait.

Le théâtre se lit

À l’instar de la nou­velle, le théâtre est un genre lit­téraire de niche, dans lequel la Bel­gique fran­coph­o­ne s’illustre à la fois par des auteurs et autri­ces à la recon­nais­sance inter­na­tionale et par des maisons d’édition dédiées. Au pre­mier rang desquelles les édi­tions Lans­man, qui se présen­tent désor­mais sous le nom « Émile & Cie ». Au point de join­ture entre le comique, le social et le poli­tique, Ari­ane Buh­binder présente Pen­ka, la vache bul­gare, l’his­toire d’une vache en quête d’herbe plus verte, qui fran­chit par inad­ver­tance la fron­tière de sa Bul­gar­ie natale avec la Ser­bie et croise la route de migrants à la recherche d’un monde meilleur. Un texte qui est aus­si acces­si­ble au jeune pub­lic.
Pour Céline De Bo et son In my mind [Autop­sie d’une fugue], la crise est famil­iale. Le héros de l’histoire devait pren­dre la tan­gente avec un ami qui lui fait finale­ment faux bond. Au con­traire de l’ami en ques­tion, injoignable, la mère du pro­tag­o­niste laisse mes­sage après mes­sage à son fugueur de fils, comme une occa­sion de renouer (ou non) le fil de la rela­tion entre ces deux généra­tions.
Après ces deux livres parus en jan­vi­er, Émile & Cie pro­gramme encore, en mars, une pièce de Geneviève Damas, inti­t­ulée Respire [Le compte en suisse], cen­trée sur une famille mar­quée par l’avarice.

jauniaux le livre volé

L’édition de théâtre en Bel­gique accueille depuis peu un nou­v­el acteur : les édi­tions Le lion z’ailé vien­nent en effet de créer une col­lec­tion dédiée au genre, sobre­ment appelée « Théâtre » et placée sous la direc­tion de Jean Jau­ni­aux. Lequel signe d’ailleurs un des livres de ce nou­veau label. Le livre volé et autres mono­logues est un recueil de mono­logues des­tinés autant à la lec­ture silen­cieuse qu’à la représen­ta­tion scénique. Dans la même col­lec­tion seront éditées en un vol­ume les adap­ta­tions pour la scène de L’Iliade et L’Odyssée, signées par Paul Emond. Les deux pièces ont été créées respec­tive­ment en 2004 et en 1996. Elles trou­vent à présent une nou­velle vie, imprimée. Un troisième livre inau­gur­era la col­lec­tion : J.O.N.A.S & Sofia de Mali­ka Madi et Vin­cent Van­der­beeken. Une pièce écrire à par­tir de témoignages de jeunes placés en IPPJ.

Avant de con­naitre un suc­cès reten­tis­sant avec son pre­mier roman La vraie vie paru aux édi­tions de L’iconoclaste, Ade­line Dieudon­né grav­i­tait dans le monde du théâtre et avait pub­lié le texte de son seule-en-scène Bonobo mous­sa­ka aux édi­tions Lamiroy. Le même jour (2 avril) que son nou­veau roman Dans la jun­gle, L’iconoclaste pub­liera une pièce de théâtre de l’autrice, Can­is lupus, his­toire de l’affrontement entre un fils et son père et vari­a­tion sur le con­te Pierre et le loup. Ce début 2026 sera ain­si par­ti­c­ulière­ment riche pour Ade­line Dieudon­né, puisqu’outre ses deux nou­veaux livres aux édi­tions L’iconoclaste, elle a signé début jan­vi­er un livre pour la jeunesse, Un élan de moti­va­tion, co-signé avec Arnold Hov­art aux édi­tions Les Arènes et que La vraie vie con­naitra une nou­velle vie en poche aux édi­tions Proche.

L’essai : les arts et le monde

Les essay­istes sont eux aus­si de la par­tie en ce début d’année, explo­rant des sujets très var­iés. Déjà présente en librairie depuis jan­vi­er avec son nou­veau recueil poé­tique, Colette Nys-Mazure pub­lie, le 26 mars, Grand âge, nous voici ! aux édi­tions Sal­va­tor. Cette médi­ta­tion sur le vieil­lisse­ment racon­te le rétré­cisse­ment des pos­si­bles qu’il engen­dre, mais appelle aus­si à préserv­er la capac­ité d’émerveillement.

verhoest herge jacobs

La lit­téra­ture – et les lit­téra­teurs – sera l’un des sujets de la ren­trée. Éric Ver­hoest explore ain­si dans Hergé / Jacobs. Du duo au duel. L’his­toire d’une ami­tié créa­tive, un beau-livre assor­ti d’une riche icono­gra­phie co-édité par Cast­er­man et Moulin­sart, les car­ac­téris­tiques respec­tives des deux géants de la ligne claire et l’histoire de leur rela­tion artis­tique.

saenen essai sur la pensée albert caraco

Frédéric Sae­nen s’est penché sur une fig­ure plus mar­ginale, celle de l’au­teur et graphomane fran­co-uru­gayen Albert Cara­co (1919–1971). Son livre “Mon œuvre est ma vengeance”. Essai sur la pen­sée rad­i­cale et gnos­tique d’Albert Cara­co parait aux Press­es uni­ver­si­taires de Liège.

aron brogniez bruxelles centre

Paul Aron et Lau­rence Brog­niez pour­suiv­ront leur série de guides lit­téraires de Brux­elles pub­liés par les Édi­tions de l’U­ni­ver­sité de Brux­elles avec un vol­ume dédié à Brux­elles Cen­tre, prévu pour mars.

Après « Lit­téra­ture et ciné­ma » ou « Lit­téra­ture et pho­togra­phie », l’Académie a organ­isé en 2025 un col­loque sur la thé­ma­tique « Lit­téra­ture et éro­tisme ». L’institution assure à nou­veau la pub­li­ca­tion des actes, avec des con­tri­bu­tions de Lau­rence Boudart, Michel Brix, Eric Brog­ni­et, Luc Del­lisse, Estelle Der­ouen, Palo­ma Her­mi­na Hidal­go, Yves Namur, Alexan­dre San­nen. L’Arllfb pub­liera égale­ment L’A­cadémie sur le bout de la langue, un recueil de ses « impromp­tus » : des textes courts, pub­liés régulière­ment sur son site inter­net, con­sacrés à un sujet lié à la langue française et tous écrits par un ou une académi­cien-ne.

Dans Un chevreuil sur la lande (édi­tions Sam­sa), Piet Linck­en s’intéresse à l’œuvre du philosophe danois Kierkegaard pour imag­in­er un autre rap­port de l’humain à la faune et à la flo­re.

Dans le domaine de l’essai comme dans celui de la nou­velle, les édi­tions Lamiroy appré­cient les livres de petit for­mat. La col­lec­tion “L’article” pro­pose ain­si chaque mois, en 5 000 Mots, un vol­ume dédié à un écrivain ou une écrivaine. Le numéro de févri­er, écrit par Tatiana Gerkens, est con­sacré à Colette ; celui de mars, signé par Jacques Richard, porte sur Louis Scute­naire.

Les autres arts ont aus­si inspiré les écrivains. Stéphane Lam­bert pour­suit son fécond dia­logue avec les pein­tres et leurs œuvres. Il revient cette année à un artiste qu’il con­nait bien, pour lui avoir déjà con­sacré plusieurs livres. Après L’Adieu au paysage – Les Nymphéas de Claude Mone(La Dif­férence, 2009) et Mon­et, Impres­sions de l’étang (Arléa, 2016), son nou­v­el essai sur le maitre de l’im­pres­sion­nisme, à paraitre le 26 mars chez Gal­li­mard, s’in­ti­t­ule sim­ple­ment Claude Mon­et. Il revient sur le par­cours de l’artiste, depuis ses années de for­ma­tion auprès d’Eugène Boudin jusqu’au séri­al­isme auquel il a don­né nais­sance. Avec La mémoire de l’œil, regard intérieur sur une col­lec­tion, à paraitre début avril à La let­tre volée, Philippe Devries inter­rogera la manière dont une œuvre d’art tra­vaille en nous, nous impres­sionne y com­pris lorsque nous ne l’avons pas sous les yeux, lorsqu’elle vit en nous par la seule mémoire. Les édi­tions CFC pub­lient, avec le col­lec­tif Bru­tal­isme Brux­elles, l’un des tout pre­miers livres con­sacré à l’étude des traces de la présence de l’architecture bru­tal­iste dans la cap­i­tale belge. Sous un angle plus his­torique, Brux­elles a aus­si les hon­neurs d’un Que sais-je?Les cent mots de Brux­ellessigné par le romanci­er et spé­cial­iste de l’his­toire de la cap­i­tale belge Marc Meganck. La col­lec­tion de poche des édi­tions de l’A­cadémie royale de Bel­gique s’in­téressera à la musique et aux plas­ti­ciens d’a­vant-garde. Avec Dans les brisures du temps, les émo­tions s’af­fo­lentCamille De Rijck ren­dra hom­mage au com­pos­i­teur belge Philippe Boes­mans (1936–2022). Dans Archives d’a­vant-gardeDaniel Droix­he cherchera quant à lui les traces du tra­vail de trois artistes belges, Vic­tor Servranckx, Paul Joost­ens et Floris Jes­pers, dans la presse des années 1920.

Vin­ciane Despret pour­suit des réflex­ions déjà entamées dans de précé­dents livres, respec­tive­ment sur la mort et sur la com­mu­ni­ca­tion ani­male, avec les deux courts essais Où vont les gens qui meurent ? et Et si les ani­maux écrivaient ?, tous deux parus chez Bayard.
Les édi­tions Couleur livres nous emmè­nent à Verviers avec l’es­sai de Joseph Mbuyi Muke­ba, Du cybere­space aux épiceries de Verviers. Une ethno­gra­phie des inter­ac­tions quo­ti­di­ennes en con­texte mul­ti­cul­turel pour des temps com­pliqués. L’ou­vrage analyse les micro-inter­ac­tions sociales dans un quarti­er mul­ti­cul­turel et voit com­ment celles-ci créent du lien entre les per­son­nes et les amè­nent à faire com­mu­nauté.

Intel­li­gence arti­fi­cielle, change­ment cli­ma­tique… : de nom­breux essay­istes se penchent, avec les out­ils de la sci­ence, de l’in­for­ma­tique ou des sci­ences humaines, sur les défis majeurs du monde d’au­jour­d’hui. Paru en jan­vi­er aux édi­tions de l’A­cadémie royale de Bel­gique, Iden­tités. Et si on ques­tion­nait la biolo­gie d’Hugues Bersi­ni repense la ques­tion de l’i­den­tité à par­tir de la biolo­gie et avec le sou­tien des out­ils de l’in­for­ma­tique. Dans la même mai­son d’édi­tion, Jean-Pierre Mis­sa nous plongera au coeur de la Sil­i­con Val­ley, et du con­cept qui y règne actuelle­ment : celui de tech­no­fu­tur­isme. Tech­no­fu­tur­isme : la philoso­phie de la Sil­i­con Val­ley inter­roge une pen­sée qui croit au salut tech­nologique, mais sous laque­lle affleure la crainte d’un avenir qui pour­rait s’écrire sans les humains. Ray­mond Red­ing s’in­téressera lui aus­si à une révo­lu­tion sci­en­tifique, mais plus anci­enne celle-là, puisqu’il revien­dra sur le par­cours du père de la théorie de l’évo­lu­tion. Charles Dar­win autour du monde. De l’ob­ser­va­tion des espèces à la con­cep­tion de leur orig­ine paraitra début avril.
Pour les édi­tions Odile Jacob, François Gemenne par­lera des change­ments cli­ma­tiques dans Par­ler du cli­mat sans plomber l’atmosphère, un recueil des chroniques radio­phoniques du cli­ma­to­logue et spé­cial­iste des migra­tions.
Aux édi­tions Kennes, il y a une vie en-dehors de Philippe Box­ho et de ses livres à énorme suc­cès. Alors que le légiste le plus célèbre de Bel­gique est absent de l’actualité édi­to­ri­ale de ce début d’année (mais sera bien présent à la Foire du livre!), son édi­teur délaisse les cadavres pour s’interroger sur l’IA avec le livre de Bertrand Mis­onne, Mona l’IA. L’IA peut-elle être créa­tive ? L’auteur inter­roge l’influence de l’IA généra­tive sur nos valeurs et nos repères.
Pour Lau­rent Kinet, dont le livre Révo­lu­tions silen­cieuses. Dix muta­tions qui recom­posent le monde est annon­cé pour mars aux Impres­sions nou­velles, notre sit­u­a­tion actuelle est mar­quée par la dis­so­lu­tion de l’état-nation plus encore que par l’IA généra­tive et ou la crise cli­ma­tique.

russanowska la pub clap de fin

Enfin, les édi­tions F dev­ille nous présen­teront avec Pub, clap de fin ?, un dia­logue entre Aurélie Rus­sanows­ka et André Rys­man autour de la pub­lic­ité et du relatif dis­crédit qu’elle subit aujourd’hui.

Patrimoine et rééditions : la seconde vie des œuvres

Plusieurs struc­tures édi­to­ri­ales réalisent un impor­tant tra­vail de pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion de la lit­téra­ture et per­me­t­tent ain­si à leurs lecteurs de décou­vrir des œuvres anci­ennes, par­fois dev­enues introu­vables.

C’est la mis­sion de la col­lec­tion Espace Nord, qui pro­gramme deux vol­umes en ce début d’année. Fig­ures de l’éphémère est une antholo­gie de textes poé­tiques d’Yves Namur, où l’on ver­ra que l’ineffable est au cen­tre du tra­vail de l’auteur. Cette ren­trée est assuré­ment faste pour le poète, secré­taire per­pétuel de l’Académie et édi­teur (il a fondé les édi­tions Le Tail­lis pré), puisque cette entrée en Espace Nord vient en même temps que la pub­li­ca­tion de deux nou­veaux recueils d’inédits.
Ensuite vien­dra La fille déman­telée, un roman de Jacque­line Harp­man sur le non-amour d’une mère pour sa fille et ses effets destruc­teurs.

krains mes amis

Les édi­tions de l’Académie met­tent à l’honneur un académi­cien, Hubert Krains (1862–1934) avec la réédi­tion du recueil de nou­velles Mes amis, qui nous plonge dans la Hes­baye du début du 20ème siè­cle. Ce vol­ume vient con­forter un regain d’attention récent autour de l’œuvre d’Hubert Krains, dont le roman le plus con­nu, Le pain noir, vient de reparaitre dans la col­lec­tion Espace Nord, tan­dis qu’un musée à lui dédié a récem­ment ouvert ses portes dans son vil­lage natal. L’Académie annonce aus­si la paru­tion d’un roman de Mar­i­anne Pier­son-Piérard (1907–1981), Entre hier et demain.

lecomte alechinsky le sens des tarots

Sans doute moins atten­dues dans le domaine pat­ri­mo­ni­al, les édi­tions La Pierre d’Alun pub­lient pour­tant Le sens des tarots, le pre­mier livre de Pierre Alechin­sky, paru en 1948, où les créa­tions de l’artiste sont com­plétées d’un texte du sur­réal­iste Mar­cel Lecomte. La réédi­tion à La Pierre d’Alun com­prend un fac-sim­ilé de l’édi­tion orig­i­nale, et de nom­breux com­plé­ments : les épreuves pré­para­toires, une série de textes de l’artiste, une pré­face inédite de l’écrivain, des doc­u­ments auto­graphes, ain­si que la con­tri­bu­tion de Mar­cel Lecomte au livre d’Alechinsky Le test du titre (1967).

Les édi­tions Rivages don­neront une nou­velle édi­tion en poche de La mort de la Terre de Ros­ny aîné, roman déjà disponible dans la col­lec­tion Espace Nord.

platteau meijo

Les édi­tions Au dia­ble vau­vert pour­suiv­ent la réédi­tion des Sen­tiers des astres, la saga de fan­ta­sy de Ste­fan Plat­teau, ini­tiale­ment parue aux Mou­tons élec­triques. Le troisième vol­ume, Mei­jo, a paru début févri­er.

ryelandt l'incendiaire

Les édi­tions F dev­ille ont récem­ment lancé leur col­lec­tion de poche, « Aréopages ». Elle accueillera prochaine­ment une réédi­tion de L’incendiaire, le pre­mier roman de Mar­tin Rye­landt ini­tiale­ment pub­lié en 2006.

Signe de leur bonne tenue en librairie, beau­coup de romans récents passent en édi­tion de poche en ce début d’année : L’impossible retour d’Amélie Nothomb (Le livre de poche, 2 jan­vi­er), La femme du lac de San­dra de Vivies (Cam­bourakis, 4 févri­er), Le rêve d’un fou de Nadine Mon­fils (Nami, 12 mars), Le sang des bêtes de Thomas Gun­zig (Au dia­ble vau­vert, 12 mars).

Idem pour les thrillers Com­man­dant Solane de Jérémie Claes (Pock­et, 5 févri­er), Eure­ka dans la nuit d’Anne-Sophie Kalbfleisch (Le livre de poche, 11 févri­er), Les enfants du ser­pent de Clarence Pitz (Folio, 12 févri­er) et Les folles enquêtes de Magritte et Geor­gette à Knokke-le-Zoute d’une Nadine Mon­fils décidé­ment très présente en ce début d’année (Robert Laf­font, 19 mars).

L’essai de Myr­i­am Watthee-Del­motte, Dépass­er la mort : l’agir de la lit­téra­ture, pour lequel elle avait reçu l’Espiègle de l’essai en 2023, passera lui aus­si en poche, chez Actes Sud. Côté essai tou­jours, la biogra­phie Madame Chi­ang Kai-shek, signée Philippe Paquet et ini­tiale­ment parue chez Gal­li­mard en 2010, ressort en grand for­mat aux édi­tions Les belles let­tres.

À la Foire et dans Le Carnet

Abon­dante, var­iée, la ren­trée d’hiver n’a assuré­ment rien à envi­er à celle d’automne. Arrivant pro­gres­sive­ment sur les tables des libraires, tous ces livres seront aus­si présents à la Foire du livre de Brux­elles… et à décou­vrir sur le blog du Car­net et les Instants.

Nau­si­caa Dewez