Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées.

La rentrée des romans

En France : les Belges en nombre

L’une des ten­dances majeures de cette ren­trée est la forte présence de romans d’auteurs et autri­ces belges pub­liés en France. Que beau­coup d’écrivain-e‑s belges soient pub­lié-e‑s dans de grandes maisons parisi­ennes n’est pas une nou­veauté. Que les­dites maisons pro­gram­ment mas­sive­ment « leurs » Belges à la ren­trée est toute­fois sig­ni­fi­catif, puisque les livres parais­sant à cette péri­ode sont ceux dans lesquels les édi­teurs pla­cent leurs espoirs pour la course aux prix d’automne. Ceux dans lesquels ils décè­lent un poten­tiel à la fois com­mer­cial et médi­a­tique par­ti­c­uli­er.

Par­mi ces roman­cières et romanciers belges qui fer­ont la ren­trée à Paris, on dis­tingue des pro­fils et par­cours divers.

Les habitués

Pour plusieurs auteurs et autri­ces, la ren­trée relève de l’habitude, ou presque. Ain­si, évo­quer Amélie Nothomb à dans ce con­texte relève du tru­isme. Ce sera sa 34e ren­trée con­séc­u­tive à l’enseigne des édi­tions Albin Michel. Qua­tre ans après Les prénoms épicènes, son nou­veau roman imposera de nou­veau à cer­tains lecteurs un détour par le dic­tio­n­naire, puisqu’il est inti­t­ulé Psy­chopompe. Nothomb y reprend le cours de son explo­ration auto­bi­ographique, évo­quant sa tra­jec­toire comme celle d’un oiseau, de l’œuf au vol. Elle se livre cette fois à une médi­ta­tion sur l’acte d’écrire, qu’elle com­pare au vol de l’oiseau.

À paraitre le 24 août aus­si, le nou­veau livre d’Antoine Wauters, Le plus court chemin. Deux ans après l’immense suc­cès cri­tique de Mah­moud ou la mon­tée des eaux, l’écrivain lié­geois pour­suit son aven­ture aux édi­tions Verdier. Il plonge cette fois dans ses sou­venirs d’enfance, évo­quant par touch­es suc­ces­sives un vil­lage wal­lon des années 1980, l’ennui, la nature, l’ouverture à la lit­téra­ture… En prélude à la sor­tie en librairie, Le plus court chemin sera présen­té à l’In­time fes­ti­val le 19 août à 14h : la lec­ture d’ex­traits par Yan­nick Rénier sera suiv­ie d’un entre­tien avec Antoine Wauters.

Après Éviter les péages et Le champ de bataille, le jour­nal­iste de la RTBF Jérôme Col­in reste égale­ment fidèle à sa mai­son d’édition, Allary, pour le roman Les drag­ons, his­toire d’amour entre deux ado­les­cents internés en cen­tre de soin.

Trois autres auteurs sont annon­cés la semaine suiv­ante (le 30 août).

Char­ly Del­wart, qui alterne avec bon­heur romans tout pub­lic et albums pour la jeunesse, s’adressera au plus âgé de ses deux publics en cette ren­trée. Après Data­bi­ogra­phie (2019), l’écrivain pour­suit avec Que ferais-je à ma place ? (Flam­mar­i­on) son inter­ro­ga­tion ludique de l’existence : il passe en revue sep­tante sit­u­a­tions face aux­quelles les options pos­si­bles sont nom­breuses, envis­ageant la tra­jec­toire d’une vie comme la réponse à un ques­tion­naire à choix mul­ti­ples. Comme celui d’An­toine Wauters, le livre de Char­ly Del­wart sera lui aus­si présen­té à l’In­time fes­ti­val : l’écrivain sera présent pour un entre­tien le dimanche 20 août à 14h30.

Pour Thomas Gun­zig, cette ren­trée est mar­quée du sceau de la fidél­ité à son édi­teur, Au dia­ble vau­vert. Avec Rocky, dernier vis­age, l’écrivain et chroniqueur radio nous pré­cip­ite dans une aven­ture post-apoc­a­lyp­tique, dans laque­lle une famille nantie joue les Robin­son Cru­soé. Fidél­ité aus­si pour Jean-Philippe Tou­s­saint, qui fera sa ren­trée chez son édi­teur de tou­jours, Minu­it, avec L’échiquier. L’écrivain y racon­te une par­tie d’échecs jouée entre lui et celui qu’il était dans son enfance.

schmitt la rivale

On sait Éric-Emmanuel Schmitt pas­sion­né par la musique (Ma vie avec Mozart, Madame Pylin­s­ka et le secret de Chopin…). Le 30 sep­tem­bre, c’est à un voy­age dans le monde de l’opéra qu’il nous invite avec La rivale. Car­lot­ta Ber­lu­mi est con­va­in­cue que Maria Callas lui a volé la vedette et par­le de sa rival­ité avec la grande can­ta­trice.

savitzkaya fou de paris

Le 5 octo­bre, Eugène Sav­itzkaya pub­liera Fou de Paris aux édi­tions de Minu­it, déam­bu­la­tion post-con­fine­ment dans la cap­i­tale française. 

Des arrivées remarquées

Bien qu’elles aient déjà une belle bib­li­ogra­phie à leur act­if, cinq autri­ces fêteront une pre­mière en cette ren­trée : un nou­v­el édi­teur ou une pre­mière ren­trée.

lombe euniceLa ren­trée sera pré­coce pour Lisette Lom­bé, puisqu’Eunice, son nou­veau livre, est pro­gram­mé dès le 18 août. Poétesse et col­lag­iste, elle s’était déjà essayée à la forme romanesque avec Venus poet­i­ca (coll. « iF », L’arbre à paroles) en 2020. À l’époque, le livre avait été men­tion­né dans la longlist du Rossel. C’est aux édi­tions du Seuil que parait son nou­veau livre. Il racon­te l’histoire d’Eunice, une jeune femme qui apprend le décès de sa mère et tente d’en com­pren­dre les raisons. Dans sa langue puis­sante et sin­gulière, Lisette Lom­bé creuse les secrets de famille, racon­te le deuil et met en avant la soror­ité.

jamar les aimantes

Le 18 août égale­ment, Corine Jamar, longtemps pub­liée au Cas­tor astral (Soit dit entre nous, j’ai peur de tout, On aurait dit une femme couchée sur le dos ou encore la réédi­tion d’Emplace­ment réservé), fera sa ren­trée avec une pre­mière pub­li­ca­tion chez Zel­lige : Les aimantes, his­toire d’une ami­tié entre qua­tre femmes qui se fis­sure inex­orable­ment. Le roman paraitra dans la col­lec­tion “Vents du nord” dédiée à la lit­téra­ture belge.

damas strange

Alors que ses trois derniers romans avaient paru chez Gal­li­mard, Geneviève Damas passe chez Gras­set pour ce qui sera sa pre­mière ren­trée lit­téraire française. Strange, à paraitre le 23 août, est l’histoire de Nora, une femme trans qui écrit à son père pour lui racon­ter son his­toire, des brimades et dis­sim­u­la­tions au nou­veau départ.

wery rouge western

La ren­trée des édi­tions Au dia­ble vau­vert sera très belge. Aux côtés de l’habitué Thomas Gun­zig, une nou­velle venue fera son entrée dans cette tou­jours sin­gulière mai­son d’édition. Le dernier roman d’Isabelle Wéry, Poney flot­tant, datait de 2018 déjà. Paru chez Onlit, il a depuis lors fait l’objet d’une réédi­tion dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord. L’autrice passe donc à l’Hexagone pour Rouge west­ern, his­toire d’une vieille dame en vacances en Andalousie, qui échange des con­fi­dences avec les habi­tants de la mai­son où elle séjourne.

bergen ecumeHabituée des édi­tions Onlit elle aus­si, Véronique Bergen con­naitra égale­ment une ren­trée française. Son dernier roman, Écume, qui déplie le thème de la pré­da­tion à par­tir de Moby Dick, reparait dans une coédi­tion entre Onlit et les édi­tions des Équa­teurs. Il s’agit de la deux­ième col­lab­o­ra­tion du genre entre les deux maisons, qui avaient déjà œuvré de con­cert pour Mourir la nuit d’Anne-Cécile Huwart. Véronique Bergen renoue quant à elle avec l’ébullition de la ren­trée lit­téraire française, à laque­lle elle avait déjà goûté notam­ment avec Fleuve de cen­dres (Denoël, 2008). À pro­pos d’Écume, les édi­tions des Équa­teurs affir­ment l’ambition de « faire con­naitre en France cet incroy­able roman ».

Des premiers romans

La ren­trée lit­téraire, c’est aus­si la mise en lumière de nou­veaux tal­ents. Deux pri­mo-roman­cières fer­ont leur début cette année.

Le 22 août paraitra La ver­sion de Deb­o­ra Levyh aux édi­tions Allia. Un roman à la tonal­ité onirique qui nous plonge dans le quo­ti­di­en d’une mys­térieuse com­mu­nauté humaine.

La semaine suiv­ante, Deb­o­rah Levy sera rejointe par Éléonore de Duve, dont le Dona­to parait chez Cor­ti. L’autrice revient sur l’histoire d’un tra­vailleur ital­ien des Pouilles, arrivé en Bel­gique après la sec­onde guerre mon­di­ale, à tra­vers l’enquête de sa petite-fille.

Ani­ma­teur de la revue et des édi­tions du Sabot, qui revendiquent une ligne lit­téraire du sab­o­tage, Antoine Jobard est aus­si un émi­nent spé­cial­iste de l’œuvre de Mar­cel More­au. Son pre­mier roman, Ate­lier panique, qui paraitra aux édi­tions du Sabot, racon­te l’histoire d’un jeune révo­lu­tion­naire dont la vie est boulever­sée par la ren­con­tre de l’auteur d’un mys­térieux por­trait trou­vé au marché aux puces.

Polar, thriller et littérature de genre

Bien que Livres heb­do ait pris le par­ti de ne pas recenser les romans policiers et thrillers dans son incon­tourn­able décompte des paru­tions de la ren­trée lit­téraire, le genre sera pour­tant bien présent cet automne.

monfils les folles aventures de magritte et georgette charleroi

Nadine Mon­fils emmèn­era son célèbre duo d’enquêteurs, Magritte et Geor­gette, en ter­res car­olorégi­en­nes pour le – déjà – 6e épisode de la série Les folles enquêtes de Magritte et Geor­gette. Charleroi du crime con­duira le cou­ple sur les traces d’une boulangère ren­ver­sée par une voiture, alors que la presse locale avait annon­cé son décès des années plus tôt.

colize devant dieux et les hommes

Il fau­dra atten­dre le 21 sep­tem­bre pour décou­vrir le nou­veau livre de Paul Col­ize, Devant dieu et les hommes, à paraitre chez Hervé Chopin. L’écrivain appuie la fic­tion sur la réal­ité his­torique, et plus pré­cisé­ment sur la cat­a­stro­phe du Bois du Cazier (1956). L’intrigue se passe en 1958, au cours du procès de deux mineurs qui auraient prof­ité du chaos pour assas­sin­er leur supérieur trop autori­taire.

weerts les morts de beauraing

Après un pre­mier thriller, Les sirènes d’Alexan­drie, paru en 2008 chez Actes Sud, François Weerts s’est fait rel­a­tive­ment dis­cret, avec un deux­ième opus, Le cha­grin des cordes, paru en 2015 seule­ment (édi­tions Delpierre). Pour son troisième livre, à paraitre le 4 octo­bre, il change à nou­veau de mai­son d’édi­tion et passe au Rouer­gue. Les morts de Beau­raing explore les suites d’un atten­tat con­tre une com­mu­nauté catholique à Brux­elles. Dans le sil­lage de deux asso­ciés d’une mai­son de presse, le livre remonte jusqu’aux caus­es et cir­con­stances du crime. 

Pre­mier roman de Ludovic MélonLa brigade des bus­es paraitra le 2 novem­bre chez Cal­mann-Lévy. L’au­teur y met en scène un duo d’en­quê­teurs, Olivi­er, voleur d’oeu­vres d’art devenu maire d’une petite ville, et son ami Jack, com­mis­saire de police dans la même ville.

noah roovers la quete

Pour son pre­mier roman La quête : l’antre des Pakars, Noah Roovers a opté pour la fan­ta­sy. À décou­vrir dès le 28 août aux édi­tions Riv­ière rouge.

En Belgique, un 2e semestre voyageur

Tout récem­ment encore, les maisons d’édition belges fai­saient leur ren­trée à par­tir de la deux­ième quin­zaine de sep­tem­bre, en décalage volon­taire avec le cal­en­dri­er français. N’ayant pas les ressources humaines et finan­cières pour rivalis­er dans la pro­mo­tion de leurs livres avec les gross­es struc­tures édi­to­ri­ales hexag­o­nales, elles évi­taient ain­si un com­bat déséquili­bré. Désor­mais, quelques édi­teurs belges pro­gram­ment toute­fois leurs livres à la mi-août, notam­ment les édi­tions F Dev­ille, Les impres­sions nou­velles, Genèse ou encore MEO.

Ces maisons lanceront une ren­trée romanesque placée sous le signe du voy­age, avec de nom­breuses his­toires situées dans des con­trées loin­taines – con­tre­pied peut-être des années covid, pen­dant lesquelles l’espace s’était soudain réduit sous le coup des con­fine­ments suc­ces­sifs.

Quadruple lancement

Un quatuor de romanciers pub­liés en Bel­gique lancera la ren­trée des maisons d’édi­tion de Wal­lonie et de Brux­elles.

causin leopold enfant secret du royaume

Éric Causin a rem­porté le prix Saga café pour son pre­mier romani, Étin­celles, paru chez Genèse en 2019. La même mai­son d’édi­tion nous invit­era à décou­vrir son deux­ième opus dès le 18 août. Léopold, enfant secret du roy­aume racon­te l’his­toire d’un enfant adultérin qui cherche ses racines tout au long de sa vie. Lorsque sa mère lui laisse une let­tre lev­ant un coin du voile, il décou­vre que son his­toire est intime­ment liée à quelques grands épisodes qui ont sec­oué la Bel­gique de l’après-guerre.

outers mon nom ne vous dira rien

Ces dernières années, Jean-Luc Out­ers a beau­coup œuvré comme édi­teur : on lui doit, avec Frans de Haes, l’édition chez Gal­li­mard de la cor­re­spon­dance de Dominique Rolin et Philippe Sollers et, pour la col­lec­tion « Espace Nord », l’établissement, avec Gérald Pur­nelle, de l’anthologie de poèmes de Carl Norac Pié­ton du monde. C’est toute­fois le Jean-Luc Out­ers romanci­er qui sera présent lors de cette ren­trée lit­téraire. Mon nom ne vous dira rien est son pre­mier livre à l’enseigne des Impres­sions nou­velles. Il con­te l’histoire d’un homme qui, alors que sa femme est en mis­sion en Afghanistan, part pour l’Italie où il retrou­ve son pre­mier amour et sent sa vie bas­culer.

fievet ruby une romance birmane

Philippe Fiévet par­ticipera à sa deux­ième ren­trée con­séc­u­tive à l’enseigne des édi­tions M.EO. Après l’ambitieux roman his­torique Une colonne pour le par­adis, le jour­nal­iste et romanci­er revient dans le monde d’aujourd’hui et son actu­al­ité avec Ruby, une romance bir­mane. Réc­it d’une ami­tié entre une jeune pho­tographe les­bi­enne et un vieux jour­nal­iste, le livre imag­ine que les deux com­plices s’associent avec un joail­li­er pour entre­pren­dre un voy­age en Bir­manie sur les traces des rubis de Mogok. Mais la pré­pa­ra­tion d’un voy­age dans un pays gan­gréné par la junte mil­i­taire qui le dirige ne sera pas sans heurts…

meganck vert atlantique

Pour lancer leur sai­son autom­nale, les édi­tions F Dev­ille pari­ent sur l’un de leurs habitués : Marc Meganck. Chez cet édi­teur, l’historien et romanci­er a déjà signé Le jour où mon père n’a pas eu le dernier mot et a inau­guré la col­lec­tion « Œuvres au jaune » avec La lunette. Avec Vert atlan­tique, à paraitre le 24 août, il nous plonge dans un futur proche – 2035 – alors que les voy­ages en avion vont être inter­dits. Pour ce qu’il sait être son dernier voy­age avant l’interdiction totale, Alex, le héros, opte pour les Açores, une des­ti­na­tion qui rompt avec son quo­ti­di­en morne et l’amène à la décou­verte de la nature et… d’un enfant de 8 ans avec lequel il se lie d’amitié.

Des biographies réinventées

L’exofiction, ou biofic­tion, ne manque pas d’adeptes par­mi les auteurs belges. Si Stéphane Lam­bert, Véronique Bergen ou Daniel Charneux en sont des prati­ciens chevron­nés, Nadine Mon­fils (Le rêve d’un fou) et Amélie Nothomb (Soif), Cather­ine Locan­dro (Le por­trait de Gre­ta G.) et Véronique Sels (Même pas mort !) s’y sont elles aus­si récem­ment essayées. Le genre sera à nou­veau présent en cette ren­trée.

Au édi­tions Sam­sa, Flo­rence Richter imag­ine, dans Rose étrange au Mont des Arts, une his­toire qui croise le jour­nal (resté inédit) de sa grand-mère, l’écrivaine Marie-Thérèse Bodart, et l’autobiographie… d’un végé­tal. Chez le même édi­teur, Marc Gossé imag­ine quant à lui le jour­nal intime de François-Joseph Gossec, à par­tir de la biogra­phie, plutôt bien doc­u­men­tée, du musi­cien français du 18e siè­cle. Gossec, le maitre des chœurs, évoque à la fois le musi­cien et le citoyen engagé dans une péri­ode poli­tique­ment mou­ve­men­tée.

pieterhons le frere de mozart

Le 21 sep­tem­bre, Françoise Pieter­hons pub­liera aux édi­tions F Dev­ille Le frère Mozart. L’autrice écrit la cor­re­spon­dance (fic­tive) entre Johann von Beecke, com­pos­i­teur et musi­cien, et Wolf­gang Amadeus Mozart, alors que celui-ci est tout juste ini­tié à la franc-maçon­ner­ie.

Des poètes passent à la prose

Cet automne, des poètes passeront au roman et au réc­it. Le 31 août, Les impres­sions nou­velles pub­lieront ain­si le pre­mier roman, à forte tonal­ité auto­bi­ographique, de Jacques Sojch­er. Jac­ki est sage est l’histoire d’un enfant qui n’a pas vrai­ment coupé le cor­don avec sa mère. Devenu pro­fesseur à l’université, il se racon­te par le biais de ses ren­con­tres et de ses amours.

François Degrande, dont on avait décou­vert avec intérêt les Trois fan­tômes biodégrad­ables (Bleu d’encre) il y a peu, pub­liera lui aus­si son pre­mier roman en cette ren­trée. L’ombre d’une racine paraitra le 5 octo­bre aux édi­tions MEO. L’écrivain nous emmène en Gal­ice, dans les pas d’un pro­fesseur d’université et de son épouse thérapeute pour enfants. Un beau jour, l’épouse dis­parait et le mari trou­ve un enfant aban­don­né sur la plage. Rêvant de pater­nité, il hésite à remet­tre le nour­ris­son aux autorités, lesquelles le soupçon­nent par ailleurs du meurtre de sa femme…

Le même jour et chez le même édi­teur paraitra Une lumière incer­taine, le roman d’un autre poète, Arnaud Del­corte, dont un recueil poé­tique, Méri­di­ennes a d’ailleurs déjà paru chez MEO. Réédi­tion assor­tie d’une post­face de Vin­cent Tholomé du Piégeur des jours (paru en 2015 à Haïti et introu­vable en Bel­gique), le roman évoque un Rwandais, errant sans papi­er à Brux­elles et mar­qué par le géno­cide.

Des primo-romanciers à découvrir

À côté des valeurs sûres et auteurs aguer­ris, l’automne est tra­di­tion­nelle­ment prop­ice au lance­ment de quelques nou­velles plumes.

Dès le 25 août, les édi­tions Acad­e­mia présen­teront le pre­mier roman du jour­nal­iste Alain Nar­inxL’émer­aude du cal­ife, un roman d’aven­tures dont l’in­trigue, située au Moyen-Âge, suit trois héros sur la piste d’un mys­térieux coran. 

kerr la fatigue du metal

Le 7 sep­tem­bre, le graveur et jour­nal­iste cul­turel Olivi­er Kerr sign­era son pre­mier roman aux édi­tons MEO. La fatigue du métal suit un artiste lors d’un voy­age en Ethiopie. L’imminence de la guerre civile bous­cule les cer­ti­tudes, et ébran­le les con­vic­tions sur le rôle de l’art. Entre le car­net de voy­age et le roman, l’auteur agré­mente en out­re son livre de cro­quis.

L’Ethiopie sera décidé­ment à l’honneur en cette ren­trée, puisqu’elle a aus­si inspiré Cather­ine Gode­froid pour Couleur savane après la pluie, à paraitre en octo­bre aux édi­tions Mur­mure des soirs. Lucie, une jeune botaniste, tra­vaille dans le parc nation­al de l’Omo avec une équipe haute en couleur. Là-bas, le dan­ger rôde, les pluies men­a­cent et les tombes se creusent à la main.

museur pop

Avant cela, dès le 20 sep­tem­bre, paraitra chez Onlit le pre­mier roman de Sophie MuseurPopActive jusqu’à présent essen­tielle­ment dans le domaine du théâtre — et en par­ti­c­uli­er du théâtre jeune pub­lic — l’autrice nous invite, pour ce pre­mier roman, à un voy­age dans les années 1980. Roman d’ap­pren­tis­sage, Pop racon­te les aven­tures d’une jeune fille qui entre car­naval de vil­lage et auto-scoot­ers, décou­vre l’ami­tié et l’amour.

Le 11 octo­bre, les édi­tions Ker pub­lieront le roman lau­réat du prix Lau­re Nobels. Signé par Éti­enne Mar­lot, Com­ment tuer un loup-garou nous emmène dans le monde des nutons et des loups-garous. La vie d’un ado­les­cent prend un tour inat­ten­du lorsqu’il décou­vre une bien étrange pan­thère dans une forêt. La ren­con­tre éveille en lui des pou­voirs insoupçon­nés.

lorent retour à anvie

Aux édi­tions Weyrich, c’est Pas­cal Lorent, plume bien con­nue des lecteurs du jour­nal Le Soir, qui fera ses débuts de romanci­er avec l’in­tri­g­ant Retour à Anvie. Un roman qui com­mence avec la mort d’un… jour­nal­iste, dont le crâne a été défon­cé. L’en­quête est con­fiée à un flic austère, dont la tâche sera de met­tre au jour les secrets que dis­simule, sous ses apparences pour­tant pais­i­bles, le vil­lage d’An­vie. 

Profusion romanesque

Les pro­grammes des maisons d’édi­tion de Wal­lonie et de Brux­elles invi­tent à penser que le 2e semes­tre sera, cette année encore, riche en romans et var­ié tant dans les thé­ma­tiques que les atmo­sphères.

benoit jannin les enfants de l erebe

En août, Maxime Benoit-Jean­nin pub­liera un nou­veau roman, Les enfants de l’Erèbe aux édi­tions Sam­sa, édi­teur auquel il est fidèle. Baig­nant dans une atmo­sphère très som­bre, le prochain livre de l’auteur du récent On dira que j’ai rêvé suit deux ado­les­cents dés­espérés par l’impunité dont jouit un homme d’église.

massart oublier djo

Robert Mas­sart reste lui aus­si fidèle à son édi­teur, MEO, pour la paru­tion de son troisième roman. Après Une his­toire belge et La déc­la­ra­tion, le romanci­er fera sa ren­trée le 7 sep­tem­bre avec Oubli­er Djô. Djô est un jeune homme adop­té par son oncle à la mort de sa mère. Un jour, il dis­parait en lais­sant une let­tre, deman­dant à son oncle de l’oublier. Com­mence alors pour led­it oncle un voy­age en France et en Bel­gique, mais aus­si dans le temps, à la recherche de l’histoire famil­iale.

Au même moment, les édi­tions Acad­e­mia pub­lieront Tu ne diras rien d’Éric Cumps. L’au­teur nous emmène dans un pen­sion­nat catholique des années 1960, dénonçant les abus des prêtres et la société bour­geoise qui les a ren­dus pos­si­bles. 

goldrajch onagre

La semaine suiv­ante, les regards se tourneront vers La Muette pour la sor­tie d’Ona­gre : réc­it d’une per­for­mance de l’artiste brodeur Stephan Gol­dra­jch. Ona­gre est une créa­ture au cro­chet imag­inée et créée par l’auteur. Dans ce livre, il lui donne vie et l’emmène sur les ter­ri­toires de ses orig­ines. Précédem­ment, Stephan Gol­dra­jch a présen­té son tra­vail artis­tique dans plusieurs beaux-livres parus aux édi­tions CFC : Le bouc émis­saireHuit réc­its fon­da­teurs et Masques.

nguyen 927

Nou­velle mai­son d’édi­tion aus­si pour Tuyêt-Nga Nguyên. Avec son nou­veau roman 927, elle intè­gre pour la pre­mière fois le cat­a­logue d’On­lit et, avec Véronique Bergen et Sophie Museur, forme le trio de ren­trée de la mai­son d’édi­tion jet­toise. Pour ce livre, l’autrice, née au Viet­nam et nat­u­ral­isée belge, rep­longe dans l’his­toire récente et douloureuse de son pays natal. 927 croise en effet l’his­toire de Lôc Vàng, dans le Viet­nam de 1968, et celle de Tuyêt-Nga Nguyên, dans la Bel­gique de 2020. Lôc Vàng est tor­turé et con­damné aux travaux for­cés par le pou­voir viet­namien pour avoir chan­té des chan­sons con­sid­érées comme sédi­tieuses. Quelque cinquante ans plus tard, Tuyêt-Nga Nguyên accepte de traduire les mémoires de Lôc Vàng. On est alors en pleine épidémie de covid.

Les édi­tions Mur­mure des soirs fer­ont leur ren­trée en octo­bre. Marc Pir­let a con­nu, en 2021, les hon­neurs de la pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion avec la réédi­tion de son roman Le pho­tographe dans la col­lec­tion Espace Nord. Il n’avait plus pub­lié de nou­veauté depuis Le joueur de bon­neteau en 2019. Il revient en cette ren­trée avec Voca­tion (titre non défini­tif), dans lequel il évoque la manière dont une ren­con­tre déci­sive avec un libraire peut con­duire un ado­les­cent sur le chemin de la lec­ture et ori­en­ter pro­fondé­ment son exis­tence. Lau­réat du dernier prix lit­téraire Saga pour son pre­mier roman Ren­dez-vous incer­tain, Bernard Viss­ch­er con­firme rapi­de­ment cette promet­teuse entrée en matière avec la paru­tion de Ceci n’est pas. His­toire d’un voy­age qui ne tourne pas comme il l’aurait dû (une tem­pête trop­i­cale détourne l’avion du héros, qui se retrou­ve dans une ville incon­nue) et des ren­con­tres inat­ten­dues qui s’ensuivent, le livre ouvre la porte à un univers sur­réal­iste dans lequel son per­son­nage prin­ci­pal va devoir trou­ver sa voie.

de le court au jardin des immortels

Les édi­tions Mols lanceront elles aus­si leur ren­trée en octo­bre, avec la paru­tion du nou­veau roman de Valen­tine de le CourtAu jardin des immor­telsL’autrice d’Explo­sion de par­tic­ules et Vacances oblig­a­toires en famille pour­suit, dans ce cinquième roman, son explo­ration lucide et mor­dante des milieux priv­ilégiés et des secrets dis­simulés der­rière les apparences.

Chez Mael­strÖm reEvo­lu­tion, la ren­trée sera prin­ci­pale­ment poé­tique. Un roman est toute­fois annon­cé le 12 octo­bre : Empris­es – Les con­tes du Père Suzar de Jean Claude Bologne. Ce sera la troisième col­lab­o­ra­tion entre l’écrivain et la mai­son d’édi­tion, après L’âme du cor­beau blanc et Le nou­v­el an can­ni­bale.

En octo­bre égale­ment, les édi­tions Acad­e­mia annon­cent la sor­tie de trois romans. Une liai­son par­ti­c­ulière de Marie-Bernadette Mars, autrice fidèle à la mai­son d’édi­tion, relate la rela­tion entre une Belge d’une cinquan­taine d’an­nées et un Afghan réfugié en Bel­gique, de vingt ans son cadet. Inter­ro­geant la place faite aux migrants dans les sociétés occi­den­tales, le roman se rac­croche aus­si à l’his­toire récente de l’Afghanistan. Prévu le 2 octo­bre comme celui de Marie-Bernadette Mars, le roman d’Eloïse Steyaert s’in­ti­t­ule La femme seule. Il narre l’his­toire d’E­le­na, qui se décou­vre soudain étouf­fée par sa vie con­ju­gale, sa mater­nité, sa vie quo­ti­di­enne, et cherche enfin à se recon­necter à elle-même. Une troisième autrice com­plétera le mois d’oc­to­bre des édi­tions Acad­e­mia : Des amours de soie de Mar­tine Roland est annon­cé pour le 20 octo­bre, his­toire sur­prenante d’un homme pas­sion­né par les araignées qui tente de se sauver après une enfance douloureuse. 

claise code kanun

Le 20 octo­bre, les édi­tions Genèse pub­lieront le nou­veau roman de l’écrivain et juge d’in­struc­tion Michel Claise. Avec Code Kanun, l’au­teur pour­suit dans la veine du thriller judi­ci­aire, après notam­ment Crime d’ini­tiés. il nous plonge cette fois dans le milieu de la mafia albanaise (kanun désigne d’ailleurs le code d’hon­neur de ladite mafia), qui donne bien du fil à retor­dre à un juge d’in­struc­tion de garde lors de la décou­verte du corps criblé de balles d’un indi­vidu por­tant un bracelet élec­tron­ique.

Pour les édi­tions Weyrich, Bernadette de Rache pour­suiv­ra elle aus­si dans la veine du roman à sus­pense qu’elle avait explorée avec son pre­mier roman, La fille sur le banc. Son deux­ième livre, à paraitre comme le précé­dent dans la col­lec­tion “Plumes du coq”, s’in­ti­t­ule Autop­sie d’un doute.

pitz les enfants du serpent

Enquête et sus­pense sont égale­ment au pro­gramme du nou­veau roman de Clarence Pitz. Pro­gram­mé le 9 octo­bre chez Ifs, col­lec­tion “Phénix noir”, Les enfants du ser­pent com­mence avec la décou­verte d’un corps défig­uré à Brux­elles. L’af­faire est rapi­de­ment mise en lien avec un cas sim­i­laire sur­venu en RDC, ce qui lance l’in­specteur en charge de l’en­quête dans des sen­tiers aus­si inat­ten­dus qu’hale­tants.

boucquey rien sur nietzsche

En octo­bre égale­ment, les édi­tions Sam­sa pub­lieront Rien sur Niet­zsche de Renaud Bouc­quey, éton­nant roman dans lequel l’auteur réin­ter­prète les trois méta­mor­phoses d’Ain­si par­lait Zarathous­tra.

Les édi­tions F Dev­ille ont inau­guré cette année leur col­lec­tion “Œuvres au jaune”, qui rassem­ble de courts romans, avec des livres de Marc Meganck, Brigitte More­au et Didi­er Robert. Elle s’ac­croitra de trois nou­veaux vol­umes dès le mois de novem­bre. Un écho de jas­min sera signé par Patrizi Fio­r­il­li, dont le pre­mier roman, le polar Au com­mence­ment, il y eut le mal, a été pub­lié dans la même mai­son en 2022. Un deux­ième livre de Marc Meganck vien­dra grossir la col­lec­tion : J’i­rai tir­er sur vos tongs narre les aven­tures de Gino, qui ne sup­porte pas les hordes de touristes et le bruit infer­nal de leurs tongs et décide d’a­gir à sa façon pour remédi­er à la sit­u­a­tion. Avec GloireDidi­er Van­den Heede racon­te l’his­toire de deux amis musi­ciens qui se lan­cent dans une aven­ture inso­lite.

Une novella qui a traversé l’Atlantique

horguelin ma vie d'espion

Coor­di­na­teur de l’association de maisons d’édition Les édi­teurs sin­guliers, directeur de la col­lec­tion « D’autre part » aux édi­tions L’herbe qui trem­ble, Thier­ry Horguelin est aus­si écrivain lui-même. Il sera présent sur les tables des libraires dès le mois d’octobre avec Ma vie d’espion. Livre dou­ble­ment sin­guli­er, en ce qu’il est l’une des seules novel­las (genre lit­téraire d’une longueur inter­mé­di­aire entre le roman et la nou­velle) et le seul livre pub­lié au Québec – aux édi­tions L’oie de cra­van, édi­teur habituel de Thier­ry Horguelin – du présent panora­ma. Le livre est déjà disponible au Québec, mais il arrivera à la ren­trée en Bel­gique et en France. On y suit les pas d’un pho­tographe, peu ambitieux pour son art et se rêvant vague­ment espi­on. Lorsqu’il retrou­ve d’anciens condis­ci­ples, il fait aus­si la con­nais­sance d’une mys­térieuse galeriste d’avant-garde, qui met pré­cisé­ment à con­tri­bu­tion ses tal­ents de détective…Dans le monde de l’art con­tem­po­rain, les apparences sont tou­jours trompeuses.

delperdange un parfum d'innocence

L’autre novel­la de la ren­trée sera signée Patrick Delper­dan­ge. Adepte de la manière (très) noire, l’écrivain présen­tera à la fin août Un par­fum d’in­no­cence dans la col­lec­tion “Polaroïd” des édi­tions in8.

Les nouvelles sont bonnes

Au fil des ans, la nou­velle s’est affir­mée comme un secteur incon­tourn­able de l’édition en Bel­gique, tan­dis que de nom­breux auteurs et autri­ces de Wal­lonie et de Brux­elles défend­ent et illus­trent le genre avec tal­ent.

wijckaert sfumato

Aux édi­tions L’arbre de Diane, Mar­tine Wijck­aert pub­liera en sep­tem­bre un recueil de trois réc­its, Sfu­ma­to. Lau­réate en 2015 du prix tri­en­nal d’écriture dra­ma­tique de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles pour sa Trilo­gie de l’enfer, l’autrice et met­teuse en scène a depuis lors arpen­té les ter­res du réc­it, avec Néant et Domus qui révè­lent une langue aus­si poé­tique qu’inventive. Sfu­ma­to explore le domaine du sou­venir et de la mémoire, de son car­ac­tère tou­jours ban­cal et impar­fait.

L’arbre de Diane annonce aus­si la paru­tion d’un recueil col­lec­tif, Com­ment regarder plus loin, dans la col­lec­tion « La tortue de Zénon ». Rassem­blant des écrivaines fran­coph­o­nes (Lisette Lom­bé, Char­lotte Biron, Vic­toire de Changy, Bea­ta Umubyeyi Mairesse, Veroni­ka Mabar­di, Isabelle Dumont, Anne Pen­ders, Chris­tine Van Ack­er, Gaël Octavia et Fabi­enne Radi) et des sci­en­tifiques (Segenet Kele­mu, Faus­tine Can­talloube, Priyan­ka Priyadarshi­ni, Emmy Noe­ther, Aurore Thibaut, Miho Jan­vi­er, Marie Tsingou,Cécilia Payne, Tro­tu­la de Salerme et Inge Lehmann), le recueil explore par la nou­velle le monde des femmes sci­en­tifiques, celles du passé, sou­vent oubliées mal­gré leur con­tri­bu­tion prépondérante à la sci­ence, et celles d’aujourd’hui.

Le 5 octo­bre, les édi­tions Bozon2x pub­lieront Deux con­tes d’aride et de moisi, pre­mier livre du Brux­el­lois Sol Fer­rières. Les deux con­tes ici rassem­blés évo­quent les tribu­la­tions de deux êtres soli­taires et san­guinaires

Bayer La végandelle

Qui dit nou­velle pense for­cé­ment aux édi­tions Quad­ra­ture, mai­son dédiée au genre et référence fran­coph­o­ne dans le domaine. Quad­ra­ture lancera sa ren­trée le 10 octo­bre avec La végan­delle, un recueil signé par l’écrivain et tra­duc­teur Lau­rent Bay­er. Le livre, qui fait la part belle à Brux­elles, déploie aus­si toute l’ironie de l’au­teur.

marée incidents de parcours
Le 10 décem­bre, la même mai­son d’édi­tion dévoil­era Inci­dents de par­cours de Bruno MaréeDéjà auteur, chez Quad­ra­ture, du remar­qué Grenailles errantes, l’écrivain revient avec des nou­velles évo­quant ce moment qui fait bas­culer une journée banale en jour mémorable, pour le meilleur ou pour le pire.

Dès le 11 octo­bre, ce sera le tour d’un autre incon­tourn­able du paysage belge fran­coph­o­ne : la col­lec­tion « Bel­giques » des édi­tions Ker. Invi­tant auteurs et autri­ces à livr­er un por­trait en mosaïque de leur Bel­gique, la série s’enrichira de qua­tre nou­veaux vol­umes. Juan d’Oultremont col­ore l’exercice de son habituelle fan­taisie, évo­quant tan­tôt le démon­tage de l’Atomium, tan­tôt les années belges d’Hercule Poirot. Françoise Dues­berg sous-titre son Bel­giques Les silences et la mer. Fidèle des édi­tions Acad­e­mia, l’autrice y avait pub­lié plusieurs recueils de nou­velles avant de pass­er au roman. Son « Bel­giques » évoque les per­son­nages qui ont mar­qué son exis­tence, ici ou au Con­go belge… Pour Eve­lyne Guzy, « Bel­giques » s’entend comme Ce qui reste quand on a tout oublié : l’autrice inter­roge les traces du passé, les élé­ments qui, comme les pavés de la mémoire, entre­ti­en­nent le sou­venir de ce qui a eu lieu. Des ques­tions qui font en par­tie écho au dernier roman de l’autrice, La malé­dic­tion des mots (MEO, 2021). Le qua­trième Bel­giques de la cuvée 2023 sera signé par Bernard Tir­ti­aux. On n’avait plus lu le romanci­er et maitre-ver­ri­er depuis L’ombre portée, paru chez Lat­tès au début 2019. On le retrou­vera donc avec plaisir dans la col­lec­tion-phare des édi­tions Ker. Son recueil évoque les per­son­nes qu’il a croisées, depuis sa nais­sance à Mar­t­in­rou et la quête de lumière qui est la basse con­tin­ue de son exis­tence.

maes chroniques poetiquesEn octo­bre tou­jours, les édi­tions Mur­mure des soirs pub­lieront le nou­veau livre de l’un de leurs habitués : Dominique Maes. Avec Gour­man­dis­es et Bes­ti­aire de mon jardin secret, le « prési­dent directeur généreux » de la Grande Droguerie poé­tique avait déjà pub­lié deux recueils de pros­es brèves dans la mai­son d’édition esneu­toise. Ses Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal sont le fruit lit­téraire d’une rési­dence d’écriture réal­isée dans le cadre du pro­gramme d’échange entre la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles et le Québec. L’écrivain s’est promené à Mon­tréal, col­lec­tion­nant les images de la vie là-bas, de la langue qui s’y par­le. Chaque jour, il a gardé une image et l’a dévelop­pée en une chronique.

flamant le sourire du singe

(cou­ver­ture pro­vi­soire)

Les édi­tions Esper­luète ont fait le choix, assez rare désor­mais (à la notable excep­tion de la col­lec­tion “Opus­cule” des édi­tions Lamiroy), de pub­li­er une seule nou­velle et non un recueil. Le sourire du singe est signé par Ludovic Fla­mant. Le per­son­nage prin­ci­pal se trou­ve enfer­mé, sans rai­son claire, dans une cage avec des singes. Ne pou­vant en sor­tir, il se met à observ­er ses com­pagnons, point de départ d’une réflex­ion sur notre human­ité et notre rap­port à l’an­i­mal. Après Pas­sagers et Princesse Bry­one, l’auteur, égale­ment très act­if en lit­téra­ture pour la jeunesse, pour­suit sa col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions Esper­luète. Comme pour ses précé­dents livres, Le sourire du singe dia­logue avec des images. Elles sont cette fois l’œuvre d’Hide­ki Oki, artiste act­if au sein des ate­liers du Creahm : c’est la décou­verte de son tra­vail qui a fait naitre l’idée de ce livre dans l’e­sprit de Ludovic Fla­mant. La paru­tion est prévue le 3 novem­bre.

Les édi­tions du Cac­tus inébran­lable sont un autre haut-lieu en Bel­gique fran­coph­o­ne de la défense des gen­res brefs en général et de la nou­velle en par­ti­c­uli­er. Après Odeurs de bes­ti­aires pub­lié en 2021, la col­lec­tion « Micro­cac­tus » accueillera un deux­ième recueil de Fabi­enne Lorant, La tra­ver­sée du désas­tre.

bologne legendaire

Surtout con­nues pour leur longue action en faveur de la poésie, les édi­tions du Tail­lis Pré pub­lient aus­si, quoi que plus rarement, des livres en prose. Ce sera le cas cet automne avec le recueil Légendaire de Jean Claude Bologne, qui fait écho à son Rit­u­aire, paru en 2020.

Édi­tant essen­tielle­ment des romans, la col­lec­tion “Plumes du coq” des édi­tions Weyrich ne nég­lige pas pour autant la nou­velle, comme l’il­lus­tre notam­ment le récent recueil d’Alain Dan­tinne, Une gravure satanique. La col­lec­tion s’en­richi­ra prochaine­ment d’un nou­veau vol­ume de nou­velles, signé par Michel Lam­bertChien de cimetière est un flo­rilège de fic­tions cour­tes issues de dif­férents recueils de ce nou­vel­liste émérite, dont le dernier ouvrage — un roman! — vient de paraitre aux édi­tions Le beau jardin.

fiorilli ce que fait le crépuscule

Comme les édi­tions Weyrich, les édi­tions F Dev­ille ne nég­li­gent pas la nou­velle, sans en faire leur genre d’élec­tion. En novem­bre, on trou­vera ain­si un recueil de Patrizio Fio­r­il­li, Ce que fait le cré­pus­cule. Avec ce livre et son court roman Un écho de jas­min, l’écrivain plac­era donc dou­ble­ment sa ren­trée sous le signe de la fic­tion brève.

Enfin, la ren­trée de la nou­velle sera aus­si mar­quée par… une absence. Après 6 ans et 300 numéros parus à un rythme heb­do­madaire, dans lesquels les auteurs con­fir­més alter­naient avec les nou­velles plumes, la col­lec­tion de nou­velles “Opus­cules” s’é­tait instal­lée dans le paysage édi­to­r­i­al belge. La nou­velle est toute­fois tombée à l’oc­ca­sion du Salon des lit­téra­tures sin­gulières : les édi­tions Lamiroy ont décidé de don­ner un coup d’ar­rêt à cette aven­ture édi­to­ri­ale, avec la paru­tion du 300e opus­cule, le 14 juil­let. Elles promet­tent toute­fois un retour, à un rythme moins soutenu et moins cade­nassé.

L’automne des poètes

Secteur tou­jours très dynamique en Bel­gique fran­coph­o­ne, la poésie con­naitra un deux­ième semes­tre bien rem­pli. Plusieurs des pub­li­ca­tions annon­cées seront par ailleurs présen­tées au pub­lic à l’occasion du Poet­ik Bazar, le marché de la poésie bilingue dont la troisième édi­tion se tien­dra aux Halles de Schaer­beek du 22 au 24 sep­tem­bre.

Soucy De si près l'ici du corps

Pierre-Yves Soucy ouvri­ra la sai­son poé­tique avec la paru­tion, le 18 août, du recueil De si près, l’ici du corps à La let­tre volée. Les qua­tre suites poé­tiques qui com­posent l’ou­vrage ont pour point focal le corps et le rap­port qu’il entre­tient avec son envi­ron­nement. Elles peu­vent se lire comme la réponse du poète aux mots du pein­tre chi­nois con­tem­po­rain, Mang Ke : « Non nous n’avons rien dit / Rien que le lan­gage de la chair ».

besschops asile d'un seul

Au même moment, les jeunes édi­tions Dan­cot-Pin­chart pro­poseront un nou­veau recueil poé­tique : Asile d’un seul de David Bess­chops.  

En sep­tem­bre, les édi­tions des Midis de la poésie pub­lieront Domousse, livre écrit et illus­tré d’aquarelles par Aliette Griz et Elise Per­oi. L’ouvrage découle d’une per­for­mance poé­tique pen­sée pour les bébés, qui révèle leur poten­tiel poé­tique.

feyaerts patience de l'infime

Aux édi­tions du Coudri­er, c’est Pas­cal Feyaerts qui lancera la sai­son avec le recueil Patience de l’in­fime, en librairie le 4 sep­tem­bre. 

Les édi­tions Tétras Lyre lanceront leur ren­trée le 13 sep­tem­bre, avec la paru­tion de Cahiers de Grenade (Retrait au noir) de Jan Baetens. L’ac­tu­al­ité édi­to­ri­ale est par­ti­c­ulière­ment dense pour le poète, essay­iste et chercheur, qui vient de pub­li­er deux recueils, Vacances romaines (Les impres­sions nou­velles) et Chang­er de sens (L’herbe qui trem­ble). Le Tétras Lyre annonce par ailleurs un nou­veau vol­ume dans sa col­lec­tion “De Wal­lonie” pour le 18 octo­bre. Col­lec­tion dédiée à la poésie en langues régionales de Wal­lonie, elle pub­lie des recueils bilingues langue régionale-français, à l’im­age d’Èvôye, Abrâm. Sor­tir du patri­ar­cat avec le pre­mier patri­arche ? de Joseph Dewez, récem­ment évo­qué sur ce blog. Le prochain ouvrage annon­cé, écrit en picard et signé par André Leleux, s’in­ti­t­ule Eplénures du timps.

Après un pre­mier recueil, Sac à mots, paru aux édi­tions mael­strÖm reEvo­lu­tion, le slam­meur M’sieur 13 fera sa ren­trée le 22 sep­tem­bre aux édi­tions L’ar­bre à paroles, avec le recueil M’sieur 13 est for­mi­da­ble

En sep­tem­bre égale­ment, les édi­tions L’arbre de Diane pub­lieront les recueils de deux autri­ces. Mem­bre du col­lec­tif L‑Slam, Mel Moya signe avec Mater dolorosa (titre à con­firmer) un recueil slam qui puise dans les sou­venirs d’enfance pour évo­quer, sans dolorisme, la place des femmes dans les foy­ers méditer­ranéens ou encore la con­di­tion de migrant‑e. Cather­ine Bar­reau a jusqu’ici signé des romans, dont le dernier en date, La con­fi­ture de morts, a reçu le prix Rossel en 2020. L’autrice pub­liera son pre­mier recueil poé­tique en sep­tem­bre, Tes cen­dres.

Emmanuel Le dit de la renarde

(cou­ver­ture pro­vi­soire)

L’académicien François Emmanuel est, comme Cather­ine Bar­reau, surtout con­nu comme romanci­er. Le dit de la renarde, annon­cé le 20 octo­bre aux édi­tions Esper­luète, est pour­tant un recueil poé­tique. Ce ne sera pas la pre­mière incur­sion de l’écrivain dans ce reg­istre, puisqu’il avait signé, en 2010, Sept chants d’Avenisao, déjà aux édi­tions Esper­luète. Pour Le dit de la renarde, les textes de François Emmanuel répon­dent à des gravures de Chris Dev­ille.

Chez mael­strÖm reEvo­lu­tion, poètes et poét­esses belges fer­ont leur ren­trée le 12 octo­bre. Deux recueils sont annon­cés : La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas de Lisa Debauche et feu l’amour! de Camille Pier. Il s’ag­it donc d’un nou­v­el édi­teur pour Camille Pier, après deux livres aux édi­tions L’ar­bre de Diane (La nature con­tre-nature (tout con­tre), co-signé avec Léonor Palmeira, et Scan­dale!). 

nys mazure sans crier gare

Le 15 sep­tem­bre, Colette Nys-Mazure présen­tera un nou­veau livre aux édi­tions Inven­it. Après Quand tu aimes il faut par­tir. Sur « Mater­nité » de Modigliani paru dans la col­lec­tion « Ekphra­sis » en 2016, l’autrice pub­lie, avec Sans crier gare, un recueil poé­tique dans lequel elle célèbre les voy­ages en train, et l’expérience fer­rovi­aire dans la mul­ti­plic­ité des paysages et des spec­ta­cles qu’elle offre. L’autrice appro­fon­dit ain­si un thème qui était déjà au cen­tre de son recueil de nou­velles Bel­giques.


Comme Inven­it, les édi­tions L’herbe qui trem­ble sont un exem­ple de ces maisons d’édition français­es dont le cat­a­logue accueille de nom­breux auteurs et autri­ces belges. Le 14 sep­tem­bre, Luc Del­lisse y pub­liera Tar­ma­cs, un recueil d’instantanés basés sur une expéri­ence new-yorkaise. Après plusieurs essais (L’atelier du scé­nar­iste, Mers intérieures ou Le monde vis­i­ble) et recueils de nou­velles (Bel­giques, Par­ler avec les dieux), Luc Del­lisse renoue avec le genre poé­tique et avec un édi­teur qui avait pub­lié son inclass­able L’amour et puis rien en 2017 (dans la col­lec­tion « D’autre part »). Tar­ma­cs est un recueil en deux ver­sants, l’un con­sacré à des sou­venirs de New York, l’autre à la terre natale, avec une thé­ma­tique qui les tra­verse tous deux : celle de l’exil. Alain Dan­tinne fig­ure lui aus­si déjà au cat­a­logue de L’herbe qui trem­ble, où il a pub­lié Pré­cis d’in­cer­ti­tude et Amour quelque part le nom d’un fleuve. Le même jour que Luc Del­lisse, il ajoutera une nou­velle pierre à sa col­lab­o­ra­tion avec la mai­son : Chemins de nulle part inter­roge le sens et la légitim­ité de la démarche poé­tique dans l’époque trou­blée que nous tra­ver­sons. 

buho poetesse de rue

Les Car­nets du dessert de lune ont démé­nagé de Brux­elles vers la Nor­mandie en 2021. Si le cat­a­logue his­torique de la mai­son est large­ment ouvert aux auteurs et autri­ces belges, la migra­tion du cen­tre de grav­ité de la mai­son vers l’Hexa­gone ne sig­ni­fie pas pour autant la rup­ture avec tout ancrage belge. Le 21 sep­tem­bre paraitra ain­si Poétesse de rue de Sylvia Bùho, pre­mier recueil de l’autrice dans lequel elle évoque ses déam­bu­la­tions dans les rues de Liège. Il s’a­gi­ra de l’un des pre­miers titres de la col­lec­tion “Lune de poche”, créée en mars de cette année.

Implan­tées en région bor­de­laise, les édi­tions Le cas­tor astral ont, elles aus­si, sou­vent été accueil­lantes pour les auteurs et autri­ces belges. Le 5 octo­bre, les Marées vach­es de Maud Joiret rejoin­dront dans la col­lec­tion de poche de la mai­son les Bil­lets d’où de Lau­rence Vielle, parus au début de l’an­née. Ce sera déjà le troisième recueil poé­tique de Maud Joiret, lau­réate du prix de la pre­mière œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles pour Cobalt (Tétras Lyre) et autrice d’un JERK (L’ar­bre de Diane) plébisc­ité par les chroniqueurs et chroniqueuses du Car­net.
Le 5 octo­bre égale­ment, Elke de Rijcke pub­liera un nou­veau recueil aux édi­tions Lan­sK­ine. Après Juin sur avril, la poétesse revient avec Et puis, soudain, il car­il­lonne dans lequel elle abor­de notam­ment le désir sex­uel, la mater­nité et la féminité.
Le 19 octo­bre, Chris­tine Guinard présen­tera son nou­veau recueil, Vous êtes au monde. Ce sera la pre­mière pub­li­ca­tion de l’autrice de Sténopé et Autour de B. dans la col­lec­tion blanche des édi­tions Gal­li­mard.

leuckx le traceur d'aube

La ren­trée sera dou­ble pour le tou­jours pro­lifique Philippe Leuckx, avec Le traceur d’aube à paraitre chez Al-Man­ar en sep­tem­bre et, en décem­bre, le recueil Petites rumeurs, atten­du aux Édi­tions Hen­ry.

Marie Darah est l’auteurice de deux livres de poésie remar­qués aux édi­tions Mael­ström, Depuis que tu n’as pas tiré et, surtout, Sous le noir du tar­mac. En novem­bre, ielle pub­liera D’amour et terre aux édi­tions des Midis de la poésie. Un livre qui inter­roge la société qui nous entoure, la cul­pa­bil­ité de l’Occident dans la marche du monde, et son déni de respon­s­abil­ité.

Mois de novem­bre pro­fus égale­ment pour les édi­tions du Coudri­er. Après J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane pub­lié dans la même mai­son, Edith Hen­ry pro­posera un nou­veau recueil poé­tique inti­t­ulé Le soir saigne rouge. Autre habituée – Le coudri­er a déjà pub­lié ses Impres­sions voyageuses et Si vous croyez que l’amour a don­né son dernier bais­er…Emmanuelle Menard sign­era Fer­me­ture automa­tique des cœurs, départ immi­nent. Deux autres recueils sont prévus en décem­bre. Anne Bon­homme pub­lie peu. Son dernier recueil paru au Coudri­er, Temps noir, date de 2015 déjà. Cette année, elle revient avec Atten­dre. Michel Ducobu com­plète le pro­gramme du Coudri­er avec L’ombre de l’aube.

pittau la fleur jaune

Les édi­tions du Tail­lis Pré annon­cent deux recueils poé­tiques pour cet automne. Francesco Pit­tau est à la fois un auteur pour la jeunesse, un romanci­er et un poète. Cette année, sa ren­trée sera poé­tique avec le recueil La fleur jaune. Il creuse ain­si un sil­lon qui lui a valu un suc­cès cri­tique remar­quable ces dernières années : La quin­caille des jours (Car­nets du dessert de lune) lui a valu le prix Gauchez-Philip­pot 2019, tan­dis qu’Épis­sures (L’ar­bre à paroles) a rem­porté le grand prix de poésie de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique et le prix de lit­téra­ture Charles Plis­nier. Tan­dis que Francesco Pit­tau fera son entrée au cat­a­logue du Tail­lis Pré, Jean-Marie Cor­busier y revien­dra en habitué, lui qui y a récem­ment pub­lié les recueils De but en blanc et Ordon­nance du réel. Son prochain recueil s’in­ti­t­ule À Raz.

Cinq écrivains belges seront pub­liés aux édi­tions Bleu d’encre cet automne. Auteur d’aphorismes (le récent Le hasard arrive tou­jours à l’improviste aux édi­tions Cac­tus inébran­lable), présent dans les col­lec­tions « Opus­cule » et « L’article » des édi­tions Lamiroy, Gaë­tan Faucer présen­tera Lance-flammes, un recueil qui évoque des instants du quo­ti­di­en et jette un regard sin­guli­er sur la con­di­tion humaine. Auteur fla­mand, Maarten Embrechts signe avec Les mots qu’il faut, écrit directe­ment en français, un recueil où la pro­fondeur du pro­pos est tra­ver­sée par l’humour. Tris­tan Sauti­er a pub­lié plusieurs ouvrages aux édi­tions Le coudri­er (dont, récem­ment, Quan­tième naufrage intérieur et Vrilles), mais pren­dra part à la ren­trée des édi­tions Bleu d’encre pour le recueil Engorgements/Dégorgements (Trois suites), rehaussé de dessins de Lau­rence Skivée. Le recueil, con­stru­it comme une œuvre musi­cale, est tra­ver­sé par le ques­tion­nement exis­ten­tiel de l’auteur. Comme Cather­ine Bar­reau et François Emmanuel, Loren­zo Cec­chi est l’un des romanciers et nou­vel­listes  qui s’essaieront à la poésie cet automne avec le sur­prenant Non fini­to. Élé­gies pais­i­bles, le pre­mier recueil de Pierre Yer­lès (Bleu d’encre), a con­nu un suc­cès impor­tant. Le poète revient cette année avec un deux­ième recueil, Oaristys, illus­tré par Cather­ine Podol­s­ki.

Défen­dant tous les gen­res brefs , les édi­tions du Cac­tus inébran­lable pub­lieront Qua­trains du bouquin­iste, un recueil de qua­trains du libraire lié­geois Christophe Gilot.

L’aphorisme sous toutes ses formes

Comme la nou­velle et la poésie, l’aphorisme est l’un des gen­res active­ment défendus par les maisons d’édition belges et pra­tiqué par de nom­breux auteurs, héri­tiers peut-être d’une tra­di­tion sur­réal­iste vigoureuse en nos con­trées.

Le cac­tus inébran­lable a fait de l’apho­risme l’une de ses spé­cial­ités, lui dédi­ant même la col­lec­tion des « P’tits cac­tus ». Cette ren­trée ne fail­li­ra pas à la tra­di­tion. Déjà présents au cat­a­logue avec respec­tive­ment Avoir fleurs et Toute cette beauté masquée, Tris­tan Alle­man et Yves Arauxo pub­lieront un nou­veau recueil d’aphorismes : titre encore à déter­min­er pour le pre­mier, L’idiot devant l’étang pour le deux­ième. Pub­lié hors col­lec­tion, l’Opus­cule navrant de Blaise Lesire explor­era lui aus­si les ter­res apho­ris­tiques.

La mai­son d’édi­tion d’Amou­gies assure aus­si un impor­tant tra­vail pat­ri­mo­ni­al. Elle a ain­si pub­lié Bel­gique, terre d’aphorisme, une antholo­gie établie par Michel Del­halle et d’importantes antholo­gies d’aphorismes de Chavée (Silence, Chavée, tu m’ennuies. 1031 apho­rismes rassem­blés par Jean-Philippe Quer­ton) et d’André Stas (Je pen­sai donc je fus. Apho­rismes com­plets 1993–2023). Dans cette veine, l’auteur et respon­s­able de la mai­son d’édition Jean-Philippe Quer­ton pub­liera en sep­tem­bre l’anthologie Les phras­es du silence, un livre qui regroupe quelque 1000 apho­rismes évo­quant… l’aphorisme.

Au Tail­lis Pré aus­si, l’apho­risme sera présent cet automne, avec Aléas sans amarre de Vin­cent Poth. Le recueil avait valu à son auteur le prix Décou­verte 2022 de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, décerné sur man­u­scrit. Il sera donc bien­tôt acces­si­ble à toutes et tous. Il ne s’a­gi­ra pas du pre­mier livre de l’au­teur à l’en­seigne de cette mai­son d’édi­tion, puisqu’il y avait déjà pub­lié À l’abri de l’abîme en 2019.

Aux édi­tions Le temps qu’il fait, Jean-Pierre Otte passe lui aus­si par l’aphorisme. Mes anti­corps offre un recueil d’aphorismes et frag­ments puisés dans les lec­tures de l’auteur, par lesquels il abor­de son par­cours de vie et d’écriture.

Théâtre : le spectacle bien vivant

schmitt bungalow 21

Éric-Emmanuel Schmitt sera dou­ble­ment présent en cette ren­trée. Out­re son roman La rivale prévu en sep­tem­bre, il milit­era aus­si du côté du théâtre, son autre genre de prédilec­tion. Comme son roman, sa pièce redonnera vie à des icônes du 20e siè­cle, venues du ciné­ma et de la lit­téra­ture cette fois. Bun­ga­low 21 imag­ine le séjour de deux cou­ples mythiques, Yves Mon­tand-Simone Sig­noret et Mar­i­lyn Mon­roe-Arthur Miller, dans deux bun­ga­lows voisins du Bev­er­ly Hills Hôtel. La pièce paraitra chez Albin Michel le 30 août.

En Bel­gique fran­coph­o­ne, plusieurs maisons d’édi­tion sont exclu­sive­ment dédiées au théâtre. Les édi­tions Lans­man demeurent la référence dans le domaine, et pour­suiv­ent leur poli­tique édi­to­ri­ale à la fois var­iée et pointue. Mais elles ne sont désor­mais plus les seules dans ce créneau édi­to­r­i­al très spé­cial­isé, rejointes depuis quelques mois par le new kid on the block : les édi­tions Les oiseaux de nuit.

Daniela Ginevro inau­gur­era le sec­ond semes­tre des édi­tions Lans­man avec LisièresLa dra­maturge pub­lie régulière­ment chez cet édi­teur, et notam­ment dans le domaine du théâtre pour la jeunesse. Elle a ain­si con­tribué à plusieurs vol­umes col­lec­tifs La scène aux ados et a reçu le prix Annick Lans­man pour Respire. En sep­tem­bre, c’est un autre habitué de la mai­son d’édi­tion de Carnières qui fera sa ren­trée: après une incur­sion dans le roman (Un fleuve au galop, Genèse), Alex Lorette revient au théâtre pour Les grandes marées. Déjà auteur de plusieurs pièces, Adrien D’Hose ver­ra pour la pre­mière fois la pub­li­ca­tion de l’une d’elles : Square Edi­son paraitre en octo­bre. Enfin, deux autres livres seront à décou­vrir en novem­bre. De Didi­er Poiteaux paraitra Tu com­prends. Déjà présent aux édi­tions Esper­luète pour une nou­velle, François Emmanuel sera aus­si de la ren­trée théâ­trale avec Funer­al Tan­goAprès Dress­ing room et Les trains dans la plaine, très favor­able­ment accueil­lies en 2022, l’au­teur de La pas­sion Savin­sen pour­suit dans l’écri­t­ure pour la scène et reste, dans ce reg­istre, fidèle aux édi­tions Lans­man.

Treize pièces sont prévues aux édi­tions Les oiseaux de nuit, toutes pro­gram­mées pour le 10 décem­bre. Plusieurs auteurs sont déjà des « habitués » de la pour­tant jeune mai­son. C’est le cas d’Éric de Staer­cke, dont la nou­velle pièce à paraitre s’intitule Coco para­chute, de Stéphane Pirard (Chute) ou encore de Stéphane Bis­sot (Celle qui aimait les hommes), Roda Fawaz (Dieu le père) et Anne Syl­vain (Giselle). Après Créon suivi de Loin d’Antigone, Paul Emond pub­liera quant à lui La part des flammes (ver­sion I et II). Deux­ième expéri­ence avec Les oiseaux de nuit pour Guil­laume Druez aus­si : après Nous les gross­es vien­dra Cœur de pédé suivi de Bocal. Pietro Piz­zu­ti pub­liera cet automne Le pur­ga­toire de Robin Van­den­bos. Final­iste du dernier Grand prix des Arts du spec­ta­cle de l’Arllfb pour La ques­tion qui fauche (ou l’autre Oth­el­lo), l’autrice-éditrice Aurélie Vau­thrin-Ledent sign­era Une vie de théa­tre, Pietro Piz­zu­ti : Entre Tiens // Entre Lacs. Pour Frédéric Gandibleux, ce sera la pre­mière pièce aux Oiseaux de nuit : Une vie entre cro­chets [Tétralo­gie hand­i­capée et onirique]. Le pro­gramme du deux­ième semes­tre de la mai­son d’édition sera enfin com­plété par deux livres col­lec­tifs : Recueil-fes­ti­val n°5 (avec des textes de Marie Hen­ry, Emmanuel Hen­nebert, Frédéric Gandibleux, Deb­o­rah Dan­blon, + 1 bonus) et Nuis­i­bles (Muriel Clairem­bourg, Chloé Stru­vay, Per­rine Ledent, San­drine Bastin). Pierre-André Itin et Bernard Cog­ni­aux co-signeront quant à eux À la vie, à la mort !

Dans Le Car­net et les Instants n°215 (avril 2023), Mélanie Godin, créa­trice et ani­ma­trice des édi­tions L’arbre de Diane, expli­quait à Louise Van Bra­bant : « [mon tra­vail édi­to­r­i­al] part aus­si du con­stat que de nom­breuses œuvres scéniques sont éphémères, et mes pro­jets de livre […] ten­tent de garder une trace tan­gi­ble de ces instants où les textes ont par­fois été écrits et dits dans un pre­mier temps pour la scène. Pub­li­er un livre, c’est aus­si don­ner un autre statut et une autre tem­po­ral­ité à ce qui a été écrit pour soutenir une man­i­fes­ta­tion ou dénon­cer des injus­tices au moment même où elles sont com­mis­es. C’est faire d’une parole une trace écrite faite pour dur­er, pour être le plus pos­si­ble partagée et, de par son exis­tence papi­er, trans­former la réal­ité ». On ne s’étonnera donc pas de trou­ver aus­si des œuvres théâ­trales au cat­a­logue de cette jeune et dynamique mai­son d’édition. Cet automne, elle pub­liera ain­si Sauvez Batard de Thymios Foun­tas. Dans un décor urbain de sci­ence-fic­tion, l’auteur con­voque les ressources d’une langue queer, com­pos­ite, pour don­ner la parole au petit, au hon­teux et au bizarre.

Les édi­tions des Midis de la poésie, ani­mées elles aus­si par Mélanie Godin, pub­lieront en novem­bre The Manx Cat. Le livre rassem­ble trois pièces, signées respec­tive­ment par Capucine Berthon, Marthe Degaille et Marie Vaiana. À l’initiative d’Écarlate la com­pag­nie, chaque autrice a été invitée à écrire une pièce ren­dant vis­i­bles des femmes belges que l’histoire avait oubliées. Sont ain­si mis­es à hon­neur la fémin­iste Adèle Hauwel, Suzan Daniel, mil­i­tante pour les droits des gays et des les­bi­ennes, et l’avocate Éliane Vogel-Pol­sky, active aux côtés des ouvrières de la Fab­rique Nationale d’armes à Her­stal et des hôt­esses de la Sabena.

Asso­ci­a­tion et espace dédiés à la créa­tion, à la recherche et à la dif­fu­sion des arts vivants, L’L a élar­gi ses activ­ités à l’édition. Les vol­umes pub­liés ont tous trait aux recherch­es sur les arts vivants, et sont signés par des auteurs qui ont mené des recherch­es à L’L ou en lien avec elle. La mai­son d’édition s’est récem­ment dotée d’une nou­velle col­lec­tion, « Traces de recherch­es », qui s’enrichira de 7 vol­umes au deux­ième semes­tre. Cha­cun est la réponse de son auteur à la ques­tion de ce qu’est chercher dans le domaine des arts vivants, et à L’L en par­ti­c­uli­er. Trois livres sont prévus en août : J’aime beau­coup ici d’Isabelle Jon­ni­aux ; Vous avez vu ma ruine et vous avez eu peur. Retour sur un par­cours de six années de recherche à L’L co-signé par Axel Cornil et Valentin Demarcin, et Unwelt (mais pourquoi et com­ment l’humain ?) de Nat­acha Romanovsky. Trois autres ouvrages les rejoin­dront en octo­bre : De l’appât aux zédoaires. 26 petites choses à pro­pos d’une recherche à L’L de Jean-Bap­tiste Polge ; DE CONCERT ou com­ment (re-)tracer une recherche pra­tiquée par dérives de Nina et Loren­zo De Ange­lis, et Who cares? de Guil­laume Bar­i­ou. Le dernier vol­ume 2023 de « Traces de recherch­es » paraitra en décem­bre. Inti­t­ulé Au revoir à tou·te·s, intro­duc­tion à Le Cré­pus­cule. Twi­light Zone, il sera signé par Anja et Emi­lie Till­berg et Philippe Bureaud. Tou­jours pour la fin de l’année, les édi­tions de L’L annon­cent deux autres ouvrages hors la col­lec­tion « Traces de recherch­es » : La mémoire du ter­rain de Joana B Polge (novem­bre) et Chercher avec l’aventure de L’L depuis les arts vivants. Fas­ci­cule 2. Manière de faire de Pierre Boitte. Le Fas­ci­cule 1 était sous-titré La sin­gulière aven­ture de L’L.

Essai et beaux-livres :
raconter le monde sous toutes ses formes

Évo­quer les “essais” de la ren­trée revient à rassem­bler des sous une même ban­nière des ouvrages de sujet, de portée et de publics très var­iés. Ten­ta­tive, mal­gré tout, d’in­ven­taire.

Artistes et écrivains à l’honneur

Par­mi les nom­breux sujets abor­dés, une part impor­tante est lais­sée à l’évocation des artistes et des écrivains, sous l’angle de l’analyse rigoureuse de l’œuvre, à l’enseigne de recherch­es biographiques, ou encore par le biais d’une évo­ca­tion plus libre et per­son­nelle.

Les édi­tions Sam­sa revien­dront ain­si sur les par­cours d’Her­warth Walden en août et de Blaise Cen­drars en octo­bre. Avec Her­warth Walden, l’homme des avant-gardes (1878–1941), Fran­cis­co Rubio évoque cet Alle­mand qui fut musi­cien et com­pos­i­teur, mais aus­si un galeriste essen­tiel pour les avant-gardes du début du 20e siè­cle. Dans Blaise Cen­drars, philosophe post­mod­erne, Éti­enne Bas­ti­ae­nen étudie la pen­sée philosophique qui sous-tend l’œuvre de l’auteur de la Prose du Transsi­bérien.

Edgar Szoc évo­quera quant à lui l’écrivain français Georges Perec avec Treize raisons pour lesquelles il est impos­si­ble d’écrire quoi que ce soit d’intéressant sur Georges Perec, à paraitre en novem­bre aux édi­tions des Midis de la poésie.

Les édi­tions de l’A­cadémie met­tront elles aus­si un auteur — ou plutôt une autrice — à l’hon­neur. À l’oc­ca­sion du 150e anniver­saire de la nais­sance de Colette (1873–1954), l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique avait organ­isé une séance d’hom­mage à l’écrivaine, qui y fut élue le 9 mars 1935. Les actes de cette journée seront pub­liés à l’au­tomne. Le vol­ume précédera un autre recueil col­lec­tif, Lit­téra­ture et ciné­ma, dans le sil­lage du col­loque du même nom organ­isé lui aus­si par l’A­cadémie. L’ou­vrage con­sacré à Colette et Lit­téra­ture et ciné­ma pour­suiv­ent le tra­vail réal­isé par l’A­cadémie pour don­ner un débouché édi­to­r­i­al à ses activ­ités. Ont ain­si été pub­liés récem­ment les vol­umes La cui­sine de nos écrivains et Lit­téra­ture et médecineLit­téra­ture et ciné­ma réu­nit des con­tri­bu­tions de Pierre Mertens («Trahisons et belles infidèles»), Sébastien Fevry («Dis­posi­tifs pré-ciné­matographiques et lit­téra­ture. Le cas de la lanterne mag­ique comme objet et vecteur d’écri­t­ure»), François EmmanuelLa ques­tion humaine, du livre au film : lost in trans­la­tion?»), Benoît Denis («Le ciné­ma, une autre his­toire de la lit­téra­ture »), Jean-Bap­tiste Baron­ianL’aîné des Fer­chaux : le roman et les films»), Dick Tomaso­vic («Délo­cal­i­sa­tion et refo­cal­i­sa­tion. Notes sur L’assassin habite au 21, de Stee­man à Clouzot»), Danielle Bajomée‘Détru­ire le ciné­ma, dit-elle.’ La sauvagerie filmique de Mar­guerite Duras»), Frédéric Fonteyne («La dif­férence entre ce qui est dit et ce qui est mon­tré»), Patrick Wer­ly (Le genou de Claire d’Éric Rohmer (1970) : une fig­ure de roman­cière pour con­duire l’intrigue du film») et Adolphe Nysen­holc («La cham­bre ou l’irreprésentable»).

La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment dou­ble, voire triple, pour la pro­lifique et poly­graphe Véronique Bergen. Cette année ne dérogera pas à la règle. Out­re la co-édi­tion de son roman Écume par Onlit et Les Équa­teurs, l’autrice et académi­ci­enne pub­liera le 18 août Gui­do Crepax. L’axiome d’Eros aux édi­tions La let­tre volée. Dans ce tout pre­mier essai en langue française sur l’auteur ital­ien de bande dess­inée (1933–2003), Véronique Bergen inter­roge l’avant-gardisme de Gui­do Crepax et le rap­port à l’érotisme de celui qui a adap­té His­toire d’O, Jus­tine ou Emmanuelle pour le 9e art. Le 20 octo­bre, c’est à l’œuvre de la plas­ti­ci­enne Hele­na Belz­er que sera con­sacré un autre livre de Véronique Bergen, Avant, pen­dant et après, pro­gram­mé lui aus­si à La let­tre volée. Après Encres (1994) et Tomber vers le haut (2016), Avant, pen­dant et après est le troisième volet du dia­logue entamé entre les deux artistes. Le livre met en regard des œuvres pic­turales représen­ta­tives de la tra­jec­toire d’Helena Belz­er et des textes de l’écrivaine (créa­tions poé­tiques ou textes de présen­ta­tion). Chez le même édi­teur paraitra en novem­bre Pasoli­ni poète et romanci­er. De la pul­sion de régres­sion à la mise en crise de la représen­ta­tion. Alors que le Pasoli­ni cinéaste a déjà été large­ment abor­dé, Philippe di Meo s’intéresse plus par­ti­c­ulière­ment à l’écrivain, relisant son œuvre à l’aune de deux mythes essen­tiels, celui de Nar­cisse et celui de l’éternel retour.

Gui­do Crepax ne sera pas le seul bédéiste étudié en cette ren­trée. Aux Impres­sions nou­velles, Philippe God­din et Mar­tine Mergeay pub­lieront une édi­tion com­men­tée de la cor­re­spon­dance de Paul Cuve­li­er (auteur des Aven­tures de Corentin) avec Ta Huy­hn-Yen. Le mys­tère Paul Cuve­li­er. Un artiste sans con­ces­sion révélé par sa cor­re­spon­dance évoque à la fois le par­cours de l’artiste et la tra­jec­toire per­son­nelle de Cuve­li­er. Chez le même édi­teur, Françoise Levie s’est quant à elle intéressée à un nom mécon­nu de l’Art Nou­veau. Dans Octave Van Rys­sel­berghe, l’architecte fan­tôme, la réal­isatrice et essay­iste évoque un artiste qui n’a lais­sé ni archives, ni écrits, con­va­in­cu que seuls les bâti­ments comp­taient. Le livre paraitra en octo­bre.

Mercier Philippe Geluck

Dans le petit for­mat qui est sa mar­que de fab­rique, la col­lec­tion « L’article » des édi­tions Lamiroy tient sans fail­lir son rythme men­su­el. En sep­tem­bre 2023, elle s’accroitra d’un vol­ume que Jacques Merci­er con­sacre à Philippe Geluck, amusé et musée et demi, dans lequel il sera notam­ment ques­tion de la polémique qui a entouré le pro­jet d’un musée du Chat à Brux­elles.

Aux édi­tions Tan­dem, le nou­v­el essai d’Éric Brog­ni­et, L’e­space d’un instant, à décou­vrir en octo­bre, ques­tion­nera poésie, art et esthé­tique, avec une atten­tion par­ti­c­ulière pour Hen­ri Michaux. 

lambert nicolas de stael

Le 14 sep­tem­bre, Stéphane Lam­bert, dernier lau­réat du prix Rossel pour L’apocalypse heureuse, posera un nou­veau jalon à son impor­tant tra­vail de dia­logue avec les plas­ti­ciens (et leur œuvre) tels que Klee, Van Gogh, Spilli­aert, Goya, Mon­et, Twombly… En cette ren­trée, c’est à Nico­las de Staël, auquel il avait déjà con­sacré un livre en 2014, Nico­las de Staël, le ver­tige et la foi (Arléa), qu’il s’intéressera plus par­ti­c­ulière­ment. Le pein­tre sera assez présent en librairie cet automne, à l’occasion de la rétro­spec­tive que lui con­sacr­era le Musée d’art mod­erne de la Ville de Paris. La mono­gra­phie de Stéphane Lam­bert, Nico­las de Staël, la pein­ture comme un feu, pub­liée chez Gal­li­mard, com­bine une approche biographique et une relec­ture des œuvres de l’artiste.

Dans le domaine des arts plas­tiques, les édi­tions CFC pub­lient régulière­ment des beaux-livres, d’une qual­ité icono­graphique remar­quable, met­tant à l’honneur des artistes émer­gents aus­si bien que les tal­ents con­fir­més. La col­lec­tion « L’impatient » est ain­si dédiée aux pre­miers livres d’artistes. Le 6 octo­bre, elle accueillera deux nou­veaux vol­umes, tous deux co-édités avec l’ISELP. Mon­des par­al­lèles dévoile le tra­vail de l’artiste Adrien Luc­ca, cen­tré sur la lumière et la couleur, qu’il appréhende sous des for­mats var­iés, du dessin à l’installation mon­u­men­tale. Pour Jot Fau, l’interrogation cen­trale est celle de l’identité. Elles sont cassées, elles marchent encore présente les instal­la­tions, vête­ments ou réc­its qu’elle crée autour de cette ques­tion, dévoilant aus­si la fragilité de nos con­struc­tions iden­ti­taires. Le 18 août, un autre beau-livre, pub­lié quant à lui dans la col­lec­tion « Strates », met­tra en lumière le tra­vail du col­lec­tif brux­el­lois de Street Art Farm Prod. Les textes de Farm Prod. In paint we trust sont signés par Eric Van Ess­che, qui a déjà coor­don­né, dans la même mai­son d’édition, l’ouvrage de référence ®évo­lu­tions du Street Art.

Très actives elles aus­si dans le secteur du beau-livre, en par­ti­c­uli­er con­sacré au pat­ri­moine artis­tique et naturel de Bel­gique, les édi­tions Weyrich pub­lieront un ouvrage co-signé par Jan de Plus, Karl Scheer­linck et Yves SegersFort comme du fer est con­sacré aux plaques émail­lées belges d’alcools forts.

Approches biographiques

Si les artistes et écrivains ont par­ti­c­ulière­ment inspirés les auteurs en cette ren­trée, les per­son­nal­ités de l’ombre, aux réal­i­sa­tions moins con­nues mais impor­tantes, sol­lici­tent elles aus­si les plumes et déclenchent des besoins de faire mieux con­naitre leur tra­jec­toire.

Pour les édi­tions Weyrich, Marc Audrit s’est aini intéressé à un héros belge de la Deux­ième guerre mon­di­ale dans Sur les traces de Jean de Sélys Longchamps.

Gunzig et Menten Dolly

La Deux­ième guerre mon­di­ale est aus­si au cœur de Dol­ly, his­toire de mon père, livre écrit à qua­tre mains par Edgar Gun­zig et son épouse Diane Menten. « Dol­ly » est le surnom de Jacques Gun­zig, père d’Edgar Gun­zig, assas­s­iné dans le camp de con­cen­tra­tion de Mau­thausen. La décou­verte inat­ten­due d’une pho­to datée de 1942 a ébran­lé chez le fils le besoin d’enquêter sur la vie de son père, de redé­cou­vrir son par­cours. Thomas Gun­zig, petit-fils de Dol­ly, signe la post­face de ce tra­vail de mémoire à paraitre le 1er sep­tem­bre aux édi­tions Lamiroy.

gilles verlant Lamiroy

Chez le même édi­teur, un ouvrage col­lec­tif, à paraitre le 20 sep­tem­bre, ren­dra hom­mage au jour­nal­iste et homme de médias Gilles Ver­lant, à l’occasion des 10 ans de sa mort. Chaque con­tribu­teur abor­de un pan de l’activité de cet homme mul­ti­ple.

Des aventures collectives

Il sera aus­si beau­coup ques­tion d’His­toire cet automne. Plusieurs livres revien­dront sur des aven­tures, humains, artis­tiques, intel­lectuelles qui ont lais­sé leur empreinte, à des degrés divers, sur le 20e siè­cle.
lobet 1939 almanach d'une année noire

Dans 1939, almanach d’une année noire, Marc Lobet par­court au jour le jour l’année 1939, du 1er jan­vi­er au 31 décem­bre, en présen­tant des témoignages d’artistes, de savants, de philosophes… Il rend ain­si compte d’une péri­ode où la réal­ité a dépassé la fic­tion. Le livre paraitra en août chez Sam­sa.

Aux Impres­sions nou­velles, deux vol­umes col­lec­tifs évo­quent l’aventure de deux revues qui ont mar­qué l’histoire du siè­cle dernier. Dirigé par Car­o­line Glo­rie et Tere­sa Hoogeveen, Les cahiers du Grif, la pre­mière revue fémin­iste fran­coph­o­ne revient sur l’histoire d’une revue fondée en 1973 et basée à Brux­elles. Pre­mier ouvrage entière­ment con­sacré aux Cahiers du Grif, le livre se veut un espace de dis­cus­sion brossant aus­si bien les thèmes que les per­son­nes et les pra­tiques qui ont fait la revue. Sous la direc­tion d’Esther Demoulin, Jean-François Lou­ette et Juli­ette Simont, Les Temps mod­ernes, d’un siè­cle à l’autre sera quant à lui con­sacré à une revue qui a fait date : Les Temps mod­ernes. Éditée chez Gal­li­mard depuis sa créa­tion par Jean-Paul Sartre et Simone de Beau­voir en 1945, la pub­li­ca­tion a été arrêtée bru­tale­ment au décès de son dernier directeur, Claude Lanz­mann. L’ouvrage revient sur l’histoire de la revue et de sa dis­pari­tion.

jannin et liberski les snuls

Jan­nin et Liber­s­ki revien­dront quant à eux sur l’histoire des Snuls, iconique groupe d’humoristes dont ils ont été les fers de lance. Les Snuls sont très con­nus, pro­gram­mé chez CFC le 20 octo­bre, évo­quera avec ten­dresse 30 ans d’aventures. Le livre est rehaussé de nom­breux doc­u­ments et illus­tra­tions.

Philosophie, droit, politique : le monde d’aujourd’hui

dayez les quatre verites du proces penal

Inlass­able­ment, l’avocat Bruno Dayez inter­roge notre sys­tème judi­ci­aire et ses mécan­ismes. Après Répar­er ou punir : quelle jus­tice pour les vic­times ?, il pour­suiv­ra son tra­vail cri­tique à l’au­tomne avec la sor­tie des Qua­tre vérités du procès pénal, chez son édi­teur prin­ci­pal Sam­sa.

wallemacq raconter la guerre

Chez Bayard, Françoise Wallemacq, jour­nal­iste à la RTBF, revient sur ses trente années d’ex­péri­ence comme grand reporter dans les zones de con­flit (Syrie, Afghanistan, Ukraine…) dans Racon­ter la guerre. L’autrice évoque des sen­ti­ments intimes — la peur, la cul­pa­bil­ité — et livre une réflex­ion la dif­fi­culté du réc­it jour­nal­is­tique de guerre et les par­tic­u­lar­ités de l’in­ves­ti­ga­tion dans un tel con­texte. La sor­tie est annon­cée pour le 6 sep­tem­bre.  

de sutter superfaible

Point de ren­trée sans un nou­veau livre de Lau­rent De Sut­ter. Le philosophe pub­liera Super­faible ! Penser au XXIe siè­cle chez Flam­mar­i­on le 20 sep­tem­bre. Il y inter­roge la fin de la rai­son dans ses développe­ments actuels (la destruc­tion de la Terre) et pro­pose une porte de sor­tie : l’humanité devra se ren­dre super­faible.

latour pensees systémiques

Le 5 octo­bre, les Pen­sées sys­témiques de Thibaud Latour inau­gureront la col­lec­tion “Œuvres au blanc” des édi­tions F Dev­ille, dédiée aux ouvrages de philoso­phie. Dans ce livre, l’au­teur pro­pose d’ex­am­in­er les faits autrement, de pos­er un autre regard sur la réal­ité pour entr­er en réflex­ion.

Aux édi­tions Acad­e­mia, Anne Denis évoque dans Le deuil entre sens et signes le décès de son fils à l’âge de 26 ans. À par­tir de cette expéri­ence ter­ri­ble, elle inter­roge le deuil et dif­férentes façons de penser la mort, en don­nant la parole à des philosophes, penseurs, médecins… 

Année pré-élec­torale oblige, les édi­tions Kennes pari­ent quant à elles résol­u­ment sur la poli­tique — et les poli­tiques, de toutes obé­di­ences — pour cette ren­trée, avec la paru­tion le 23 août de Georges-Louis Bouchez à bâtons rom­pus, un livre d’en­tre­tiens du politi­cien mon­tois avec Alain van den Abeele, et Wal­lonie-Flan­dre. Par-delà les clichés de Thomas Der­mine le 25 octo­bre. Le 19 sep­tem­bre, la même mai­son annonce en out­re Il y a cette guerre à faire et je la ferai, le “livre-con­fes­sion” du con­sti­tu­tion­nal­iste Marc Uyt­ten­daele, écrit avec Nico­las Keszei. 

Un environnement à préserver

Les édi­tions Weyrich restent atten­tives à la nature et aux paysages en cette ren­trée, avec l’es­sai de Ben­jamin Noll­e­vaux Les arbres qui cachent la forêt et le beau-livre de Xavier Van der Stap­penLes dents de la forêt.

quel temps

Chez Kennes, le beau-livre Quel temps! La météo belge au fil des saisons rassem­blera un pan­el de présen­ta­teurs et présen­ta­tri­ces météo.

Patrimoine et réédition en poche : une littérature à redécouvrir

Tan­dis que les nou­veautés afflueront, la ren­trée con­naitra aus­si un impor­tant pro­gramme de réédi­tions pat­ri­mo­ni­ales et ressor­ties au for­mat de poche.

Ce sera, bien sûr, le cas avec Espace Nord. La col­lec­tion de poche dédiée aux clas­siques de la lit­téra­ture belge sera à la fête cette année, à l’occasion de son 40e anniver­saire. Une expo­si­tion dans les bib­lio­thèques, des actions dans dif­férentes librairies et des ren­con­tres rap­pelleront cette aven­ture édi­to­ri­ale hors du com­mun née au début des années 1980. De nou­veaux ouvrages vien­dront égale­ment accroitre un cat­a­logue riche déjà de plus de 400 titres. Le 15 sep­tem­bre, Danse de la vie brève, pre­mier roman d’Hubert Antoine et lau­réat du prix Rossel 2016, inté­gr­era la col­lec­tion. L’histoire, située au Mex­ique, mêle amour, poli­tique et aven­ture, sur les traces d’une jeune femme et de ses deux com­pagnons de route, en fuite après avoir tué les policiers qui la vio­len­taient. Le 3 novem­bre, deux autres autri­ces fer­ont elles aus­si leur entrée dans la col­lec­tion : Car­o­line De Mul­der et Veroni­ka Mabar­di. Avec Bye Bye Elvis, Car­o­line De Mul­der se saisit de la légende selon laque­lle Elvis Pres­ley aurait faussé sa mort et brode sur le sujet une fic­tion vir­tu­ose, en deux temps, qui débute avec l’histoire du King et se pour­suit chez un vieil Améri­cain mod­este, John White. Veroni­ka Mabar­di fera quant à elle son entrée dans la col­lec­tion avec un vol­ume qui regroupe ses pièces de théâtre ini­tiale­ment parues chez Lans­man Adèle et Loin de Lin­den (cette dernière lui avait valu le prix tri­en­nal d’écriture dra­ma­tique de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles).

Entre ces trois nou­veautés, le 6 octo­bre, Espace Nord remet­tra à l’honneur Dominique Rolin, avec la reparu­tion de L’infini chez soi et Dulle Gri­et. Dans le pre­mier, l’autrice se racon­te en abor­dant son avant-vie : la ren­con­tre de ses par­ents. Le réc­it oscille entre cette péri­ode et 1978, c’est-à-dire le moment de l’écriture. Dans Dulle Gri­et, elle passe par le per­son­nage représen­té par Bruegel pour explor­er le passé et l’histoire famil­iale.

Avec la col­lec­tion “Femmes de let­tres oubliées”, les édi­tions Névrosée pour­suiv­ent un tra­vail de redé­cou­verte d’écrivaines belges. Le 15 sep­tem­bre, un nou­veau roman du 19e siè­cle  vien­dra s’a­jouter à la col­lec­tion : La val­lée de Soref d’Hen­ri­ette Lan­glet

foulon les lambis et autres contes fantastiques

Par­al­lèle­ment à des pub­li­ca­tions rel­a­tives aux activ­ités de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (col­loque, dis­cours de récep­tions…), les édi­tions portées par l’in­sti­tu­tion cen­te­naire réalisent elles aus­si un impor­tant tra­vail en faveur du pat­ri­moine lit­téraire belge. Récem­ment, on a ain­si pu (re)découvrir L’orne­ment des mois de Mau­rice des Ombi­aux, La fab­u­la­tion de Jacques-Gérard Linze, ou encore Petites filles d’autrefois 1750–1940 de Sophie Deroisin. À la ren­trée, un recueil de nou­velles s’a­joutera au cat­a­logue : Les Lam­bis et autres con­tes fan­tas­tiques de l’écrivain et académi­cien Roger Foulon. Le livre avait ini­tiale­ment paru aux édi­tons du Span­tole en 1985.

Actives elles aus­si sur le front pat­ri­mo­ni­al, les édi­tions Sam­sa con­firmeront cette ori­en­ta­tion dès le mois d’août. La mai­son pour­suit en effet son tra­vail de réédi­tions des œuvres de la dynas­tie Bodart-Richter avec L’art c’est la chair de Roger Bodart. Deux ans après Orig­ines et Dia­logues, ce nou­veau vol­ume pro­pose un recueil de textes sur l’art et les artistes signés par l’écrivain dans les années 1950 et 1960 pour la col­lec­tion « Mono­gra­phies de l’art belge ». Le même édi­teur pour­suit aus­si la réédi­tion des œuvres de Roger Aver­maete (1893–1988) avec Le con­cile des dieux.

Les édi­tions du Tiroir se sont récem­ment lancées dans la réédi­tion, en ver­sion illus­trée, des romans d’Hen­ri Vernes hors de la série des Bob Morane. Trois nou­veaux titres sont atten­dus à la ren­trée : La porte ouverte et Le désir rôde, illus­trés respec­tive­ment par Louis Par­adis et Alain Pon­celet le 25 août, et Kar­ga, illus­tré par André Beautemps, le 22 sep­tem­bre.

La mai­son mont­pel­liéraine Fata Mor­gana réédite régulière­ment des livres d’Hen­ri Michaux. Le 15 sep­tem­bre, elle ajoutera une nou­velle pierre à cet édi­fice avec la paru­tion des Com­mence­ments : dessins d’en­fants, essais d’en­fants.

Après la réédi­tion récente de sept romans de François Wey­er­gans sous le titre Romans, la col­lec­tion « Quar­to » des édi­tions Gal­li­mard accueillera un vol­ume dédié à l’historien Hen­ri Pirenne (1862–1935). His­toires de l’Europe. Œuvres choisies, dont l’édition est établie par Geneviève War­land, rassem­ble trois ouvrages de Pirenne sur l’Europe médié­vale ain­si que des arti­cles et dis­cours. La paru­tion est annon­cée pour le 28 sep­tem­bre.

Le 6 octo­bre, les édi­tions L’ar­bre vengeur fer­ont paraitre un recueil de textes brefs du maitre du fan­tas­tique Jean RayLes derniers con­tes de Can­ter­bury, qui font écho au clas­sique de Chaucer, béné­fi­cient d’une post­face d’Ar­naud Hufti­er.

lemonnier l'avaleur de sabre

Le 17 octo­bre, un autre grand clas­sique de la lit­téra­ture belge béné­ficiera lui aus­si d’une nou­velle réédi­tion. La mai­son ren­naise La part com­mune réédit­era L’avaleur de sabre, un roman de Camille Lemon­nier.

Les édi­tions Weyrich dis­posent égale­ment d’une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale, “Regains”, qui réédite des clas­siques de la lit­téra­ture régionale. Trois pub­li­ca­tions sont prévues pour la ren­trée : Le roi des con­tre­bandiers de Christophe Rye­landtDure Ardenne d’Arsène Sor­eil et L’en­vol de l’é­mouchet de Jules Boulard, dont le même édi­teur a récem­ment pub­lié La mor­sure du feu, un autre roman, dans la col­lec­tion de lit­téra­ture con­tem­po­raine “Plumes du coq”.

La col­lec­tion “Ha” des édi­tions Le Tail­lis Pré pub­lie des auteurs et autri­ces belges dont  les œuvres sont impor­tantes mais peu con­nues et dif­fi­cile­ment trou­vables. Elle s’en­richi­ra dans quelques semaines des œuvres com­plètes du poète sur­réal­iste Mar­cel Havrenne (1912–1957).

Avec la ces­sa­tion des édi­tions Luce Wilquin, c’est un cat­a­logue de plus de 500 ouvrages qui s’est soudain trou­vé indisponible. Quelques-uns de ces livres ont toute­fois fait l’objet de réédi­tions dans d’autres maisons ces dernières années. Ani­mées par un directeur de col­lec­tion, Éric Bruch­er, dont les œuvres étaient pub­liées chez Luce Wilquin, les Édi­tions du Sablon ont beau­coup con­tribué à ce mou­ve­ment de réédi­tion. Les édi­tions MEO rééditeront à leur tour deux romans ini­tiale­ment parus chez Luce Wilquin : Les mots de Maud de Jean Jau­ni­aux, prévu le 7 novem­bre et Une semaine de vacance de Daniel Charneux, le 12 décem­bre (sous réserve). Ce sera la pre­mière col­lab­o­ra­tion avec cette mai­son d’édition pour Jean Jau­ni­aux, tan­dis que Daniel Charneux est un habitué, y ayant déjà signé l’ « essai-vari­a­tions » More en 2015, l’exofiction À pro­pos de Pre en 2020 et la biogra­phie et étude de référence Pierre Huber­mont (1903–1989) : écrivain pro­lé­tarien, de l’ascension à la chute (co-écrite avec Claude Duray et Léon Four­manoit).

Les édi­tions Pierre-Guil­laume de Roux ont, elles, cessé leurs activ­ités avec le décès, en 2021, de celui qui les avait fondées et leur avait don­né son nom. Le petit Arménien de Jean-Bap­tiste Baron­ian, livre pub­lié chez Pierre-Guil­laume de Roux en 2018, con­naitra une deux­ième vie dès le 15 sep­tem­bre, avec une réédi­tion chez Par­en­thès­es.

owen glanures

L’année lit­téraire et pat­ri­mo­ni­ale se clô­tur­era avec la paru­tion d’un nou­veau vol­ume de la col­lec­tion « Archives du futur » des AML. Gla­nures est un recueil de de frag­ments de Thomas Owen où affleure son goût pour le macabre, l’in­so­lite et le sen­suel.

Plusieurs réédi­tions au for­mat de poche sont par ailleurs atten­dues tout au long du 2e semes­tre. Le 24 août, lec­tri­ces et lecteurs pour­ront (re)découvrir au Livre de poche Si les dieux incen­di­aient le monde, pre­mier roman d’Emmanuelle Dour­son, et lau­réat du dernier Grand prix du roman de l’A­cadémie et du prix de la pre­mière œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Le même jour, Le musée des con­tra­dic­tions, avec lequel Antoine Wauters a rem­porté le prix Goncourt de la nou­velle 2022, con­naitra une sec­onde vie en Folio. En Folio égale­ment, on retrou­vera dès le 21 sep­tem­bre Un monde mer­veilleux de Paul Col­ize, ini­tiale­ment paru chez Hervé Chopin en 2022. Tou­jours dans le reg­istre du thriller, Anam­nèse de Sal­va­tore Min­ni passera en poche aux édi­tions M+ le 12 octo­bre. En octo­bre tou­jours, les édi­tions Arléa offriront une sec­onde vie en poche à Avant Godot de Stéphane Lam­bert, ini­tiale­ment paru chez le même édi­teur en 2016. 

Comme Antoine Wauters et Paul Col­ize, Michel Claise fera sa ren­trée à la fois en grand for­mat (Code Kanun cité plus haut) et en livre de poche, avec la réédi­tion, le 20 octo­bre, du roman Le forain dans la col­lec­tion “Les poches belges” de Genèse édi­tion. Le livre avait été pub­lié une pre­mière fois chez Luce Wilquin en 2008. Michel Claise nous offre ici un autre thriller judi­ci­aire, plongeant cette fois dans le milieu de la crim­i­nal­ité finan­cière. La même col­lec­tion accueillera aus­si, dès le 15 sep­tem­bre, Un enfant de Patri­cia Ver­gauwen et Fran­cis Van de Woestyne. Ini­tiale­ment pub­lié aux édi­tions Gras­set, le livre est l’évo­ca­tion, par la pédi­a­tre et le jour­nal­iste de La Libre, du décès de leur fils Vic­tor, à l’âge de 13 ans, et de l’im­pos­si­ble deuil qui a suivi sa dis­pari­tion.

Ce n’est pas tout…

Doucet Lève ta main avant de parler

Les édi­tions Lamiroy affec­tion­nent l’humour, y com­pris sous des formes grinçantes. Après avoir lancé Madame Irma et ses Per­les fines de Kro à la ren­trée 2022, elles pro­poseront dès le 1er sep­tem­bre Lève ta main avant de par­ler de Tim Doucet, dans lequel l’auteur dénonce les tra­vers du sys­tème édu­catif – par le rire, évidem­ment.

La rentrée belge avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-août à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée seront à suiv­re sur notre blog, sous l’on­glet “Ren­trée 2023”

Nau­si­caa Dewez

Dernière mise à jour : 02 novem­bre 2023